Le mont Jefferson, en anglais , est un volcan endormi s'élevant à d'altitude dans la chaîne des Cascades, au centre de l'Oregon dans le Nord-Ouest des États-Unis, État dont il est le deuxième plus haut sommet. Il s'agit d'un stratovolcan composé d'andésite, d'andésite basaltique et de dacite. Il abrite quatre glaciers alimentés par d'importantes précipitations neigeuses. Son versant occidental est protégé au sein de la réserve intégrale du Mont Jefferson, créée en 1968, et dans la forêt nationale de Willamette dans le but de conserver sa faune et sa flore. Le versant oriental appartient depuis 1855 à la réserve indienne de Warm Springs, bien que le territoire soit historiquement celui des Molala. La montagne est aperçue par l'expédition Lewis et Clark en 1806 et aussitôt nommée en l'honneur du président Thomas Jefferson. Elle est explorée dans la première moitié du avant d'être officiellement gravie pour la première fois en 1888 par deux habitants de Salem. Pourtant, le mont Jefferson reste relativement isolé et le pinacle qui surmonte son sommet est en fait le plus technique à escalader de toutes les Cascades. Bien que la montagne n'ait plus connu d'éruption depuis et que l'activité se soit déplacée vers le sud, le volcan nécessite le maintien d'un niveau de vigilance.

Toponymie thumb|upright|left|alt=Portrait de Thomas Jefferson.|Portrait de Thomas Jefferson, président des États-Unis et initiateur de l'expédition Lewis et Clark ; tableau de Charles Willson Peale vers 1791.

La montagne est nommée le par les membres de l'expédition Lewis et Clark d'après leur commanditaire, le président Thomas Jefferson Lyn Topinka, The Volcanoes of Lewis and Clark - Mount Jefferson, Oregon, United States Geological Survey, 29 juin 2004 Lyn Topinka, Cascade Range Volcanoes - Volcano Names - Volcanoes and History, observatoire volcanologique des Cascades, United States Geological Survey, Vancouver, Washington, 9 mars 2011 . Ils l'aperçoivent lors de leur voyage de retour par la gorge du Columbia, au niveau de l'embouchure de la rivière Willamette Lyn Topinka, The Volcanoes of Lewis and Clark - Volcano Sitings 1805 and 1806, United States Geological Survey, 19 mars 2004. Toutefois, Meriwether Lewis ne fait pas figurer ce nom sur sa carte de 1814 Allen Doc Wesselius, A Lasting Legacy - Part IV, Columbia Magazine, Vol. 15, , hiver 2001-2002. Les Britanniques de la Compagnie de la Baie d'Hudson en profitent pour le rebaptiser mont Vancouver sur une carte de 1838 Library of Congress, Library of Congress Subject Headings, Cataloging Policy and Support Office, page 3773 Robert Greenhow, Memoir, historical and political, on the northwest coast of North America, and the adjacent territories, United States Dept. of State, United States Congress Senate Select Committee on the Oregon Territory, Blair and Rives Printers, Washington, 1840, page 14. Si John Charles Frémont l'évoque à la fin du mois de et le fait figurer sur une carte publiée deux ans plus tard Lyn Topinka, John C. Fremont, U.S. Exploring Expedition - Volcanoes and History, observatoire volcanologique des Cascades, United States Geological Survey, Vancouver, Washington, 7 février 2011, ce n'est qu'en 1859 que son nom américain est officiellement restauré sur une Carte de l'État d'Oregon et du territoire de Washington. Il s'agit du seul sommet nommé par l'expédition dont le nom original a survécu Oregon Wild Madness - Mountains (Round 3), Oregon Wild mais pas du seul volcan de la chaîne des Cascades à l'être d'après un président, puisqu'il a inspiré le nom du mont Adams d'après John Adams en 1839 Lyn Topinka, Cascade Range Volcanoes: Historical Timeline - Volcanoes and History, observatoire volcanologique des Cascades, United States Geological Survey, Vancouver, Washington, mars 2011 et celui du mont Washington d'après George Washington Mount Washington Wilderness - General Information. Son nom amérindien est Seekseekqua et symbolise un esprit Wahclellaspirit, The Majestic Columbia River Gorge: A Journey Treasured Throughout Time, Xlibris, 2012 , page 313.

Géographie Situation Le mont Jefferson est situé dans le Nord-Ouest des États-Unis, près du centre de l'État de l'Oregon, sur la limite entre les comtés de Linn à l'ouest et de Jefferson à l'est Mount Jefferson, Oregon, peakbagger.com Feature Detail Report for: Mount Jefferson, Geographic Names Information System, United States Geological Survey, tandis que le versant nord-est s'étale sur celui de Marion en dessous de Mount Jefferson-North Ridge, Oregon, peakbagger.com. Il s'élève à respectivement 45 et à l'ouest de Warm Springs et de Madras, à au nord-ouest de Redmond, à respectivement 50 et au nord-nord-ouest de Sisters et de Bend, tandis que Salem, la capitale de l'Oregon, est à une centaine de kilomètres à l'ouest, Portland, la ville la plus peuplée, à au nord-ouest et Eugene à au sud-ouest. Les côtes de l'océan Pacifique se trouvent à un peu moins de à l'ouest. Le volcan le plus proche est le à au sud mais le sommet plus élevé le plus proche est Crater Rock, un pic secondaire du mont Hood, à au nord. Ces sommets font partie de la chaîne des Cascades.

Topographie thumb|upright=1.3|alt=Carte topographique du mont Jefferson.|Carte topographique du mont Jefferson.

