Déodat du Puy-Montbrun, né le à Toulouse et mort le à Paris, est un officier de l'Armée de terre et un résistant français. Il participe à la Seconde Guerre mondiale, à la guerre d'Indochine durant laquelle il devient un des membres fondateurs du parachutiste de choc et du service Action du SDECE. et contribue à la création du Groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA). En 1955, il prend part à la guerre d'Algérie. Après sa mise à la retraite en 1964, il devient journaliste, romancier et auteur d'essais historiques. Il est promu grand-croix de la Légion d'honneur en 1997.

Biographie

Famille André, Raymond, Bertrand, Déodat du Puy-Montbrun, né le à Toulouse est le fils de Raoul du Puy-Montbrun, ingénieur des chemins de fer, gazé à Douaumont en 1917 et mort en 1924. Bulletin national des médaillés de la résistance française, Nouvelle série, , juin 2009, article consacré au colonel du Puy-Montbrun. Journal de l’Union des parachutistes, article consacré au colonel du Puy-Montbrun, , , avril-mai-juin 2009. et de Lucie Molard.

Carrière militaire

Sous-officier à Engagé volontaire en 1938, maréchal des Logis en 1939, il est grièvement blessé en . Prisonnier des Allemands, il s’évade de l’hôpital. Recueilli exsangue dans un fossé par des fermiers lorrains qui le soignent, il regagne la Zone libre où, réintégré dans l’armée d'armistice, il est envoyé en Syrie en 1941. Il y est recruté par l’Intelligence Service britannique qui va lui confier des missions en France occupée.

Résistant, en France Il rejoint François Bistos dans le réseau Confrérie Notre-Dame puis Andalouise et organise une filière d’évadés vers l’Espagne. Ces réseaux démantelés, il rejoint le colonel Rémy et le BCRA. Sa sécurité est compromise après avoir échappé à une arrestation de la Gestapo qui faillit lui être fatale si le convoi allemand n’avait été attaqué par le maquis .. Il s’envole alors vers l’Angleterre et reçoit l’instruction des SAS avant d’intégrer la Force Jedhburgs., une unité spéciale destinée à mener des opérations clandestines derrière les lignes ennemies.

Plusieurs fois parachuté en France, il y effectue de nombreuses missions avec les maquis et les Américains. Dans l’une d’elles, largué derrière les lignes allemandes, il détruit avec son équipe une section SS Pierre Darcourt, La voix du combattant, page 15, novembre 2009 .

Il participe aux combats de la Libération, notamment à Toulouse, en qualité d'officier parachutiste au sein des Forces françaises libres et est nommé, à l'âge de , chevalier de la Légion d'honneur en 1945 .. Il s'écarte alors des formations régulières.

Commandos et Indochine Intégré en 1945 au Service action du contre-espionnage français, il participe à la création du Centre de Cercottes avant de servir au Choc, fer de lance des services secrets. Il est de ceux qui ont créé le centre d'entraînement commando de Cercottes dans le Loiret et devient ainsi l’un des fondateurs du Service Action de la DGSE ; ainsi a-t-il sa place aujourd’hui dans la mémoire de la DGSE.

Volontaire pour l'Indochine, il s'y bat de 1950 à 1954. Alors aide de camp du général de Lattre de Tassigny, c’est sur ses propositions et notamment la participation d’autochtones à la contre-guérilla qu'en accord avec le SDECE est créé le le Groupement de Commandos Mixtes Aéroportés (GCMA).

La mission du GCMA relève d’opérations de guérilla, de sabotage et de filières d’évasion. Il y est l’initiateur des débarquements de nuit et multiplie avec ses hommes pendant trois ans les sabotages et autres destructions diverses. Dans l'une de ces situations difficiles, il dégage personnellement à l’arme blanche un de ses sous-officiers terrassé par l’ennemi.

En 1952, il participe avec les Britanniques à une opération dans les forêts de la Malaisie où les parachutes sont arrêtés par la canopée et les parachutistes descendent en rappel avant d'en venir à l'attaque. Le commandant de la SAS, au vu de son comportement, lui écrit avoir été grandement impressionné : .

