Ramón Emilio Hoyos Vallejo, né le à Marinilla (département d'Antioquia) et mort le à Medellín (département d'Antioquia), est un coureur cycliste colombien des années 1950. Surnommé « » (en français, littéralement, « le scarabée de la montagne ») en raison de son aisance dans les ascensions, il est considéré par ses pairs comme le premier « monstre » du cyclisme en Colombie.
Hoyos remporte cinq éditions du Tour de Colombie entre 1953 et 1958 dont quatre consécutivement. Lors de l'édition de 1955, il gagne 12 des 18 étapes, record toujours d'actualité en 2014, année de son décès. En 1955, il devient également le premier Colombien à obtenir le titre de champion panaméricain sur route. Il participe avec la Colombie aux Jeux olympiques d'été de 1956 et 1960. Hoyos décide de mettre définitivement fin à sa carrière de cycliste en 1964, la fédération colombienne de cyclisme ne l'ayant pas intégré dans la liste des athlètes devant participer aux Jeux olympiques d'été de Tokyo qui se déroulent cette même année.
La gloire de Hoyos est telle en Colombie que Gabriel García Márquez rédige pour le journal El Espectador quatorze articles sur sa vie sportive en 1955 tandis que Fernando Botero peint en 1959 un tableau intitulé .
Repères biographiques Vie privée Ramón Hoyos Vallejo, né le à Marinilla, dans le département d'Antioquia en Colombie., dans la ferme de sa grand-mère paternelle., a pour parents Antonio José Hoyos et María Jesús Vallejo... Il grandit à Chorro-Hondo, une vereda rattachée à sa ville natale, dans une ferme achetée par ses parents. Dès le , il suit son enseignement primaire à l'école rurale La Bolsa, située à Chorro-Hondo.. À neuf ans, il part étudier à Marinilla, étant très en avance par rapport à ce que propose sa précédente école. Il doit alors marcher six kilomètres aller-retour pour y aller, jusqu'à ce que ses parents décident d'emménager dans une maison à Marinilla même. Le virus du cyclisme lui est transmis par deux de ses douze frères, José et Juan de Dios, pratiquants de ce sport...
Ramón Hoyos décide de quitter Marinilla à l'âge de 19 ans pour aller à Medellín, capitale du département d'Antioquia., alors qu'il n'a pas terminé ses études, afin de rejoindre ses deux frères aînés qui travaillent à la boutique de glacier San Ignacio dont le propriétaire est alors Pedro Nel Restrepo. Il y trouve un premier emploi en tant que coursier à vélo pour le compte d'un grainier mais cela s'avère être un travail très difficile. Il considère cette première expérience en cyclisme comme mauvaise et, après six mois, il quitte son poste pour travailler dans une boucherie moderne, La Bandera Blanca, en tant que livreur à bicyclette, ce qui lui permet d'avoir un salaire mensuel de soixante pesos. Sa passion pour le vélo renaît lorsqu'il remonte dessus en tant que moyen de transport alors qu'il travaille chez Coltejer, une fabrique de tissus qu'il intègre sur recommandation du propriétaire de La Bandera Blanca. Il déclarera, par la suite, avoir payé 15 pesos le vélo pour ce nouvel emploi.
En 1960, Ramón Hoyos se marie avec María Hurtado et, de leur union, naissent cinq enfants : Álvaro, Jorge, Juan Carlos, Ramón et Ángela.
Considéré comme une légende du cyclisme colombien, il décède le à la clinique Las Vegas de Medellín d'une affection cardiaque, son fils Jorge Hoyos signalant qu'il souffrait également de complications rénales ayant des conséquences néfastes sur les reins et le cerveau. Ses cendres reposent dorénavant dans l'ossuaire de la paroisse , dans le quartier Prado, à Medellín.
