ou Stratoniké (en grec ancien / ), née vers , morte vers 135, est une princesse hellénistique de la dynastie de Cappadoce.

Origine Stratonice est la fille d’, roi de Cappadoce (220-163), et d', fille du roi séleucide . Elle est donnée en mariage à de Pergame en , au moment où Rome conclut la paix d’Apamée.

Règne Stratonice introduisit le culte chtonien du serpent oriental Sabazios à cette occasion à Pergame. Elle eut Eurydikè, fille du propriétaire terrien Démarchos, comme prêtresse à vie de son culte royal. Son premier mariage semble avoir été marqué par le sceau de la stérilité sans que l’on en connaisse la véritable raison. Au moment d’un pèlerinage au Temple d’Apollon à Delphes, en , son époux fut victime d’un attentat fomenté apparemment par le roi de Macédoine. Après l’annonce fallacieuse du décès du souverain, le frère du roi de Pergame, , se précipita d’organiser son union avec Stratonice. Il semble qu’Eumène, toujours en vie et de retour à Pergame, n’ait pas tiré de conséquences sur cet acte en ce sens que son frère bien-aimé ne s’était pas emparé de la couronne, faute d’avoir retrouvé le corps du souverain prétendument défunt. L’amour fraternel est en effet ce que l’histoire a retenu de ces hommes d’État, si bien qu’Attale reçut par la suite le titre grec de « philadelphe » (qui aime son frère). Stratonice fut contemporaine de l’inauguration du Grand Autel de Pergame, aujourd’hui conservé au musée de Pergame à Berlin, et de la grande bibliothèque de la ville, deuxième en importance après celle d’Alexandrie. En 168, soit dix ans avant la mort du souverain Eumène et le couronnement de son frère , Stratonice donna naissance à son seul et unique fils, le futur . L’histoire retient qu’Eumène fut reconnu comme le père officiel de l’enfant qui, de son côté, en tira toute la légitimité nécessaire à son avènement. Il est impossible d’affirmer avec certitude que la paternité ne revenait pas à . Stratonice épousa donc en secondes noces ce souverain et devint ainsi, une nouvelle fois, reine de Pergame. On dit qu’ présenta les plus mauvaises dispositions morales, bien qu’il chérît infiniment sa mère, ce qui lui valut par la suite le titre d’ Philométor (« Qui aime sa mère »). À la mort de Stratonice en 135, il fit élever un mausolée royal en hommage à sa mère défunte qui frappa l’attention de ses contemporains R.R.E. Smith, Hellenistic royal portraits, Clarendon Press, Oxford, 1988, 20-21. Claude Vatin, Recherches sur le mariage et la condition de la femme mariée à l'époque hellénistique, Paris, éditions de Boccard, 1970, 104-114. Alain Bresson et Raymond Descat, Les Cités d'Asie Mineure occidentale au , éditions de Boccard, Paris, 2001, 77-85..

Notes et références

Catégorie:Personnalité de la Grèce antique Catégorie:Personnalité féminine de l'Antiquité Catégorie:Attalides Catégorie:Monarque du IIe siècle av. J.-C. Catégorie:Princesse du IIe siècle av. J.-C.