vignette|282x282px|Lehon - Saint-Magloire. Léhon est une ancienne commune française du département des Côtes-d'Armor, ville voisine de Dinan en amont ( au sud), dans la région Bretagne, en France. Elle a fusionné avec Dinan le [www.dinan.fr/medias/media/other/144/ap-creation-commune-nouvelle-dinan-30-09-2017.pdf Arrêté du 30 septembre 2017 portant création de la commune nouvelle de Dinan].. Géographie Dans la partie orientale du département des Côtes-d'Armor, Léhon se situe aussitôt au sud de Dinan et constitue une banlieue résidentielle chic et assez aisée de cette ville. Géographiquement, on peut distinguer le bourg de Léhon d'une douzaine de hameaux d'habitations qui se sont développés surtout depuis la deuxième moitié du . Le bourg se trouve à l'extrémité est du village, dont le canal d'Ille-et-Rance constitue la frontière avec la ville voisine de Lanvallay. Ce bourg de petite taille est constitué de petites maisons en pierre typiques, d'une abbatiale jointe à un ancien monastère et aux vestiges d'un château fort du Moyen Âge. Pour schématiser, le centre géographique de la commune est occupé par un bois et tout autour on trouve d'anciens lieux-dits. Le territoire du village est fortement dénivelé entre sa partie ouest, plus élevée et est, le long du canal. Léhon fait partie des six petites cités de caractère de Bretagne du département. Géologie Le sous-sol granitique a permis l'exploitation d'un granite de bonne qualité. Ainsi, entre 1847 et 1849, les carrières au lieu-dit la Foresterie ont fourni plus de de matériaux pour la construction du viaduc de Dinan. Elles ont été ouvertes dans un vallon de de profondeur, un chemin en pente facilitant l'acheminement par le canal d'Ille-et-RanceLouis Chauris, « Les carrières exploitées pour la construction du viaduc de Dinan (1846-1852) », dans Le Pays de Dinan, 2002, p. 219-241.. Hydrographie
vignette|Écluse 47 à Léhonsur le canal d'Ille-et-Rance. Le canal d'Ille-et-Rance longe la commune sur toute la partie est de son territoire. Il est alimenté à hauteur du bourg par un ruisseau qui traverse le territoire de la commune d'ouest en est. La Rance est navigable jusqu'à Léhon depuis l'estuaire. Ruisseau de la Haye. Ruisseau de la Ville-aux-Mouches (alimenté par le rû des Vilots). Ruisseau de Basse Galinais (alimenté par le rû de Clémom et le rû des Champs Brunets). Les hameaux la Salmonais - Haut-Etage - la Bénardais - la Marotais - Bousiné - le Chat - la Nourais - la Petite Nourais - la Gautrais - la Cochais - les Clos Galets - les Petits Clos Galets - le Saint-Esprit - la Grande-Haye (les Ponts-Pillets) - la Haye - le Grand Coulbart - le Moulin de Cassepot - la Brancherie - les Granges - les Champs Brunets - Clermont () - Haute-Gâtinais - Basse-Gâtinais - la Ville-es-Mouches - Ville-es-Oiseaux - la Chouanière - les Villes - les Vilots - Haut-Eclair - les Bas Villots - Saint-Suliac. Toponymie Le nom de la localité est attesté Lehon en 1182, Lehun en 1184, Lehonum en 1229, Lehon en 1230 et 1233, Lehonnio en 1371, Lehonio en 1453, Leoon en 1636 et Lehon en 1709. La forme ancienne terminée par -hun indique l'évolution finale dans les langues d'oïl de l'élément celtique continental « gaulois » -dūnon signifiant « citadelle ». On retrouve ce terme celtique dans les toponymes de Dinan, Dinard, Lugdunum-Lyon, Edimbourg ou Verdun par exemple. La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Lehon. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 5,0 % des toponymes de l'ancienne commune sont bretons. Histoire
Antiquité Il n'existe pas de traces d'une occupation du site sous l'Antiquité. Des gisements de pierres taillées ont été trouvés sur les communes avoisinantes, mais pas de menhir ni dolmen. Puis les Celtes arrivent, les Coriosolites, une tribu gauloise installée entre Le Gouët et la Rance avec Corseul comme capitale, fait entrer Léhon dans l'histoire. Les Romains occupent les lieux entre le et le , Corseul est chef-lieu de la civitas romaine. Léhon est situé sur la voie romaine allant de Corseul à Rennes et l'on traverse la Rance à gué à l'emplacement de l'actuel pont de Léhon. La ville est habitée à l'époque des Gaulois et des Romains, des céramiques et divers vestiges l'attestant. Les Bretons arriveront entre les et laissant leur marque dans la toponymie encore présente. Moyen Âge En 850, six moines venant du pays de Galles s'installent dans la vallée de la Rance, priant Dieu jour et