Merbes-le-Château (, en wallon Mierbe) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut non loin de la frontière française. Après Erquelinnes, elle est la deuxième commune arrosée par la Sambre et fait partie de la région touristique de la Haute-Sambre. À la suite de la fusion des communes en 1977, Merbes-le-Château a fusionné avec les communes de Labuissière, Merbes-Sainte-Marie et de Fontaine-Valmont.
Toponymie L'appellation « Merbes » vient de maribaki, (Meerbeek a la même origine), qui signifie en germain le « ruisseau du marécage ». Il était initialement désigné sous le nom de Merbes-Poteries (ou Merbes-Pestries) en raison du grand nombre d'artisans potiers qui y exerçaient leur métier et ce, dès l'an 1481.
Géographie Le paysage de Merbes-le-Château est légèrement vallonné, son altitude se situant entre et . Le village est traversé du sud-ouest au nord-est par la rivière Sambre qui reçoit les eaux de son affluent la rivière Hantes à hauteur du village de Labuissière et celles du ruisseau du Seigneur, du Grignard et de la Biemelle. Le territoire est principalement à caractère agricole avec des champs et prairies.
Sur le plan géologique, le sous-sol de Merbes-le-Château est constitué de minerai de fer, marnes, de craies, d'argiles, de sables, de calcaires et d'alluvions dans les vallées.
Positionnés au confluent de la Hantes et de la Sambre, en aval de Merbes-le-Château, les marais de Labuissière, Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB), font partie de réserve naturelle de la Haute-Sambre gérée par Natagora en partenariat avec le Groupe Wanty spécialisé dans le génie civil. Il existait jadis de nombreux marécages le long de la Sambre qui inondaient périodiquement les basses prairies de la vallée de la Sambre. La réserve naturelle couvre une superficie de sur le territoire des communes de Merbes-le-Château et Erquelinnes. On y trouve différents types de milieux et de plantes aquatiques : berges de rivière, forêt marécageuse, eaux libres ceinturées de roselières (massettes, baldingères, etc.), mégaphorbiaie à reine des prés, magnocariçaies, jonchaies, prairies humides inondables à oenanthe aquatique, etc. Des chevaux y paissent pour entretenir la flore existante.
Sur le plan ornithologique, on y note la présence de quelques espèces peu fréquentes telles que le grèbe castagneux, le canard souchet, le martin-pêcheur, le bruant des roseaux, le phragmite des joncs, la bergeronnette printanière, etc. En hiver, des hérons, canards, bécassines des marais et autres oiseaux d'eau s'y regroupent sur les plans d'eau. Dans la faune aquatique, l'on a déjà signalé la présence de méduse d'eau douce.
Autre Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB), les anciennes carrières calcaires de Labuissière (aussi appelées « carrières de l'imaginaire ») au sud du village de Labuissière. Elles s'étalent sur plus d'un kilomètre de longueur et une quinzaine d'hectares de surface.
Sections de commune
# Nom Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Merbes-le-Château 7,49 160 56049A 2 Merbes-Sainte-Marie 5,47 765 140 56049B 3 Labuissière 4,42 260 56049C 4 Fontaine-Valmont 13,15 78 56049D
Communes limitrophes
Démographie
Démographie : avant la fusion des communes
Source : DGS, recensements population.
Démographie : commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de 1831 à 1981 = recensements population ; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque .
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,0199399,5199499,2199599,71996100,3199799,3199899,91999100,12000100,32001101,1200299,4200399,52004100,32005100,42006101,92007103,12008102,52009103,82010105,12011105,32012105,82013105,52014105,72015106,52016106,52017107,42018105,82019106,22020104,82021105,22022105,12023105,12024103,82025103,02026104,4
Histoire Une présence humaine est déjà attestée à l'âge du fer avec la découverte de débris de haches d'arme.
