Lîle Floreana, en espagnol , aussi appelée île Santa María, en espagnol , ou encore île Charles, est une île d'Équateur située dans les îles Galápagos.

Toponymie Le nom Floreana lui vient du nom du premier président de l'Équateur, Juan José Flores. C'est au cours de sa présidence que l'archipel fut annexé à l'Équateur ().

Le second nom, Santa María, est attaché au souvenir de la caraque Santa María, de la première expédition de Christophe Colomb, en 1492.

Enfin, jusqu'au début du les Anglais la connaissaient sous le nom de Charles, depuis qu'elle fut nommée ainsi, en hommage au roi Charles II, par le flibustier anglais Ambrose Cowley. qui visita l'archipel en 1684.

Géographie Topographie Cette petite île de , est la sixième de l’archipel par ordre de grandeur. Située à au sud de l’île Santa Cruz, elle est avec l’île Española la plus méridionale de l’archipel. Elle culmine à , au sommet du Cerro Pajas, le plus haut des nombreux petits cratères volcaniques que l’on rencontre majoritairement dans un rayon de au centre de l’île. Parmi ceux-ci, signalons aussi :

Le Cerro Alieri (), particulièrement remarquable pour sa végétation. On y trouve une grande variété de plantes : 48 espèces identifiées dont un tiers est endémique..

Le cône volcanique Asilo de la Paz (), en français , du nom d’un centre pénitentiaire installé à proximité en 1832. À sa base se trouve une succession de grottes issues des anciennes coulées de lave, dites grottes des pirates selon la tradition qui veut qu’elles aient servi de refuge aux pirates et baleiniers des siècles passés. Elles furent en tout cas utilisées au , dans les années 1930, par les colons européens de l’île, aux premiers temps de leur installation.. On trouve aussi à cet endroit l’unique source d’eau douce de l’île, qui sert à alimenter l’ensemble de la petite population locale..

À signaler la présence, à la périphérie de Floreana, de cinq petites îles, Champion (), en espagnol , Enderby (), Caldwell (), Gardner de Floreana () et Watson ().

Histoire Colonisation de l’île L’île Floreana est certainement la plus célèbre de l’archipel pour ses péripéties historiques et romanesques.

Le premier habitant de l’archipel fut un navigateur irlandais, , débarqué sur l’île Floreana en 1807. Il y resta seul pendant deux ans, vivant de la culture de son potager et des échanges avec les navires de passage dans le secteur. En 1809, il quitta l’île sur une chaloupe subtilisée à l’un de ces navires, en compagnie de quelques hommes d’équipage du bateau.

En 1832, quand l’archipel fut officiellement annexé à la république de l’Équateur, on installa sur l’île un centre de détention où furent déportés d’abord près d’une centaine de militaires, auteurs d’une mutinerie et condamnés à mort mais dont la peine avait été commuée en déportation grâce à l’intervention du général José de Villamil, nommé Gouverneur Général de l’archipel. Celui-ci entretenait l’illusion de faire de ce lieu un havre de paix et de réhabilitation des détenus. C’est pourquoi il donna le nom de Asilo de la Paz à cette colonie qui s’établit dans une zone de terres fertiles au centre de l’île, au pied du cratère du même nom signalé précédemment. Mais cette implantation ne dura qu’une vingtaine d’années..

En 1925, les membres d’une expédition zoologique norvégienne, conduite par Alf Wollebæk, séjournèrent durant cinq mois sur l’île et y construisirent la première station biologique de l’archipel. Il s’agissait d’une maison en pierre de lave située tout près du littoral de la Bahia de Correos, au nord de l’île., à un kilomètre au nord-est de la fameuse « boîte à lettre » qui a donné son nom à la baie. Le nom de ce zoologiste scandinave reste attaché aujourd’hui au nom scientifique de l’otarie des Galápagos. Le navire qui amena sur l’île cette expédition scientifique transportait aussi une dizaine de colons norvégiens, séduits par la publicité faite dans leur pays au sujet de l’abondance de poissons et de baleines dans cette région et qui pensaient y développer une industrie baleinière.. Mais l’expérience tourna court et en moins de deux ans la plupart d’entre eux retournèrent dans leur pays.

