Les Jeux olympiques d'hiver de 2002, officiellement connus comme les Jeux olympiques d'hiver, ont eu lieu à Salt Lake City aux États-Unis du 8 au . Plusieurs fois candidate par le passé, Salt Lake City obtient les Jeux en s'imposant face à Östersund, Sion et Québec. Elle est la troisième ville américaine à accueillir les Jeux olympiques d'hiver après Lake Placid en 1932 et 1980 et Squaw Valley en 1960. L'organisation des Jeux est confiée au « » (SLOC), présidé par Mitt Romney. L'ensemble des sites de compétition se situent dans l'Utah, répartis entre les villes de Salt Lake City, Provo, Ogden et les stations de sports d'hiver de la chaîne Wasatch.

Les Jeux rassemblent de , ce qui constitue un record à l'époque pour les Jeux d'hiver. Ils se mesurent dans quinze disciplines qui regroupent un total de officielles, soit dix de plus qu'en 1998. Le skeleton fait son entrée au programme des Jeux, de même que le bobsleigh féminin. Cinq pays participent pour la première fois aux Jeux d'hiver : le Cameroun, Hong Kong, le Népal, le Tadjikistan et la Thaïlande.

Les Jeux de Salt Lake City sont marqués par plusieurs scandales. Avant les Jeux, une enquête démontre que la ville et le comité de candidature ont acheté les votes de plusieurs membres du Comité international olympique pour assurer l'attribution des Jeux à Salt Lake City. Un scandale éclate en patinage artistique, où les fédérations russe et française sont accusées d'avoir arrangé les scores des juges pour s'assurer la médaille d'or. Enfin, cinq cas de dopage recensés notamment en ski de fond aboutissent à l'exclusion de plusieurs athlètes dont les médaillés Larisa Lazutina et Johann Mühlegg.

L'équipe américaine réalise une performance exceptionnelle en remportant dont , soit qu'à Nagano quatre ans plus tôt. Elle est toutefois devancée au nombre de médailles d'or par la Norvège, qui se hisse en tête du tableau des médailles avec treize titres olympiques, et l'Allemagne qui en compte douze. Le biathlète norvégien Ole Einar Bjørndalen est l'athlète le plus médaillé de ces Jeux : il obtient quatre médailles d'or, soit une dans chaque épreuve qu'il a disputée. C'est également le cas du Finlandais Samppa Lajunen, qui obtient deux médailles d'or individuelles et une par équipe en combiné nordique. La skieuse croate Janica Kostelić impressionne lors des compétitions de ski alpin, au cours desquelles elle gagne quatre médailles dont trois en or. Au total, dix-huit pays obtiennent au moins une médaille d'or, ce qui constitue alors un record aux Jeux d'hiver.

Sélection de la ville hôte

Candidature et élection de Salt Lake City L'idée d'une candidature de Salt Lake City pour accueillir les Jeux olympiques d'hiver apparaît pour la première fois pour les Jeux de 1972, à la demande de Calvin Rampton, le gouverneur de l'Utah, qui souhaite promouvoir l'industrie du ski de son État, mais la ville s'incline finalement face à sa concurrente japonaise de Sapporo.. Lors de la campagne suivante, pour l'attribution des Jeux de 1976, le Comité olympique américain (USOC) choisit finalement Denver pour défendre les chances américaines. La capitale du Colorado remporte ensuite les suffrages du Comité international olympique (CIO), mais doit abandonner l'organisation des Jeux à la suite d'un référendum au cours duquel la population de l'État montre son hostilité à l'égard de la compétition. Le Comité olympique américain se tourne alors vers Salt Lake City pour conserver l'organisation des Jeux, mais le CIO attribue finalement l'édition 1976 à la ville autrichienne d'Innsbruck..

Alors que Salt Lake City se met à nouveau sur les rangs pour les éditions 1992 et 1994, le Comité olympique américain choisit à chaque fois la ville d'Anchorage en Alaska pour représenter les chances du pays, sans succès.. Pour les Jeux d'hiver de 1998, Salt Lake City est à nouveau candidate, mais s'incline au du scrutin face à la ville de Nagano, qui recueille quarante-six voix, contre quarante-deux pour Salt Lake City..

Malgré ces échecs, la ville maintient sa volonté d'accueillir les Jeux et reçoit le soutien de la population. En 1993, un sondage révèle que 73 % des résidents de l'Utah soutiennent les Jeux et que 90 % d'entre eux considèrent que les Jeux donneraient un élan économique à Salt Lake City et à l'Utah. Salt Lake City est à nouveau choisie pour défendre les chances américaines en vue des ..

Trois autres villes sont candidates : Östersund pour la Suède, Sion pour la Suisse et Québec pour le Canada. Le , à l'occasion de la du Comité international olympique (CIO), qui se déroule à Budapest, en Hongrie, les résultats du vote sont sans appel : un seul tour de scrutin est nécessaire pour désigner Salt Lake City, qui recueille la majorité absolue avec , comme ville-hôte des Jeux.

