Jean-Chrysostôme Calès, né le à Caraman (Haute-Garonne) et mort le à Cessales (Haute-Garonne), est un officier de l'armée française qui sert au cours des guerres révolutionnaires et des guerres napoléoniennes. Il est également un représentant élu à la Chambre des Cent-Jours.

Biographie Jean-Chrysostôme Calès, fils de , naît le à Caraman, un petit village de la région du Lauragais près de Toulouse. Jean-Chrysostôme est le quatrième frère d'une fratrie de 10 enfantsLa fratrie Calès était composée de:

1) Jean-Marie (16/10/1757-Cessales, † 13/04/1834-Liège), médecin et député. Sans descendance.

2) Jean (08/11/1764-Caraman, † 11/10/1840-Mazamet), médecin et inspecteur général des hôpitaux militaires, marié à Marianne Louise Victorine Fournier († 09/02/1744-Villefranche). Père de Godefroy Calès (1799-1868) et de Louis Denis Godefroy Calès (1800-?)

3) Jean-Louis, dit Figeac (19/12/1766, † 14/01/1850-Cessales), médecin, marié (en 1839, à 73 ans) à Paule Bonnet (née le 16/05/1783-Renneville). Sans descendance.

4) Jean-Chrysostôme (27/01/1769-Caraman, † 21/08/1853-Cessales), colonel et baron d’Empire. Sans descendance.

5) Jean Joseph Étienne Victorin (26/04/1772, † 16/06/1853-Cessales), officier militaire. Sans descendance.

6) Jean Joseph

7) Étienne, dit Petit (21/08/1773, † 22/01/1855-Cessales), célibataire sans profession. Sans descendance.

8) Jean

9) Marie Etiennette (?-Caraman, † 08/01/1849-Villefranche), mariée à Jean-Paul Pujol, notaire à Villefranche († 01/02/1840-Villefranche). Mère de Constantin Pujol († 1861) et de Marie Justine Pujol (1796-1894).

10) Marie Justine (?-Toulouse, † 05/09/1873-Villefranche), mariée à Constantin Pujol († 10/06/1844-Villefranche). Sans descendance., comprenant deux sœurs et huit frères, dont Jean-Marie Calès (1757-1834), l'aîné, qui est député de la Haute-Garonne à la Convention et au conseil des Cinq-Cents, le second frère Jean (1764-1840), qui est inspecteur général des hôpitaux militaires, et le cinquième frère cadet Jean Joseph Étienne Victorin (1772-1853), qui est officier militaire. Leurs parents sont des propriétaires terriens du Lauragais, issus de vieilles familles protestantes enracinées dans la région et converties au catholicisme après la révocation de l'édit de Nantes par le roi Louis XIV en 1685Le Conventionnel Jean-Marie Calés (1757- 1834): du Lauragais à Liège, par Pierre Arches, Actes des et Congrès nationaux des Soc. savantes, Avignon, 1990 et Chambéry, 1991, Section d'H. moderne et cont., T. II, (1992), ..

Service dans les armées révolutionnaires françaises (1792-1804) Jean-Chrysostôme Calès entre au service le à l'âge de 23 ans, en qualité de lieutenant dans le bataillon de volontaires de la Haute-GaronneBataillons de volontaires nationaux (Cadres et historiques), , Georges Armand Louis Dumont (1914), éditeur: H. Charles-Lavauzelle (Paris). Domaine public. Lire sur le site web de archive.org: https://archive.org/details/bataillonsdevolo00dumo. Ce bataillon, formé de 455 volontaires des districts de Toulouse, Rieux, Villefranche, Castelsarrasin, Muret, Saint-Gaudens, Revel et Grenade et rassemblés à Toulouse, est amalgamé le messidor An III () avec des régiments d'ancien régime dans la demi-brigade de première formation, elle-même reformée en demi-brigade de deuxième formation le 22 ventôse An IV () afin de mettre de l'ordre dans la confusion des corps d'infanterie, et finalement est renommée régiment d’infanterie de ligne le vendémiaire an XII () par décret du Premier Consul. Le lieutenant Jean-Chrysostôme Calès sert ce bataillon de volontaires au sein de la compagnie de Villefranche avec son frère cadet, le capitaine Jean Joseph Étienne Victorin Calès.

