Timothy Theodore Duncan dit Tim Duncan, né le à Christiansted sur l'île de Sainte-Croix dans les Îles Vierges américaines, est un joueur puis entraîneur américain de basket-ball, mesurant . Il joue pendant 19 saisons dans l'équipe de NBA des Spurs de San Antonio avec laquelle il remporte cinq titres de champion NBA. Il est considéré comme le meilleur ailier fort et l'un des 10 meilleurs joueurs de tous les temps par le magazine SLAM Top 50 des meilleurs joueurs par SLAM en 2009. en 2010. Duncan annonce sa retraite le 11 juillet 2016. Lors de la saison NBA 2019-2020, Duncan est entraîneur adjoint de son ancien entraîneur aux Spurs, Gregg Popovich.

Les débuts Tim Duncan est dans sa jeunesse l'un des meilleurs espoirs en natation, principalement sur nage libre, et rêve d'imiter sa sœur Tricia qui avait disputé les Jeux olympiques de Séoul en 1988. Deux événements majeurs vont alors fortement le toucher et orienter son avenir. En , l'ouragan Hugo ravage la seule piscine de dimension olympique de l'île de Sainte-Croix. Confronté à des conditions d'entraînement désormais difficiles, devant principalement s'entraîner dans l'océan, et connaissant une baisse dans sa progression, il décide d'abandonner la natation pour le basket-ball. Puis la veille de son , sa mère meurt d'un cancer. Peu avant, elle lui avait fait promettre, ainsi qu'aux deux sœurs de Tim, Cheryl et Tricia, de finir ses études et d'obtenir un diplôme. Il respectera plus tard cette promesse en refusant les offres alléchantes des franchises NBA pour finir son cursus universitaire.

Ayant commencé tardivement le basket-ball, il éprouve quelques difficultés à exprimer son potentiel mais finit par devenir le joueur dominant de son lycée, le St. Dunstan’s Episcopal High School, concluant son année senior avec 25 points de moyenne. Dès lors, plusieurs universités, dont Providence, Hartford ou Delaware, tentent de le recruter, mais c'est pour l'entraîneur de Wake Forest, Dave Odom, que Tim Duncan décide de jouer.

Carrière universitaire Duncan rejoint une équipe de l'élite du championnat universitaire américain, les Demon Deacons de Wake Forest, puisque celle-ci a atteint le (demi-finale régionale, l'équivalent d'un huitième de finale), lors du tournoi final NCAA 1993. Cependant c'est aussi une équipe en reconstruction puisque son meilleur joueur, Rodney Rogers, vient de quitter l'équipe pour s'inscrire à la Draft 1993 de la NBA.

Lors de sa première année, 1993-1994, Duncan et son coéquipier Randolph Childress mènent l'équipe à un bilan médiocre de 20 victoires pour 11 défaites. Si Duncan commence à imposer son jeu poste bas et ses tirs à mi-distance, c'est surtout ses grandes qualités défensives, notamment au contre et au rebond, qui le font remarquer. Il finit ainsi sa première année avec des statistiques de 9,8 points (55 % d'adresse générale et 75 % aux lancers-francs) 9,6 rebonds et 3,76 contres. Il est alors sélectionné pour représenter les États-Unis aux de 1994.

Lors de son année sophomore (), il passe un cap et conduit son équipe en finale du tournoi de la prestigieuse Atlantic Coast Conference (ACC) contre les Tar Heels de la Caroline du Nord. Lors de ce match, il musèle la star des Tar Heels Rasheed Wallace tandis que Randolph Childress offre le titre à Wake Forest sur un panier dans les ultimes secondes de la prolongation. Les se présentent donc confiants au tournoi final NCAA, mais une fois encore leur parcours se conclut au stade du après une défaite, 66-71, contre l'équipe des Cowboys d'Oklahoma State de . La saison n'en demeure pas moins positive tant d'un point de vue collectif avec le titre de l'ACC que d'un point de vue personnel puisque Duncan est élu , joueur défensif de l'année. Il est également élu dans la , le 5 majeur idéal de sa conférence, récompense qu'il obtient également lors de ses 2 dernières années universitaires grâce à des statistiques en forte hausse : 16,8 points (59 % d'adresse générale et 74 % aux lancers-francs) 12,5 rebonds 2,1 passes décisives et 4,2 contres.

