La médecine de la reproduction est la branche de la médecine étudiant la physiologie de la reproduction ainsi que sa pathologie, l'infertilité. Il s'agit ainsi de l'étude de : la bonne capacité des individus et des couples à normalement procréer, tant sur le plan physiologique que psychologique ; du diagnostic et des traitements destinés aux couples hypofertiles ou infertiles.

L'OMS définitPage OMS sur la santé reproductive la santé comme un état de complet, physique, mental et de bien-être social, et non pas seulement l'absence de maladie ou d'infirmité. Cette définition est aussi celle qui a été retenue par la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) organisée par l'ONU et qui s'est tenue au Caire, en Égypte, du 5 au , qui ne jouit pas du statut d'un instrument juridique international (et n'est donc pas juridiquement contraignant), mais qui a reçu le soutien d'une large majorité d'États-membres de l'ONU.

La médecine de la reproduction s'intéresse à la procréation et donc au fonctionnement de l'appareil reproducteur à tous les stades de la vie (y compris in utero), à la santé sexuelle, à l'hygiène, ainsi qu'à tous les processus, fonctions, systèmes et mécanismes qui facilitent ou au contraire inhibent ou interdisent de la reproduction, pour le couple ou l'individu. Elle s'appuie notamment sur l'éducation sexuelle, le contrôle des naissances, la planification familiale et l'éducation des femmes.

La santé reproductive comprend des aspects préventifs et curatifs, incluant la procréation médicalement assistée pour les personnes jugées infertilesDefinition and prevalence of subfertility and infertility. Hum Reprod. 2005 May;20(5):1144-7. Epub 2005 Mar 31.. Gnoth C, Godehardt E, Frank-Herrmann P, Friol K, Tigges J, Freundl G. Center for Family Planning, Gynaecological Endocrinology & Reproductive Medicine Grevenbroich, Heinrich-Heine University of Duesseldorf, Germany...

Facteurs connus de santé reproductive La fertilité humaine dépend de facteurs variés ; aspects génétiques, nutrition médication alcoolisme et exposition à certaines drogues comportements sexuels, et donc aspects culturels et socio-psychologiques, émotionnels et contextuels (qualité et conditions de vie…) facteurs endocrinologie, du facteur temps, de l'économie, du mode de vie et des émotions aspects environnementaux dits de « santé environnementale ». La fertilité des mammifères peut être affectée par l'exposition (éventuellement in utero, ou avant la puberté) à certains polluants. Il peut s'agir de certains métaux lourds et d'autres reprotoxiques ou - même à très faible dose - de certains perturbateurs endocriniensPerturbateurs endocriniens et santé humaine (Luc Multigner (INSERM), Rencontres scientifiques de l'Agence de l'Eau Artois-Picardie, 23 nov 2006, Villeneuve d'Ascq, France), qui peuvent être facteurs directs ou indirects de délétion de la spermatogenèse ou affecter la formation du tractus génital (masculin ou féminin) quand ces polluants affectent l'embryon.

La santé reproductive est un domaine complexe en raison du nombre et de la variété des cocktails de polluants susceptibles d'induire des synergies, potentialisation ou effets directs, avant, pendant ou après le moment de la fécondation.

Conditions Comme rappelé par l'ONU via la CIPD en 1994, la santé génésique implique, outre un environnement sain (santé environnementale), que chacun ait la possibilité d'une vie sexuelle satisfaisante et la capacité et liberté de choisir de se reproduire quand il le souhaite et le nombre de fois qu'il le souhaite.

C'est une dimension implicite du droit des hommes et des femmes à être informés et d'avoir accès à des méthodes sûres, efficaces, abordables et acceptables d'accès aux moyens de maîtrise de la fécondité de leur choix et le droit d'accès aux services de soins et de santé appropriés qui permettent aux femmes de conduire au mieux leur maternité (grossesse, accouchement, allaitement…) et donnent aux couples toutes les chances d'avoir un enfant en bonne santéICPD (Conférence internationale sur la population et le développement) ; Programme of Action, paragraph 7.2..

