Giacomo Agostini (né le à Brescia, Italie) est un pilote de vitesse moto dans les catégories , et .

Surnommé Ago, il est encore aujourd'hui le pilote de motos le plus titré de l'histoire du championnat du monde, avec quinze titres mondiaux, record qu'il sera difficile d'approcher car il courait dans deux catégories par week-end. Il a été titré dans deux catégories différentes (350 et 500) pendant cinq années consécutives, de 1968 à 1972.

Ses succès sont dus à ses talents incontestables de pilote et de metteur au point. Il a été un des premiers pilotes affichant un tel niveau de professionnalisme, travaillant avec méthode et permettant à ses équipes d'amener ses machines, les MV Agusta, puis les Yamaha 0W, au plus haut niveau.

En 1999, son nom est ajouté au Motorcycle Hall of Fame de l'American Motorcyclist Association Article sur le pilote sur le site du Motorcycle Museum..

En Giacomo Agostini est devenu - après l'Espagnol Ángel Nieto - le deuxième pilote à avoir son étoile sur le Jerez Walk of Fame en Espagne.

En , une plaque qui lui est dédiée a été incluse dans le Walk of Fame du sport italien à Rome, réservé aux anciens athlètes italiens qui se sont distingués au niveau international..

Reconnu pour son palmarès au niveau international, il est l'une des quarante-six personnalités sportives membres de l'Académie des Laureus World Sports Awards. Il a été également intronisé au temple de la renommée des Grands Prix moto le "Moto GP Legends".

Biographie Les débuts Aîné de quatre frères (avec Gabriele, Mauro et FeliceSon frère cadet, Felice Agostini, s'est consacré aux compétitions de motos, principalement dans le domaine du tout-terrain, remportant la victoire de la classe 50 du championnat italien de motocross cross cadet, en 1971, sur une moto Aspes.), Giacomo Agostini est né dans un hôpital de Brescia, où sa mère Maria Vittoria avait été prudemment hospitalisée en prévision d'un accouchement difficile. Son père Aurelio exerçait les fonctions de secrétaire municipal à Costa Volpino et était également propriétaire d'une petite entreprise de transport avec barges et remorqueurs sur le lac d'Iseo.

Il passe les premières années de sa vie, dans le Val Camonica, et plus précisément dans le hameau de Lanico de la commune de Malegno, jusqu'à ce que la famille déménage à Lovere.

Giacomo a toujours été considéré par tout le monde, y compris la presse, comme un natif de Lovere, à tel point que les données sont souvent rapportées de manière erronée même dans certaines biographies.

Depuis qu'il est enfant, il est fortement attiré par le monde des moteurs, mais est contraint de limiter ses premiers engagements à des compétitions clandestines organisées par des enfants, chevauchant le cyclomoteur Bianchi "Aquilotto" familial, sur les routes de terre sinueuses qui bordaient le lac d'Iseo. Malgré la ferme opposition de son père à la carrière précaire, dans tous les sens du terme, de pilote, il est de tous ces gymkhanas sur deux roues.

Il a son premier contact avec la moto à l'âge de neuf ans, lorsqu'il décide d'emprunter le scooter Moto Guzzi "Galletto" de son père pour faire quelques tours en ville. Arrivé sur la place, il tombe après l'arrêt du véhicule, n'ayant pas bien évalué la longueur de ses jambes et donc l'impossibilité de toucher le sol avec ses pieds.

Avec "l'Aquiletto", il est pourtant un véritable "magicien" et parvient régulièrement à battre les spécialistes de la province dans les gymkhanas organisées à l'occasion des fêtes de village.

Il réussit finalement à obtenir une moto tout-terrain de marque en cadeau, mais le nouvellement créé, réservé aux membres de la , lui interdit de participer aux compétitions les plus importantes.

