est le deuxième album, commercialisé comme un EP de la chanteuse américaine Lady Gaga. Il sort le et contient huit chansons qui devaient à l'origine être ajoutées dans une réédition du premier album de Gaga, . Toutefois, après des pourparlers avec , le label de Gaga, l'album est vendu séparément et devient donc une œuvre autonome. Une version super deluxe de l’album, nommé contient les deux disques en plus de marchandises additionnelles, incluant une mèche d’une des perruques de Gaga, sort le .

L’album traite de la facette plus sombre de la célébrité que Gaga a vécue lors de sa tournée The Fame Ball Tour de 2008 à 2009, durant laquelle elle a traversé le monde. Chaque piste incarne un monstre, qui est une métaphore pour représenter une peur. Gaga compare le thème de son premier album et celui de avec le Yin et le Yang. Photographiée par Hedi Slimane, la pochette de l’album est de style gothique, esthétique que les membres de la maison de disques de Gaga n’ont pas approuvée jusqu’à ce que celle-ci les convainque d’accepter la thématique de la séance photo. La composition de l’album est puisée dans la musique gothique et dans les défilés de mode. Bien reçu par les critiques musicaux, l'album est salué pour les chansons , ainsi que .

Dans certains pays, l’album ne bénéficie pas d’une commercialisation autonome, ses ventes sont donc mixées à celles de . Dans d’autres pays – comme les États-Unis, le Canada et le Japon – est classé individuellement. L’album atteint la première position des hits-parades de l’Australie, de l’Allemagne, de l’Irlande, de la Nouvelle-Zélande, de la Pologne ainsi que du Royaume-Uni et se positionne dans le « top dix » dans beaucoup d’autres pays. sort en tant que premier single de l’album, trônant au sommet des palmarès canadien, britannique et irlandais en plus d'atteindre la deuxième place des classements australien, américain et suédois. Trois autres singles en sont issus – , puis – dont les deux premiers atteignent le « top dix » des hit-parades américain et britannique tandis que le troisième ne parvient qu’à se rendre dans le « top 90 » britannique étant donné sa sortie limitée à l’Australie et à la France. Pour promouvoir l’album, Gaga crée . La tournée s'entame le et se termine en . Le , et ses chansons reçoivent trois ; il est également nommé pour l’album de l’année mais ne remporte finalement que la récompense du meilleur album pop.

En 2024, l'édition deluxe de The Fame Monster comportant également l'album The Fame est classée à la place de la liste des 100 meilleurs albums d'Apple Music.

Développement thumb|left|Gaga en mars 2009 lors de sa première tournée, The Fame Ball Tour, pendant laquelle elle a écrit l'album .|alt=Photographie de Lady Gaga assise sur un banc, vêtue d'une robe faite en bulles de plastique, chantant.

Lors de la soirée de lancement pour des écouteurs développés par Gaga en collaboration avec Dr. Dre, l'artiste explique qu’elle prévoit de sortir un nouvel album et déclare : . En ce qui concerne le titre , Gaga explique que le fait que le nom de l’album soit similaire au nom de la compagnie chez laquelle elle produit ses écouteurs, les , est une coïncidence. Elle avait par ailleurs déjà écrit une piste intitulée , en mars, avant que Dr. Dre et Noel Lee, les directeurs de la compagnie , la contactent pour parler d’une possible collaboration. Gaga affirme plus tard qu’elle est obsédée par les films de monstres, disant : . Dans le courant de l’année 2009, Gaga atteste que la version en réédition de contient huit nouvelles chansons, en plus de celles présentes sur la version originale de . L’album évoque une nouvelle facette de la célébrité, plus sombre, liée à la vie que Gaga a vécue lors de son tour du monde de 2008-2009. Elle explique :

Lady Gaga ajoute :

