General Motors Company (anciennement General Motors Corporation), souvent abrégé en GM, est un constructeur automobile américain basé à Détroit dans le Michigan, aux États-Unis, qui contrôlait encore une quinzaine de marques à la fin des années 1990.
La société a été fondée en 1908 par William Crapo Durant. Son successeur Alfred P. Sloan en a fait le plus grand fabricant automobile au monde entre 1931 et 2005. et en 2011..
Alors que son titre avait perdu 95 % de sa valeur, le groupe a bénéficié d'une nationalisation temporaire en 2009, qui a duré un an et demi, ses dettes ayant été remplacées par des capitaux propres (equity).. Depuis 2014, la directrice de General Motors est Mary Barra et son président est l'Américain Dan Ammann. En 2014, General Motors a vendu de véhicules dans le monde (augmentation de 2 % par rapport à 2013)..
Après la cession de Saab en 2010, le retrait de Daewoo en 2005, de Chevrolet en 2014 et la vente en 2017 de GM Europe contenant la marque Vauxhall et sa sœur allemande Opel, le groupe américain ne possède plus de présence significative sur le continent européen, préférant concentrer ses activités sur des marchés plus rentables.
General Motors est le premier constructeur aux États-Unis de 1931 à 2020. Il est dépassé par Toyota en 2021, avec 2,3 millions de véhicules vendus par le japonais contre 2,2 millions pour l'américain.. Il reprend cependant son titre à partir de l'année 2022.
Histoire 1908 : origines thumb|Action de la General Motors Company en date du 13 octobre 1916 Le fondateur de GM est William C. Durant, qui possédait dès 1890 un fabricant de chariots hippomobiles à Flint, Michigan. Recruté en 1904 par le concurrent Buick, qui était en difficulté, il augmente la production de en 1904 à en 1907 puis crée GM en 1908.
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Entre-temps, GM a émis des actions cotées en bourse, fusionné avec Buick et racheté en 1908 la marque Oldsmobile, qui avait lancé en 1901 le , premier modèle fabriqué en série. En 1909, GM rachète aussi des fournisseurs ou des fabricants de camions, ainsi qu'Oakland (future Pontiac) et surtout Cadillac. Puis, il tente aussi de racheter Ford pour de dollars, sans succès, malgré un emprunt de de dollars. En échange, les banquiers obtiennent de pouvoir nommer le PDG de GM. Inquiets de voir Durant promettre de vendre un jour , ils l’évincent en 1910, l'année où dix-huit constructeurs font faillite, victimes de mévente. Walter Chrysler est nommé à la direction.
William C. Durant recrée un « nouveau GM », en copiant dès 1910 la Ford T, avec la . Il réussit quasi-seul ce qu'il voulait faire par des fusions : une baisse du prix ( en 1909 et en 1915), grâce à la première chaîne d’assemblage, mise en place en 1913. Il achète aussi la société créée par le pilote Louis Chevrolet. En désaccord sur le design des voitures, William C. Durant l’évince en 1915, l’année où GM entre dans l'indice Dow Jones. Entre 1915 et 1917, sa production passe de à plus de , grâce à un modèle vedette, la Chevrolet 490, baptisée ainsi, car vendue , quand la coûte, elle, . En 1916, l'action GM dépasse sur le New York Stock Exchange, phénomène très rare à l'époque..
Après une bataille de mandats lors de l'assemblée générale des actionnaires, William C. Durant reprend en 1916 le contrôle de GM, en apportant en échange ses actions Chevrolet, ce qui permet une fusion, le nouveau groupe s'appelant « Chevrolet ».
Anxieux de conserver le contrôle de GM, Durant distribue un premier dividende en 1917, puis en 1919 un autre de de dollars, sur un bénéfice de de dollars. Il se lance dans de nouveaux achats d'actions, à crédit, détenant pour de dollars d'actions GM, ce qui inquiète ses amis. Lors de la déflation de 1920, il est lâché par DuPont de Nemours, qui détient un quart du capital, et doit quitter la direction de GM. Henry Ford a de son côté trouvé sans difficultés les de dollars pour acheter les parts de ses actionnaires minoritaires, grâce à de dollars de trésorerie, le reste étant avancé par les banques, qui sont remboursées rapidement, Ford contrôlant 60 % du marché américain dès 1923.. Dans les années 1930, GM prend l'avantage, grâce à ses nombreuses marques.
En 1918, il lance la marque Frigidaire, qui fabrique à l'origine des réfrigérateurs, et, plus tard, une gamme complète d'électroménagers et des climatiseurs pour voitures. En 1919, GM crée General Motors Acceptance Corporation (GMAC), société de financement des concessionnaires. En 1919, les frères Dodge, fournisseurs de moteurs, qui figurent parmi les douze premiers associés, se plaignent du manque de dividendes. Ils obtiennent en justice de dollars. En 1920, William C. Durant est mis en minorité par son allié, , président éponyme du groupe chimique. La famille Dupont prend jusqu'à 40 % du capital de GM pendant la crise.
Ford profite de ces conflits d'actionnaires pour reprendre l’avantage, puis creuser l'écart. Sa Ford T prend 60 % du marché du neuf en 1921. La dix-millionième sort en 1924, soit une moyenne d'un million par an sur dix ans. Malgré l'émergence de ce géant, il reste encore quarante-quatre constructeurs américains en 1929.
En 1923, une dispute politique permet à l’industriel du roulement à billes Alfred P. Sloan, supporteur du futur président républicain Herbert Hoover, d’évincer William C. Durant de la présidence de GM, qu’il dirigera jusqu’en 1956. Sloan planifie l’obsolescence et les politiques de prix, encourageant le consommateur américain à rester fidèle à la « famille » Chevrolet, Pontiac, Oldsmobile, Buick et Cadillac à mesure que ses goûts changent. Il obtient le remplacement des tramways par des autobus auprès des pouvoirs publics, puis en 1956 le lancement du programme autoroutier d'Eisenhower.
