Orlando Zapata Tamayo, né le à Santiago de Cuba et mort le à La Havane. Célèbre activiste et prisonnier politique cubain, décédé à la suite d’une grève de la faim de 85 jours, à l’âge de 42 ans.

Éléments biographiques

Second fils d'une modeste lavandière de Banes, dans la province de Holguin, maçon et plombier de profession, Zapata aurait été membre du Movimiento Alternativa Republicana (Mouvement alternatif républicainDevenu depuis 2005 le Pôle Démocratique Alternatif (Polo Democràtico Alternativo (PDA)°: https://www.polodemocratico.net/.) et du Consejo Nacional de Resistencia Cívil (Conseil national de résistance civile).

Arrestation comme dissident

Le , treize jours après être sorti de prison et y avoir purgé une peine de trois mois pour outrage à la force publique, alors qu’il participait à une grève de la faim, organisée par l’Asamblea para Promover la Sociedad Civil en Cuba (Assemblée pour promouvoir la Société civile à Cuba.) afin d’obtenir la libération des prisonniers politiques, Orlando Zapata est de nouveau arrêté et emprisonné avec 75 autres dissidents, puis transféré dans la prison Kilo 8, à Camagüey, pour s'y voir condamner à une peine cumulée de 36 années de prison pour outrage, désordre public et rébellion.

"Prisonnier d'opinion"

Considérant les conditions de son arrestation et la disproportion de sa peine par rapport aux délits présentés, Amnesty International l’a reconnu comme prisonnier d'opinionOu aussi, prisonnier de conscience du régime cubainhttps://www.amnesty.org/es/library/asset/AMR25/002/2004/es/3453cf2b-d648-11dd-ab95-a13b602c0642/amr250022004en.pdf..

Grève de la faim et décès

En (le 2 ou le 3), Zapata entama une grève de la faim pour dénoncer les conditions de sa détention dans la prison Kilo 8, réclamant celles dont Castro avait lui-même bénéficié lors de son incarcération en 1953, à la suite de l’attaque contre la garnison de Moncada (selon les sources officielles, il aurait commencé sa grève de la faim à cause du refus des Autorités d’équiper sa cellule d’un téléviseur, de chauffage et d’un téléphoneRevendications effectivement difficiles à satisfaire... et donc étranges de la part d'un prisonnier....).

Durant sa grève de la faim, Zapata refusa de prendre tout autre aliment que ceux que lui procurait sa mère, qui était autorisée à lui rendre visite tous les trimestres.

Selon le Directoire démocratique cubain, le directeur lui rationna alors à l’extrême toute eau durant 18 jours, torture qui eut pour effet de l’affaiblir et lui causa finalement de graves insuffisances rénales.

Zapata poursuivant sa grève de la faim, fut alors interné dans l’Hôpital de Camagüey, où il fut nourri et traité par intraveineuses, contre son gré. Le , son état s’aggrava tant qu’il fut transféré d’urgence à l’Hôpital Hermanos Ameijeras, à La Havane, où il mourut le , dans l’après-midi.

Zapata est, selon les informations actuellement disponibles, le premier prisonnier politique cubain à mourir à la suite d’une grève de la faim depuis le poète catholique Pedro Luis Boitel, décédé le .

Le lendemain de son décès, le président cubain Raúl Castro a exprimé publiquement des regrets., ajoutant que Cuba ne pratiquait plus la torture.

Peu sensible à ce discours, le Parlement Européen a manifesté sa totale réprobation et, constatant qu'aucun progrès n'avait été accompli par les autorités cubaines en matière de respect des droits de l'homme, a voté le une résolution réclamant la libération de tous les prisonniers politiques cubains..

Le dissident Manuel Cuesta Morúa estime qu'« on s’était acharné contre lui [Zapata Tamayo] parce qu’il était noir »Fabio Rafael Fiallo, « L’égalité à la Castro », contrepoints.org, 1 décembre 2016..

Controverse

Les autorités cubaines ne considèrent pas officiellement O. Zapata comme un activiste politique mais comme un condamné de droit commun.

En effet, O. Zapata avait été plusieurs fois condamné pour différents délits, ne relevant pas du politique, entre 1988 et 2000..

Néanmoins, sa participation à la grève de la faim de 2003, organisée et encadrée par l'Asamblea para Promover la Sociedad Civil en Cuba, organisation notoirement antigouvernementale, les motivations de ladite manifestation ainsi que la condamnation qui s'ensuivit, sont des éléments de nature à le considérer comme un condamné politique cubain de fait.

Enfin, l'attitude très négative de la direction de la prison Kilo 8 à l'endroit du prisonnier - attitude et sévicesNotamment le refus de lui porter à boire pendant plus de deux semaines, au plus fort de sa grève de la faim qui ont visiblement amené son décès - a conduit le président Castro à s'exprimer publiquement sur l'affaire, sans convaincre la communauté internationale.

Sources

Références

Articles connexes Projet Varela Printemps noir (Cuba) Les Dames en blanc Pedro Luis Boitel Dissidence cubaine

Liens externes

Catégorie:Plombier Catégorie:Personnalité politique cubaine du XXe siècle Catégorie:Personnalité politique cubaine du XXIe siècle Catégorie:Personne torturée Catégorie:Naissance en mai 1967 Catégorie:Naissance à Santiago de Cuba Catégorie:Décès en février 2010 Catégorie:Décès à La Havane Catégorie:Dissident cubain Catégorie:Décès à 42 ans Catégorie:Mort d'une grève de la faim à Cuba Catégorie:Prisonnier d'opinion reconnu par Amnesty International Catégorie:Opposition à Fidel Castro Catégorie:Afro-Cubains Catégorie:Prisonnier politique du XXIe siècle