Les relations entre l'Autriche et la France sont des relations internationales s'exerçant au sein de l'Union européenne entre deux États membres de l'Union européenne, la république d'Autriche et la République française. Elles sont structurées par deux ambassades, l'ambassade de France en Autriche à Vienne et l'ambassade d'Autriche en France à Paris, ainsi que par des instituts culturels tels que l'Institut français d'Autriche-Vienne.
En outre, l'Autriche dispose d'un consulat général à Strasbourg et de consulats honoraires à Ajaccio, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Papeete et Toulouse. La France a des consulats honoraires à Brégence, Groß Sankt Florian, Innsbruck, Klagenfurt, Linz et Salzbourg.
Histoire
Relations entre la France et les Habsbourg Conflit pour la suprématie en Europe
Depuis la seconde moitié du , l’État bourguignon a commencé à se former sur le territoire de l'ancienne Lotharingie des deux côtés de la frontière linguistique franco-allemande. La Bourgogne était composée de pays traditionnels différents – lesquels n'étaient pas unifiés nationalement, économiquement ou culturellement – et devint au une puissance européenne. Le nouvel État était surnommé le car il dépassait en puissance et en richesse la plupart des monarchies européennes. Toutefois, ce qu'il manquait à ce duché était une couronne royale. Cependant, Charles le Téméraire essaya de changer cela en établissant des relations entre la Bourgogne et les Habsbourg grâce auxquelles il espérait établir une royauté.
Lorsqu'en , Charles le Téméraire tomba à la bataille de Nancy sans laisser d'héritier mâle, l'autonomie du duché de Bourgogne prit fin. Charles le Téméraire avait déjà donné la promesse que sa fille, Marie de Bourgogne, allait épouser , fils de l'empereur Frédéric , ce qui arriva la même année. Cependant, ce mariage allait précipiter la France et les Habsbourg dans un conflit qui dura des siècles.
Maximilien réclame des droits d'héritage sur la Bourgogne au nom de son mariage avec son héritière Marie de Bourgogne, tout comme le roi de France Louis XI, un Valois lesquels sont originaires de Bourgogne. Cela entraîna, de 1477 à 1482 et de 1487 à 1493, la guerre de Succession de Bourgogne. En 1493, le traité de Senlis fut conclue par le roi Charles de France. Maximilien conserve alors la plupart des territoires bourguignon au sein du Saint-Empire romain germanique.
Du mariage de Maximilien et de Marie de Bourgogne naquit en 1478 Philippe le Beau, dont la naissance contribua à consolider le règne des Habsbourg en Bourgogne. En 1496, Philippe épousa Jeanne de Castille, fille des rois catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon. En plus des territoires de la péninsule ibérique, l'empire espagnol s'étendait dans le Sud de l'Italie (Sardaigne, Naples et Sicile) ainsi qu'aux colonies d'outre-mer récemment découvertes. Le contexte politique de ces ouvertures dynastiques était la formation d'une alliance contre la France. Cela a resserré la rivalité entre les Habsbourg et les Français.
En raison des morts subites de ses parents, Jeanne devint la seule héritière de la couronne d'Espagne unis, ce qui plaça Philippe dans une situation similaire que son père en Bourgogne : il était le prince consort de l'héritière. Leur fils, Charles Quint régna sur les Flandres bourguignonnes à partir de 1515 et, l'année suivante, sur le royaume d'Espagne. Ceci permit à la maison des Habsbourg de réunir plusieurs couronnes et de concentrer les revendications territoriales. La France se voyait encerclée : au sud la péninsule Ibérique et la montée en puissance espagnole et, au nord et à l'est, le long de la frontière entre la France et le Saint-Empire romain germanique, un ensemble de territoires ayant fait partie de l'héritage bourguignon. Les efforts français afin de mettre un terme à cet encerclement conduisirent à plus de de conflits armés entre les Habsbourg et la France – les guerres d'Italie (1494-1559), la guerre de Trente Ans (1618-1648), jusqu'à la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714) – qui prirent fin avec les traités d'Utrecht (1713), de Bade et de Rastatt (1714). Ces traités sont à la base d'un système européen basé sur l'idée d'équilibre des intérêts politiques.