nuit pour obtenir des terres. Un jour de chasse aux sangliers, le roi Nominoë s'arrête en ces lieux et se laisse convaincre par les moines, à la condition de trouver des reliques d'un saint breton, il leur promet les terres de Léhon. C'est l'un d'entre eux, Condan, qui a l'idée de récupérer le corps de saint Magloire qui repose depuis deux siècles dans l'île de Sercq. Ils s'embarquèrent sur la Rance et gagnèrent la pleine mer. Ils commirent leur larcin de nuit avec la complicité du ciel qui permit l'ouverture de la grosse dalle de pierre recouvrant le tombeau. De retour, ils s'arrêtent à Pleudihen-sur-Rance, sous un pommier ne donnant pas de fruit. Au matin, l'arbre porte de beaux fruits rouges, saint Magloire a béni les pommes de Pleudihen. Nominoë, vint vénérer les reliques du saint, donnant terres et argent aux saints hommes, les miracles abondent, les pèlerins affluent, c'est l'âge d'or de l'abbaye Saint-Magloire de Léhon. Les seigneurs de Léhon, établissent une forteresse de bois sur le mamelon dominant la vallée de la Rance et le bourg se peuple. Les bâtiments de bois laissèrent rapidement place à ceux de pierre. Des querelles éclatèrent rapidement au sein de cette communauté. Les Vikings firent leur apparition vers 910 et les moines fuient vers Paris alors que l'abbaye est pillée et détruite. vignette|Le château de Léhon. De 937 à 939, Alain II de Bretagne dit Barbe Torte libère la Bretagne. Après l'an mil, les moines exilés à Saint-Magloire de Paris retournent à Léhon relever l'abbaye qui reste sous la direction de l'abbaye de Paris et devient un prieuré. Le château est reconstruit. Il est mentionné en 1034 dans la querelle qui oppose en 1035 Alain III de Bretagne et Eudes, dit Éon de Penthièvre, pour l'héritage de leur père Geoffroi de Bretagne. Le château est assiégé en 1065 par le duc de Normandie et il est alors abandonné pour le château de Dinan, mais reconstruit en 1124. Alain de Dinan autorise les moines de Léhon à prendre du bois dans sa forêt de Dinan, autorisation confirmée en 1209 par Juhel de Mayenne époux de Gervaise. Le château subit un autre siège en 1168 par Henri II roi d'Angleterre et le château est rasé l'année suivante, mais reconstruit en 1170. Le marché de ce fait disparaît. L'église paroissiale dédiée à Notre Dame, entourée de son cimetière est déjà mentionnée en 1156. En 1187, l'évêque de Saint-Malo fait un procès aux moines qui ont en 1187 vendu sans son accord leur ancien droit de marché aux seigneurs de Dinan-Bécherel. En 1233, Gervaise de Dinan fait don de portion de forêt aux moines. En 1264, Alain II d'Avaugour, son petit-fils, seigneur de Dinan, vendra le fief de Dinan et de Léhon pour tournois à Pierre de Bretagne. Celui-ci, partant pour la Croisade l'année suivante, cède son fief à son père Jean Ier de Bretagne. Reconstruit au par Pierre Mauclerc, ce sont ses ruines que l'on voit aujourd'hui. Le fief est la propriété de Gervaise de Dinan. En 1344, les faubourgs de Dinan sont incendiés par les troupes du comte de Salisbury. En 1357, la commune subit un nouveau siège des Anglais commandés par le duc de Lancastre. Dans le cadre de la Guerre de Succession de Bretagne, Olivier de Clisson pille Dinan et ses faubourgs en 1379. Les places fortes de Léhon et de Dinan seront restituées au duc de Bretagne, Jean IV, après le second Traité de Guérande, du . À la fin du , le fief est peuplé de 70 feux soit environ 350 personnes en 1395. La peste noire sévit de 1400 à 1470 pratiquement tous les dix ans. Le recensement de 1427 à 1432 laisse apparaître une population de 50 feux à Léhon soit 250 personnes environ. Tout au long des , le prieuré va s'enrichir de nouvelles dîmes, églises et terres. L'institution de la commende en 1440 va ouvrir le chemin de la décadence de l'abbatiale. Le premier abbé commendataire sera Guillaume d'Estouville de 1451 à 1483. En 1446, première Réformation des titres de noblesse. De 1488 à 1491, la peste et la famine ravagent la région. Renaissance En 1543, le prieur a le droit de Haute, Moyenne et Basse Justice. En 1601, François Racine de Corseul, coupable de deux meurtres, est exécuté par pendaison au gibet du prieuré à côté de la Grande-Haye. La réforme des ordres monastiques se fit à Léhon avec l'arrivée de jeunes religieux en 1604. Les plus scandaleux parmi les vieux moines regagnèrent Marmoutier. Le Père Noël Mars fut une figure rayonnante de cette nouvelle génération de religieux.