Elle déclare aussi que les nouveaux morceaux n'abordent ni le thème de l’argent, ni celui de la célébrité, ajoutant qu’ils traitent plutôt de ce qui se trouve entre ces deux éléments et qu’elle les a écrits pour ses fans. Gaga souligne que les thèmes de et celui de sont opposés, les décrivant comme étant respectivement le Yin et le Yang. Gaga dit avoir vécu une véritable dichotomie pour développer l’album, en respectant la thématique de celui-ci. Dans une interview pour MTV, elle déclare : . En Amérique du Nord, sort en album avec uniquement les huit pistes le . De plus, quelque temps après la sortie standard, le site web de Gaga confirme qu’une version deluxe est disponible, comportant toutes les chansons de son premier album, , en tant que disque bonus. À l’origine, seule la version deluxe devait être prévue, toutefois, Gaga trouvant le prix démesuré, c'est une version standard qui voit le jour .

Composition

Les journalistes du trouvent que la première chanson de l’album, , donne le ton au reste de l'album — le gothique. Ils notent que ce genre « dominant et esthétique » est renforcé par la pochette de l'album, qui, toujours selon eux, caractérise le style ogival vu son logo en forme de crucifix et sa monochromie. Le refrain de possède quelques similitudes avec Boney M et la musique de Depeche Mode, particulièrement celle de leur cinquième album studio, , sorti en 1986 . Les paroles contiennent plusieurs références aux zombies, notamment dans les chansons ( qui se traduit par ), dans la piste de style cosaque, ( qui se traduit par ) et dans ( qui se traduit par ). D’autres paroles du même titre font quant à elles références à des morts tragiques telles que celles de Marilyn Monroe, Judy Garland, Sylvia Plath, Lady Diana, Liberace ou encore JonBenét Ramsey .

La chanson titre de l’album, , contient des bégaiements, des notes electropops ainsi qu’une instrumentation dominée par les batteries . Une autre piste de l’album, la ballade , qui est inspirée par la musique rock des années 1990, a pour thème les relations violentes et sulfureuses, entre autres dans les paroles qui se traduit par . Le titre se résume à des harmonies vocales et à des solos de guitare, qui selon , sont comparables au travail général de Freddie Mercury et de . La piste est produite par Ron Fair et son instrumentation entière, soit : la batterie, la guitare et la basse, est enregistrée en direct . Gaga de son côté joue du piano, sur ce titre.

La cinquième piste de l’album, , décrit une fille qui est mal à l'aise pour faire l’amour lorsque les lumières sont allumées. Parlant de la chanson, Gaga déclare : . Dans , Gaga chante une ode concernant les actions et sentiments sexuels, affirmant : qui se traduit par : . Se révélant être une chanson d’amour, le sens de la partie du titre est représenté par la confession de Gaga quant au fait qu'elle boit de l’alcool, qu’elle danse, qu’elle analyse et qu’elle se masturbe. Dans cette dernière piste, la voix de Gaga y apparaît sur un ton plus fade qu'en général. Techniquement, le morceau utilise le logiciel de modification de la voix Auto-Tune dans certains passages. Une autre chanson de l’album, , incorpore des éléments de la musique des groupes ABBA et , notamment dans les paroles qui parlent de Gaga refusant de visiter un harem d’hommes latinos. Un autre morceau, , évoque son côté d’une chanteuse qui préfère danser plutôt que de répondre à l’appel de son amoureux. Les couplets sont chantés d’une façon très rapide et accompagnés par un rythme tout aussi vif. Gaga déclare que la chanson traite de sa peur de la suffocation en précisant que c'est . L’appel dont fait illusion la piste n’est pas un appel réel, mais plutôt la voix d’une personne lui criant dans sa tête de travailler avec de plus en plus de force . Le dernier morceau, , contient de la musique gospel et les paroles comportent plusieurs références au sado-masochisme, ces dernières évoquant le fait que Gaga doive rencontrer une autre personne qu’elle devra alors attacher avec des liens, puis la mordre.

Sortie et pochette thumb|left|Gaga en aux États-Unis, chantant Monster lors de sa seconde tournée, The Monster Ball Tour.|alt=Photographie de Lady Gaga debout, vêtue d'une veste dorée accesoirisée d'un pelage et d'un justaucorps de cuir, chantant.