En 1937, les ouvriers lancent à Flint des grèves sur le tas contre la General Motors. Les organisateurs syndicaux de la United Auto Workers (UAW) subissent les agressions de casseurs des milices patronales, de la police, et de membres du Ku Klux Klan. Il y a également quelques débuts de preuves d'un complot des responsables de la mairie et des milices de vigilantes en vue d'assassiner Roy Reuther et deux autres syndicalistes..
1912-1942 : Années de guerre
En 1929 et 1930, General Motors fait l'acquisition de la plus grande usine automobile d'Allemagne, celle d'Opel. Sous le régime hitlérien, la production se tourne vers le secteur militaire. Cette nouvelle orientation augmente les bénéfices engendrés par GM. Fin 1939, la valeur d'Opel dépasse les de dollars, soit près du double de l'investissement initial de GM ( de dollars). .
Le , le vingt-cinq millionième véhicule est fabriqué.
À partir de , la GM (comme ses concurrents Ford et Chrysler ainsi que les autres constructeurs indépendants) reconvertit ses pour l'effort de guerre américain durant la Seconde Guerre mondiale. Elle livre ainsi des militaires commandés par le ministère de la Guerre, de munitions d'artillerie, de groupes motopropulseurs d'avion, de combat, etc.
1989-2004 Dans les années 1980, General Motors collabore avec la dictature militaire au Brésil en lui transmettant des informations sur les activités des militants syndicaux de l'entreprise. Ces informations sont utilisées par la police pour surveiller, harceler et arrêter les syndicalistes afin d‘empêcher l‘organisation de grèves..
En décembre 1989, GM acquiert 50 % de Saab Automobile. Dix ans plus tard, il acquiert l'autre tranche d'actions de Saab..
L'entreprise produit les marques et Asüna au Canada au tout début des années 1990.
En 1996, GM lance la EV1., ce qui marquera le début du scandale de plus de six ans au sujet de la disparition soudaine de ce modèle entièrement électrique.
En 1998, les produits Geo sont intégrés dans la gamme Chevrolet.
En 2000, GM noue une alliance stratégique avec le groupe italien Fiat. L'italien cède 20 % de son capital, en échange de 6,1 % de GM, l'américain bénéficiant d'une clause d'achat des 80 % jusqu'en 2006. Les difficultés de Fiat l'ont incité à se désengager, bien que GM ait dû payer un dédommagement de de dollars au constructeur italien.
La dérive financière des années 2000 et la nationalisation de 2009
Au début des années 2000, la dette de GM est trop élevée par rapport à ses capitaux propres. Le sauvetage se fera en quatre temps. De 2005 à 2008, pour éviter une augmentation de capital, GM recourt d'abord à des désinvestissements massifs, l'État prenant le relais en par de dollars de prêts d'urgence. Cette politique se poursuit au premier semestre 2009 sur fond d'effondrement des ventes, GM cherchant toujours à éviter une augmentation de capital. Mais en , un tribunal exproprie les actionnaires et les créanciers, au profit d'une nouvelle société, créée de toutes pièces et dotée de de dollars de capitaux propres, quasiment sans aucune dette. Les États américain et canadien en sont actionnaires dès sa création en .
Après une décennie de surendettement, General Motors a ainsi subi à l'été 2009 une mutation financière et patrimoniale du même type que celle du groupe franco-anglais Eurotunnel : créanciers et actionnaires évincés par les tribunaux, dette annulée. Le « Nouveau GM » réussira en 2010 une introduction en Bourse de de dollars, qui permettra à l'État américain de revendre la moitié de sa participation de 61 %.. En hausse dès le début de 2010, seulement six mois après le rachat par l'État, les ventes de voitures de GM sur le marché américain poursuivent leur hausse en 2011, une remontée de 25 % en deux ans.
Année 1999 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Voitures vendues aux États-Unis (en millions). 5 4,9 4,9 4,8 4,7 4,5 4,1 3,8 3 2,08 2,2 2,5 2,6 (sur 11 mois)
La conséquence est une forte baisse des ventes, puis des bénéfices. En 2007., la part du marché américain chute à 23 % contre 28 % en 2003.. . En , l'État prête d'urgence de dollars, sous condition de réduire la dette des deux tiers, en la transformant en capitaux propres.. GM propose aussi de supprimer en trois ans. Le groupe n'employait déjà plus que . : il avait déjà supprimé dans le monde, le tiers de ses effectifs, entre 2005 et 2008. GM promet de vendre cinq de ses marques : Pontiac, Saturn, Hummer, Saab Automobile et Opel. Les quatre premières sont en réalité de toute petite taille : de véhicules à elles quatre, soit 3 % des ventes de GM. La seule grande marque des cinq est l'allemande Opel, qui a vendu . de véhicules en 2008, soit huit fois plus que les quatre autres réunies. Elle sera en réalité conservée, GM décidant de ne plus la vendre, quelques mois après. Le groupe canadien Magna International. est approché, mais GM se rétracte en fin d'année.. Elle sera vendue en 2017 au Groupe PSA.
Le surendettement des années 2004-2008 General Motors revient de loin : entre 2000 et 2009, ses ventes de voitures aux États-Unis sont passées de . Cette « décennie perdue » a contribué au vieillissement du parc automobile américain, l'âge moyen d'une voiture américaine atteignant contre 8,4 en 1995.
Année 1995 2000 2005 2011 Âge moyen des voitures 8,4 ans 9,1 ans 10 ans 11,2 ans