Les ruines du vieux château sont données par le roi Louis XIII, en 1620 à Charles Bruslard, prieur commendataire du couvent de Léhon (1588-1622) et aumônier du roi, qui se servira des pierres pour le réfectoire du couvent. Il fait rebâtir le portail la même année et réparer le dortoir en 1628, année où l'ordre est rattaché à la Congrégation de Saint-Maur. Jean de l'Estrade prieur commendataire (1670-1674) releva le cloître, fit restaurer les bâtiments conventuels et fit refaire le mur qui borde la Rance. Le duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne érigea la Cour et Sénéchaussée royale de Dinan en présidial (1588-1589). Guillaume d'Argentré en est le Président, maître Jean Nicolas de la Touche et Denis Desservillede la Bénardais sont conseillers. Le prieuré Saint-Magloire relève du présidial de Rennes. Le prieuré de Léhon avait seul, avec les Commanderies de Saint-Jean de Jérusalem et certains évêchés, le doit de Quintaine, qu'il utilisait allègrement. L'Époque moderne En 1720, Louis XV signe la suppression des menses prieurales et conventuelles de 11 couvents dépendant de Marmoutiers seule la conventuelle est conservée pour Léhon. En , Pierre Quentin coupable de plusieurs meurtres est pendu. La religion ne fait plus recette et le prieuré qui ne comporte plus que 6 moines, ferme le , les religieux partant de nuit. Cela rappelle quelque peu l'arrivée à Léhon des moines 900 ans plus tôt. La population est d'environ 400 personnes vers 1760 et de 600 vingt ans plus tard. En 1788, trois régiments de Penthièvre séjournent à l'abbaye depuis un an. En 1790, Léhon devient une commune et l'année suivante la juridiction du prieuré est supprimée, les biens sont vendus dont l'abbaye elle-même le . Le curé vient la nuit célébrer la messe dans la boutique des sœurs Le Hardy. La commune de Tressaint est rattachée à Léhon en 1803 puis à Lanvallay en 1807. En 1835, c'est l'arrivée des frères de Saint-Jean-de-Dieu, qui établissent un asile d'aliénés au lieu-dit : les Bas Foins. Aussi, la population va tripler de 640 habitants à 1283 en 1880. Le Les guerres du Le monument aux morts porte les noms des 43 soldats morts pour la Patrie : 38 sont morts durant la Première Guerre mondiale ; 5 sont morts durant la Seconde Guerre mondiale. Au cours du , le village conserve, restaure et met en valeur les ruines de son château médiéval : bases des tours datant de la fin du et architecture du . Le Le , le conseil municipal de Léhon s'est dit favorable à une fusion avec la commune de Dinan. Cette fusion se réalise le . Politique et administration Tendances politiques et résultats
Sous l'Ancien Régime Le pouvoir religieux appartient au curé dépendant de l'évêque de Saint-Malo dont l'influence est considérable sur le plan spirituel et moral. Les biens de la paroisse sont gérés par le général de paroisse, son cadre dépasse le domaine religieux puisqu'il gère les écoles, routes, sépultures, procès, gens de guerre à loger, impôts etc.