Renversement des alliances
La montée en puissance de la Prusse, notamment par le renforcement de l'armée sous et la reprise de la Silésie durant la première guerre de Silésie (1740-1742), créa des tensions entre les Habsbourg et la Prusse. Les Habsbourg cherchèrent alors un allié chez leur rivale historique, la France. De son côté, à partir du milieu du , la France rivalisait de plus en plus avec l'Angleterre, tant en Europe que dans les colonies. À la suite du traité de Westminster de 1756 entre l'Angleterre et la Prusse, la France a cherché à se rapprocher des Habsbourg. Cet évènement, portant les noms de , ou de , est un changement fondamental dans l'ordre européen. En février de cette même année, la guerre de Sept Ans débuta par l'attaque française contre les îles Britanniques et sur l'île de Minorque (bataille de Minorque). Le , le premier traité de Versailles établit officiellement une alliance défensive entre l'Autriche et la France. Officieusement, le traité prévoyait un assaut contre la Prusse. Durant l'été 1759, la Russie rejoignit l'alliance. Le traité prévoyait une aide mutuelle entre les troupes. Un an après, le , un deuxième traité de Versailles fut signé. Ce second traité assurait l'acquisition par la France de plusieurs villes des Pays-Bas autrichiens. En retour, la France fournissait à l'Autriche , payait aux Habsbourg et reconnaissait que la Silésie et Glatz faisait partie du territoire de la monarchie des Habsbourg. La guerre de Sept Ans prit fin en 1763 et confirma le statu quo. La Silésie et Glatz restèrent des possessions prussiennes et les terres héréditaires autrichiennes continuèrent d'appartenir à l'Autriche.
Mariage de Marie-Antoinette et Louis XVI Le mariage de Marie-Antoinette d'Autriche avec Louis XVI de France marqua la fin du conflit entre l'Autriche et la France.
Révolution française vignette|upright=1.5|Exécution de Marie-Antoinette. L'empereur avait dans un premier temps une opinion positive de la Révolution française, mais en 1791 sa sœur Marie-Antoinette lui demanda d'intervenir militairement et de mettre fin à la révolution. L'empereur refusa et, en conséquence, les 20 et , la famille royale de France tente de fuir. Elle fut interceptée à Varennes et ramenée à Paris. Le de cette année, la monarchie constitutionnelle fut proclamée. En réaction, l'empereur Léopold II et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume de Prusse proclament la destruction de la Révolution française. En conséquence, la France déclara la guerre à la Prusse avec l'approbation de la population. Lors de la bataille de Valmy du , l'armée révolutionnaire repoussa les forces de la coalition. L'exécution de Louis XVI et de Marie-Antoinette en 1793 entraîna d'autres puissances, dont l'Angleterre, dans la guerre contre la France. L'exécution de Marie-Antoinette entérina l’inimité de Joseph II de Habsbourg contre la France révolutionnaire.
Première et deuxième guerre de la coalition
Avec la déclaration de Pillnitz de 1791, l'Autriche et la Prusse ont uni leurs forces pour soutenir le roi Louis XVI durant la Révolution française. Cette alliance s'est élargie au à d'autres puissances européennes afin de contenir les effets de la Révolution française.