Indochine et premiers hélicoptères Fort de l’impulsion donnée par le colonel Crespin, se crée la première unité française héliportée en Indochine le , subordonnée au Général commandant les forces aériennes d'Extrême Orient pour sa mise sur pied jusqu'à la prise en compte effective financière et matérielle par l'Armée de Terre. Déodat du Puy-Montbrun, alors capitaine, est son adjoint .

Au mois de , il réussit, après un saut dans un orage tropical à récupérer, aidé d’un seul homme, le sergent chef Taxi, et à retrouver trois égarés en secteur ennemi qui sont récupérés par hélicoptère par le colonel Crespin..

Algérie et le Groupement d'hélicoptères (GH2) En 1955, il est affecté en Algérie, où il restera jusqu’en 1961, effectuant de vol dans toutes les conditions de combat imaginables. Commandant en second puis commandant, le , du Groupe d’hélicoptères , il est le pionnier des évacuations sanitaires de nuit. Il en réalise personnellement quarante-cinq - un record - avec l’hélicoptère H-21 dit « banane » utilisé aussi dans un rôle de transport d’assaut. Dans ce cadre, il cherche à aller toujours au plus près des combats et découvre de nouvelles zones d’atterrissage malgré les tirs qui touchent son hélicoptère. Il sera finalement gravement blessé.

Retour en France En 1961, le commandant du Puy-Montbrun est nommé commandant en second de l’École des troupes aéroportées à Pau. Il refuse fermement une proposition de l’OAS, ce qui ne l'empêche pas d'écrire à ses camarades en prison, de leur fournir des colis et de l'argent. Inscrit au tableau de lieutenant-colonel, il est affecté au RH à Orléans. Quoiqu’il n’ait jamais appartenu à l'Organisation de l'armée secrète (OAS), il soutient encore ses camarades devant la justice. Il intervient en leur faveur devant les tribunaux en grand uniforme et portant ses décorations, en particulier pour l'adjudant Robin, qui risque alors la peine de mort. Après sa déclaration, Jean-Louis Tixier-Vignancour, avocat de l'adjudant Robin, s'est levé pour déclarer : Après un tel témoignage, ma plaidoirie devient inutile.

Il devient l'objet de la méfiance du commandement.

Il est noté par son chef le colonel Brothier, ancien patron de la Légion, comme l'un des plus brillants officiers supérieurs qu'il me fût donné d'avoir sous mes ordres. Lucien Bodard le décrit en proie à un idéal qui l'oblige à constamment se surmonter, à s'engager dans des épreuves toujours plus audacieuses, qui ne peuvent finir que par la mort. Mais il vit, il survit toujours Lucien Bodard, L’Aventure, Gallimard, 1965, ..

Reconnu grand invalide de guerre et rayé des cadres en 1964 Reconnu grand invalide de guerre, il est invité à faire valoir ses droits à la retraite, ce à quoi il se refuse. Il est rayé des cadres de l'Armée de terre en 1964. thumb|right|300px|Hommage rendu, dans la cour de l’Institution nationale des Invalides à Paris, au colonel Déodat du Puy-Montbrun

Journaliste et écrivain Il devient reporter à Paris Match durant une quinzaine d’années. Il écrit dès lors une trentaine d'ouvrages sur les services spéciaux mais aussi, sous le nom de Déodat de Montbrun, plusieurs romans d'espionnage dont le héros s'appelle Camberra, inspirés de faits vécus ou dont il a eu connaissance.

Il meurt le à Paris et ses obsèques ont eu lieu aux Invalides le Cérémonie d’hommage aux Invalides à Paris.. Après l’hommage militaire, un service religieux s'est tenu dans sa paroisse, l’église réformée d’AuteuilLe Figaro, carnet du jour, samedi 7 - dimanche 8 mars 2009..

Hommage Le nom du Colonel du Puy-Montbrun est celui de la promotion de l'EMIA.. Il figure sur l'épée de l'insigne qu'elle a conçu et dans le chant de marche de cette promotion..

