Dominic Besner (1965) est un artiste canadien connu pour ses peintures colorées de personnages et d'animaux. Son art, considéré plus comme figuratif, a été présenté au pavillon du Canada (imaginé et conçu par le Cirque du Soleil) à l'exposition universelle de 2010 à Shanghai, en Chine. Il a exposé au Canada, aux États-Unis, au Mexique, au Maroc et en Chine.
Débuts Dominic est né et a grandi dans la communauté de North Lancaster en Ontario (Canada). Il entama des études d'architecture, d'abord au Collège Algonquin d'Ottawa en 1988 et à l'Université de Montréal en 1992. Il trouvera en l’architecture, la coloration et la construction des lignes, manifestes dans ses peintures aujourd'hui. Son diplôme obtenu, il travailla dans différents cabinets d'architecture de Montréal mais le manque de liberté lié au métier l’incita à s’éloigner de la profession pour se tourner vers un monde plus libre et indépendant : la peinture. « Il s'est aperçu qu'entre la vision créative des projets architecturaux et leur réalisation matérielle, il existait un long et tortueux processus de collaboration et de compromis ». C'est pendant ses études d'architecture qu'il trouva un vrai plaisir pour le dessin qui lui permet aujourd'hui de donner vie aux images de son imagination.
Démarche artistique Fasciné par la vie nocturne de Montréal, Besner peint des artistes et des acteurs de la rue. En 1996, les visages blancs et les costumes texturés sont apparus comme sa signature. Comparés aux images d'Edvard Munch et Gustav KlimtMills, Michael, Driven to Abstraction, Broward/Palm New Times, Sep. 27 2001. Web, et aux personnages d'Otto DixMaroc Hebdo International, , du 28 septembre au 4 octobre 2007, ceux de Besner émergent simultanément et se fondent dans l'arrière-plan. Ses premiers tableaux mettaient en scène des individus festifs, colorés rappelant les scènes et les tenues des personnages de la Comedia dell’arte. Le masque, élément essentiel des personnages fut d’abord un objet de dissimulation, « tout le monde se cache derrière un masque, personne ne révèle jamais sa vraie nature ». Puis le masque est tombé révélant une inexorable vérité : la fragilité humaine. Face à ses portraits, « l'audience expérimente le drame psychologique de la condition humaine »Murray-Lachapelle, Rosemary, A Jungian Psychoanalytic Perspective on the Work of Dominic Besner. Si certains y voit la déchéance, d'autres y perçoivent au contraire la vie. Le regard altier de ses personnages questionne mais ne juge pas, leur expression est plus que le reflet d’une personnalité, elle est un reflet du monde actuel et peut appartenir à chacun de nousClaire CROMBEZ, Dominic Besner, Decover magazine, avril 2011.
L'artiste aime l'ambiguïté, « il se plaît à évoquer un thème grave avec une palette étincelante, une surcharge décorative et un style fantaisiste. De cette façon, ses compositions élégantes et pleines d'arabesque renforcent cette idée d'apparence et de faux-semblant ». Devant ses « précieuses », le spectateur est souvent happé par leur regard pénétrant, défiant, méfiant.
Le style artistique s'explique par sa formation d'architecte et la fusion de l'espace intérieur et extérieur comme l’a fait l’architecte Aldo Rossi. Par ses créations de lignes qui se chevauchent, faites à l'acrylique, à l'huile, aux pastels à l'huile et aux bâtons à l'huile, il dynamise des aristocrates, des chevaux, des taureaux, ou des paysages urbains. Robert Bernier parle de « la formidable capacité à renouveler l'expression artistique contemporaine tout en restant profondément ancré dans la transition artistique de Besner... »Bernier, Robert. “Unbounded Access”, Parcours information des arts, automne 2004, .. Même éloigné de l'architecture, l'utilisation d'éléments de construction lui permettent d'une certaine façon de reconstruire des bâtiments et ce même à travers les corps. Les titres qu'il donne à ses toiles sont également significatifs de son bagage architectural (mascarons, tourelle, rosace).
Carrière artistique La première exposition de Dominic Besner se tient à la Galerie Naomi de Montréal en . En 1996, Dominic Besner rencontre son agent Michael Mensi. Sous sa direction, Besner expose à Montréal puis dans des galeries au Canada (Toronto, Calgary, Québec, Baie-Saint-Paul) et aux États-Unis (Fort Lauderdale). Il a aussi présenté des œuvres au MarocExposition et en Chine (Immortalis, l'Exposition Universelle de Shanghai). Michael Mensi est également à l'origine de tous les grands projets réalisés par Besner entre 2000 et 2019 dont plusieurs expositions importantes et les deux expositions-évènements intitulées "La démesure des convoités" (2004) et "MORA" (2011).
Expositions importantes
La Relève à l'aube du fut la première exposition en musée de Dominic Besner. Il y présenta ses œuvres au musée Pierre-Boucher à Trois-Rivières (Canada).
En , il a participé à l'exposition de groupe Voilà Québec en Mexico ! au Musée de Las Artes de l'Université de Guadalajara au Mexique. L’œuvre sélectionnée fut Petit docte du cirque-papier. L'exposition collective dura deux mois et fut organisée par Loto-Québec. En 2003-2004, il exposa à la galerie du Dauphin à Honfleur en France. thumb| Petit docte du cirque-papier, œuvre sélectionnée pour l'exposition collective Voilà Québec en Mexico ! organisée par Loto-Québec, 2003.
