Le barrage de la Gileppe est un barrage hydraulique situé dans la partie orientale de la forêt du Hertogenwald, dans les Hautes-Fagnes belges. La retenue d'eau ainsi créée est essentiellement alimentée par la Gileppe et le ruisseau Louba (ou Raboru).
Histoire La paroi du barrage de la Gileppe, de type poids, est l'une des plus anciennes d'Europe. Le maître d'œuvre était l'ingénieur liégeois Eugène Bidaut (1808–1868). L'inauguration du barrage a eu lieu le par le roi Léopold II. La capacité de contenance du lac était de de mètres cubes, et portée à plus de de mètres cubes après aménagements des déversoirs à la suite de la sécheresse de 1921. La superficie était de .
Lors de la construction du tunnel de la Soor, le , un brutal orage sur le plateau coûta la vie à huit ouvriers, sept Italiens et un Belge, ayant décidé de revenir vers la Soor par le tunnel lui-même. Ils périrent engloutis, le débit étant passé à cubes par seconde dans le tunnel à la suite d'un orage sur le plateau. Une plaque commémorative figure à proximité de l'issue amont du tunnel.
Le barrage a été rehaussé de dans les années 1967-1971 (début le ), utilisant désormais la technique du barrage-pression. La retenue a été vidée en et la ville de Verviers alimentée en eau à partir du réservoir d'Eupen. La capacité de la retenue est de de mètres cubes, pour une superficie de . Comme le barrage d'Eupen, il est utilisé pour la production d'eau alimentaire.
Le barrage fut construit pour améliorer l’approvisionnement en eau de l'industrie lainière verviétoise. L'industrie lainière d'Eupen, à l'époque prussienne et située en amont sur la Vesdre, utilisait en effet en premier de l'eau pure des rivières Vesdre, Soor et Helle. À la demande de la population, un réseau de distribution d'eau fut créé par la suite. Principalement en fonte et raccordé aux habitations par des canalisations en plomb, il entraîna un saturnisme de grande ampleur pendant plus d'un siècle, en raison de l'acidité de l'eau de la Gileppe, qui n'était pas traitée à la demande des industriels. À la suite d'un conflit entre un groupe d'habitants et la ville de Verviers durant les années 1980, celle-ci finit par construire un double réseau et une station de traitement de l’eau à Stembert, qui entra en fonction en .
À la suite de la sécheresse de l'été et de l'automne 2018, le volume d'eau de la retenue descend à 9 millions de m3 (au lieu des potentiels 26,5 millions de m3), un niveau jamais atteint, et qui laisse apparaître en rive gauche la route qui faisait le tour de la retenue de l'époque du premier barrageRecord à la baisse pour La Gileppe et Eupen: les lacs comme vous ne les avez jamais vus - vedia.be - le . Celle-ci a été dégagée et permet la randonnée.
Aspects techniques Le Lion belgique du barrage en 2008|thumb|upright|left Deux tours de prise d'eau d'une hauteur de sont sises dans le lac à proximité du barrage. Elles permettent un captage d'eau plus pure, à distance des berges et surtout un captage à des hauteurs différentes ce qui permet d'avoir accès à la meilleure eau du moment.
La centrale hydro-électrique récupère l'énergie de la chute d'eau qu'il y a entre le point de captage et la vallée () avec un débit moyen de /jour (/s) soit un potentiel hydraulique de ; le débit peut varier de 0,80 à /s. Cette centrale est composée de deux turbines de () alimentant chacune un alternateur triphasé fournissant l'énergie sous une tension de . La production annuelle totale de la centrale est de .
Un Lion belgique monumental de de haut et d'un poids de orne le barrage, fixant l'ancienne frontière prussienne, distante d'environ à l'époque de la construction du barrage. Il est l'œuvre de Antoine-Félix Bouré, et est taillé dans des éléments de grès tendre de la vallée de la Sûre.
Particularités hydrographiques
En Gileppe supérieure, à peine quittée la zone fagnarde, le ruisseau reçoit les eaux du fossé Bouvy au lieu-dit « les Biolettes ». Creusé au , du temps de la « querelle des eaux » avec Eupen, ce drain creusé avec autorisation impériale, permet de recueillir des eaux qui auraient dû alimenter le bassin de la Vesdre inférieure.
Le barrage reçoit également l'eau de la Soor par le Tunnel de la Soor, creusé de 1950 à 1953. Celui-ci permet ainsi d'ajouter aux du bassin versant de la Gileppe les de celui de la Soor. Un petit barrage de type gravité, peut ainsi dévier une partie du cours de la rivière pour alimenter le lac par un tunnel creusé sous la crête séparant les deux bassins. Le tunnel lui-même est long d'environ pour de diamètre, débouchant sur le lac au lieu dit Trou MalbrouckTrou Malbrouck : .
Dans la culture Dans un roman scientifique à visée éducative, Ernest Candèze, médecin et entomologiste, raconte les aventures d’une population d’insectes fuyant la construction du barrage : La Gileppe, les infortunes d'une population d'insectes par le Dr Ernest Candèze ; dessins par C. Renard ; gravures par Méaulle, Paris, J. Hetzel et Cie, 1879. 328 p. On apercoit le barrage et la statue du lion dans la vidéo de la chanson Kiki (2021) de Julien Doré.
Galerie
Voir aussi
Bibliographie Guide du Plateau des Hautes Fagnes, Robert Collard et Vladimir Bronowski, Éditions de l'Octogone, 1993 Joseph De Clercq et Guy Pirotton, Le surhaussement du barrage de la Gileppe, in la revue bimestrielle La Technique des Travaux, septembre-.
Articles connexes Liste des cours d'eau de Belgique Liste des lacs de Belgique
Liens externes Historique du barrage de la Gileppe Lire en ligne sur Gallica La Gileppe, les infortunes d'une population d'insectes Le site officiel du Tourisme du Pays de Vesdre ! Site des Archives régionales de Wallonie. Barrage de la Gileppe: réservoirs et station d'épuration. Photographies de 1993. Site des Archives régionales de Wallonie. Complexe du barrage de la Gileppe. Photos de 1997.
Notes et références
Catégorie:Cours d'eau du bassin de l'Ourthe Gileppe Catégorie:Monument en Wallonie Catégorie:Bâtiment dans la province de Liège Catégorie:Hautes Fagnes Catégorie:Baelen Catégorie:Jalhay