Les Principes de Jogjakarta se prennent même l'hormonothérapie et la chirurgie de réattribution sexuelle comme les droits de la santé reproductive dans son Principe 9Les Principes de Jogiakarta, Principe 9. Le droit à un traitement humain lors d'une détention.

Maternité et santé Parmi les facteurs de santé pour la mère, on peut citer de bonnes conditions de planification familiale que la mère ait au moins 18 ans avant d'essayer d'avoir des enfants Messages-clé pour la santé reproductive (en anglais), USAID/ESD (consulté 2010/02/17). Si un enfant supplémentaire est désiré, il est considéré comme plus sûr et plus sain pour la mère, ainsi que pour l'enfant qui vient, d'attendre au moins 2 ans après la naissance précédente avant d'essayer de concevoir un enfant (mais pas plus de 5 ans). Après une fausse-couche ou un avortement, il est plus sain d'attendre au moins 6 mois.

Fertilité masculine

La fertilité masculine dépend de la quantité et de la qualité des spermatozoïdes, qui dépend elle-même fortement de la qualité fonctionnelle de l'appareil génital et reproducteur, et en particulier des tubes séminifères contenant les cellules germinales et les cellules de Sertoli. Ces deux types de cellules se mettent en place chez l'embryon et se développeront sous l'action de la testostérone.

L'exposition du fœtus ou de l'embryon à certains toxiques (uranium par exemple) ou perturbateurs endocriniens ou d'autres produits dits reprotoxiques pour l'homme peut affecter ce processus, de manière irréversible pour le futur adulte. Ils peuvent aussi inhiber la bonne Migration du testicule ou induire des malformations graves du pénis rendant la reproduction difficile.

Dégradation de la qualité du sperme Dans le monde, cette question est un enjeu aujourd'hui reconnuBarnhart KT (2011) Epidemiology of male and female reproductive disorders and impact on fertility regulation and population growth. Fertil Steril ;95:2200-2203 ; mais le nombre moyen de spermatozoïdes produits par mL de sperme varie selon les régions et les pays, de même que le degré de déclin de la qualité du spermePaulsen CA, Berman NG, Wang C (1996) Data from men in greater Seattle area reveals no downward trend in semen quality : further evidence that deterioration of semen quality is not geographically uniform. Fert Steril. ;65:1015–20, dont au sein de l'EuropeJorgensen N, Andersen AG, Eustache F, Irvine S, Suominen J, et al. (2001) Regional differences in semen quality in Europe. Hum Reprod ;1 6:1012–9. Ces variations géographiques ont des causes encore mal comprises, mais peut-être en partie dues à des biais statistiques induits par des différences dans les méthodes de comptages des spermatozoïdesFish H, Goluboff ET (1996). Geographic variations in sperm counts: a potential cause of bias in studies of semen quality. Fertil Steril. ;5:1044–6.. Ces biais devraient se réduire grâce à des méthodes de plus en plus homogènes ou normalisées d'évaluation, promues par l'OMSCooper TG, Noonan E, von Eckardstein S, Auger J, Baker HW, et al. World Health Organization reference values for human semen characteristics. Hum Reprod Update. 2010;16:231–45.World Health Organization. Cambridge; Cambridge University Press; 1987. p1992; WHO Laboratory Manual for the Examination of Human Semen and Sperm–Cervical Mucus Interaction. World Health Organization. Geneva World Health Organization; 2010; WHO Laboratory Manual for the Examination and Processing of Human Semen, 5th ed.David G, Bisson JP, Czyglik F, Jouannet P, Gernigon C. Anomalies morphologiques du spermatozoïde humain. Propositions pour un système de classification. J Gynecol Obstet Biol Reprod. 1975;4:17–36. et divers expertsAuger J, Eustache F. Standardisation de la classification morphologique des spermatozoïdes humains selon la méthode de David modifiée. Andrologie. 2000;10:358–73.Comhaire FH, Vermeulen L, Schoonjans F. Reassessment of the accuracy of traditional sperm characteristics and adenosine triphosphate (ATP) in estimating the fertilizing potential of human semen in vivo. Int JAndrol. 1987;10:653–62., dont en Europe dans le cadre d'une étude SEMen QUAlity (SEMQUA)Sanchez-Pozo MC, Mendiola J, Serrano M, Mozas J, Björndahl L et al. (2013) Proposal of guidelines for the appraisal of SEMen QUAlity studies (SEMQUA). Hum Reprod ; 28 : 10–21 (résumé).

