L’ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit ou ordre du Saint-Esprit de Montpellier (ou encore en Italie, « ». en latin), a été fondé à Montpellier vers 1180.L. Guibert (1905) . par Guy de Montpellier dans le but d'aider « tous les déshérités de la vie citant Paulignier, .».

L'ordre, reconnu officiellement par le pape Innocent III le L'Art de vérifier les dates (1819) ., a connu son apogée au (avec mille hôpitaux à travers l'Europe) puis disparut presque totalement au pour ne subsister aujourd'hui principalement qu'en Espagne et en Pologne.

Origines thumb|upright|left|200px|Guy de Montpellier, fondateur de l'ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit et de la Confrérie de l'Arche.

Guy de Montpellier est le fondateur de l'ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit (aussi dénommé ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit de Montpellier) reconnu par le pape en 1198.

Les bases sont fondées par le grand-père de Guy de Montpellier, Guilhem V de Montpellier, vers 1149, et sa règle est d'abord approuvée par l'évêque de Maguelone puis le par une bulle du pape Innocent III .

L'ordre était, à l'origine, une confrérie destinée au service d'un hôpital, mais, en 1198, à la veille de la croisade contre les Albigeois, le pape Innocent III la transforma en « ordre hospitalier, religieux et militaire.. ».

Le but de Guy était de reproduire le divin idéal de la charité universelle par un soulagement de toutes les misères (corps, âme et esprit) d'un caractère holistique (c.-à-d. global). Il recueillait les enfants abandonnés, s'occupait de l’éducation de la jeunesse recueillie par l'ordre, de l'assistance de toutes les misères et de l'hospitalité aux personnes de toutes conditions.

Sa foi en acte était, au-delà de l'aspect purement caritatif d'exercer la charité en faveur du prochain, préconisée comme acte de justice.

thumb|upright|right|Le duc de Bourgogne remettant les bulles du pape aux frères hospitaliers du Saint-Esprit de Dijon. Dès le , l'hôpital du Saint-Esprit fondé par Guy accueille et soigne toutes les misères. Cet établissement, le premier construit à Montpellier, était situé à proximité de la porte du Pila Saint Gély et fut détruit en 1562 par les calvinistes durant les guerres de religion.

En 1203, Eudes III, duc de Bourgogne fit en faveur des frères hospitaliers plusieurs fondations et créa un hôpital à Dijon.

En 1204, le pape Innocent III fit reconstruire à Rome l'ancienne schola devenue un hôpital et appela à Rome Guy de Montpellier pour le diriger. Il devint donc le premier magister du plus vieil hôpital d'Europe datant initialement de 727. Il disposait de et soignait plus de par jour.. Il reste de nos jours l'un des plus grands hôpitaux de Rome..

Grâce à l'appui important d'Innocent III, l'ordre essaima rapidement partout en Europe.

Activités thumb|upright|Le pape remettant l'habit de l'ordre aux frères hospitaliers du Saint-Esprit. L'emploi de ses membres était d'entretenir les enfants exposés et orphelins de l'un et de l'autre sexe, les estropiés et invalides, les insensés et troublés d'esprit ; d'assister les vieillards pauvres, les familles tombées en nécessité par quelque accident de la vie, qu'on appelait les pauvres honteux, mais aussi les malades de la peste et c'est pourquoi ses membres faisaient aussi un vœu de martyre. Ils logeaient les pèlerins, leur tenaient les passages libres sur mer et sur terre lorsqu'ils allaient aux lieux saints, rachetaient les esclaves détenus chez les infidèles, dotaient les filles pauvres, enseignaient les arts libéraux et mécaniques aux orphelins afin qu'ils ne fussent pas à charge à personne et qu'ils puissent servir le public ; enfin ils exerçaient, disent leurs statuts, tous les actes de miséricorde et de charité, méprisant leur propre vie pour le salut de leur prochain.

Les religieux de l'Ordre étaient soumis à la règle de Saint Augustin : , dit Gabriel Peignot. :

Membres et composantes thumb|upright|right|Le roi Charles VIII qui fut membre de la confrérie du Saint-Esprit . Malgré l'utilisation de mot responsio utilisé uniquement dans les ordres militaires, l'ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit ne semble pas avoir été militaire (hormis sa milice crée au et dissoute en 1459 par Pie II, puis réapparue en France, dans un grand désordre, au par une décision d'Urbain VIII).