Décorations Décorations militaires françaises Il est l'un des officiers les plus décorés de sa génération, titulaire de 19 citations avec les croix de guerre 39-45 et TOE, il totalise 26 titres de guerre Revue Historia , article consacré au colonel du Puy-Montbrun, , 1979..

Il est promu commandeur de la Légion d'honneur le , à . La citation qui accompagne sa croix de la Valeur militaire le qualifie de chevalier sans peur et sans reproche. Il sera cité encore après cette distinction. 50px|Grand-croix de la Légion d'honneurGrand-croix de la Légion d'honneurMichel et Béatrice Wattel, Les grand'croix de la Légion d'honneur: de 1805 à nos jours, Éditions Archives & Culture, 2009, page Décret du 31 mai 1997.50px|Médaille militaireMédaille militaire50pxCroix de guerre 1939-194550px|Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieursCroix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec fourragère à titre individuel50px|Croix de la Valeur militaireCroix de la Valeur militaire50px|Médaille de la RésistanceMédaille de la Résistance avec rosette50px|Croix du combattant volontaireCroix du combattant volontaire50px|Médaille colonialeMédaille coloniale50px|Médaille commémorative de la campagne d'IndochineMédaille commémorative de la campagne d'Indochine50px|Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du NordMédaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord50px|Médaille de l'AéronautiqueMédaille de l'Aéronautique50px|Médaille des évadésMédaille des évadés50px|Médaille d'or du service de santéMédaille d'honneur du service de santé des armées, or

Décorations militaires étrangères 50px|King's Medal for Courage in the Cause of Freedom King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (Royaume-Uni)50px (Malaisie)Croix de la bravoure vietnamienne

Publications Les chemins sans croix : commandos spéciaux en Indochine, Presses de la Cité, 1964 Au-delà de la peur, Atlante éditions, 2005 Flammes, Éditions de la Revue moderne, 1972 Numa paye cash, Éditions Libris, 1972 Les Armes des espions, Balland, 1972 Le Coup de piolet, Plon, 1974 Histoire des guerres du Vietnam, Elsevier Séquoia, 1980 (ouvrage collectif) L'Honneur de la guerre, Albin Michel, 2002

Série "Camberra" Les Trompettes de la mort, Plon, 1968 Mal dans sa peau, Plon, 1969 Pour un œil, les deux yeux, Plon, 1969 On ne choisit pas son enfer, Plon, 1969 La vérité fait crever, Plon, 1969 Et la mort pour sa peine, Plon, 1970 Jugement dernier à Brooklyn, Plon, 1970 Un vieux compte à régler, Plon, 1970 Adieu, Tarass-Boulba, Plon, 1970, voir Tarass Boulba, roman de 1843 de Nicolas Gogol On ne fait pas l'amour avec Satan, Plon, 1971 Mort en douce à Damas, Plon, 1971 Pas de témoin pour un massacre, Plon, 1971 Six hommes à tuer, Plon, 1971 L'Espion à la sarbacane, Plon, 1971 5 couronnes pour 1 tueur, Plon, 1972 Un Ange un peu spécial, Plon, 1972 Les Perles de Shinsei, Plon, 1972 Une Hirondelle à Moscou, Plon, 1972 Une Espionne à Syracuse, Plon, 1973 L'Homme du Kattegat, Plon, 1973 Diaboliquement vôtre, Plon, 1973 Priscilla la Libyenne, Plon, 1973 Les Espions de la mort blanche, Plon, 1974 Zéro pour les espions, Plon, 1974 Les 10000 soleils de Rio, Plon, 1974 Le Mort à l'affût, Plon, 1974 Crime is business, Plon, 1975 Intox à Chypre, Plon, 1975

Certains de ces romans furent adaptés en bandes dessinées par l'éditeur Arédit/Artima dans le petit format Camberra dans les années 1970.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Pour plus de détail concernant les premières interventions héliportées (avant la Guerre du Viêt Nam), voir aussi l'article Marcel Bigeard Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z)

Liens externes

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