La famille Ruffo de Bonneval de La FareEnregistrés sous le nom Ruffo de Bonneval de la Fare des Comtes de Sinopoli de Calabre à l'État civil en Belgique., anciennement appelée Roux, autorisée à changer son nom en Ruffo en 1814, est une famille de la noblesse française, originaire de Marseille, en Provence. Elle est éteinte en France mais subsistante en Belgique.

Histoire Selon Artefeuil, la famille Ruffo donna plusieurs branches, à savoir de Lamanon et Aurons, de Beauvezet, de Bonneval de La Fare : "La Maison Roux, des seigneurs de Bonneval, marquis de La Fare, est incontestablement une branche cadette de celle de Ruffi en Latin, ou de Roux des seigneurs de Lamanon, Beauvezet & Aurons, séparée de la branche dite de Lamanon en la personne de Louis Roux, marié à Salon en 1564. Elle fut reconnue anciennement pour noble en Provence, depuis l'assistance de Poncet Ruffi, comme co-seigneur de Lamanon, pour lui & ses hommes, aux états généraux de Provence de 1390, qui a été dans cette province le fondateur de cette famille..." (cf. ARTEFEUIL, Histoire héroïque et universelle de la Noblesse de Provence, Tome troisième, éd. François Séguin, Avignon, 1786, ).

Ch.-L. Salch et A.-M. Durupt dans leur Nouvel Atlas des châteaux et fortifications des Bouches du Rhône retrouvent trace des Ruffi (Roux) de Lamanon en soulignant par exemple qu'en 1371 "Bertrand de Lamanon donne la moitié du fief à son gendre Guillaume Ruffi. En 1481, les Ruffi (plus tard) devenus Roux de Lamanon font restaurer le château et en prêtent hommage à l'archevêque d'Avignon"..

Henri Gourdon de Genouillac indique : « par déclaration notariée en date du , François de Roux, seigneur de Beauvezet et de Lamason atteste et reconnait que la famille Roux des seigneurs de Bonneval et la même que la sienne et issue du même tronc ».

Ce rattachement des deux branches avec les Roux de Bonneval est contesté par Monique Cubells dans Les horizons de la liberté qui écrit : « Une famille issue de bourgeois et de négociants marseillais du . L’agrégation à la noblesse s’était faite à la faveur de l’achat de la terre de Bonneval et de mariages nobles. Fragile pendant longtemps, elle avait été légalisée par une charge au Parlement en 1694 et un arrêt du Conseil de 1733. Désormais sûrs de leur affaire, les Roux de La Fare se rattachèrent aux Roux de Beauvezet, beaucoup plus anciens qu’eux, avant de regarder du côté des Ruffo d’Italie »Monique Cubells, Les horizons de la liberté: naissance de la Révolution en Provence, Edisud, 1987, page 82..

Dans La noblesse provençale, Monique Cubells indique que Pierre-Joseph-Hilarion de Roux de Bonneval obtint une confirmation de noblesse en 1732Monique Cubells, La noblesse provençale, Publications de l'Université de Provence, 2002, page 147..

La dite confirmation de noblesse de 1732 mentionnée par Monique Cubells est un arrêt du Conseil du Roi en ses Conseils d'État rendu à Compiègne en date du (cf. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, fonds du Parlement de Provence, cote B 3407, ff. 895-903), elle-même suivie par des lettres patentes de Louis XV datant du (cf. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, fonds du Parlement de Provence, B 3407, ff. 905-910).

L'arrêt comme la décision du Roi sont univoques : "Confirmons, maintenons et gardons le dit sieur Pierre-Joseph-Hilarion de Roux de Bonneval et de La Fare dans sa noblesse d'ancienne extraction." (cf. Ibid. f. 909).

