vignette|À l'issue du scrutin, régions présidées par : Les élections régionales italiennes de 2010 se sont déroulées les 28 et 29 mars et ont permis le renouvellement des conseils régionaux et de leurs présidents dans 13 régions à statut ordinaire. À l'issue du scrutin, Le Peuple de la liberté, parti de centre-droit présidé par Silvio Berlusconi, et le parti fédéraliste de la Ligue du Nord conquièrent quatre régions aux dépens de la gauche italienne, qui avait obtenu 12 régions sur les 14 à pourvoir lors du scrutin de 2005.
Mode de scrutin
La loi TatarellaCette loi, également appelée Tatarellum, est la loi n°43 du 23 février 1995, qui a été conçue pour réglementer le mode de scrutin des régions italiennes à statut ordinaire et qui a été étendue à trois régions autonomes à statut spécial. Prenant son nom du député d'Alliance nationale qui l'a signée, elle a pour objectif d'instaurer un régime présidentiel au niveau régional, en instaurant une dose de majoritaire. réglemente, dans de nombreuses régions, le mode de scrutin. Elle se base sur un système mixte, au 4/5 proportionnel, et pour 1/5 majoritaire plurinominal. Toutefois, en Toscane, dans les Marches, dans les Pouilles et en Calabre, le mode de scrutin est régi par des lois spécifiques et ces régions n'appliquent donc plus la loi nationale.
Contexte politique
Au niveau régional
Lors des précédentes élections régionales, en , la coalition de gauche L'Union avait remporté 12 régions sur les 14 à pourvoir. La Maison des libertés, alliance électorale de droite conduite par le président du Conseil Silvio Berlusconi, avait alors essuyé une importante défaite, en ne s'imposant que dans deux régions (la Lombardie et la Vénétie).
Deux changements importants interviennent avant le renouvellement de 2010 : le , Ottaviano Del Turco, président (Parti démocrate) de la région des Abruzzes depuis 2005, doit quitter ses fonctions après son arrestation pour corruption et association de malfaiteurs. Des élections anticipées se tiennent à la fin de l'année et voient la victoire de Giovanni Chiodi, candidat présenté par Le Peuple de la liberté ; le , le président (Parti démocrate) de la région du Latium, Piero Marrazzo, démissionne après la révélation de l'existence d'une vidéo compromettante. Cet événement ne donne néanmoins pas lieu à un nouveau scrutin, en raison de la proximité avec les élections régionales de .
En outre, des élections ont eu lieu dans les régions autonomes à statut spécial du pays. En Sicile (2008), en Frioul-Vénétie Julienne (2008) et en Sardaigne (2009), le centre-droit l'a emporté, tandis qu'en Vallée d'Aoste (2008) et dans le Trentin-Haut-Adige (2009), la victoire revient respectivement au Südtiroler Volkspartei (parti autonomiste germanophone de centre-gauche) et à l'Union valdôtaine (parti politique centriste traditionnellement allié au centre-gauche mais qui a conclu un accord électoral avec le PdL en 2009).
Au niveau national vignette|150px|Silvio Berlusconi, président du Conseil des ministres depuis 2008.
Le président du Conseil Romano Prodi, qui avait gagné de justesse les élections générales de 2006 face au sortant Silvio Berlusconi, donne la démission de son gouvernement le , après le rejet d'un vote de confiance par le Sénat. Les élections anticipées qui s'ensuivent donnent une large majorité à la nouvelle coalition de droite, Le Peuple de la liberté, et Silvio Berlusconi redevient président du Conseil des ministres deux ans après sa défaite. Le principal parti d'opposition, le Parti démocrate (centre-gauche), peine dès lors à se trouver un leader.