À 18 ans, âge minimum alors prévu en Italie pour s'inscrire, sous réserve d'une autorisation paternelle, aux compétitions officielles, l'insistance de Giacomo se fait pressante. Le père, craignant peut-être d'être trop strict, a consulté le notaire âgé de la famille, pour entendre son opinion concernant sa crainte que la moto soit trop dangereuse ou puisse distraire son fils de ses études. Le notaire austère, notoirement sage, mais aussi assez sourd, a compris « vélo » (bicicletta) au lieu de « moto » (motocicletta), et a statué : « Allez Aurelio, signez. Faites-lui faire du sport. Le sport, c'est bien, surtout pour les jeunes. Ça les éloigne d'autres distractions, d'autres dangers. »

C'est grâce à ce petit quiproquo que Giacomo Agostini, en 1961, réussit à avoir la moto de ses rêves et celle de la plupart de ses pairs : une Moto Morini 175 Settebello.

Mais l'achat de la moto, cependant, n'est pas sans obstacles. Principalement parce que son père lui a donné la permission de l'acheter, mais pas l'argent pour le faire. Giacomo qui initialement a choisi une Motobi 175 (en réalité une Benelli), en la commandant directement au constructeur de Pesaro avec les options "course" (freins, pneus, boîtes de vitesses et carburateurs adaptés aux compétitions) attend fébrilement, mais les semaines et les mois passent sans que la moto ne soit livrée. Craignant de rater le début de la saison sportive, Giacomo se rend chez le concessionnaire Rovaris à Bergame, et achète une "Settebello" de route, pour payables en 30 mensualités.

Le choix de la cylindrée a été déterminé par le fait que la classe 175 était la plus importante des championnats de vitesse juniors de l'époque. Les mensualités de la moto sont honorées avec les prix gagnés en course et, surtout, avec les paris remportés dans les défis moto sur la côte du lac d'Iseo.

Certains biographes pensent que si Agostini avait d'abord commencé la compétition, puis fait ses débuts au Championnat du monde à l'âge de dix-sept ans, comme Ángel Nieto, il aurait pu obtenir des résultats encore meilleurs. D'autres, en revanche, soutiennent que l'approche plus mature du monde de la course a permis au pilote de combiner un grand talent de pilote avec une approche rationnelle du développement de ses machines, constituant ainsi la condition préalable nécessaire aux résultats étonnants obtenus.

Pilote privé La première course officielle, à laquelle il participe avec le flamboyant "Settebello" portant les couleurs du Costa Volpino Moto Club, est la course de côte "Trento-Bondone" du , dans laquelle il termine deuxième, derrière le célèbre Attilio Damiani, champion d'Italie en titre et considéré comme imbattable dans les contre-la-montre. D'autres courses suivent avec de bons classements et quelques chutes qui, heureusement, n'endommagent pas sérieusement la moto.

Pendant l'hiver, le "Settebello" est équipé d'un frein avant à double came Oldani et le moteur est envoyé à la société mère pour le traitement nécessaire. Le premier contact entre Agostini et l'équipe de course Moto Morini a lieu lors d'une course de la à Cesenatico, le , dans des conditions qui ne sont pas les meilleures.

En effet, après avoir obtenu le meilleur temps aux essais, la monture de Giacomo est sabotée pendant la nuit, dans le parc fermé, par des inconnus qui coupent le câble d'accélérateur, rendant impossible sa participation à la course. Pour tenter de trouver une pièce de rechange, Giacomo se précipite dans les stands de Moto Morini, où le directeur sportif Dante Lambertini, qui n'a pas le câble requis est désolé pour l'acte antisportif. En guise de consolation, il propos à Giacomo de faire quelques tours de piste avec le "mulet" officiel, lors des essais libres du matin. Après un seul tour de chauffe, Agostini sur cette moto abaisse le temps de qualification et, au tour suivant, établi le record de la piste.

Cela a suffi à Lambertini pour lui confier la moto afin qu'il puisse participer à la course. Agostini domine d'abord la course, mais doit repasser aux stands pour réparer le levier de vitesse plié dans un accrochage et il termine à la troisième place.