En junior (), la donne change pour Duncan et son équipe puisque Randolph Childress se présente à la draft. Mais Duncan en leader incontesté mène Wake Forest, malgré l'inexpérience de ses coéquipiers, à un nouveau titre lors du tournoi de la conférence ACC. Malheureusement, grippé, il échoue lors de la , à nouveau lors du . Éblouissant tout au long de l'année, Duncan (19,1 points, 12,3 rebonds, 2,9 passes décisives, 3,7 contres) est à nouveau élu et meilleur joueur de sa conférence.

Pour sa dernière année, Duncan reçoit l'aide dans la raquette du jeune pivot prometteur Loren Woods. L'équipe remporte ses 13 premiers matches mais échoue une fois encore au tournoi final, cette fois-ci au , contre les Cardinal de Stanford (72-66) et son meneur star Brevin Knight. Cependant sa magnifique saison (20,8 points, 14,7 rebonds, 3,2 passes et 3,3 contres) lui vaut tous les honneurs individuels : meilleur joueur de l'ACC, meilleur défenseur NCAA pour la et surtout meilleur joueur NCAA puisqu'il remporte le Trophée Wooden et le 1997.

En terminant son cursus universitaire, il est à contre-courant de la tendance de la fin des années 1990, où la plupart des joueurs s'inscrivent à la Draft de la NBA après un an ou deux à l'université, voire directement après le lycée. Tim Duncan devient à la fin de sa carrière universitaire le deuxième meilleur contreur de l'histoire de la NCAA et l'un des dix joueurs à avoir compilé plus de et en carrière.

Carrière en NBA "Twin Towers" (1997-2003) Tim Duncan est sélectionné au premier rang de la draft 1997 par les Spurs de San Antonio, équipe qui sort d'une saison catastrophique à la suite de la blessure de son joueur majeur, David Robinson. L'impact de l'ancien de Wake Forest est immédiat et il est choisi par les entraîneurs pour disputer le , sélection rare pour une . Auteur d'une très belle saison individuelle (21,1 points, 11,9 rebonds, 2,7 passes et 2,5 contres) et collective (56 victoires pour 26 défaites, deuxième de la ), il est facilement élu NBA Rookie of the Year (meilleur débutant). Le duo qu'il forme avec David Robinson leur vaut le titre de nouvelles « Twin Towers » de la NBA, en référence à la paire que formaient Hakeem Olajuwon et Ralph Sampson dans les années 1980. En play-off, les Spurs éliminent les Suns de Phoenix (Jason Kidd, Kevin Johnson, Steve Nash, Rex Chapman, Dennis Scott, George McCloud, Antonio McDyess…) 3 manches à 1, mais tombent en demi-finale de conférence contre le Jazz de l'Utah (Karl Malone, John Stockton, Jeff Hornacek) 4 manches à 1.

Durant la saison 1999 raccourcie à 50 matches à cause du lock-out (mise à pied collective des joueurs à la suite du litige concernant la limitation des salaires), les Spurs malgré un départ médiocre finissent fort pour remporter leur division. Duncan, fer de lance de l'équipe, récolte les récompenses individuelles. Il est élu dans la All-NBA First Team (le 5 idéal) et la NBA All-Defensive Team (la meilleure équipe défensive) et finit à l'élection du NBA Most Valuable Player (meilleur joueur) de la saison régulière. L'homogénéité du 5 majeur (Avery Johnson, Sean Elliott, Mario Elie et les "tours jumelles") écrase la concurrence en playoffs. Reposant sur une défense de fer et la domination du duo d'intérieurs Duncan-Robinson, les Spurs dominent leur conférence (3-1 contre les Timberwolves du Minnesota, 4-0 contre les Lakers de Los Angeles et 4-0 contre les Trail Blazers de Portland) avant d'achever les Knicks de New York en finale (4-1). San Antonio obtient le premier titre de son histoire et Duncan est élu MVP des Finales (27,4 points, 14 rebonds et 2,2 contres).

