Hugues Lethierry, né le à Paris, est un essayiste, pédagogue et philosophe social français. Il a travaillé sur l'humour et notamment sur Diogène de Sinope et le cynisme, Vladimir Jankélévitch, Henri Lefebvre.

Biographie

Hugues Lethierry effectue ses études secondaires à Paris au lycée Carnot. Il participe au mouvement de la Jeunesse étudiante chrétienne. Il est admis au lycée Condorcet puis au lycée Lakanal pour des classes préparatoires littérairesDans son ouvrage Savoirs en rire (tome 3) ainsi que dans Penser avec Henri Lefebvre, il décrit et nomme les professeurs qu'il a eus, notamment Jacques Derrida, Maurice de Gandillac, Jean-Claude Passeron, Jean-François Lyotard, Juliette Favez-Boutonier, Jean Wahl, Raymond Aron, René Rémond, Yvon Belaval, Gilbert Simondon, Paul Ricœur, Suzanne Bachelard, Alexis Philonenko, Jean Guitton, Jean Cazeneuve, Étienne Souriau, Daniel Lagache et Louis Poirier. Il critique dans ses livres les pratiques pédagogiques de Juliette Lemperiere en psychopathologie..

À la Sorbonne, puis enseignant Il commence des études universitaires de philosophie à la Sorbonne et à l’université de Nanterre où il s'est inscrit à un D.E.S avec Lefebvre, faisant connaissance ainsi avec sa secrétaire de l'époque Charlotte Delbo. Plus tard, il connaîtra à Nancy l'économiste Bernard Friot.

Il a enseigné la philosophie et les lettres en FrancePendant cette période, il fait la rencontre d'Étienne Borne au lycée Rosa Parks de Montgeron, alors inspecteur général, qui rédigea en 1943, sous l'égide du MNCR (ancêtre du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) Le Mensonge raciste avec Daniel Faucher et Vladimir Jankélévitch à partir d'une idée de Sylvain Barsony de l'Union des juifs pour la résistance et l'entraide. Ses travaux l’inspireront plus tard dans ses publications. Un de ses collègues a Chelles est Ludovic Janvier.

Coopérant en Algérie Il sera, pendant trois années, de 1968 a 1971 coopérant militaire puis civil en Algérie où il enseigne, en français, des textes d'auteurs algériens comme Mohammed Dib, Kateb Yacine et Mouloud Feraoun ainsi que des traductions notamment de Ibn Khaldoun ou d'Al-Ghazâlî, d'Al-Fârâbî, d'Ibn Sina ou d'Ibn Rochd, Al-Kindi, Ibn Arabi dans la ville d' Oran d'abord, au lycée Ibn Badis d'autres qui sont evoqués dans le livre d'Aissa Kadri intitulé Instituteurs et enseignants en Algérie (1945-1975) publié en 1975. Il rencontre alors le futur historien de la guerre d'Algérie : Omar Carlier. Et aussi à El Hayat ainsi qu'à Mascara (Algérie) où il rencontrera André Gabastou (le traducteur) et surtout le poète Jean Sénac ou encore Louis Weber, actuel directeur des éditions du Croquant et ancien président de l'Institut F.S.U.

Candidat en 1977 Plus tard, Hugues Lethierry sera en relation avec la revue de Bernard Vargaftig . Il a côtoyé des mouvements pédagogiques comme le Groupe français d'éducation nouvelle (GFEN) et anime parfois des ateliers d’écriture. Dans le domaine "Entre mer et forêt" qui héberge l'association "Jardiner ses possibles", il a animé des ateliers sur "lettres d'amour et de rupture" dont la synthèse écrite donnera le livre "Écrire la correspondance" (cité plus bas dans sa bibliographie) et dont la couverture fut dessinée par l'écrivain Michel Butor (Au sujet de ce livre, lire O.R-P dans la Revue de l'A.I.R.E de 2007 . Il a été candidat contre son ministre de l’Éducation de l’époque, René Haby, pour la mairie de Lunéville, aux élections municipales françaises de 1977. Cela engendra encore, 14 ans plus tard quelques difficultés à son encontre comme l'interdiction d'une exposition sur de Gaulle, préalablement acceptée par la direction avant la survenue de la guerre du Golfe Cf Le Figaro-Lyon (18-3-91), Le monde de l'éducation (mars 91), l4U.S (8et 15-2-91)V.O (fev 91), Cahiers pédagogiques ( 6-2-91), L'Humanité-Lyon (25-3-91) ainsi que de l'Association des professeurs d'Histoire-géo (26-1-91), du C.R.H.M.S (21-2-91), de G.Meynier (Nancy II) etc..

