La Fédération sportive et culturelle de France (FSCF) est un organisme fondé en 1898 par le docteur Paul Michaux sous le nom d’Union des sociétés de gymnastique et d’instruction militaire des patronages et œuvres de jeunesse de France, vite remplacé par celui de Fédération gymnastique et sportive des patronages de France, afin de regrouper les nombreux patronages paroissiaux qui se développent à la fin du . Si elle puise ses lointaines origines dans le christianisme social du , elle doit sa véritable reconnaissance nationale à sa participation active à l’important effort de redressement national qui caractérise les débuts du , dans un contexte délicat pour elle car bien marqué par l’anticléricalisme alors qu'une partie du clergé émet de fortes réserves eu égard à son militarisme militant. Elle contribue cependant déjà à l’éclosion des sports et plus particulièrement du football ainsi qu’à la fondation de la Fédération internationale catholique d’éducation physique et sportive.

Bénéficiant de la reconnaissance d’utilité publique par décret du ., elle connaît entre les deux guerres un développement exceptionnel qui en fait alors un temps la première fédération française. Elle change de nom peu après la Libération pour devenir la Fédération sportive de France mais ses associations, jusqu’ici intimement liées aux paroisses, se trouvent alors souvent confrontées à une mise à distance par celles-ci. Afin de mieux les assurer de son soutien, la , qui s’est jusqu’ici limitée à la seule organisation des pratiques sportives, prend à son compte l’ensemble des activités des patronages et change à nouveau son nom pour celui de Fédération sportive et culturelle de France en 1968.

Quelque peu contestée au sein du monde catholique lors de la mise en œuvre du concile Vatican II, elle ressent aussi la nécessité de se définir clairement à travers un document d’orientation fondamental où, sans renoncer à ses références initiales, elle se fixe aujourd’hui pour but la formation de citoyens (hommes et femmes), acteurs responsables des modifications de la société. Elle reste clairement d’obédience chrétienne catholique mais accueille tous les publics dans un esprit d’ouverture laïque : respect, partage et prise en compte de chacun dans l’acceptation et l’expression fondamentale de sa personnalité.

Historique thumb|upright=0.6|Insigne de la FGSPF.|alt=insigne métallique de boutonnière des dirigeants de la FGSPF

La Fédération gymnastique et sportive des patronages de France

Dès la première partie du , des ordres et congrégations religieux introduisent les jeux et la gymnastique dans les œuvres et patronages qu’ils développent alors largement. Les premiers apparaissent dans la région de Marseille sous le Consulat avec Jean-Joseph Allemand qui les définit comme des , puis avec l’abbé Joseph-Marie Timon-David. Ils gagnent ensuite la Belgique et la région parisienne sous l’influence des Religieux de Saint-Vincent-de-Paul puis se généralisent sous l'action des salésiens et des dominicains. Mais il faut attendre l’après-guerre de 1870 pour voir se multiplier les patronages paroissiaux qui, légitimés par l’encyclique du pape Léon XIII en 1891, deviennent pour plus d’un demi-siècle le vrai centre de gravité des paroisses.

C’est en 1898 que les sections sportives des œuvres parisiennes commencent à se regrouper en une organisation fédérale qui hésite quelque temps sur son appellation : l’Union des sociétés de gymnastique et d’instruction militaire des patronages et œuvres de jeunesse de France (USGIMPOJF) devient Fédération des sociétés catholiques de gymnastique (FSCG) en 1901 puis Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) en 1903. Celle-ci s’associe, à travers la préparation militaire, à l’effort national destiné à prévenir le retour du conflit franco-allemand, fournissant alors à l’armée française une partie de ses cadres. Dès 1911, elle s’adjoint la première commission relative au sport scolaire français qui prend le nom d’Union générale sportive de l'enseignement libre (UGSEL).

À l’aube de l’année 1914, la regroupe essentiellement issues de patronages paroissiaux car les patronages des œuvres, peu enclins au fédéralisme à l’instar de la société de Saint-Vincent de Paul, restent le plus souvent attachés au patronage fermé. De 1918 à 1939, la , reconnue d’utilité publique pour sa participation à la victoire., connaît un développement considérable en métropole et en Afrique du Nord. Elle contribue également de façon notoire à la promotion du basket-ball.. Dès 1919, une organisation féminine homologue apparaît sous la dénomination de Rayon sportif féminin (RSF).

Sous l’occupation, les deux organismes sont contraints de fusionner sous le nom provisoire, imposé par le régime de Vichy, d’Union gymnique et sportive des patronages de France (UGSPF) pour devenir, le , la Fédération sportive de France (FSF)..

La Fédération sportive de France thumb|upright=0.8|Logo de la FSF.|alt=Logo sur bande de tissu de la FSF

Les débuts sont encourageants. Ses ressortissants brillent à Londres aux Jeux olympiques d'été de 1948. et elle démontre la même année la bonne santé de ses associations en réunissant à Paris et musiciens à l’occasion de son cinquantenaire.. Le basket connaît aussi un développement notoire : tout patronage a son équipe et le haut niveau français, c’est celui de la .. En 1949, les Spartiates d’Oran, meilleur club d’Afrique du Nord, sont sacrés champions de l’Union française, après avoir battu l’équipe de France militaire et l’Association sportive de Villeurbanne Éveil lyonnais (ASVEL)., alors championne de la métropole.