Devant se passer de leur ailier Sean Elliott, qui souffre de graves problèmes rénaux et doit subir une transplantation, les Spurs ne dominent pas comme prévu la ligue et finissent même seulement seconds de leur division (53 victoires, 29 défaites). Duncan lui tient parfaitement son rang (23,2 points, 12,4 rebonds, 3,2 passes, 2,2 contres) et se retrouve à nouveau sélectionné dans la et la . Il est bien sûr aussi convié au où il obtient, en compagnie de Shaquille O'Neal, le titre de MVP. Malheureusement à 5 matches de la fin de la saison régulière, Duncan se blesse et doit déclarer forfait pour les play-offs. Sans son joueur majeur, et malgré le retour d'Elliott et le talent de Robinson, San Antonio ne peut passer l'obstacle Phoenix (3-1) au premier tour.

Au complet pour la saison 2000-2001, les Spurs remportent leur division (58 victoires, 24 défaites) en palliant le vieillissement de leur cinq majeur, par l'intégration progressive de jeunes joueurs comme Antonio Daniels, Derek Anderson ou Malik Rose. Pour la troisième fois en quatre ans, Duncan mène la ligue au nombre de double-doubles (au moins 10 unités dans deux catégories statistiques) avec 66 et dispute le . Mais, en play-offs, après avoir sorti Minnesota (3-1) et Dallas (4-1), les Spurs subissent la domination du champion sortant, les Lakers de Los Angeles, 4-0.

La saison 2001-2002 marque le sommet de la dépendance des Spurs envers son ailier fort. En effet à côté de lui, les joueurs apparaissent soit en fin de parcours (David Robinson, Steve Smith, Terry Porter, Danny Ferry), soit trop inexpérimentés (Tony Parker, Antonio Daniels, Stephen Jackson). Dream Tim réalise une bonne saison (25,5 points, 12,7 rebonds, 3,7 passes, 2,5 contres) et obtient une nouvelle sélection au , dans la et la , et le titre de MVP de la saison. Il devient aussi le cinquième joueur de l'histoire à se classer dans le top 5 aux points, rebonds et contres (après Kareem Abdul-Jabbar, Patrick Ewing, Hakeem Olajuwon et Shaquille O'Neal) et demeure le premier au classement des double-doubles (67). San Antonio en profite pour conserver son titre de division (58-24), mais tombe encore sur les Lakers (4-1) en demi-finale de conférence après un succès au premier tour sur les SuperSonics de Seattle (3-2).

Pour la saison 2002-2003, ce qu'on appellera à partir de la saison 2004-2005 le Big Three, l'association de Tony Parker, Manu Ginóbili et Tim Duncan voit le jour. Cette année apparaît d'autant plus charnière qu'elle est la dernière du pivot mythique de l'équipe David Robinson. Duncan, toujours aussi dominateur, remporte son deuxième titre de MVP., et mène les siens à un nouveau titre de division (60-22). Manquant encore de régularité, notamment dans l'adresse extérieure, l'équipe est soumise à de fortes sautes d'humeur, mais parvient enfin à battre les Lakers. En effet après un succès initial sur les Suns (4-2), les triples champions en titre tombent en 6 manches en demi-finale de conférence. Les Spurs atteignent la finale après un dernier succès sur Dallas (4-2) et remportent leur en venant à bout des Nets du New Jersey de Jason Kidd (4-2). Lors de la sixième manche, Duncan est tout proche du quadruple-double avec , , décisives et . MVP des Finales, Tim Duncan réalise sur cette série, un record toujours valide en 2015..

Leader des Spurs (2003-2007) vignette|Tim Duncan au duel avec Ben Wallace en 2005. Tim Duncan qui remporte un troisième titre NBA en 2005 Une fois retiré des parquets, il cite ce titre de 2005, remporté lors de la septième manche, comme son préféré : .

À cause d'une blessure au pied, Duncan livre une saison 2005-2006 assez décevante et les Spurs se font éliminer en demi-finales de conférence par les Mavericks de Dallas.