Le lieutenant Calès part avec son bataillon de volontaires en pour l'armée des Alpes, l'une des armées de la révolution française, et est nommé capitaine le , soit la veille de la victoire française à la bataille de Valmy le et l'avant veille de la séance inaugurale de la Convention nationale le , dans laquelle siège son frère aîné Jean-Marie qui proclame la première république française le .

À l’armée des Pyrénées orientales (1794) gauche|vignette|Le Général Dugommier, commandant de l’armée des Pyrénées Orientales, est tué le à la bataille de Montagne Noire, où se distingue le capitaine Calès (par Georges Rouget, 1835)|272x272pxLe capitaine Calès passe en l'An II (au cours du régime de la terreur) à l'armée des Pyrénées orientales, formée par la Convention à la suite de l'invasion de la France par le royaume d'Espagne en en représailles à l'exécution du roi Louis XVI trois mois auparavant. Calès se distingue particulièrement le 27 brumaire An III () à l'affaire de la Montagne-Noire (également appelée Bataille de la Sierra Negra) : à la tête de 2 compagnies de chasseurs, Calès culbute près de 800 espagnols. Le général français Jacques François Dugommier est tué lors de la bataille mais les espagnols sont vaincus. Le célèbre chirurgien Larrey se distingue également pendant cette bataille en pratiquant en une journée pas moins de 200 amputations.. Cette victoire décisive des troupes françaises conduit à la capture de Figuières, puis au siège victorieux de Roses et à la fuite des troupes espagnoles par voie maritime, et finalement à la signature du traité de Bâle entre la France et la Prusse (le ) et entre la France et l’Espagne (le - 4 thermidor An III), par laquelle les deux pays signent la paix avec la France révolutionnaire victorieuse, abandonnant ainsi la Première Coalition. Cependant, Calès est blessé le au cours du blocus de Figuières par l'explosion d'un magasin à poudre.

À l’armée d'Italie (1796) Au début de l'année 1796, le capitaine Calès est envoyé à l'armée d'Italie« Précis historique des marches, combats, batailles et actions de la demi-brigade de bataille..., certifié véritable et signé par le Chef de Brigade Frère, à la date du 16 fructidor an V (2 septembre 1797) » commandée par le jeune général en chef Bonaparte, investi le par le Directoire« Bonaparte en Italie », (1796), Félix Bouvier (1858-1910). Éditeur : L. Cerf (Paris) (1899). Domaine public. Lire sur le site web de gallica (Bibliothèque nationale de France): https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k873080w, le nouveau régime républicain dans lequel son frère aîné Jean-Marie avait été élu quelques mois auparavant député au Conseil des Cinq-cents. En , cette armée d'Italie reçoit 4 divisions () de renfort en provenance de l’armée des Pyrénées orientales victorieuse. Avec ces renforts, cette petite armée, forte de , est composée en très forte majorité de bataillons de volontaires du Midi, dont fait partie Calès. Elle est appelée, en principe, à ouvrir un simple front de diversion contre l'Autriche, tandis que deux armées du Rhin, l'armée de Sambre-et-Meuse du général Jourdan et de Rhin-et-Moselle du général Moreau, bien plus puissantes, contournent les autrichiens par le nord. gauche|vignette|350x350px|Le Général Bonaparte à La Bataille du pont d'Arcole, (par Horace Vernet, 1826). Le capitaine Calès ( régiment) prend part à cette célèbre bataille de la campagne d'Italie les 15-17 novembre 1796.Suivant le plan d'offensive éclair longuement médité par le général Bonaparte, le  régiment d'infanterie de ligne de Calès (division du général Augereau) se bat aux batailles du pont de Lodi (), de Castiglione (), de Bassano (), du pont d'Arcole (15-) et de Rivoli (13-).

