Aparank ou Aparanq (en arménien ), ou encore Sainte-Croix d'Aparank, est un monastère arménien situé en dehors des frontières arméniennes, en Turquie (province de Van), près de la ville de Bahçesaray, l'ancienne Moks (province historique de Mokk).

Ce monastère est fondé au pour abriter une relique de la Vraie Croix. Restauré et agrandi au , il est abandonné lors de la première moitié du . Il se compose des églises Sourp Hovhannes Karapet (« Saint-Jean-Baptiste ») et Sourp Astvatsatsin (« Sainte-Mère-de-Dieu »), des chapelles Sourp Stepannos (« Saint-Étienne ») et Sourp Arakelots (« Saints-Apôtres »), d'un gavit, d'une fontaine et d'une hôtellerie.

Situation géographique

Le monastère d'Aparank est situé sur le haut-plateau arménien, à d'altitude, sur le versant sud-ouest du Vankin Dağ (Sarikhats)Grégoire de Narek, Jean-Pierre et Annie Mahé, Tragédie: Matean ołbergutʻean : le livre de lamentation, Peeters, Louvain, 2000 , 79.. Il se dresse au nord-ouest de la localité d'Aparank (la Veras actuelle des Kurdes), à au sud de Bahçesaray, l'ancienne MoksJean V. Guréghian, Les monuments de la région Mouch - Sassoun - Van en Arménie historique, Sigest, Alfortville, 2008 , 11., dans la province de Van, en Turquie du sud-estPatrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, Les arts arméniens, Éditions Mazenod, Paris, 1987 , 490..

Historiquement, le complexe est situé dans le canton de Mamrtank ou Mirĵa de la province de Mokk, une des quinze provinces de l'Arménie historique selon le géographe arménien du Anania de Shirak..

Histoire

La fondation du monastère est connue en raison du panégyrique rédigé pour l'occasion par Grégoire de Narek, l’Histoire de la Sainte-Croix d'Aparank.

Cette fondation est liée à la remise d'une relique de la Vraie Croix par les empereurs byzantins Basile II et Constantin VIIIPatrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, op. cit., 34., en signe de rapprochement avec le royaume de VaspourakanGrégoire de Narek, Jean-Pierre et Annie Mahé, op. cit., 80., auquel la province de Mokk est intégrée depuis le règne de Gagik de Vaspourakan.. La relique est dans un premier temps abritée par Sourp Hovhannes Karapet, l'église fondée vers 950 par l'abbé Davit, dont la sainteté serait à l'origine de l'offre des empereurs selon Grégoire de Narek. Elle est ensuite transférée dans Sourp Astvatsatsin, l'église érigée par son successeur, l'abbé et évêque Stepannos, laquelle est solennellement consacrée en 983, en présence d'Achot-Sahak de Vaspourakan et de ses frères Gourgen-Khatchik et Sénékérim-HovhannèsNicole Thierry, « Du développement comparé des peintures murales dans les royaumes arméniens », dans Nina Garsoïan (dir.), L'Arménie et Byzance : histoire et culture, actes du colloque organisé à Paris par le Centre de recherches d'histoire et de civilisation byzantines, Publications de la Sorbonne, Paris, 1996 , 205..

Centre culturel important au , le monastère est rénové en 1629Jean-Michel Thierry, Monuments arméniens du Vaspurakan, P. Geuthner, coll. « Bibliothèque archéologique et historique » (129), Paris, 1989 , 103. et agrandi dans les années suivantes sous l'abbé Siméon.

Il est abandonné au début du et transformé en ferme par des Kurdes dans sa seconde moitié. Sa staurothèque en or a disparu.

Bâtiments

Aparank se compose des églises Sourp Hovhannes Karapet et Sourp Astvatsatsin, des chapelles Sourp Stepannos et Sourp Arakelots, d'un gavit, d'une fontaine et d'une hôtellerie.

Fondée vers 950, Sourp Hovhannes Karapet (« Saint-Jean-Baptiste ») est l'église la plus ancienne du monastère et est située à au nord-ouest des autres bâtiments ; il s'agit d'un petit triconque inscrit dans un rectangle, sans pièce d'angle, construit en schiste à l'extérieur mais en brique à l'intérieur. Elle est couverte d'une voûte en berceau à doubleauPatrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, op. cit., 174.. Une mononef peut-être antérieure lui est adjointe au sud.

Consacrée en 983, Sourp Astvatsatsin (« Sainte-Mère-de-Dieu ») est une croix inscrite cloisonnée ouverte surmontée d'un tambour, octogonal à l'extérieur mais cylindrique à l'intérieur, à coiffe conique ; les murs de l'église, en pierre, sont ornés de bandes de briques. Le bâtiment est percé de trois portes, respectivement vers Sourp Stepannos, le gavit et Sourp Arakelots, la deuxième étant en accolade et ornée de stalactites. L'intérieur de l'église était décoré de peintures hagiographiques dont il ne subsiste que l'enduitNicole Thierry, op. cit., 204..

Deux chapelles mononefs contemporaines, Sourp Stepannos (« Saint-Étienne ») et Sourp Arakelots (« Saints-Apôtres ») sont accolées respectivement à sa façade méridionale et à sa façade septentrionale. Adossé à sa façade occidentale, le gavit est érigé au sur un autre du et est du type à quatre piliers centraux.

Enfin, une fontaine a été érigée en 1650 au nord de ces bâtiments ; il s'agit d'un cube ouvert à l'ouest par un arc orné de deux serpents et à la couverture supportée par deux arcs en diagonale.

Notes et références

Catégorie:Monastère apostolique arménien en Turquie