Carrière sportive Début de carrière L'année 1951 s'avère être un tournant décisif pour le lancement de la carrière de cycliste de Ramón Hoyos. Ainsi, il participe le à sa première compétition officielle, à Medellín, affrontant lors de cette course de les grands noms du cyclisme antioqueño tels que Pedro Nel Gil, Roberto Cano Ramírez, Tito Gallo et Antonio Zapata.. Vêtu du maillot du club Saeta avec qui il a appris les premiers fondamentaux techniques du cyclisme, il termine à la dernière place, ce qui le décourage de continuer le vélo.. Néanmoins, le de cette année-là, il remporte son premier trophée en concourant à la Doble a San Cristóbal.. La même année, il participe à la Doble a Rionegro. Selon les dires mêmes de Hoyos, c'est grâce à cette course qu'il est devenu populaire dans le département d'Antioquia.. En effet, il remporte la course en battant le record de , détenu par Pedro Nel Gil, avec un temps de . Dans un premier temps, la performance réalisée par Hoyos est mise en doute par certaines personnes qui estiment que la course a été mal chronométrée tant cela semble difficile d'imaginer que le record de Pedro Nel Gil, considéré comme le plus grand cycliste colombien de l'époque, ait pu être battu de plus de cinq minutes. À cette occasion, Hoyos, alors considéré comme un coureur de troisième catégorie, s'impose devant des coureurs de première catégorie tels que Héctor Mesa, Saúl Palacios et León Arango.
En , Ramón Hoyos est sponsorisé par Ramiro Mejía pour participer à la deuxième édition du Tour de Colombie., après que l'entraîneur de l'équipe d'Antioquia, Julio Arrastía Bricca, ne l'a pas choisi pour la compétition, ne devant désigner que huit cyclistes sur les dix présélectionnés dont faisait partie Hoyos. Dès la première étape entre Bogota et Honda, il perd le contrôle de son vélo et, dans sa chute, son front heurte le sol, ce qui le fait s'évanouir. Il est alors envoyé à l'hôpital de Honda où il apprend qu'il est disqualifié de l'épreuve cycliste, n'ayant pas terminé l'étape. Néanmoins, malgré son œil gauche enflé et qui n'a plus de vision, Hoyos fugue de sa chambre d'hôpital pour demander aux dirigeants du Tour de réintégrer la course qu'il désire continuer. Il essuie un refus de leur part.. Mais, un autre disqualifié, le sergent premier Manuel Ramírez, est autorisé à rejoindre les autres participants sur la ligne de départ pour la deuxième étape après qu'un groupe d'officiers de l'armée a insisté pour qu'il puisse continuer la compétition. Les autres disqualifiés font alors pression estimant que . En fin de compte, tous, Hoyos y compris, réintègrent la course. Hoyos, qui participe pour la première fois au Tour de Colombie, se classe finalement au sixième rang du classement général. (au septième selon Hoyos.) sur les soixante cyclistes au départ de l'épreuve.. Il termine également deuxième du classement du meilleur jeune. De plus, il remporte sa première victoire d'étape entre Cali et Sevilla, lors de la neuvième étape en date du .. À la fin de la deuxième édition du Tour de Colombie, les journaux colombiens publient même sa photo avec la légende « ».
1953 : premier grand titre national et désillusion européenne Si les deux premières éditions du Tour de Colombie sont respectivement remportées par le Colombien Efraín Forero Triviño en 1951 et par le Français José Beyaert en 1952, Hoyos remporte cette course de 1953 à 1958, sauf en 1957. Ainsi, en 1953, Hoyos décroche son premier Tour de Colombie après avoir gagné 8 des 15 étapes., la victoire finale se jouant lors de la dernière étape contre José Beyaert.. Il termine également premier au classement du meilleur grimpeur.. Selon Hoyos, car, à l'issue de la première journée entre Bogota et Honda, il accusait pourtant un retard de 21 minutes sur le vainqueur de l'étape, Efraín Forero..
La même année, le journaliste Jean Leulliot, créateur de la Route de France, envoie une invitation à la fédération colombienne de cyclisme que cette dernière accepte.. L'entraînement, qui s'ensuit dans la savane de Bogota, manque cependant d'intensité, étant réalisé dans un cadre habituel, sur une route vallonnée mais facile.. Pour Hoyos, l'entraînement est même minimal, ayant été arrêté par l'armée colombienne pour avoir enfreint les lois du service militaire obligatoire.. Incorporé dans l'armée et transféré à Cúcuta, il participe alors, en tant que représentant de l'armée, à la classique vénézuélienne La Doble a San Cristóbal qu'il ne parvient pas à remporter avec un vélo et un équipement d'emprunt ainsi que par manque d'entraînement.
