Tiemoko Garan Kouyaté (1902-1944) est un homme politique et un syndicaliste de l'Afrique de l'Ouest. Il est un des principaux militants anticolonialistes en Afrique-Occidentale française (AOF) dans les années 1930.

Biographie Né le dans le Soudan français (aujourd'hui le Mali), Kouyaté a fait ses études à l'École normale William-Ponty sur l'Île de Gorée au Sénégal. Il est instituteur en Côte d'Ivoire de 1921 à 1923. Il vient à Aix-en-Provence pour reprendre ses études, mais est expulsé en 1926, accusé de « propagande communiste ».

En 1924, il participe à la fondation de la Ligue de défense de la race nègre, d'obédience communiste, et collabore à son journal La Race nègre. Sous son impulsion, la Ligue s'associe à l'Internationale syndicale communiste (Profintern), au PCF et à la Confédération générale du travail unitaire (CGTU). Elle apporte également son soutien à l'association politique l'Étoile nord-africaine, fondée par des travailleurs immigrés algériens. À la tête de la Ligue, Tiemoko Kouyaté contribue à l'organisation de grèves ouvrières et milite pour l'obtention de l'autonomie politique des colonies. Quand la Ligue cesse son activité, il collabore à la naissance de l'Union des travailleurs nègres et à son journal Le Cri des Nègres en 1931. Il est présent à la seconde conférence de la Ligue contre l'impérialisme et intègre l'équipe de rédaction du Negro Worker, où travaille également George Padmore.

Il est exclu du Parti communiste français en 1933 avec d'autres militants anticolonialistes auxquels il était reproché une politique frontiste avec des courants nationalistes, au détriment de la politique "classe contre classe" définie par le VIe congrès du Komintern.

Il travaille par la suite avec l'Étoile nord-africaine de Messali Hadj et dénonce l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie fasciste en 1935. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il est ajusteur-soudeur à Montluçon. Il est arrêté par les Allemands en 1942 pour n'avoir pas dénoncé les auteurs d'un acte de sabotage, ou pour son passé anticolonialiste. Il est déporté en Autriche au camp de concentration de Mauthausen où il meurt..

Bibliographie Philippe Dewitte, Les Mouvements nègres en France, 1919-1939, Éditions L'Harmattan, 1985 . Samuel Same Kolle, Naissance et paradoxes du discours anthropologique africain, l'Harmattan, 2007 . Catherine Coquery-Vidrovitch, Des victimes oubliées du nazisme : les noirs et l'Allemagne dans la première moitié du XXe siècle, Le Cherche midi, 2007 . Solofo Randrianja et Alexis Roy, « KOUYATE Tiemoko Garan », Maitron/Editions de l'Atelier .

Articles connexes Second empire colonial français Afrique-Occidentale française Anticolonialisme

Notes et références

Catégorie:Naissance en avril 1902 Catégorie:Naissance à Ségou Catégorie:Étudiant de l'École normale William-Ponty Catégorie:Antiraciste français Catégorie:Anticolonial français Catégorie:Panafricaniste Catégorie:Personnalité du Parti communiste français Catégorie:Syndicaliste de la CGTU Catégorie:Résistant communiste français Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Décès en juillet 1942 Catégorie:Décès au camp de concentration de Mauthausen Catégorie:Décès à 40 ans