Affaire Uthurburu Léon Uthurburu, un Basque né en 1803 à Barcus dans les Pyrénées-Atlantiques, était parti à l’âge de 20 ans pour l’Équateur où il avait monté une affaire commerciale florissante. Il devint même vice-consul de France à Guayaquil. Parmi ses débiteurs figurait le général José de Villamil, gouverneur général de l’archipel. Celui-ci, incapable de rembourser ses dettes, céda à Uthurburu ses possessions de Floreana, soit les de l'île.

En 1853 Léon Uthurburu rentre définitivement en France.

En 1860 José de Villamil, vieillissant et voulant régler les questions de succession avec ses enfants, écrit à Uthurburu pour lui proposer de lui racheter ces fameux de l'île Floreana.. Uthurburu négocie le prix de vente de ces terres. Les deux parties sont d’accord. Mais José de Villamil doit s’expatrier au Pérou en raison de problèmes politiques internes, ce qui retarde la revente effective du bien. Et sur ces entrefaites, Léon Uthurburu meurt le , léguant tous ses biens au bureau de bienfaisance de Barcus. Malgré ses efforts, la commune n'en prit jamais possession.. Elle continue cependant aujourd'hui à en revendiquer l'appartenance.. L’Équateur a récupéré ce territoire en s’appuyant sur une loi promulguée pour l’occasion, stipulant qu’un territoire peut être saisi par l’État si le propriétaire n’y a pas vécu pendant les vingt dernières annéesSite ouest-france.fr, article de Gautier Demouvaux "Barcus, le petit village basque propriétaire d’une île des Galápagos"..

Affaire des Galápagos Au début des années 1930, l’île Floreana défraya la chronique. Trois groupes de colons en provenance d’Allemagne vinrent s’installer sur l’île qui était alors complètement déserte.

En 1929, le docteur Friedrich Ritter, dentiste aux idées philosophiques curieuses, végétarien, désireux de fuir la civilisation occidentale et de retrouver une vie saine au contact de la nature, par une existence totalement retirée du monde dans quelque île déserte idyllique du Pacifique, réussit à convaincre sa patiente et amante, Dore Strauch, d’abandonner leurs conjoints respectifs et de quitter l’Europe. C’est ainsi qu’en août de la même année ils se font débarquer sur l’île Floreana...

L’expérience singulière de ce couple bizarre est vite relayée par la presse occidentale, ce qui va motiver une famille de Cologne, les Wittmer, pour aller vivre une existence similaire sur la même île. Heinz et Margaret Wittmer veulent fuir l’Allemagne et ses graves problèmes politiques de l’époque. Ils pensent aussi pouvoir ainsi guérir le problème de santé dont souffre le fils de Heinz, Harry. Tous les trois arrivent à l’île Floreana en . Peu de temps après, Margaret accouche d’un garçon, Rolf, qui devient ainsi le premier habitant natif des Galapagos. Le docteur Ritter n’apprécie guère de voir son isolement troublé par cette famille et la cohabitation est vécue dans une relative neutralité.

En octobre de la même année débarque un quatuor qui va venir perturber la tranquillité des lieux. Il s’agit d’une autrichienne excentrique se faisant appeler « Baronne » Eloise von Wagner-Bosquet, accompagnée de ses deux amants allemands, Robert Philippson et Rudolf Lorenz, ainsi que d’un manœuvre équatorien, Felipe Valdivieso, qui s’enfuit peu de temps après pour rejoindre le continent. La baronne, qui ira même jusqu’à s’autoproclamer « Impératrice de Floreana », avait le projet fantaisiste de fonder à Floreana un hôtel de luxe pour accueillir les riches touristes américains de passage. Évidemment ce projet ne vit jamais le jour.

