Le Skylander était un programme de construction d'avion civil biturbopropulseur lancé en 2001 par la société française GECI International et abandonné en 2012.

Historique Le projet développé par la société française GECI International au travers de sa filiale GECI Aviation a débuté en 1988 s'appelait au départ SB100C. Cotée sur Alternext, GECI Aviation était le nouveau nom du regroupement de Reims Aviation Industries et Sky Aircraft (2010).vignette|Maquette de l'ancienne version du Skylander SK-105 exposée au Salon du Bourget 2009

La première équipe de conception travailla en 2001-2002 en Roumanie sous la direction de Desmond Norman, co-concepteur du Britten-Norman Islander britannique. . Le premier vol était alors prévu pour 2004.

Après plusieurs reports et après avoir tenté d'assurer la réalisation du prototype à Tarbes en France, puis à Évora au Portugal« Bien que séduit par les mille emplois annoncés, le gouvernement portugais a finalement renoncé à s’engager dans une aventure incertaine estimant que le projet " manquait de cohérence et de consistance ". » .celle-ci a implanté en 2008 son pôle GECI Aviation sur l'ancienne base aérienne de Chambley-Bussières avec le soutien de la région Lorraine. et du gouvernement de l'époque.

En , l'allure générale de l'avion avait été modifiée de façon importante : nouveau fuselage, nouvelle voilure et train modifiéAir et Cosmos, n°2196, p.32 et 33 - 27 novembre 2009, ce qui rendait obsolète la maquette présentée au Salon aéronautique du Bourget de .

De 2010 à 2012, la Région Lorraine a versé à la société Sky Aircraft trois avances remboursables pour un montant global de 21,1 M€. Après avoir espéré rentrer au capital de l’entreprise (ce qui est juridiquement impossible pour elle), la région verse en 2010 une première aide de 9,1 M€. Puis une seconde de 7 M€ en 2011 et une troisième de 5 M€ en 2012. Seules, les deux dernières ont été gagées par Geci International, caution en cas de défaut de paiement de sa filiale lorraine. La première aide, cautionnée par Geci Aviation n’offre pas le même niveau de garantie.

Repoussée d'année en année, la sortie du premier prototype n'était toujours pas réalisée en , la société ayant été mise en redressement judiciaire en . La liquidation judiciaire de la société, prononcée le a mis un arrêt définitif à ce projet..

Caractéristiques envisagées Le Skylander était un bi-turbopropulseur à ailes hautes, à train fixe et cabine non pressurisée, capable de transporter jusqu'à 19 passagers ou 2,7 tonnes de fret. C'était un avion prévu dans la catégorie CS23 / FAR23.

Ses spécifications rendaient ce projet très comparable à des avions existants comme l'Antonov An-28, le Twin Otter 400, le GAF Nomad, le Dornier 228, le CASA C-212, le Let L-410 Turbolet entre autres et aussi au prototype volant chinois Harbin Y12F (successeur du Harbin Y-12) ou au Dirgantara Indonesia N-219. Le prix version passager était estimé à 6,5 millions de dollars (3 millions de dollars en ).

Le projet prévoyait les performances suivantes : Vitesse de croisière maximale : 235 nœuds Vitesse de croisière long range : 180 nœuds Rayon d’action (LRC, sans réserve) : 2500 km Distance de décollage (SL-ISA) : 600 m Distance d’atterrissage (ground roll) : 255 m Masse maximale au décollage : 8 620 kg Charge utile maximale : 2 700 kg (modèle d'après 2009, 3300 kg jusqu'en 2008. Version passagers : 19 Volume cabine : 25 m Volume soute à bagages : 3 m Propulsion : 2 turbines Pratt & Whitney PT6-65B () Avionique : Glass Cockpit Cobham Hélices : 5 pales Hartzell