Le mont Jefferson est un volcan en sommeil. Il culmine à d'altitude, soit le deuxième plus élevé de l'Oregon Mount Jefferson, bivouac.com après le mont Hood Peaks In Oregon, bivouac.com. Sa base se situant entre et d'altitude, il s'élève d'environ . Il présente, malgré l'érosion sur son versant occidental, une forme conique assez grossière surmontée par un pinacle distinctif. Toute présence de cratère volcanique a en revanche disparu. Il est prolongé au sud par une longue arête pratiquement jusqu'au . Sa hauteur de culminance est de par rapport au col Santiam, à d'altitude, ce qui en fait le troisième de l'État après le mont Hood et le pic Sacajawea.

Hydrographie Le versant occidental du mont Jefferson appartient au bassin de la Willamette et plus précisément de la North Santiam. Y prennent leur source, du nord au sud, le Whitewater Creek et ses affluents directs ou indirects en rive gauche, le Russell Creek et le Jeff Creek, ainsi que le Milk Creek qui rejoint la North Santiam par le biais du Pamelia Creek. Le versant oriental appartient au bassin de la rivière Deschutes et plus précisément de la Metolius. La rivière Whitewater naît au nord-est, rejointe par le Milk Creek (homonyme du précédent) dont la source est un peu plus au sud. Puis s'écoulent au sud-est le Parker Creek et le Jefferson Creek qui reçoit ses eaux en rive gauche Lyn Topinka, Mount Jefferson Volcano, Oregon - Description, observatoire volcanologique des Cascades, United States Geological Survey, Vancouver, Washington, 23 décembre 2005.

thumb|left|upright|alt=Mont Jefferson se reflétant dans un lac.|Vue du mont Jefferson depuis le lac Russel à Jefferson Park, au nord, avec le glacier Whitewater à sa gauche.

Le lac le plus étendu autour du mont Jefferson est le lac Pamelia, long de et d'une largeur maximale de près de , sur son piémont sud-ouest. À l'ouest se trouve le lac Whitewater, au nord les lacs Russel, Bays, Scout, Park et Rock, tandis qu'au sud figurent les lacs Coyote, Hunts, Hanks et Table, ce dernier étant le seul appartenant au bassin de la Deschutes. Ils sont retenus par d'anciennes moraines.

Le mont Jefferson abrite environ 35 névés et glaciers s'étendant au-delà de d'altitude pour une superficie cumulée de Keith Jackson, Glaciers of Oregon, Glaciers of the American West, Portland State University, 6 juin 2005. Ils sont issus de la dernière grande glaciation, vers à ans BP, puis d'un petit âge glaciaire entre et ans BP environ. Le glacier Whitewater, sur le versant oriental, est de loin le plus vaste d'entre eux et possède une largeur, du nord au sud, de trois kilomètres environ. Au sud-est du sommet se trouve le glacier Waldo, alors qu'au nord-ouest figurent les glaciers Jefferson Park et Russel. Au début du , deux autres glaciers étaient présents sous le sommet : le glacier Milk Creek à l'ouest et le glacier Timberline au sud-ouest. En 1915-1916, Ira A. Williams de l', après avoir nommé ces glaciers, rapporte que le glacier Milk Creek présente deux lobes. Toutefois, en 1917, L. Hatch note déjà un retrait des glaciers, notamment Russell et Jefferson Park avec la présence de moraines. Les dimensions qu'il donne du glacier Whitewater sont deux fois et demie plus importantes que celles actuelles. À la fin des années 1930, le glacier Milk Creek n'est plus constitué que par des plaques de glace inertes couvertes de débris rocheux et il cesse de figurer sur les cartes. Le glacier Timberline est photographié par A.J. Gilardi en 1937 et décrit par Kenneth N. Phillips l'année suivante.

Géologie thumb|alt=Schéma de la zone tectonique de la chaîne des Cascades.|Schéma de la zone tectonique de la chaîne des Cascades.

L'arc volcanique des Cascades apparaît à l'aplomb d'une zone de subduction, Cascadia, 36 millions d'années BP, formée par l'enfoncement d'un reliquat de la plaque Farallon, la plaque Juan de Fuca sous la plaque nord-américaine. L'activité volcanique diminue, entre 17 et 12 millions d'années BP, au cours du Miocène. Toutefois, avec la séparation simultanée de la plaque Explorer et l'épaississement de la zone de subduction, l'angle du plan de Wadati-Benioff augmente. Les frictions deviennent plus intenses, le relief s'accroît et le volcanisme reprend entre 7 et 5 millions d'années BP, au début du Pliocène Catherine L. Townsend, John T. Figge, Northwest Origins - An Introduction to the Geologic History of Washington State, The Burke Museum of natural history and culture The Cascade Episode (37 million years ago to present) - Evolution of the Modern Pacific Northwest, The Burke Museum of natural history and culture. Si le volcanisme apparaît dans la zone vers 3,9 millions à 2,5 millions d'années BP, le mont Jefferson ancestral n'apparaît par émission d'une grande quantité de lave que vers ans BP.

Le mont Jefferson est un stratovolcan composé d'andésite, d'andésite basaltique et de dacite reposant sur un socle de basalte. L'étude de Kenneth G. Sutton a révélé que la montagne est composée d'environ 75 % de lave et 25 % d'éjectas Craig M. White, Alexander R. McBirney, Some quantitative aspects of orogenic volcanism in the Oregon Cascades, « Geological Society of America Memoir » 152, Center for Volcanology, University of Oregon, Eugene. Parmi les traces d'érosion provoquée par les glaciers figurent des moraines derrière lesquelles se sont formés plusieurs lacs glaciaires. Certains ont rompu leur barrage naturel et sont responsables d'inondations et de coulées de boue, comme ce fut le cas en .

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