Il attribue cet épisode au manque de concentration dû à la nuit mouvementée qu'il a passée et cela l'a déterminé à adopter désormais un comportement d'avant-match "monastique" tout au long de sa carrière ultérieure. En effet, malgré sa passion pour les femmes, chaleureusement partagée par ses admiratrices, Agostini prend l'habitude de passer les jours précédant les courses dans une abstinence totale de rapports sexuels et de libations alcoolisées. Il prit également l'habitude de passer la nuit à l'hôtel, afin de se tenir à l'écart de l'atmosphère agréable, mais parfois agitée, qui animait habituellement les nuits du « Continental Circus ».

Le , à San Luca près de Bologne, Agostini participe à une course avec sa "Settebello" d'origine et gagne en un temps record, prenant la première place au général. Parmi les spectateurs se trouvait (1898-1969), qui remarque l'importance de cette victoire, notamment par rapport à la rareté des moyens avec lesquels elle a été obtenue. Le « commendatore » - et ancien pilote - se présente le soir même à la pension où loge Giacomo et lui offre une moto officielle, ainsi que l'engagement dans l'équipe de course. Totalement inattendue, la proposition dépasse tous les espoirs les plus fous d'Agostini qui donne immédiatement son approbation enthousiaste, mais elle doit également être formellement approuvée par son père, car Giacomo est encore mineur pour quelques semaines.

Pilote Moto Morini Après avoir surmonté le problème de la signature du contrat de travail par un père de plus en plus inquiet, la carrière sportive de Giacomo Agostini commence à prendre des caractéristiques professionnelles. Maintenant, il pilote un "Settebello Aste Corte", préparé pour lui par le département course de Moto Morini et est accompagné par un mécanicien pour l'assistance technique. Le seul doute qui reste est le type de spécialité auquel s'inscrire.

Dans les courses de côte, où l'habileté du pilote compte bien plus que la puissance du moteur, il a toujours obtenu d'excellents résultats, mais avec la moto d'usine, il aurait également pu bien faire dans les courses sur circuit. Ne sachant pas comment se déterminer, il décide de participer à la fois au championnat italien de la montagne et au championnat italien junior de vitesse.

En 1963, il remporte les deux championnats en gagnant toutes les courses de la saison, à l'exception de deux courses du championnat junior, dans lesquelles il termine deuxième. Une telle démonstration de talent et d'esprit de compétition, ainsi que l'abandon tumultueux de Tarquinio Provini parti chez Benelli, convainquent Moto Morini de promouvoir Ago en tant que premier pilote du département course, en l'alignant dans le championnat senior italien et au Championnat du Monde, au guidon de la "250 Bialbero" surnommée « le monocylindre le plus rapide du monde ». Le championnat d'Italie est également ajouté à son planning.

Comme à Hockenheim en mai grâce à Tarquini, les Morini se sont avérées capables de battre la Honda de Jim Redman. En conséquence, en septembre pour le GP des Nations le commandatore Morini confie une 250 officielle à sa nouvelle recrue. Giacomo Agostini, le pour son premier Grand Prix sur le rapide circuit de Monza, mène trois tours avant d'abandonner à cause d'un collecteur d'échappement cassé.

Après avoir ainsi fait ses débuts à domicile au GP des Nations 1963, il remporte à Modène, le la première manche du championnat d'Italie en devançant son coéquipier et (MV Agusta).

Pour sa première course internationale en 250 il est engagé dans la prestigieuse Shell Gold Cup, le sur le circuit d'Imola, où il affronte son ancien coéquipier Provini et son quatre cylindres Benelli. Au terme d'une course âprement disputée, Agostini s'impose, signant des temps de course et des temps au tour inférieurs à ceux enregistrés par Jim Redman sur Honda, vainqueur de la classe 350.