Alliances
Le Peuple de la liberté et la Ligue du Nord s'allient dans tout le Nord et le centre du pays, le PdL étant parfois également allié à des partis mineurs. L'Union de centre s'allie avec le Parti démocrate dans le Piémont, en Ligurie, dans les Marches et en Basilicate, avec le PdL dans le Latium, en Campanie et en Calabre ; elle se présente seule ou avec des partis mineurs dans les autres régions. L'Italie des valeurs d'Antonio Di Pietro se présente avec le PD, sauf en Calabre. Les Radicaux italiens forment une liste autonome en Toscane, s'allient avec le PD dans le Piémont, le Latium, en Campanie et dans les Pouilles, avec l'IdV en Calabre. Le Parti socialiste italien s'allie avec le centre-gauche, mais se présente seul dans le Latium, en Lombardie, dans le Piémont, en Ombrie et en Basilicate, et allié avec Gauche et liberté dans les Pouilles, en Calabre, en Campanie et en Vénétie ; il fait partie d'une alliance de réformateurs dans les Marches et appuie la candidature de Claudio Burlando à Gênes. La Fédération de la gauche se présente seule en Lombardie et en Campanie, avec Gauche et liberté dans les Marches, et fait l'objet d'un accord technique avec le PD dans le Latium, le Piémont et en Basilicate, tandis que dans les autres régions, elle est coalisée avec le PD. Gauche et liberté est l'alliée du PD dans toute l'Italie, sauf dans les Marches, où elle fait listes communes avec la Fédération de la gauche ; dans les Pouilles, l'ensemble du centre-gauche soutient son candidat Nichi Vendola. L'Alliance pour l'Italie se présente où elle peut avec le PD ou avec l'UdC. Le Mouvement pour les autonomies appuie Stefano Caldoro en Campanie, Agazio Loiero en Calabre et Adriana Poli Bortone dans les Pouilles. Force nouvelle présente des candidats à la présidence régionale en Lombardie, en Vénétie, en Toscane et dans la Campanie. Le Parti communiste des travailleurs est autonome en Basilicate. Parti de Alternative Communiste est autonome dans les Pouilles.
Résultats globaux
Liste des élus Région Président sortant Parti President élu Parti Piémont Mercedes Bresso PDCSX Roberto Cota LNCDX Lombardie Roberto Formigoni PdLCDX Roberto Formigoni PdLCDX Vénétie Giancarlo Galan PdLCDX Luca Zaia LNCDX Ligurie Claudio Burlando PDCSX Claudio Burlando PDCSX Émilie-Romagne Vasco Errani PDCSX Vasco Errani PDCSX Toscane Claudio Martini PDCSX Enrico Rossi PDCSX Marches Gian Mario Spacca PDCSX Gian Mario Spacca PDCSX Ombrie Maria Rita Lorenzetti PDCSX Catiuscia Marini PDCSX Latium Esterino Montino PDCSX Renata Polverini PdLCDX Campanie Antonio Bassolino PDCSX Stefano Caldoro PdLCDX Pouilles Nichi Vendola SELCSX Nichi Vendola SELCSX Basilicate Vito De Filippo PDCSX Vito De Filippo PDCSX Calabre Agazio Loiero PDCSX Giuseppe Scopelliti PdLCDX
Résumé par partis Parti%+/-Sièges Coalition+/-PdL26,75131015877174CDXPD26,07122114101515141910187CSXLN12,259183431258CDXIdV6,97343325145453345CSXUdC5,56233111—33642635N/A2,8815CDXSEL2,13111——119116CSXFdS2,121—111211——210CSXM5S1,742——2—4AucuneSEL-PSI0,73—2—2CSXNPSI-MpA-PRI0,7144CDXLD0,70————213CDXFdS-FdV0,643—3CSX0,6244CDXApI0,601—1—2CSXNS0,582—2CDX0,55——2———2CSXUDEUR0,55—2—2CDXPP0,5311————2CDXFdV0,52————112CSX0,4955CSX0,4566CDX0,4222CDXAdC-DC0,39——11CDXPSI0,35—1113CSX0,3244CSX 0,3111CSX Listes civiques1,33 -12——2—5 -N/A Autres2,72 -2—1—1—1—1— 3211 -N/ATotal100 -47715331395022415559682648610
Résumé par coalitions Parti%+/-Sièges+/-CDX50,1924141418914269294CSX43,422718282116293UdC3,023411—413M5S1,742——2—4FdS0,79—2—2Callipo0,3533FN0,10———0Rabellino0,15—0Allam0,0611 Autres0,17 -0 -Total100 -47715331395022415559682648610
Polémiques sur la limitation du nombre de mandats des présidents de conseils régionaux : il existe une controverse sur la candidature à un nombre de mandats supérieurs à deux des présidents de région élus au suffrage universel direct avant l'entrée en vigueur de la loi n°165 de 2004 (cette loi voulait éviter la formation de rentes politiques et l'accumulation de pouvoir personnel). Lors des élections de 2010, se trouvent dans cette situation Roberto Formigoni et Vasco Errani. Tous deux ont finalement pu briguer un quatrième mandat. concernant la présentation des listes du PdL : dans le Latium, les listes de la majorité ont été présentées après le terme prévu par la loi dans la province de Rome ; en Lombardie, la liste de soutien au président sortant Roberto Formigoni ne comportait pas le nombre nécessaire de signatures (514 signatures ont été considérées comme irrégulières). relatives à la parution d'un décret-loi interprétatif du , visant à contrer les décisions judiciaires en cours et garantir la réadmission des listes exclues. Ce décret, rétroactif, a été considéré comme inconstitutionnel par de nombreux commentateurs. Malgré ce décret-loi, les listes exclues n'ont pas été réadmises au scrutin.