Au bout d’un an et demi d’une vie tumultueuse tant dans les rapports de la baronne avec les deux autres familles que dans ses relations avec ses amants, en celle-ci informe ses voisins qu’elle quitte l’île avec Robert Philippson pour rejoindre Tahiti sur le yacht d’un ami. Ils disparaissent le . Mais personne n’a aperçu le moindre yacht dans la région. Malgré les soupçons qui pèsent sur Rudolf Lorenz au sujet de cette mystérieuse disparition, Margaret Wittmer soutient la thèse du départ pour Tahiti. Mais bientôt Rudolf Lorenz décide de quitter l’île et de retourner en Allemagne. En juillet il profite du passage d’un norvégien, Trygve Nuggerud, pour monter à bord avec lui, dans le but de rejoindre l’île San Cristobal puis Guayaquil, sur la côte équatorienne. Ils disparaissent à leur tour. Ce n’est que le suivant que les corps desséchés et momifiés des deux hommes, vraisemblablement morts par déshydratation, seront retrouvés par l’équipage du navire américain , sur le sable de l’île Marchena, au nord de l’archipel des Galapagos. Là encore le mystère demeure sur le lieu et les causes de cette tragédie.

Entre-temps, Friedrich Ritter est mort aussi en novembre, de façon étrange, empoisonné en mangeant du poulet avarié. Aucune de ces morts et disparitions n’a reçu une explication satisfaisante et il semble que le mystère restera à jamais entier.

Dore Strauch est retournée en Allemagne en , laissant seule la famille Wittmer poursuivre sa vie sur l’île, ses descendants y étant toujours établis. Elle a publié ses mémoires et sa version des faits dans un livre intitulé Satan Came to Eden, en 1936.. Margaret Wittmer a rapporté son expérience dans Postlagernd Floreana publié en 1959.. Mais aucun des deux ouvrages ne permet cependant d’élucider le mystère.

Cette histoire a été adaptée par Georges Simenon dans son roman Ceux de la soif paru en 1938. Simenon l'avait déjà évoquée dans une série d'articles parue en février 1935 dans Paris-SoirArticles repris dans le volume Mes apprentissages, reportages 1931-1946, Omnibus 2001 .

Ces événements ont également été portés à l’écran en 2013 dans un film documentaire américain, ..

Le film Eden (2024) de Ron Howard est également inspiré de cet épisode.

Démographie On estime la population locale à environ 170 personnes.. Celle-ci est essentiellement concentrée dans l’unique localité de l’île, Puerto Velasco Ibarra, avec quelques familles vivant au centre de l’île, dans le seul secteur propice à l’agriculture où fut installé au le centre de détention Asilo de la Paz.

Centres d’Intérêt Pointe Cormorant On ne rencontre pas de cormoran sur cette île. Le cormoran aptère, endémique des Galapagos, ne se trouve que sur les îles Fernandina et Isabela. De plus, en espagnol comme en français, l’orthographe de ce mot ne comporte pas de « t » final. Ceci permet de penser que le nom fut attribué à cet endroit par le lieutenant de vaisseau anglais Webb, qui visita les Galapagos en 1886 à bord du navire « HMS Cormorant ».. Ce site se trouve à l’extrême nord de l’île. À l’ouest de la pointe, au fond de la Baie Cormorant on trouve une plage de sable verdâtre, en raison de la présence d’olivine, qui contraste avec une belle plage de sable blanc, d’où son nom anglais de Flour Beach, au sud-est de la pointe, sur laquelle les tortues marines viennent pondre. Un petit sentier de 500 mètres permet de communiquer d’une plage à l’autre tout en découvrant une lagune d’eau salée où l’on peut observer des flamants.

Ce secteur de l’île recèle quelques particularités botaniques : c’est l’un des rares endroits où l’on trouve l’espèce de marguerite .. Cette plante est non seulement endémique des Galapagos mais elle ne se rencontre que sur l’île Floreana. On y trouve aussi une espèce de marguerite grimpante, Scalesia villosa , qui est également particulière à cette île et aux quatre îlots environnants, Champion, Enderby, Caldwell et Gardner..

Corona del Diablo