Missions Le Skylander devait être un avion polyvalent capable d'effectuer de nombreuses missions : transport de passagers en version Commuter 19 places ou VIP ou 2,7 tonnes de fret transport de fret en vrac (28 m de volume cabine pour 3 tonnes de charge utile), de palettes (4 palettes standard PKC) ou de containers LD3 (version ultérieure) transport combiné passagers et fret (combi 10/12 pax + volume fret de 14,5 m et plus) évacuation sanitaire (6 civières et 4 sièges) surveillance aérienne utilisations militaires : transport, parachutage, formation

Fabrication Le site de production aurait été implanté en Meurthe-et-Moselle, sur l’ancienne base aérienne de l'OTAN de Chambley-Bussières sur une surface de 22 hectares. GECI Aviation avait bénéficié pour ce complexe industriel du soutien de l’État, de la Région Lorraine, de la Direction à l’aménagement du territoire (DIACT) et d'Oséo.

La découpe des premiers copeaux, le first metal cut, avait été réalisée, sur un élément de volet, le à Baccarat en Lorraine au sein de la société Baccarat Précision.

En , la société Cobham Avionics avait annoncé avoir été présélectionnée pour équiper le cockpit du Skylander. mais en , aucun prototype n'était encore construit.

Longues incertitudes sur la construction En , le premier vol était annoncé pour 2004.

En , le premier vol était annoncé pour deux ans après soit 2005..

En , le premier vol était prévu pour le second semestre 2011..

Si en , le processus de fabrication avait été annoncé comme déjà commencé en vue de la production du premier prototype au second semestre 2011, il n'en avait rien été.

En effet, en la phase d’industrialisation est loin de pouvoir commencer puisque la demande d’agrément de conception (DOA), première étape de la procédure visant à la certification de l’appareil n’a pas encore été déposée à l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA). Cette procédure est longue (plusieurs années), contraignanteL'EASA elle-même décrit la DOA comme une « procédure administrative lourde et fastidieuse », . et incontournable.

En , la société GECI était contrainte d'annoncer le décalage du premier vol au premier semestre 2012 et des livraisons pour fin 2013, et confirmait l'information en juin.

Cette date prévisionnelle de lancement fut alors contestée par la presse locale sur la base de l'absence de DOA..

Dans le rapport trimestriel GECI publié en , la date du premier vol était repoussée au second semestre 2012. Puis en , GECI repoussait encore la prévision de ce premier vol en .

Le , les pouvoirs publics français revenaient sur leur engagement à financer l'appareilSkylander : l'État se retire, Le Figaro, 13 avril 2012. à la suite d'un audit du programme par des expertshttp://www.geci.net/files/FRPDF20120413_GI_protocole.pdf. Le , le président du Conseil régional Jean-Pierre Masseret annonçait que la région n'abandonnerait pas le projetLa Lorraine soutient le projet Skylander, Le Figaro, 16 avril 2012.. Une semaine plus tard, l'État français démentait les dires de GECI sur son désengagement au financement du projetProjet Skylander : l'État toujours impliqué, Le Figaro, 18 avril 2012.. Le , en pleine tourmente médiatico-financière du projet SkylanderSkylander : rebond judiciaire, par Philippe Rivet, L'Est Républicain, 29 juin 2016La folle semaine du Skylander de Geci International, par Fabrice Gliszczynski, La Tribune 19 avril 2012, GECI International sollicitait la suspension de la cotation de ses actions auprès d'Euronext compte tenu des difficultés rencontrées par sa filiale GECI AviationZoneBourse, 24 février 2016.

Face au manque de financement du projet, Sky Aircraft filiale à 100 % de Geci Aviation fut placée en redressement judiciaire le avec une période d'observation de six moisSky Aircraft SAS en redressement judiciaire, Le Figaro, 4 octobre 2012. Finalement, la liquidation judiciaire a été prononcée le . La procédure de liquidation judiciaire a été close le https://www.bodacc.fr/annonce/detail-annonce/A/20210095/5045 consulté le 29/05/21.