Par lettres patentes du Roi Louis XV de « d'érection en marquisat de la terre de La Fare pour le sieur Louis-Joseph-Hilarion Roux de Bonneval et de La Fare sous le titre et la dénomination de La Fare », l'autorité royale crée le titre de marquis de La Fare dont la dévolution est régie par la primogéniture masculine stricte, exclusive : "Erigeons, élevons à perpétuité la dite terre de La Fare en titre, nom, prééminence et dignité de marquisat de La Fare pour être à l'avenir tenue et possédée au dit nom, titre et dignité par le Sieur Roux de Bonneval, ses enfants, postérité et descendants mâles, nés et à naître en légitime mariage...". Les dites lettres patentes disposent ainsi sur l'origine de « La Maison Roux de Bonneval, branche cadette de la Maison de Roux Beauvezet, est originaire de Naples où elle portait le nom de Ruffo... ». Les dites lettres patentes et leurs lettres de surannation furent enregistrées auprès de la Cour des comptes, aides et finances de Provence par un arrêt en date du Ces lettres patentes sont conservées aux archives départementales des Bouches-du-Rhône sous la cote B 140..

En 1787, la Maison des Ruffo de Bonneval de La Fare est admise aux Honneurs de la Cour (cf.CHERIN, Bernard et Louis-Nicolas-Henri, Généalogistes des Ordres du Roi, Mélanges Chérin : Catalogue des entrées de Carrosse du Roi depuis la minorité de Louis XV suivi des listes, correspondances etc… adressées à Chérin pour les Honneurs de la Cour (1715-1789), B.N.F., département des manuscrits, Français 31775 (Chérin 213), f°. 37, "de Ruffo").

Par ordonnance du , Ferdinand IV, Roi de Naples, reconnut au chevalier Charles-Joseph-Marie-Bénigne-Isidore de Roux de Bonneval de La Fare, marquis de La Fare, seigneur de Bonneval, la chose suivante : « Sa Majesté le Roi de Naples, se conformant au jugement rendu par sa chambre royale, reconnaît et accorde de nouveau la naturalisation dans ses royaumes à Don Charles-Joseph-Marie-Bénigne-Isidore, marquis de La Fare, et à sa famille descendant de commune tige de Guillaume Ruffo, comte de Sinopoli, vivant dans le ». Par cette ordonnance de naturalisation, D. Charles-Joseph-Marie-Bénigne-Isidore, marquis de La Fare, obtint le droit de substituer le nom de Ruffo à "Roux (de)"cf. Histoire généalogique de la Maison Ruffo ; se reporter également aux travaux de Jean-Baptiste Jullien de Courcelles, généalogiste honoraire de Louis XVIII, concernant cette famille)..

Jean-Baptiste Jullien de Courcelles, généalogiste honoraire de Louis XVIII, écrit dans sa notice historique et généalogique consacrée à la Maison Ruffo de Bonneval de La Fare in Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l’Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, la chose suivante au sujet de Guillaume Ruffo di Calabria, comte de Sinopoli : "Guillaume Ruffo, Ier du nom, seigneur della Riccia, puis comte de Sinopoli, apanagé d'une partie des biens de la succession de son père, en 1312, fut Chambellan du Roi Robert et Grand-Ecuyer de Charles, duc de Calabre, fils de ce prince, ainsi que le prouvent les lettres patentes du . Lors de la reversion à la Couronne de la baronnie de Sinopoli, par la mort sans enfants de Perrin Ruffo, le Roi Robert, par lettres patentes du en fit don à Guillaume Ruffo, en considération des grands services qu'il avait rendus à la Couronne, ainsi qu'au duc de Calabre. Peu d'année après, cette baronnie fut érigée en titre de comté (Arch. Royales de la Zecca, reg. L. D., fol. 3).".

Pour une étude approfondie des Ruffo di Calabria, tout particulièrement de la branche des comtes de Sinopoli, on se reportera avec intérêt aux travaux de Sylvie Pollastri ; enseignant-chercheur en Histoire, titulaire d'une thèse de doctorat soutenue en 1994 à l'Université Paris X sous la direction de M. Henri Bresc portant sur la noblesse napolitaine sous la dynastie angevine (1268-1435). Outre sa thèse de doctorat, on renverra le lecteur vers "Les Ruffo di Calabria sous les Angevins : Le contrôle lignager (1268-1435)", in Mélanges de l'École française de Rome, Moyen Âge, Tome 113, . 2001. ou encore vers son article consacrée à l'aristocratie comtale sous les Angevins.

