Dans la mythologie grecque, Procuste (déformation de Procruste, en grec ancien , littéralement « celui qui martèle pour allonger ») est le surnom d'un brigand de l'Attique nommé Polypémon (, « le très nuisible »). Il a pour autre surnom Damastès (, « le dompteur »).

Procuste est connu pour ne vouloir héberger chez lui que des personnes d'une taille donnée : il contraignait les voyageurs à s'allonger sur un lit ; il leur coupait les membres trop grands et qui dépassaient du lit, et étirait les pieds de ceux qui étaient trop petits.

On parle couramment de « lit de Procuste » pour désigner les tentatives de contraindre les choses à un seul modèle, une seule façon de penser ou d'agir, en référence aux pratiques de ce personnage.

Mythe Dans la vie de Thésée, Apollodore rapporte la légende suivante :

Un seul lit, toutefois, est mentionné dans la version classique, telle que la rapporte Diodore de Sicile : Le nom de Procruste, utilisé par Diodore, est plus conforme à l'étymologie (προκρούω, j'étire avec violence) que celui de Procuste, généralement adopté en français.

Références culturelles D'abord symbole de la violence faite aux étrangers, selon le commentaire que Xénophon met dans la bouche de SocrateXénophon, Mémoires sur Socrate, II, 1., la légende de Procuste est devenue l'illustration de la tendance au conformisme et à l'uniformisation. On parle couramment de « lit de Procuste » pour désigner toute tentative de réduire les individus à un seul modèle, une seule façon de penser ou d'agir.

La référence à Procuste a parfois été utilisée dans l'Antiquité avec des connotations sexuelles, par exemple dans L'Assemblée des femmes d'AristophaneAristophane, L’Assemblée des femmes, v. 1015-1021 (Wikisource, p. 411-412)..

Dans son récit La Lettre volée, Edgar Allan Poe utilise la métaphore du lit de Procuste pour caractériser la rigidité des méthodes d'investigation de la police parisienneLa Lettre volée, p. 108..

Ernst Jünger utilise la métaphore de Procuste dans son roman Eumeswil pour qualifier « l'illusion égalitaire des démagogues » qu'il dénonce : « L'Esprit du monde semble parfois se changer en monstrueux Procuste... voilà qu'un cuistre a lu Rousseau et qu'il commence à mettre l'égalité en pratique; il coupe les têtes. »

Aldous Huxley, dans la préface au Meilleur des Mondes, compare le savant moderne à Procuste : « Procuste en tenue moderne, le savant en recherches nucléaires préparera le lit sur lequel devra coucher l'humanité ; et, si l'humanité n'y est pas adaptée, ma foi, ce sera tant pis pour l'humanité. »

Le terme a été repris dans des titres de romans, notamment : Le complexe de Procuste par Vladimir Volkoff (1981), Le Lit de Procuste: roman par André Kédros (1957), Le Lit de Procuste: roman contemporain par Léon Daudet (1912), Le lit de Procuste par Nassim Nicholas Taleb (2011), Le Lit de Procuste par Camil Petrescu (1930), ainsi que dans divers titres d'ouvragesWorlCat.

Sens dérivés En mathématiques, l'analyse procustéenne est une technique pour l'étude de la distribution statistique des formes. Elle est utilisée en biologie pour comparer des formes vivantes. Le nom de « Procuste » vient de la nécessité de donner la même taille à tous les spécimens avant de faire les calculs pour éviter un biais. Cette mise à l'échelle qui supprime les différences de taille conduit à comparer des proportions relatives. En informatique, on donne parfois le nom de « procuste » ou « procruste » à une affectation de variable formatée, qui consiste à écrêter les éléments excédentaires (troncature) ou à compléter avec des éléments considérés comme neutres (padding) en cas de déficit. Exemple : pour la saisie d'une chaîne de caractères formatée à 12 signes, « chaîne de caractères » sera réduit à « chaîne de ca », et « chaîne » deviendra « chaîne...... » (« chaîne » + 6 espaces). Lorsqu'il s'agit de remplir certains formulaires, ce problème est régulièrement vécu par les personnes ayant un prénom ou un patronyme long. Un autre exemple connu de ce type de traitement se rencontre dans l'impression des chèques aux caisses des magasins, où les nombres sont « procustés » par des étoiles (protection contre les falsifications).

Notes

Bibliographie Sources primaires Xénophon, Mémoires sur Socrate, II, 1. Diodore de Sicile, Livre IV b, 59 Hygin, Fable XXXVIII Thesei labores Plutarque, Vie de Thésée, XI, p. 102 Pseudo-Apollodore, Épitomé, I, 4 Pausanias, Description de la Grèce, I, XXXXVIII, 5

Sources secondaires

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