Intentions (annoncées) de commandes Au salon du Bourget de , Geci International annonçait une centaine d'intentions de commandes, notamment de la part d'Alkan Aviation (Egypte), de Farnair Switzerland (Suisse), de General Aviation (Turquie), de Falcon Aviation (Dubaï). La même année, au salon de Dubaï, la compagnie turque ACT Airlines signe une lettre d'intention pour 15 Skylander SK-100..

Au salon du Bourget le , Serge Bitboul, PDG de Geci International, annonçait être en négociations pour une centaine de commandes. Des discussions étaient « en cours avec des compagnies basées en Asie et au Moyen-Orient [...] et le patron de Geci avait signé un protocole d’accord d’acquisition de quatre premiers Skylander avec TransAsia Aviation ».

Au salon du Bourget de étaient annoncées les intentions de commandes (Memorandum of understanding) suivantes :

compagnie malaisienne TransAsia : 8 avions avec 4 options. compagnie thaïlandaise Kan Air : 5 avions avec 3 options compagnie indonésienne PT Sky Aviation : 10 avions avec 10 options compagnie laotienne Phongsavanh Airlines : 5 avions et 3 options client non identifié : 2 avions

En 2012 :

compagnie russe Aviamost : 40 avions et 260 options. Ce qui en ferait son plus gros client éventuelhttp://www.aeroweb-fr.net/actualites/2012/01/geci-recoit-un-engagement-pour-300-skylander:GECI a annoncé avoir signé le 24 janvier 2012 un protocole d'accord avec Aviamost, société russe, portant sur quarante Skylander assortis de deux cent soixante appareils supplémentaires en option !. L'existence de la compagnie donna toutefois lieu à une forte controverse et l'on s'étonnait de l'intérêt d'un pays qui dispose déjà d'un prototype volant assez proche de conception comme le Technoavia RysachokLe client russe de Geci existe-t-il ?, France3, 3 février 2012.

compagnie française Air Antilles Express: 2 avions et 3 options.

Épilogue Lors de la liquidation judiciaire, la maquette en bois a été vendue fin 2013 à un camping de Loire-Atlantique pour en faire un mobil-home original.. Quant à la maquette numérique, elle avait été attribuée à Redstone Capital pour le . qui devait évaluer cette maquette d'ici le . Cette option a été abandonnée. Le Skylander 105 a essayé de se faire une nouvelle jeunesse sous le nom de SKY-205.. Finalement, le projet aurait été repris par la société chinoise Tianjiao en pour seulement..

Dans un droit de réponse envoyé par Serge Bitboul à la rédaction de France Télévisions à la suite de la diffusion en 2020 du reportage Skylander, chronique d’un avion fantôme selon lequel les grands perdants ont surtout été les contribuables lorrains, le Pdg de Geci International tente néanmoins de faire croire que le nouveau Cessna 408 SkyCourier. est issu du SK105, présenté comme « très beau projet de construction d’un avion 19 places qui a été finalement développé et commercialisé par CESSNA récemmen t». Il n'en est rien : malgré des objectifs équivalents en termes de capacité de transport, le Cessna 408 SkyCourier., développé par Textron Aviation, présente de notables différences : longueur, envergure, vitesse, autonomie, motorisation, cockpit, aérodynamisme (ailes à hauban, nez).

Début , la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Metz sommait Geci International de rembourser à la Région Grand Est une créance de 11,1 M€ au titre du remboursement des avances consenties par la région pour ce projet avorté.. Le jeudi , la cour d’appel de Paris a confirmé deux jugements en première instance du condamnant Serge Bitboul à indemniser 18 actionnaires de Geci Aviation. En revanche, la région Grand Est a été finalement déboutée de sa demande de remboursement des avances de 20 M€ par le tribunal correctionnel de Paris le ..

Notes et références

Lien externe Le programme Skylander, Colette Renard-Grandmontagne in Revue géographique de l'Est - vol.50/3-4, 2010

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