Le fondateur de l'ordre, Guy de Montpellier, était un frère laïc. Il est probable que les frères et les sœurs de l'ordre à l'origine n'avaient pas prononcé de vœux solennels.

L'ordre hospitalier comprenait donc quatre catégories : Les religieux L'ordre comprenait principalement des religieux : frères (devenus chanoines réguliers), sœurs, clercs et oblats. Ceux qui gouvernaient un hôpital portait le titre de commandeur, titre donné dans une bulle d'Alexandre IV de l'an 1256 et de Nicolas IV en 1291..

Les laïcs

Il était composé de personnes laïques, qui ne faisaient que des vœux simples, et s'occupaient des pauvres et des malades comme les religieux..

La confrérie

Les sympathisants de l'Ordre étaient réunis dans une confrérie (fondée en même temps que l'ordre), la confrérie de l'Arche du Saint-Esprit., érigée dans l'hôpital de Rome au et confirmée par les trois Papes Eugène IV, Sixte IV et Jules IIIN. Gaultier (1655) p. 53. Elle était entièrement composée de laïcs sans aucun vœu religieux et de nombreuses personnalités : Charles VIII (roi de France), Henri VII (roi d'Angleterre), la reine Élisabeth d'York, Marie de Bourgogne, Jean et Christine de Danemark, Jacques IV d'Écosse, l'empereur Maximilien , Hedwige (reine de Pologne à la fin ), le roi Louis XII de France, Marguerite de Savoie (reine d'Italie à la fin ), etc., furent par exemple membres de la confrérieLa défense du chef de l'ancien ordre des Hospitaliers du Saint Esprit contre le livre : De Capite ordinis S. Spiritus, Nicolas Gaultier, 1655; p. 54..

La milice

Quelques laïcs furent aussi réunis dans une milice de l'ordre, fondée au . Ces laïcs portaient parfois le titre de chevalier (cité dans une bulle du pape Alexandre IV de 1256.. Elle fut totalement supprimée en Italie en 1459 par le pape Pie II.. Rétablie en France au début du par plusieurs groupes rivaux après la décision du pape Paul V en 1619 de séparer de nouveau la branche française de la branche italienne (la qualité de Général pour la France et toutes les autres provinces de la chrétienté (excepté l'Italie, la Sicile, la Hongrie et l'Angleterre) revint au commandeur de Montpellier et non plus à celui de Rome) ; Grégoire XV confirma ceci en 1621. mais ce ne fut qu'à condition qu'ils dépendraient encore de celui de l'hôpital de Rome. Louis XIII obtint du pape Urbain VIII que le général de France soit indépendant de celui de Rome en 1625.. Plusieurs nouveaux Généraux de Montpellier apparurent, nombreux et rivaux, et tentèrent de rétablir la milice dissoute en 1459 en créant de nouveaux chevaliers laïcs et même mariés, mais ne restaurèrent pas du tout l'ordre .

Costumes Guy de Montpellier choisit pour son ordre la couleur bleue. Ses religieux portaient une soutane bleu ciel, devenue noire à partir de la seconde moitié du ., et un manteau noir avec capuche de même couleur, la double croix cousue sur le côté gauche de leur robe et de leur manteau..

Du : au chœur, ils portaient l'été un surplis avec une aumusse de drap noir doublée de drap bleu et sur le bleu une croix de l'Ordre. L'hiver, ils portaient un grand camail avec une chape noire doublée d'une étoffe bleue et les boutons du grand camail bleus aussi. En France, ils mettaient toujours l'aumusse sur le bras, cette dernière étant composée de drap noir doublée et bordée d'une fourrure noire.. En Italie, ils la portaient quelquefois sur les épaules, et en Pologne, ils ne se servaient pas d'aumusse ; mais ils mettaient sur leurs surplis une espèce de mosette de couleur violette, qui n'avait pas de capuce et n'était pas ronde comme les autres, mais descendait en pointe par derrière. Les commandeurs avaient à la boutonnière de leur soutane une croix d'or émaillée de blanc, et au chœur de l'église une aumusse de moire violette, l'été, ou un camail de même couleur, l'hiverJ.. Ce costume se maintint sans changement notable jusqu'au ..