Initialement, l’album devait être une réédition de The Fame séparée en deux disques, mais, le , Gaga déclare dans une interview pour MTV que l’album est une pièce artistique individuelle. Gaga ajoute aussi qu’il y allait avoir la sortie d’éditions supplémentaires, telles que The Fame Monster Deluxe Edition ou encore Super Deluxe Fame Monster Pack, qui sort le . Cette dernière édition contient plusieurs produits dérivés en rapport avec Gaga et sa maison créative dont une mèche de cheveux de sa perruque . Gaga explique son choix de faire de The Fame Monster un album en disant,

Une version USB de l’album, The Fame Monster Limited Edition USB Drive, sort le . Elle contient la version explicite de The Fame Monster, en plus de neuf remixes, huit vidéoclips, un livret numérique, les pochettes de tous les singles et une galerie de photos .

Deux pochettes différentes illustrent l’album, chacune prise par le designer et photographe Hedi Slimane. La première montre Gaga coiffée d’une perruque blonde vêtue d’une jaquette noire tandis que la seconde montre Gaga coiffée d’une longue perruque noire et maquillée avec un eyeliner imposant qui forme des larmes sur son visage . Concernant la pochette, Gaga explique que lorsqu’elle a créé le concept pour l’album, elle voulait faire la création la plus sombre et funèbre de sa carrière. Toutefois, sa maison de disques trouve que la couverture où elle porte la perruque brune est trop confuse et gothique pour représenter la pop et par le même fait The Fame Monster. Gaga leur répond en affirmant,

Accueil critique

reçoit de manière générale de bonnes notes de la part des critiques professionnels . Sal Cinquemani de trouve que l’album n’est pas un grand pas en avant pour Gaga, notant que celui-ci est . Il remarque . Cinquemani salue les chansons et en affirmant qu’elles sont les meilleures de l’album. Simon Price de apprécie , le décrivant comme étant . Kitty Empire de souligne que l’album est . Toutefois, Empire n’est pas interpellé par , affirmant que la ballade est . Malgré cela, Kitty salue en déclarant que . Paul Lester de la BBC complimente la totalité des pistes de l’album, disant qu’il regorge d'. Sarah Hajibagheri du commente l’album en disant qu’il . Josh Modell de affirme quant à lui qu’. Evan Sadwey de trouve qu’avec cet album, Gaga prouve certaines choses. Sadwey élabore en écrivant qu’ .

Bill Lamb d’ délivre une note de cinq étoiles sur cinq à l’album, déclarant que . Mikael Woods du note que démontre parfaitement l’ambition et le style original de Gaga. Jon Dolan de trouve de son côté que . Edna Gundersen de atteste que dans , . Michael Hubbard de MusicOMH complimente les huit chansons issues de l’album . Neil McCormick du Daily Telegraph critique positivement l’album, le décrivant comme étant d’une . Dans son guide du consommateur pour MSN Music, le critique Robert Christgau salue Lady Gaga pour le fait qu’elle compose et écrit ses chansons elle-même, donnant une note de « A- » à . Il résume l’album en disant qu’il s’agit . Plus globalement, compile plusieurs avis, qui ensemble, délivrent à l'album une note moyenne de 77 sur 100. Ce dernier site indique que l’album reçoit de la part des journalistes.

En 2010, lors des , Gaga remporte le prix de la meilleure artiste internationale pour l’album . En plus de cette dernière récompense, l’album et ses chansons reçoivent six nominations dans le cadre des Grammy Awards. L’opus est nommé dans son intégralité pour l’album de l’année et remporte le du meilleur album vocal pop . Quant aux chansons en faisant partie, gagne les prix de la meilleure performance vocale pop ainsi que du meilleur court vidéoclip ; est nommé pour la meilleure collaboration vocale alors que se distingue pour le meilleur enregistrement .

Performance dans les hit-parades