Dans l'Antiquité, la peuplade celtique de Nerviens s'installe ensuite sur une large part de la vallée de la Haute-Sambre de part et d'autre de la frontière franco-belge. vignette|Objets gallo-romains de la villa de Merbes (vers 260 ap. J.-C.), musée royal de Mariemont. À la suite de la conquête romaine du territoire de la Gaule belgique, un certain nombre de villas romaines s'implantent dans la vallée de la Haute-Sambre. Sur le territoire de Merbes-le-Château et Solre-Sur-Sambre, a été mise au jour en 2005 une villa gallo-romaine au Champ de Saint-Éloi (situé à côté de la Sambre) datant du jusqu'à la fin du après J.C. Les fouilles révèlent les vestiges d’un vaste domaine agricole comprenant une villa composée d'un vaste corps de logis de 25 pièces, d'un ensemble thermal et de deux structures annexes. On y a notamment retrouvé des chaudrons en alliage cuivreux, des cuillères en argent, une fibule, une fiole à parfum, une bourse contenant 122 antoniniens en argent et quatre sesterces en bronzeCollections du musée de Mariemont. À Fontaine-Valmont, on a également découvert en 1954, sur le plateau des Castellains les restes d'un vaste ensemble sacré avec thermes romains et temples datant du début de l'ère chrétienne.
Faisant suite à la période romaine, les Francs signalent leur présence avec un cimetière datant du haut Moyen Âge.
Dès 1084, l'on mentionne Anselme de Merbes, seigneur de Merbes. Le sceau communal représente un château fort dont vient la dénomination de Merbes-le-Château. La seigneurie passe à la famille de Barbançon par le mariage d'Elisabeth dame de Merbes avec Gilles, prince de Barbançon. Il y a eu toutefois plusieurs seigneuries sur le territoire dont la plus grande appartenait à ces princes de Barbençon. Un des seigneurs de cette famille, Michel de Ligne, est enterré dans l'église de Merbes. Les autres seigneuries étaient celles de Boustaine, de Rochelaire et celle de Saint-Martin de Tournai qui remonte au .
Certaines parties de l'église, dédiée à saint Martin, datent de 1561. Une statue du Christ en bois dans l'église a été repêchée au fond de la Sambre après le passage des armées révolutionnaires françaises.
Merbes et ses environs ont été le théâtre, à deux reprises, de combats violents. Lors de la Révolution française, l'armée des Ardennes, sous les ordres de Kléber, bat les Autrichiens. Lors de la Première Guerre mondiale, le , Labuissière a été le théâtre de combats violents. Les troupes allemandes veulent franchir la Sambre et s'y heurtent à un détachement de chasseurs français qui leur opposent une résistance héroïque. 21 maisons sont incendiées et 6 civils tués.
Héraldique
Politique et administration
Liste des bourgmestres de Merbes-le-Château avant la fusion des communes en 1977 vignette|La maison communale actuelle, ancien château Puissant. Léonard Dubois : 1800 - 1802. L. Allegrand : 1802. P. Lelièvre : 1811. Nicolas Dubois : 1827-1860. Romain Puissant, industriel (Parti libéral) : 1861-1871. Alexandre Lengrand : 1871-1878. Albert Puissant, industriel et député : 1879-1891. Edmond Lengrand (Parti libéral), agronome et conseiller provincial : 1892-1921. Georges Degueldre (Parti libéral) : 1921-1925.
Liste des bourgmestres après la fusion des communes en 1977 - Conseil et collège communal 2024-2030 J. RomainDernier bourgmestre de Labuissière. : 1977-1992. Gérard Lemaire (PS) : 1992-2006. Philippe Lejeune (PS) : 2006-2024. Jean-Philippe Goffin (PS) : 2024- .
Depuis 1992, le Parti socialiste a la majorité des suffrages lors les élections communales. En , il a remporté près de 60 % des voix.
Le collège communal est formé comme suit :
Bourgmestre : Jean-Philippe Goffin (PS) ;
Échevins : François Lejeune (PS), Joachim Van der Jeugt (PS), Véronique Préaux (PS) ;
Présidente du Centre public d'action sociale (CPAS) : Valérie Vukcevic (PS).