Qualifié M.C, en IUFM Il a soutenu sa thèse à Paris 8 en 1986 (le jury a été sous la présidence de George Vigarello, (sa réédition se fera Suisse chez Delval), il sera plusieurs fois qualifié de maitre de conférence par la section de sciences de l'éducation du conseil national des universités. Il a enseigné à l'institut universitaire de formation des maîtres de Lyon I où il a côtoyé Michelle Zancarini-Fournel et travaillé sous la direction de Philippe Meirieu. Il a participé aux universités populaires à Lyon (avec les cours de Philippe Corcuff, de Sophie Wahnich en particulier. Il revient à la philosophie qui avait été un moment écartée dans ses travaux antérieurs. Il est invité à ce titre à Varsovie pour présenter à l'école des beaux arts son premier livre sur Henri Lefebvre en 2010, à Santiago en Espagne, à l'université de lettres, en 2006, pour traiter de la question de l'humour dans le FLE, et à Sion, en Suisse, en 2015, pour parler de la Philosophie de l'humour à la haute école de pédagogie edudoc.ch Le No 6 de la revue "Résonances" retranscrit les interventions sur l'humour a l'école.

Directeur de collection

Il lance en 2015, aux éditions du Petit Pavé, une nouvelle collection intitulée Les Philousophes.. La collection a pour but d'élargir le public des ouvrages de philosophie, en faisant appel à l'humour en particulier. Il écrit également des articles estivaux sur le Festival d'Avignon dans le quotidien La Marseillaise. Un scénario d’A. Duprat, inspiré de son livre sur Hipparchia, a été reproduit à la fin de l’ouvrage Du Cynisme, accompagné de photographies prises à Avignon par C. Stepanof et A. Lejour.

L'« espace des possibles »

Le lieu de « vacances apprenantes » appelé l'« espace des possibles », créé en 1977 par une équipe autour d'Yves Donnars, constitue le sujet de plusieurs ouvrages récents d’Hugues Lethierry.

Parmi ceux-ci :

Déconfiner la philo, qui s’interroge sur la philosophie de et à l’« espace des possibles » ; Picasso si !, consacré au travail mené dans ce même lieu autour du peintre catalan.

D’autres livres sont liés à des ateliers animés naguère dans ce cadre, comme Écrire la correspondance. Et surtout le dernier:"UN espace DES possibles"

Recherches : histoires

Éducation nouvelle

Il s'intéresse dans sa Thèse à l'éducation nouvelle On lira par exemple à ce sujet l'article du "Monde de l'éducation" daté de mai 1987.

Formation des enseignants

Viendra « Feu les écoles normales »L'Harmattan, 1994.. Il s'agit d'un sujet qui ne peut être épuisé, ainsi que l'ont l'ont noté des observateurs comme Andre Robert écrivant dans la Revue française de pédagogie (, trimestre 1996).

C'est dans le cadre actuel que l’auteur tente de sortir de l’« esprit de sérieux » moqué par son maître Vladimir Jankélévitch Ce philosophe est souvent cité par Hugues Lethierry (dès avant Penser avec Jankélévitchet "Agir avec Jankelevitch") dans Savoir en rire, Penser avec Henri Lefebvre, Sauve qui peut les morales.,

C'est au que se situent ses dernières analyses, soucieuses de populariser la philosophie, en recourant notamment à l'actualité dans son pamphlet qui critique l'instrumentalisation de saint Augustin par Gérard Collomb "Le camarade Collomb, la loi asile et... st augustin". Thot. 2019..

« Geloformation » : humour démocritique

Un outil

En conclusion d'un long article sur Savoir en rire, Michel Soëtard (U.C.O) écrivait dans le N° 126, daté de 1999, de la Revue française de pédagogie : Les pédagogues ne furent pas, ils ne sont pas nécessairement ces gens sérieux (...) leur pratique fut le plus souvent pleine d'humour, inventive, pétillante, paradoxale aussi.Ouvrez le "Poème pédagogique":c'est bourré de clins d'œil, de pirouettes, de clowneries" Tout en notant le manque de références internationales, Chantal Dion (Princeton University) écrit pour sa part, dans la "Revue des sciences de l'éducation " (1998):"Un ouvrage non conventionnel, pour un sujet dans l'air du temps, appliqué dans un cadre inhabituel " (qu'elle compare aux travaux de Ziv, au début d'un long article sur "Savoir en rire" qui a parfois dérouté les "agélastes" .