Résumé par régions
Piémont
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesRoberto CotaLN47,33CDX46,9836Mercedes BressoPD46,91CSX47,5522David BonoM5S4,09M5S3,672 Autres1,68 Autres1,800Total100Total10060
Lombardie
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesRoberto FormigoniPdL56,11CDX58,1649Filippo PenatiPD33,27CSX33,3528Savino PezzottaUdC4,69UdC3,853 Autres5,93 Autres4,640Total100Total10080
Vénétie
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesLuca ZaiaLN60,16CDX60,7137Giuseppe Bortolussi Ind.29,08CSX29,3319 Antonio De Poli UdC6,39Centre6,474 Autres4,39 Autres3,500Total100Total10060
Ligurie
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesClaudio BurlandoPD52,15CSX52,7325Sandro BiasottiPdL47,85CDX47,2715Total100Total10040
Émilie-Romagne
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesVasco ErraniPD52,07CSX51,9332Anna Maria BerniniPdL36,73CDX38,3215 Giovanni Favia M5S7,00 M5S6,002 Gian Luca Galletti UdC4,20 UdC3,761Total100Total10050
Toscane
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesEnrico RossiPD59,73CSX60,7032Monica FaenziPdL27,12CDX33,6119Francesco BosiUdC4,59UdC4,772 Autres1,24 Autres0,920Total100Total10053
Marches
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesGian Mario SpaccaPD53,17CSX53,3626Erminio MarinelliPdL39,71CDX40,1215Massimo RossiPRC7,12Gauche6,522Total100Total10043
Ombrie
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesCatiuscia MariniPD57,24CSX58,9220Fiammetta ModenaPdL37,70CDX36,7010Paola BinettiUdC5,06UdC4,381Total100Total10031
Latium
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesRenata PolveriniPdL51,14CDX51,3742Emma BoninoLBP48,32CSX48,3129 Autres0,53 Autres0,320Total100Total10071
Campanie
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesStefano CaldoroPdL54,25CDX58,6039Vincenzo De LucaPD43,04CSX38,5021 Autres2,71 Autres2,890Total100Total10060
Pouilles
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesNichi VendolaSEL48,69CSX46,0539Rocco PalesePdL42,25CDX44,2227Adriana Poli BortoneIS8,71Centre9,434 Autres0,35 Autres0,300Total100Total10070
Basilicate
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesVito De FilippoPD60,82CSX67,5619Nicola PagliucaPdL27,93CDX27,2510Magdi Allam8,724,271 Autres2,53 Autres0,920Total100Total10030
Calabre
PrésidenceConseilCandidatParti%%SiègesGiuseppe ScopellitiPdL57,76CDX57,5730Agazio LoieroPD32,22CSX34,8217 Filippo Callipo10,027,613Total100Total10050
Litige Le tribunal administratif régional du Piémont ordonne en le recompte des voix dans la région Piémont après le recours des listes de gauche contre deux listes alliées au nouveau président Roberto Cota qu'elles considèrent comme irrégulièresRevues de la presse italienne - Vendredi 16 juillet 2010, site officiel de l'ambassade de France à Rome, .. Finalement le , le conseil d'État confirme provisoirement l'élection de Roberto Cota, suspendant le recompte des votes « Il Consiglio di Stato dà ragione al ricorso di Cota "In Piemonte fermare il riconteggio delle schede" », Il Giornale, .. Le même Conseil d'État, en , finit par invalider définitivement cette élection au motif que la liste Pensionati per Cota n'avait pu se présenter qu'en raison de signatures falsifiées. Cota est démis de ses fonctions et des élections régionales anticipées sont, malgré sa réticence, convoquées pour le .
Sources Résultats des élections régionales sur le site du ministère de l'Intérieur italien (Basilicate, Campanie, Émilie-Romagne, Latium, Ligurie, Lombardie, Ombrie, Piémont, Vénétie)
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Régions d'Italie Liste des présidents des régions et des provinces italiennes
Régionales 2010