+ Résultats du choix de la ville candidate Ville candidatePaysSalt Lake City 54Östersund 14Sion 14Québec 7

Scandale de l'attribution des Jeux

Le , un journaliste de Salt Lake City révèle l'existence d'une lettre adressée par le vice-président du comité d'organisation des Jeux, Dave Johnson, à la fille d'un membre du CIO, Sonia Essomba. Un chèque d'un montant supérieur à est joint à cette lettre pour financer la scolarité de Sonia Essomba dans une université américaine.. En , le scandale de l'attribution des Jeux de Salt Lake City éclate. Le vice-président suisse du CIO, Marc Hodler, révèle que la ville de Salt Lake City a acheté les votes de plusieurs membres de l'institution afin d'obtenir les Jeux d'hiver de 2002. La corruption est rapidement avérée : Salt Lake City a distribué un total de de dollars de pots-de-vin pour soudoyer plusieurs membres du CIO. Quatre membres démissionnent (le Libyen Bashir Attarabulsi, la Finlandaise Pirjo Häggman, le Kényan Charles Mukora et le Swazi David Sibandze) tandis que six autres sont exclus (l'Équatorien Agustin Arroyo, le Soudanais Zein El-Abdin Gadir, le Congolais Jean-Claude Ganga, le Malien Lamine Keïta, le Chilien Sergio Santander Fantini et le Samoan Seiuli Paul Wallwork).. Les pots-de-vin versés aux membres du CIO sont de diverses natures : argent, bourses universitaires américaines pour les enfants des membres du CIO, soins offerts dans des cliniques renommées, voyages au ski tous frais payés ou encore places pour le Super Bowl... Le système de sélection des villes-hôtes des Jeux olympiques est profondément remanié à la suite de ce scandale..

Organisation vignette|alt=Photographie d'un homme en costume complet.|Mitt Romney dirige le comité d'organisation. Le comité d'organisation (Salt Lake Olympic Committee, SLOC) prend le relais de la candidature dès la fin de avec à sa tête Frank Joklik. À la suite du scandale de l'attribution des Jeux, Frank Joklik démissionne, de même que son vice-président, Dave Johnson. L'homme d'affaires Mitt Romney leur succède à la tête du SLOC.

Aspects économiques et financiers Les revenus générés par le marketing olympique des Jeux de Salt Lake City s'élèvent à de dollars. Ils proviennent essentiellement des droits de retransmission, du programme de parrainage local OPUS, mais également des partenaires olympiques, de la billetterie et de l'octroi de licences. Ces revenus sont directement reversés au Comité d'organisation, à hauteur de 67 % soit de dollars, afin de financer l'organisation des Jeux dont le budget repose entièrement sur les ressources marketing. La part restante est destinée aux divers membres de la famille olympique, le CIO, les comités nationaux, les fédérations sportives, ainsi qu'au financement de plusieurs programmes de solidarité..

Le montant des dépenses liées à l'organisation des Jeux s'élève à de dollars, soit ... Ce montant dépasse très nettement le montant annoncé au moment de la candidature, estimé à de dollars. Sur ce budget, la part consacrée aux divers aménagements des sites de compétition se monte à de dollars. À la suite des attentats du 11 septembre 2001, le comité d'organisation renforce son programme de sécurité pour les Jeux. Le plan de sécurité est réexaminé en collaboration avec les agences fédérales de police et de sécurité, les services secrets et les forces armées des États-Unis. Le programme de sécurité des Jeux de Salt Lake représente le plus important de toute l'histoire des Jeux, avec de dollars.. Parmi les différentes mesures prises pour éviter les attaques terroristes, l'espace aérien de Salt Lake City est notamment fermé lors des cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux.. Lors de sa dernière réunion en tant que président du comité d'organisation, à l'issue des Jeux, Mitt Romney assure que l'organisation des Jeux réalise des bénéfices de l'ordre de de dollars.. Ce chiffre est contredit par l'économiste du sport Wladimir Andreff, qui avance un déficit de de dollars.

Médias La couverture médiatique des Jeux de Salt Lake City bat des records. Les Jeux sont couverts par des médias, dont de presse écrite et de la télévision et de la radio. La chaîne américaine NBC acquiert les droits de retransmission télévisée pour de dollars, ce qui constitue alors un record dans l'histoire des Jeux d'hiver, ainsi qu'une somme plus importante que ce qu'a déboursé la chaîne pour retransmettre les Jeux d'été d'Atlanta en 1996.. Au total, les Jeux sont retransmis dans et les revenus provenant de la diffusion s'élèvent à de dollars..

La diffusion des Jeux est assurée par l'organisation International Sports Broadcasting (ISB), diffuseur-hôte, qui produit plus de de direct grâce à . Le travail de production est assuré par mobiles et . Le nombre de téléspectateurs ayant suivi les Jeux est estimé à de personnes à travers le monde. Treize milliards d'heures d'écoute ont été consommées, ce qui représente une moyenne de par téléspectateur.. Chaque téléspectateur américain a regardé en moyenne de couverture olympique, ce qui constitue le double par rapport aux Jeux de Nagano et un niveau identique à celui des Jeux d'Atlanta 1996. La chaîne NBC diffuse plus de de programmes et compte de téléspectateurs uniques pendant la période des Jeux, ce qui lui permet de devancer toutes les autres chaînes américaines pendant dix-neuf jours consécutifs en première partie de soirée.. Des records d'audience sont établis dans certains pays, comme au Canada lors de la diffusion de la finale du tournoi masculin de hockey sur glace, qui réunit de téléspectateurs, soit la plus forte audience jamais enregistrée dans le pays jusqu'alors, pour une part de marché de 36 %.. En Norvège la retransmission de la poursuite masculine de biathlon atteint 91 % de part de marché..

Le Centre principal des médias regroupe le Centre principal de presse (CPP) et le Centre International de Radio et Télévision (CIRTV) au sein d'un même bâtiment, le Salt Palace situé dans le centre-ville de Salt Lake City.. D'une surface totale de , le Centre principal des médias met à disposition des journalistes répartis en de réunion.. Un plan d'attribution des logements est conçu par le comité d'organisation afin d'héberger les journalistes accrédités pour couvrir les Jeux. Vingt hôtels sont sélectionnés, dont la moitié sont situés en centre-ville afin de réduire les temps de transport vers le Centre principal des médias, le plus souvent à pied..

Transports Le département des Transports du comité d'organisation collabore avec l' (UDOT), l'