Hugues Lethierry pose l'humour « démocritique », s'inspirant du philosophe DémocriteUne fable de Jean de La Fontaine met en scène Démocrite et les Abderitains. qui riait de l'absence de sagesse de ses contemporains permettrait, du fait du clinamen, afin de penser sa vie avec recul, distance et sourire. Dans différents continents, des stages ont eu lieu : notamment au Japon au sein des Rencontres internationales des éducateurs Freinet de 1998. On nous encourage ici à « écrire, jouer, dessiner, communiquer, dans l'humour » Cf. l'article de C. Catsaros dans Le Monde de l'éducation de juin 2003.

Depuis Diogène de Sinope

Ses ouvrages tendent à le montrer ; il faut partir des cyniques grecsOn sent ici l’influence du dernier Foucault : on se référera au séminaire sur « Le courage de la vérité », publié en 2010 chez Gallimard et qui s’est déroulé en 1984, quelques mois avant sa mort. Sur ce sujet, on se reportera à son intervention de 2013 à : http://www.citephilo.org. Dans "L'intranquille" (No 11, Oct 2016, J.Esponde écrit, dans une recension sur "Diogéne, nom d'un chien":"Ce livre rappelle la sagesse tragique d'un Diogéne citoyen du monde et comment il voulait "ensauvager la vie".Joie dyonisiaque du cynique (...). Il insiste sur la figure d'Hipparchia, une des seules femmes philosophes, qui refusait d'être assignée au rouet, faisait l'amour en public et, contre l'avis de ses parents, épousa Cratès (bossu de son état, et dont le disciple Zenon fut l'un des fondateurs du stoïcisme) pour suivre ce « clochard céleste » qui n'est point soluble dans la norme dominante, crache ses mots à la face des puissants et refuse les faire-semblants sociaux. Elle pose la question du genre. On passera par Rabelais contre les agélastes (ceux qui ignorent le rire) jusqu’à Vladimir Jankélévitch ou Gilles Deleuze eux-mêmes proches d’Henri Bergson et, pour le premier de Søren Kierkegaard.

Jusqu'en 2024-2025

Hugues Lethierry tente de faire place à l’humour dans la résolution des conflits et la pédagogie scolaire.. Dans les langues et lettres, comme aussi les sciencesVoir les interventions sur artheque.ens-cachan.fr et le lien avec la ressource:hdl=10670/l-k7hvld .

Ainsi le rire peut-il s’intégrer à l’étude des « rixes du métier ». Il est omniprésent aussi, comme levier pour la réflexion, dans le spectacle vivant (au Festival d'Avignon par exemple) ou encore, dans la formation, sous la forme du "théâtre de l'opprimé" puisque l'auteur a travaillé avec Augusto Boal. On s'en convaincra en lisant la rubrique qu'il tient en été dans le quotidien "La MarseillaiseCitons ici le colloque de "psypropos" en novembre 2015 et aussi l' intervention à la "haute école supérieure de pédagogie" de Sion (Suisse) en juin 2015 ou encore, en 2019, à Epinal, au colloque sur "les larmes du rire".

Ses derniers travaux insistent sur le « confinement » des « agélastes »(ennemis du rire) qui portent un masque pour ne pas s'exposer au monde et réduire au minimum leur contact avec les autres "Se (re)former dans l'humour. Pour un rire déconfiné". Petit pavé, 2020 .

Études lefebvriennes et sur Jankelevitch

Militantisme

Hugues Lethierry s'amuse à parler de militant"isthme", sans doute pour montrer les « passages » qui peuvent naître d'une praxisPour employer le terme grec utilisé par Aristote et par certains « marxiens » et des interactions qui lui sont liées.. Lethierry définit ainsi le militant : Savoir/agir, No 13, septembre 2010, « L’ère Onfray des Universités populaires ». et stages pratiquesCf "Apprentissages militants", Chronique sociale, Lyon, 2008.

Études lefebvriennes