Lors de la bataille de Castiglione, le capitaine Calès reçoit un coup de feu au bras droit. Or, alors que l'ennemi était sur le point d'enfoncer la gauche, Calès parvient à rallier le bataillon qu'il commande et à repousser finalement les autrichiens. Les troupes françaises reprennent ainsi leurs positions« Le 16... le chef de la demi-brigade, Pourailler... ont été également tués... La demi-brigade, à la tête de laquelle a chargé l'Adjudant général Verdier s'est comblée de gloire... Le 18... Augereau attaqua le centre de l'ennemi appuyé à la tour de Solférino; Masséna attaqua la droite ; l'adjudant général Leclerc, à la tête de la demi-brigade, marcha au secours de la demi-brigade... » , écrit depuis le quartier général de Castiglione Bonaparte au Directoire Exécutif dans son rapport du 6 août 1796 (19 thermidor an IV - correspondance de Napoléon, t.1, lettre 842).. Cette bataille, menée par les Français commandés par les généraux Bonaparte, Masséna et Augereau contre trois armées autrichiennes, n'est pas décisive, mais demeure considérée comme la plus importante pour le sort victorieux de la campagne d'Italie.

Aux armées de l'Ouest, de Batavie et du Rhin (1800) Le  régiment rentre en France au commencement de l'année 1798. Il ne suit cependant pas le général Bonaparte dans sa campagne d'Égypte et de Syrie menée entre 1798 et 1801. De l'An VI à l'An IX, le capitaine Calès sert aux armées de l'Ouest, de Batavie et du Rhin« Le ministre de la guerre [le Général Berthier] réunira chez lui les généraux Moreau et Clarke, pour arrêter ensemble un plan d'opérations pour la nouvelle armée du Rhin. Les Consuls désireraient que, vers la fin de décembre, l'armée du Rhin se portât en Bavière. Elle sera renforcée des 4e, , , , , , [...] demi-brigades » Le 4 décembre 1799 (13 frimaire an VIII), le consul Bonaparte. (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4413). On le retrouve lors de la campagne de Suisse, les 3 et , aux batailles d'Engen et de Biberach. Le 13 floréal An VIII (), à la bataille d'Engen, la demi-brigade du capitaine Calès est enveloppée par la cavalerie ennemie, mais il parvient à s'ouvrir un passage, et quoique blessé, il ne quitte point son service« La brigade de gauche avança de son côté avec rapidité; la demi-brigade, entourée un moment par la cavalerie ennemie, se serra, tint ferme, fit feu de tous côtés, et ne tarda pas à se dégager. » (Bulletin de l'Armée du Rhin, rédigé par le Général de Division Dessoles, Chef de l'État-major de cette armée, et successivement adressé sous la forme de rapports partiels au Ministre de la Guerre, Rapport du 12 au 13 floréal an VIII (2-3 mai 1800)) . Cette bataille, menée entre la France et l'Autriche, aboutit à une victoire des troupes françaises commandées par le général Jean Victor Marie Moreau contre celles des autrichiens, menées le général Pál Kray. Six jours après, le 19 floréal An VIII () à la bataille de Biberach, Calès commande le bataillon des grenadiers réunis : il repousse l'ennemi et s'empare de 2 pièces de canon. L'armée française menée par le général Laurent Gouvion Saint-Cyr remporte la bataille contre une partie de l'armée autrichienne dirigée par le général Pál Kray. Le , Moreau signe avec Kray l'armistice de Parsdorf. Rappelé en France, le régiment repasse le Rhin à Kehl et arrive à Nancy au mois d'.

Service dans la Grande Armée (1804-1810) vignette|350x350px|Napoléon distribue les croix de la légion d'honneur au camp de Boulogne le (Philippe-Auguste Hennequin - Château de Versailles)

Au camp de Boulogne (1804) Le capitaine Calès est envoyé au camp de Boulogne qui est établi aux alentours de Boulogne-sur-Mer en 1803, où le général Bonaparte, désormais chef du gouvernement depuis 1799 et Premier consul à vie depuis 1802, assemble pour la première fois sa fameuse « Grande Armée » (ou armée des côtes de l'Océan), en vue d'un débarquement en Grande-Bretagne.