Avec la déclaration de guerre à la France du , la guerre de la première coalition débuta. Elle prit fin le par la conclusion du traité de Campo-Formio entre la France et l'Autriche. Le Congrès de Rastatt de 1797 à 1799 devait permettre d'entamer la discussion visant à exécuter les décisions prises lors de la conclusion du paix. Cependant, l'attentat contre les ambassadeurs français entraîna le début des guerres napoléoniennes, relançant le conflit militaire entre la France et l'Autriche. Le , la bataille de Marengo eut lieu dans le nord de l'Italie sous contrôle français et se conclut par une victoire décisive sur l'Autriche. La même année, la bataille de Hohenlinden eut lieu. Les Français battirent l'armée autrichienne et ainsi ont pu envahir l'Autriche. Celle-ci fut contrainte de signer un traité de paix, le traité de Lunéville, permit à la France d'obtenir la rive gauche du Rhin et la reconnaissance des conséquences de la Révolution française, notamment les républiques sœurs et le royaume d'Étrurie.
Guerres napoléoniennes vignette|upright=1.5|Plan de bataille d'Austerlitz. vignette|upright=1.5|Le congrès de Vienne. En 1804, Napoléon Bonaparte fut intronisé empereur des Français ce qui eut pour réponse du côté autrichien la proclamation de l'empire d'Autriche par François II, qui prit le nom de François d'Autriche.
En 1805, l'Autriche a rejoint l'alliance de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Suède pendant la troisième guerre de la coalition pour libérer la Hollande et la Suisse napoléonienne. En , la France demanda à l'Autriche de retirer ses troupes du Tyrol et de Vénétie. L'empereur François refusa et Napoléon conclut une alliance avec l'Espagne et les souverains du sud de l'Allemagne. Le , après l'invasion de la Bavière par l'Autriche, la France déclara la guerre à l'empire d'Autriche et, le , Napoléon franchit le Rhin. Après leur victoire à la bataille d'Elchingen, les Français se sont déplacés vers Vienne. Le , bataille d'Austerlitz a lieu entre Brno et Austerlitz. Les troupes autrichiennes et russes furent vaincues et Napoléon déménagea son siège au château d'Austerlitz. Il conclut une trêve avec l'empereur François et le retrait des troupes russes fut décidé. Cette troisième guerre de la coalition prit fin le par la signature du traité de Schönbrunn qui causa de lourdes pertes territoriales à l'Autriche. Ce traité de paix conduisit à la dissolution du Saint-Empire romain germanique après que Napoléon a exigé que François II dépose la couronne impériale. Un an plus tard, la confédération du Rhin fut créée à l'initiative de Napoléon.
Après ses succès à la bataille d'Abensberg, à la bataille d'Eckmühl et à la bataille de Ratisbonne, Napoléon dirigea, le , son armée vers Vienne. La bataille d'Esslingse déroula à l'est de Vienne. Cette bataille marque la première défaite de Napoléon sur le champ de bataille, bien qu'elle maintint un statu quo stratégique. Cependant, Napoléon gagna les batailles suivantes face à l'Autriche et obtint un cessez-le-feu à Znaïm. Le , un nouveau traité de Schönbrunn fut signé entre Napoléon et l'empereur François . Ce traité reconnaissait les conquêtes françaises et prévoyait également le soutien autrichien aux blocus français contre l'Angleterre. La participation aux guerres napoléoniennes épuisa les finances de l’État autrichien, conduisant à la faillite de l'Autriche en 1811. Afin de consolider la situation politique, Klemens Metternich soutint le mariage de Marie-Louise d'Autriche, la fille de François , à Napoléon en 1810. Cette alliance obligea l'Autriche à participer à la campagne de Russie en 1812.
En 1813, l'Autriche et la Prusse s'engagèrent de nouveau dans la guerre contre la France afin de mettre fin définitivement à la suprématie française en Europe. En octobre de cette même année, l'alliance de la Russie, de l'Autriche et de la Prusse permit de battre l'empereur français lors de la bataille de Leipzig. Au congrès de Châtillon, les alliés proposèrent la paix mais les exigences de la partie française, jugées inacceptables, les conduisirent à interrompre la discussion. La guerre se poursuit et, à la bataille d'Arcis-sur-Aube, Napoléon est finalement vaincu.