Le , la presse française diffuse la liste des participants fournie par l'organisation de la Route de France dans laquelle Hoyos ne figure pas. Cependant, grâce au journal El Tiempo qui aurait négocié auprès des hauts gradés de l'armée pour l'intégrer à l'équipe, Hoyos est du vol en partance de Bogota le . Outre Hoyos, l'équipe colombienne est composée de ses coéquipiers Héctor Meza, Efraín Forero, Fabio León Calle, Mario Montaño et Oscar Oyola ainsi que du directeur technique de l'équipe, José Beyaert...
La Route de France 1953, qui se déroule du 13 au , voit après seulement quatre jours de course, l'abandon des coureurs cyclistes colombiens engagés. Hoyos finit la première étape à la dernière place, avec plus d'une heure de retard sur le vainqueur mais est cependant repêché, tout comme ses coéquipiers, les commissaires de course se refusant d'éliminer dès le début toute une équipe venue d'un autre continent. Lors de la deuxième étape, il finit encore avec plus d'une heure de retard. Hoyos, qui compte plus de trois heures de retard sur le leader du classement général après seulement trois étapes, est finalement exclu le quatrième jour après avoir terminé hors délai..
À la suite d'un accident de moto qui lui vaut une blessure à la tête et les deux mains fracturées, Hoyos ne peut pas participer au championnat national de cyclisme qui se déroule en à Cali..
1954-1958 : nette domination au niveau national En 1954, alors que Gustavo Rojas Pinilla exerce le pouvoir sous forme d'une dictature militaire, les Forces militaires de Colombie décident d'enrôler Hoyos pour qu'il participe cette année-là au Tour de Colombie sous leurs couleurs.. Dans un contexte de guerre des régions sur les aspects politiques, économiques et culturels, le fait d'enrôler Hoyos peut être vu comme une volonté de créer un symbole d'unité nationale, le vainqueur de l'édition précédente du Tour de Colombie étant Colombien avant d'être Antioqueño, cette tentative s'avérant néanmoins être un échec. Lors de cette édition qui se déroule du 12 au , Hoyos termine premier au classement général et à celui du meilleur grimpeur, remportant à l'occasion les , , , , et .. La même année, Ramón Hoyos participe à ses premiers Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes qui se déroulent du 5 au , à Mexico.. Avec ses coéquipiers Héctor Mesa, Justo Londoño et Efraín Forero, il domine l'épreuve du contre-la-montre par équipes, devant les cyclistes vénézuéliens et guatémaltèques. Enfin, fin septembre-début octobre, il participe au Tour de Porto Rico comprenant courus sur moins d’une semaine, la course étant coupée par un jour de repos. Lors de cette épreuve, après avoir gagné l'étape entre Ponce et Mayagüez, il assume son rôle de leader jusqu'à la fin de la compétition boricua. Il termine à la première place du classement général en remportant deux étapes. Il s'agit alors de la première victoire d'un Colombien dans la course la plus importante d'un autre pays, à la suite d'une invitation inédite pour le cyclisme colombien naissant.
Le , lors de la deuxième édition des jeux panaméricains qui ont lieu à Mexico, il est le premier Colombien à décrocher la médaille d'or lors de la course en ligne individuelle. Avec la première place acquise par Hoyos qui parcourt le tracé de en ainsi que les deuxième et dixième places obtenues respectivement par Benjamín Jiménez et Efraín Forero, la Colombie récolte également une médaille d'or pour la course en ligne par équipes. La même année, à l'issue du Tour de Colombie qui se déroule du au ., il empoche son troisième titre de suite dans cette course cycliste. Il domine largement cette épreuve en remportant 12 des 18 étapes, record encore d'actualité en 2014, année de son décès. Il termine également en tête du classement des meilleurs grimpeurs.