François de la Chaise, né à Montcenis le et mort le à Mirande. C'est un personnage dont le rôle soulève encore de nombreuses questions et interrogations dans l'histoire de la création de la fonderie royale du Creusot.

Biographie En 1745, il est au service du roi et suit la carrière des armes lorsque son père décède. En 1747, il s'installe à Dijon pour y suivre des études de droit. C'est en cette période qu'il se lie d'amitié avec un certain Charles Gravier de Vergennes (qui va devenir le principal ministre de Louis XVI). Reçu bachelier in utroque jure le , puis licencié en droit le , il épouse Marguerite Prost le . Il quitte Dijon pour revenir à Montcenis en tant qu'avocat et subdélégué de l'intendance de Bourgogne.

Le , François de la Chaise achète conjointement et solidairement la charge d'engagiste de la baronnie de Montcenis avec Pierre Rémi Julien (marié à Antoinette de la Chaise, la sœur de François de la Chaise). Le de la même année , les deux associés achètent quelques terrains à la charbonnière et commencent les travaux pour extraire du charbon de terre. Pierre Rémi Julien est le caissier de la compagnie de la diligence de Chalon, et c'est pour ne pas causer de difficultés à sa compagnie qu'il ne tient pas à paraître en nom dans cette charge. C'est au nom de François de la Chaise que la demande de concession minière est faite le .

À cette époque, en France, les canons sont coulés au pied de hauts-fourneaux qui consomment une quantité importante de charbon de bois ; ils fonctionnent pendant plusieurs mois sans interruption avant d'être arrêtés pour réfection tout aussi longtemps. Par ailleurs, si la fonte est bien liquide lors de sa production, on n'a pas les moyens de la liquéfier de nouveau après solidification. Les canons ratés ou les canons étrangers de calibres incompatibles avec les boulets français ne sont donc pas réutilisables.

En Grande-Bretagne, on sait, depuis le tournant du siècle, refondre des canons ou des gueuses de fontes dans des fours à réverbère. Les frères Wilkinson associent même les hauts-fourneaux au coke (Le Coke est issu d'une pyrolyse du charbon de terre (houille) dans un four, à l'abri de l'air) , aux fours à réverbère pour couler des canons ou des cylindres de machine à vapeur.

"Tant que le charbon de terre ne pouvait servir qu'au chauffage, la mine était de peu d'intérêt, car il n'y avait que l'indigence qui pût réduire les gens à faire usage de ce combustible dont la Faculté de Médecine de Paris avait dénoncé les effets pernicieux dès l'an 1520. Mais les rapports de Jars sur la métallurgie ont fait travailler les esprits, à Montcenis comme ailleurs."

Le , François de la Chaise rédige un mémoire demandant la concession minière à perpétuité de toutes les mines de la seigneurie. Septembre 1768, Gabriel Jars, membre de l’Académie des sciences, qui revient d'une série de voyages à l'étranger, visite les mines de Montcenis et prouve l’intérêt du gisement de la charbonnière à François de la Chaise. Jars propose d’installer dans la vallée des Riaux, riche en charbon de terre , des manufactures de fer et acier « pouvant être reliées par route à Chalon sur la Saône et à l’Arroux qui se jette dans la Loire ».

Le , le ministre Bertin soumet à la signature de Louis XV l'arrêt qui accorde à François de la Chaise la concession de la mine de Montcenis sur une étendue de 6 lieues de long et 3 lieues de large.Les lettres patentes du roi, délivrées le rendent définitif l'arrêt accordant à François de la Chaise, la concession; il obtint pour cinquante ans l’autorisation d’exploiter non seulement les mines de la baronnie mais aussi dans tout le pays formé par la vallée de la Dheune et de la Bourbince, celle du Mesvrin et celle de l’Arroux. Il développe cette industrie minière, soutenu par les États de Bourgogne. Mais, n'étant pas propriétaire de tous les terrains sur lesquels se trouve la concession, une bagarre judiciaire et onéreuse commence entre lui et plusieurs propriétaires.

En 1776, alors que William Wilkinson effectue son premier voyage sur le site, François de la Chaise revend la concession minière. Pourtant, au même moment, à la Forge d’Aisy sous Rougemond, près de Montbard c’est avec le charbon de Montcenis qu'est effectuée la première coulée de fonte au coke du site.

François de la Chaise devient maire de Montcenis en 1777.

En , grâce à l'appui de son vieil ami , le ministre des Affaires étrangères Charles Gravier de Vergennes, François de la Chaise réussit à faire annuler la vente de sa concession à la compagnie minière Renard, propriétaire de la Forge du Mesvrin, pour se réserver une possibilité industrielleQui gouverne?: l'État, le pouvoir et les patrons dans la société industrielle, René de Vos. La famille Gravier de Vergennes possédait la seigneurie d'Alone, sur la paroisse toute proche de La Chapelle-sous-Uchon, à du Creusot.

le à 21h00, William Wilkinson revient à Montcenis mais cette fois avec Ignace de Wendel et Pierre Toufaire pour concrétiser l’idée du vaste établissement de la Fonderie Royale du Creusot dans le creux du vallon. Le , un accord est conclu avec François de la Chaise pour le charbon. Entre le 15 et le , Ignace de Wendel achète les terrains nécessaires à l'établissement de la fonderie.Le , Pierre Toufaire, l'architecte, débute la levée du plan de l'emplacement de la fonderie.

La Compagnie fut fondée le sous la raison sociale "Périer, Bettinger et Cie".

La concession de la mine de charbon de terre est entièrement rachetée par la fonderie en 1786 à François de la Chaise.

Famille

François de la Chaise est le seizième enfant de François Delachezeou Delachaize (1674-1745), procureur aux cours royales de Montcenis« Le Creusot au temps des Lumières », article de Lucien Taupenot paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 125 de mars 2001 (pages 23 et 24). et de Anne Père. Il est aussi l'oncle du général-baron Jacques François de La Chaise.

François de la Chaise aurait eu 22 enfants: La société Eduenne n'en connait que 17; 8 étaient encore vivants à son décès.

Références

Bibliographie Qui gouverne?: l'État, le pouvoir et les patrons dans la société industrielle, par René de Vos François de la Chaise et les origines du Creusot d'Alphonse de Monard . extrait des mémoires de la société Eduenne (nouvelle série), Tome XXIV Du château ducal de Montcenis à la seigneurie du Creusot de Louis Lagrost - Le pays du Creusot au temps de la révolution d'André Laffly - Le Creusot berceau de la grande industrie Française de Jean Chevalier édition dunod 1935 Le visage de la mine à travers les grandes périodes d'exploitation du bassin de Blanzy, par R. Janniaud Le Creusot, histoire générale, par H. chazelle

Voir aussi

Le Creusot Discours prononcé à l'assemblée des États en 1787 par M. Delachaize sur la mendicité

Liens externes

L'histoire détaillée du Creusot

Catégorie:Entrepreneur français Catégorie:Personnalité de l'industrie minière Catégorie:Naissance en octobre 1727 Catégorie:Naissance dans la province de Bourgogne Catégorie:Industriel français du XVIIIe siècle Catégorie:Magistrat français du XVIIIe siècle Catégorie:Maître de forges Catégorie:Décès en mars 1794 Catégorie:Décès à 66 ans