Par ordonnance de Louis XVIII en date du "Le Sr Louis Marie Joseph Hilarion Ruffo ou de Roux, marquis de La Fare, seigneur de Bonneval, lieutenant de nos gardes, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint Louis, chevalier non profès de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem et de la Légion d'Honneur, à jouir en France des bénéfices du diplôme du Roi Ferdinand IV, Roi de Naples et de Sicile, du , qui le remet en possession du nom de Ruffo, comme étant celui de ses ancêtres, originaires de ses États." (cf. Bulletin des lois du royaume de France, série, tome second, contenant les lois et ordonnances rendues pendant le second semestre de l'année 1814, Imprimerie royale, Paris, , ).

Cette autorisation, par ordonnance de Louis XVIII en date du "est étendue à toute la famille dont le chef est le Sr Charles de Roux, marquis de La Fare, capitaine de nos vaisseaux, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint Louis, auquel ledit diplôme, du avait été accordé par S.M. le Roi Ferdinand IV de Naples." (cf. Bulletin des lois du royaume de France, série, tome , contenant les lois et ordonnances rendues pendant le second semestre de l'année 1815, Imprimerie royale, Paris, , ).

F. de Saint-Simon et É. de Séréville dans le Dictionnaire de la noblesse française (page 885) écrivent : « de Ruffo de Bonneval de La Fare (olim Roux). Condamnée à l'amende lors de la recherche de noblesse de 1669, anobli et confirmée le et ».

Régis Valette écrit dans Catalogue de la noblesse française subsistante : « Anobli (confirmé) en 1732, marquis en 1768 »Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante, 2002, page 169..

Henry de Woëlmont, dans Notices généalogiques : Quatrième série, écrit que d'après l'Histoire véridique de la noblesse de Provence « Nicolas Roux, sgr de Bonneval, habitant de Marseille, son fils, ainsi que Pierre et François Roux de Bonneval payèrent l'amende comme faux nobles en 1667. Mais Pierre-Hilarion, petit-fils de Nicolas, obtint en 1733Notices généalogiques, page 842. un arrêt de réhabilitation ou reconnaissance de noblesse »Henry baron de Woelmont, Notices généalogiques, quatrième série, 1928, pages 841 et 842 et 1928, page 842 Notices généalogiques, page 842..

Les auteurs de L'Anoblissement en France, - : théories et réalités (université de Bordeaux III, centre de recherches sur les origines de l'Europe moderne, 1985, page 152), écrivent : « Il semble que les Roux aient suivi la voie de l’agrégation à la noblesse consistant à obtenir des reconnaissances de noblesse ou des lettres de réhabilitation plutôt que des lettres d'anoblissement auxquelles ils pouvaient prétendre dès 1694 pour une charge au parlement de Provence...»L'Anoblissement en France..

Houtart dans Anciennes familles de Belgique (2008, [anno 1661]) fait remonter cette famille à Nicolas Roux qui se marie en 1661, première mention de cette famille. Son petit-fils Pierre Hilarion de Roux de Bonneval est confirmé dans sa noblesse en 1732 et créé marquis de la Fare en 1768 par le roi Louis XV.

Duerloo/Janssens (Armorial de la noblesse belge, 1992, tome N-Z, ) ne mentionne pas 1732 mais confirme la concession de titre de marquis en 1768, titre transmissible par primogéniture masculine.

L'État présent de la noblesse belge (1997, ) commence aussi l'introduction sur cette famille concernant les diplômes anciens avec 1768 [et donc pas 1732].

Il est cependant important de préciser qu' "Accasse Roux acheta le fief de Bonneval en 1661 de M. de Lauris, seigneur de Taillade, & en fit hommage au Roi en 1668 pardevant la Chambre des Comptes où l'on trouve depuis cette époque les différents hommage du dit Acace. En 1666, il passa quittance publique à François Roux son cousin, seigneur de Lamanon, de telle somme qui restait encore due, pour la légitime de son grand-père Louis Ruffi sur les biens de Jean Ruffi son père & Jeanne Guiramande sa mère dont procès avoit resté pendant entre les deux familles jusqu'à ce terme." (cf. ARTEFEUIL, Histoire héroïque et universelle de la Noblesse de Provence, Tome troisième, éd. François Séguin, Avignon, 1786, ).