Depuis le milieu du , un déclin global et régulier de la quantité et /ou la qualité du sperme humain est constaté par de nombreuses études faites dans les pays richesCarlsen E, Giwercman A, Keiding N, Skakkebaek NE (1992) Evidence for decreasing quality of semen during past 50 years. BMJ. ;305:609–13Auger J, Kunstmann JM, Czyglik F, Jouannet P. Decline in semen quality among fertile men in Paris during the past 20 years. N Engl J Med. 1995;332:281–5.Adamopoulos DA, Pappa A, Nicopoulou S, Andreou E, Karamertzansi M, et al. Seminal volume and total sperm number trends in men attending subfertility clinics in the Greater Athens area during the period 1977–1993. Hum Reprod. 1996;11:1936–41van Waeleghem K, de Clercq N, Vermeulen L, Schoonjans F, Comhaire F. Deterioration of sperm quality in young healthy Belgian men. Hum Reprod. 1996;11:325–9Lackner J, Schatzl G, Waldhor T, Resch K, Kratzik C, et al. Constant decline in sperm concentration in infertile males in an urban population: experience over 18 years. Fert Steril. 2005;84:1657–61Spirada S, Fonseca S, Lee A, Harrild K, Giannaris D, et al. Trends in semen parameters in the northeast of Scotland. J Androl. 2007;28:313–9Shine R, Peek J, Birdsall M. Declining sperm quality in New Zealand over 20 years. NZ Med J. 2008;121:50–6.Mukhopadhyay D, Varghese A, Pal M, Banerjee S, Bhattacharyya A, et al. Semen quality and age-specific changes: a study between two decades on 3729 male partners of couples with normal sperm count and attending an andrology laboratory for infertility-related problems in an Indian city. Fert Steril. 2010;93:2247–54. alors que d'autres études (également faites chez les hommes de couples infertiles ou fertiles, dans d'autres régions ou les mêmes) ne détectent pas de déclinBujan L, Mansat A, Pontonnier F, Mieusset R. Time series analysis of sperm concentration in fertile men in Toulouse between 1977 and 1992. BMJ. 1996;312:471–2.Berling S, Wölner-Hanssen P. No evidence of deteriorating semen quality among men in infertile relationships during the last decade: a study of males from Southern Sweden. Hum Reprod. 1997;12:1002–5. Rasmussen PE, Erb K, Westergaard LG, Laursen SB. No evidence for decreasing semen quality in four birth cohorts of 1055 Danish men born between 1950 and 1970. Fert Steril. 1997;68:1059–64. Emanuel E, Gobuloff E, Fisch H. MacLeod revisited: sperm counts distributions in 374 fertile men from 1971 to 1994. Urology. 1998;51:86–8.Seo JT, Rha K, Park YS, Lee MS. Semen quality over a 10 year period in 22249 men in Korea. Int J Androl. 2000;3:194–8Itoh N, Kayama F, Tatsuki J, Tsukamoto T. Have sperm counts deteriorated over the past 20 years in healthy young Japanese men? Results from the Sapporo area. J Androl. 2001;22:40–4.Costello MF, Sjoblom P, Haddad Y, Steigrad SJ, Bosch EG. No decline in semen quality among potential sperm donors in Sydney, Australia, between 1983 and 2001. J Assist Reprod Genet. 2002;19:284–90. Marimuthu P, Kapilashrami MC, Misro MM, Singh G. Evaluation of trend in semen analysis for 11 years in subjects attending a fertility clinic in India. Asian J Androl. 2003;5:221–5..

Si l'on considère que les Suédois correspondent à une moyenne européenne, des spermogrammes réalisés chez un large échantillon de jeunes Suédois dont le sperme a été étudié, donnent les résultats suivants :