La répartition des quinze sièges de conseillers communaux est la suivante :
Parti socialiste : 11 ; Mouvement réformateur - CI: 3 ; Les Engagés pour Merbes : 1.
Jumelage
Patrimoine et culture locale
Patrimoine monumental
Dans le village vignette|205x205px|L'église Saint-Martin. L'église Saint-Martin de Merbes-le-Château est un édifice classé de style gothique mosan, reconnaissable à son clocher bulbeux. Construite aux , sa tour date de 1570. Le chœur et les deux chapelles latérales ont été reconstruits respectivement en 1628 et en 1782, tandis que le portail a été refait en 1839.
L'ancien hôtel de ville et justice de paix, édifié en 1883 par l'architecte Alexandre Simon de Trazegnies, s'intègre parfaitement dans l'alignement de la rue de la Place. Sa façade, entièrement en pierre bleue, reflète un style néoclassique avec une composition symétrique centrée autour d'un perron, accentué par deux colonnes supportant un balcon. Le château Puissant, construit en 1864, est aujourd'hui une maison communale. Le monument aux morts 1914-18 et 1940-45. La ferme de l'abbaye Saint-Martin de Tournai, datant de la première moitié du dans son état actuel, est un vaste ensemble architectural.
Dans l'entité L'église de la Sainte-Vierge à Merbes-Sainte-Marie, un édifice classé. L'église Saint-Martin de Fontaine-Valmont. Le château Durot, également connu sous le nom de « château de la Roquette », situé à Fontaine-Valmont, est un édifice de style napoléonien datant du . L'église Saint-Martin de Labuissière.
Culture
Enseignement vignette|L'école primaire communale.
Économie vignette|Le pont sur la Sambre.À la fin du , les anciennes carrières Sainte-Anne et des Carmes sont ouvertes au sud de la Sambre et du village de Labuissière par Albert Puissant qui y crée en 1779 la SA de Merbes-le-Château. On y exploitait la pierre calcaire et le marbre Sainte-Anne, marbre gris moucheté de bonne facture. Plusieurs fours à chaux y étaient actifs. Elles ont été le point de départ de la fortune de la famille Puissant qui possédait plusieurs châteaux à Merbes-le-Château et qui a fait l'acquisition de nombreuses autres carrières de marbre en Wallonie et à l'étranger. La société de Merbes a fusionné peu après 1918 avec celle de Sprimont pour former la SA de Merbes-Sprimont. Le revêtement extérieur de la Basilique Notre-Dame de Bonne-Espérance provient des carrières de Merbes-le-Château.
Des sablières ont également été exploitées à Peissant.
Les gisements de minerai de fer ont été exploités dès l'âge du fer. La présence de ce métal a permis le développement d'une industrie de la poterie en fer. Par la suite, les principales usines de production de poterie appartiennent à la famille Dubois. L'extraction du minerai de fer a perduré jusqu'à la fin du .
Presque un quart de la population active a trouvé un emploi dans le bassin industriel français tout proche dans la seconde moitié du .
Deux sources de revenus locales sont désormais principalement présentes : l'agriculture et l'élevage. Un parc éolien est en projet au lieu-dit de Boustaine sur le territoire de Merbes-le-Château.
Galerie
Sports et vie associative
Personnalités Albert Puissant (1837-1920) : bourgmestre de Merbes-le-Château de 1879 à 1891, industriel et député ; Léo Claretie (1862-1924) : journaliste, critique littéraire et romancier, né à Merbes-le-Château ; Jean Bodart (1895-1964) : homme politique et député social-chrétien, né à Merbes-le-Château ; Jacques Willequet (1914-1990) : historien, écrivain et professeur à l'Université Libre de Bruxelles (ULB), né à Merbes-le-Château.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Thudinie
Liste du patrimoine immobilier classé de Merbes-le-Château
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Commune dans la province de Hainaut Catégorie:Ancienne commune du Nord cédée par le traité de Paris de 1815