Cependant, à côté du sport, les associations posent bientôt d’autres questions à la fédération. Un Centre de liaison inter-foyers-clubs (CLI) animé par Jacques Fournier apparaît dès 1954 au sein des patros parisiens. alors qu’en Alsace une Union Régionale des Loisirs (URL) dirigée par Marcel Rudloff se développe à partir de 1960 au sein de l’Avant-garde du Rhin (AGR). Les débuts de la coïncident aussi avec une phase importante de succession. Les deux grands dirigeants historiques que sont le président François Hébrard et son secrétaire général Armand Thibaudeau se retirent respectivement en 1954 et 1955. Mais le passage du témoin a été prévu et un nouveau jeune secrétaire général, Robert Pringarbe, est déjà au travail. Du 3 au ce sont et musiciens qui défilent, comme en 1921, 1923, 1937 et 1948, sur les Champs-Élysées, après la réception de la présidence fédérale à l’Élysée par le président de la République, Vincent Auriol.. Deux crises majeures marquent ensuite la vie fédérale : La première est relative aux rapports de l’État avec le monde sportif. Dans le cadre d’une nouvelle politique de développement sur sport français mise en place à la suite de l’échec des Jeux olympiques d'été de 1960, deux arrêtés de Maurice Herzog semblent menacer à terme la liberté d'association et remettre en cause le bénévolat.. Les éditoriaux de la revue fédérale Les Jeunes s’enflamment pour leur défense et ils sont bientôt suivis des premiers recours administratifs d’une fédération sportive à l’égard de son administration de tutelle.. La seconde concerne les premières mises à l’écart des patronages dans certaines paroisses.. Après la guerre de 1914, il s’élève déjà des réserves sur la pérennité de l’usage missionnaire d’un encore voué à la préparation militaire. Dès 1945, l’avancée de ces éléments progressistes s’attaque au bien-fondé des patronages paroissiaux.. En 1964, avant son départ, le président Gilbert Olivier appelle l’épiscopat au réalisme et à une meilleure prise en compte des dans un éditorial de la revue fédérale Les Jeunes intitulé « Plaidoyer pour les chrétiens frileux ».

La Fédération sportive et culturelle de France thumb|upright=0.6|Ancien logo de la .|alt=Premier logo de la

Cette crise encore latente s’aggrave après le départ de Gilbert Olivier en 1965 avec la mise en œuvre du concile Vatican II. Dans son rapport d'activité du , le secrétaire général, Robert Pringarbe déclare : .

En province comme à Paris beaucoup d'associations perdent leur prêtre-directeur et parfois les installations et le siège social où elles sont implantées depuis des décenniesLaurence Klein Du patronage catholique au club sportif, un processus de sécularisation ? in .. D’autres évènements contribuent aussi à perturber le cours de la vie fédérale. En interne, les instances doivent répondre au développement des foyers-clubs. qui commencent à les solliciter dès 1957, alors qu’à l’extérieur, les retombées des Jeux olympiques de Rome sur les orientations de la politique sportive de la République se font sentir autant que la médiatisation apportée par le développement de la télévision. Celle-ci valorise surtout les sports olympiques avec en corollaire une dévalorisation implicite des autres formes de pratique plus modestes. L’ensemble de ces facteurs conjugués amène la fédération à réfléchir sur sa dimension d’éducation populaire et à troquer son nom pour celui de Fédération sportive et culturelle de France le ..

Celle-ci enregistre alors pour . Un sondage fédéral montre que 25 % de celles-ci sont implantées en milieu rural, 10 % dans les villes de plus de et que 23 % de leurs activités sont déjà non sportives. : les batteries-fanfares, les colonies de vacances et la préparation du gala annuel les mobilisent largement.

Le cinéma et le théâtre sont laissés jusqu’ici aux organismes spécialisés.. L’abbé Jacques Fournier et Jean-Marie Jouaret sont les principaux artisans de cette évolution des activités fédérales qui relève plus alors de l’éducation populaire que de la culture stricto sensu..

La danse est la première activité culturelle à faire l’objet d’une commission spécifique en 1971, en même temps que la gymnastique rythmique et sportive (GRS)., puis viennent les majorettes en 1973 alors que la campagne Sport pour tous amène l’apparition de la randonnée et de la gymnastique d’entretien. qui devient gymnastique de détente en 1976.. Les centres de vacances et l’organisation des formations qui s’y rattachent se structurent de 1974 à 1978..

thumb|upright=0.8|Écusson commémoratif du centenaire de la |alt=Écusson de tissu édité à l'occasion du centenaire de la .

Cette année-là, fait moins connu, la accueille le championnat cycliste de la Fondation internationale du sport médical pour l’aide à la recherche (FISMAR).. Le pèlerinage à Compostelle organisé en 1988 pour les 90 ans de la fédération par Maurice Davesne est l’occasion de structurer enfin le théâtre.. À l’extérieur, la confirme son engagement dans l’éducation populaire en s’investissant dans les organismes nationaux, en particulier l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) avec Robert Pringarbe puis Jean Vintzel et l’Association de cogestion pour les déplacements à but éducatif des jeunes (COGEDEP) toujours avec Robert Pringarbe puis Jean-Marie Jouaret qui en assure la présidence en 1980..

Cette fédération a toujours été domiciliée à Paris. Ses premières années ont pour cadre l’appartement du docteur Paul Michaux, au 197 boulevard Saint-Germain, dans le ; ce n’est qu’en 1903, sans changer d’arrondissement, qu’elle intègre ses locaux propres, au 5 place Saint-Thomas-d’Aquin où la Fédération française de football (FFF) voit le jour en 1919. Elle y demeure jusqu’en 1968 et se déplace alors, sous la présidence de maître Guy Fournet, au 5 rue Cernuschi dans le . Le nouveau siège social est inauguré le ..

La y reste jusqu’en 1986 ; elle se transfère alors dans le , au 22 rue Oberkampf, sous la présidence de Maurice Davesne. deux ans avant la célébration de son quatre-vingt dixième anniversaire. Depuis, des festivités exceptionnelles et un colloque universitaire sont organisés tous les 10 ans..

La spécificité de la FSCF