À partir de la réforme opérée par S. Charles Borromée (), les religieux du Saint-Esprit adoptèrent le costume ecclésiastique ordinaire, de couleur noire. Au chœur, ils étaient vêtus d'un surplis, qui dans la saison d'hiver disparaissait sous une grande cape de drap noir, doublée d'étoffe bleue, avec camail à boutons et retroussis bleus. En été, la cape était remplacée par une aumusse en drap noir, doublée de bleu céleste et bordée de fourrure noire, qui se portait sur le bras..

Les religieuses portent au chœur de l'église un grand manteau noir avec une croix blanche de l'Ordre sur leur robe avec un voile noir ou une cape mais hors l'église un voile blanc. Les religieuses de l'Ordre, à Bar-sur-Aube, ont dans les cérémonies et au chœur de l'église un voile noir d'étamine avec la croix de l'Ordre..

Vers 1515, le pape accorda au grand maître de Rome l'habit des prélats romains violet avec la mosette et le mantelet, habit qu'ils porteront toujours par la suite..

Reconnaissance par les papes et les rois de France Au sujet de l'Ordre, Innocent III déclara en 1198 .

L'ordre est confirmé en 1204 par une bulle du pape Innocent III. En 1217, les hôpitaux de Montpellier et de Rome sont séparés par une autre bulle d'Honoré III. Grégoire XI, par une bulle de 1372, reconnut la maison de Montpellier pour la maison générale de l'Ordre avec la règle de saint Augustin. En 1446, le pape Eugène IV, par sa bulle, assimile les religieux du Saint-Esprit aux chanoines réguliers de Saint-AugustinLéon Lallemand (1902-1912) p. 149.

Il y a des lettres patentes des rois Henri II de 1553, Charles IX de 1562, Henri IV de 1608 et 1609, Louis XIII de 1610, 1612 et 1618, de Louis XIV données à Paris le et à Dunkerque en 1671 enregistrées au Grand Conseil à Paris, le de la même année, pour la direction des hôpitaux, maladreries et lieux pieux de cet ordre et milice du Saint-Esprit.

Les commanderies Il n'y eut au début de l'ordre que la commanderie de Montpellier, puis celle de Rome, puis plus d'une trentaine en France au à l'apogée de l'ordre..

Chacune de ces commanderies était une maison magistrale (ou commanderie magistrale) dirigée par un commandeur dont dépendaient plusieurs plus petites maisons de l'ordre. Certaines maisons composées de plusieurs membres dépendaient tout de même d'une commanderie..

Les vingt principales commanderies de France furent. : Auray, la plus importante à la tête de vingt-neuf hôpitaux, dont quatre avaient, elles aussi, de nombreuses dépendances : au total, cinquante maisons relevant de son autorité (bien que située en Bretagne, Auray avait des maisons jusqu'en Bourgogne et en Provence : ses possessions étaient trop disséminées et elles se rendirent rapidement indépendantes) ; Besançon : trente-quatre dépendances et un certain nombre de maladreries. Plus heureuse que la maison d'Auray, elle sut faire respecter son autorité jusqu'à la fin; le commandeur de Besançon jouit à peu près invariablement de la charge de vicaire et visiteur général des pays ultramontains, honneur qui marque sa situation prépondérante ; la commanderie de Steffansfeld en Alsace, qui avait en France la plupart de ses dépendances, au nombre de vingt ; Angers : dix-huit maisons ; Saulx : neuf, dont quatre hôpitaux et cinq maladreries ; Dijon : huit dont la principale, Angers, se détacha plus tard pour former « une province à elle seule. » ; Montpellier fut éclipsé de très bonne heure par Auray et Besançon: sept maisons seulement demeurèrent sous sa juridiction immédiate ; Marseille et Aix-en-Provence : sept maisons chacune ; Agen, Bordeaux, , Montauban, Nîmes, Toulouse, Fréjus et Toulon : quatre maisons chacune ; Clermont, Angoulême, Draguignan, Confolens, et d'autres encore : deux maisons chacune.