Après une rencontre avec Martin Bündock, alors Conservateur de la collection d'art du Cirque du Soleil, Dominic Besner est invité en 2004 à exposer au siège de la compagnie. Pour La Cité révolue, nom de l'exposition, Besner a créé 20 peintures grand format et trois maquettes. C'est à ce moment que Besner fait la rencontre de Guy Laliberté, Fondateur du Cirque du Soleil. Ce dernier propose à l'artiste, en 2006, la création d'une fresque intitulée La Mécanique des villes de 94 pieds de longueur composée de 4 éléments de 20 pieds chacun peints avec des tonalités franches et pures entre lesquels se greffent des vitraux qui constituent des pausesDominic Besner dans Parcours Art et Art de Vivre, Robert Bernier.. Le titre est dû à son emplacement situé sur la passerelle adjacente à l'atelier de créations dans le siège montréalais du Cirque du Soleil, lieu d'idées, de déplacements, de changements, un peu comme dans une usine. Selon Besner, ce lieu évoque la ville, organe vivant, à la foi cœur et poumon... « Je voulais que les vitraux donnent l’impression d’être en pleine lumière du jour. Il n’y a pas de fenêtre à cet endroit mais une fois terminé, cela donne vraiment l’impression d’un plein jour. » Pierre Bündock et François Arsenault y consacreront un documentaire en 2007, co-produit avec le Cirque du Soleil et Mensi&Rioux.
En , Besner collabora avec les couturiers marocains Mohamed Lakhdar, Albert Oiknine et Karim Tassi pour l'exposition Au fil de l'Art qui se déroula au musée La Villa des Arts à Casablanca. Cette exposition mit en lumière la collaboration possible entre créateurs de mode et artistes peintres afin de présenter l'habit comme un support d'expression artistique à part entière. Les couturiers se sont basés sur les derniers tableaux de Besner pour créer des caftans. Cette manifestation a montrer également la relation qui a toujours existé entre la peinture et la coutureChorfi, Tania, commissaire de l'exposition Au fil de l'Art, dans le magazine L'Économiste, Les Caftans marocaines flirtent avec la peinture canadienne, de Nour Eddine El Aissi, 6 avril 2007. L'exposition itinérante est ensuite présentée dans plusieurs villes au Canada. thumb|Au fil de l'Art, Thompson Landry Gallery, Toronto (Canada), 2008 Les perceptions visuelles et olfactives de son séjour au Maroc - et le sentiment que ce pays correspond bien à sa peinture et à son univers métaphoriqueRobert BERNIER, Dominic Besner, Mora, un conte urbain, Parcours Art et Art de Vivre, vol.16, - ont été le point de départ de sa série intitulée Le Banquet de Nacarat, des œuvres exotiques sur le thème qui s'inspirait de la fête, jointes à un écrit de l'artiste : Le Temps du jasmin. Cette exposition fut visible à la galerie Venise-Cadre à Casablanca qui célébrait ses 60 ans d'existence.
En , Dominic Besner est invité à réaliser une œuvre représentant le spectacle LOVE des Beatles du Cirque du Soleil à Las Vegas. Le tableau LOVE (Longue Ovation des Vanesses Éployées) est la représentation des 4 membres du groupe juxtaposés et superposés entre eux et évoquant « le chapiteau des rêves colorés ». thumb|L(ongue) O(vation) des V(anesses) É(ployées), œuvre pour le spectacle LOVE des Beatles du Cirque du Soleil, Las Vegas, 2007
thumb|Le Banquet de Nacarat, Casablanca (Maroc), 2007
En , Dominic Besner expose au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges (Canada) pour La Nuit des cités. Il présentera des toiles ainsi que trois maquettes architecturales et des vitraux monochromes dont il aime la malléabilité. Le vitrail et la peinture ont moins en commun la couleur que la ligne. Cette dernière est une dominante importante dans le travail de l'artiste qui est selon Chantal Séguin « un maître de la ligne et de la couleurSéguin, Chantal, commissaire aux expositions en arts visuels, musée régional de Vaudreuil-Soulanges ». thumb|Vitraux et peintures de l'exposition La Nuit des Cités, Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, Vaudreuil-Dorion, Canada, 2007
En Dominic Besner expose deux œuvres au pavillon du Canada (imaginé et conçu par le Cirque du Soleil) lors de l'Exposition universelle 2010 de Shanghai. Puis en septembre il participe à la Western China International Art Biennale à Yinchuan et en octobre il expose en groupe à la galerie Saatchi de Londres. thumb|L'Aisance de la grande strassedam notoire, œuvre présentée dans le Pavillon du Canada lors de l'Exposition Universelle de Shanghai en 2010
En , Dominic Besner expose trois œuvres au Maroc lors de la première Biennale Internationale de CasablancaFirst Biennale Internationale Casablanca 2012. Web puis reviens au Maroc en 2015 pour présenter Les branches d’Ovanes, une exposition individuelle faisant suite à une résidence artistique.
À la fin de l'année 2012, il expose The Light Side of the Moon à Fort Lauderdale aux États-Unis. Il présente Immortalis en 2013 au musée de Suzhou en Chine puis l’exposition revient à Montréal. À la fin de la même année, l'exposition Humani Ex Machina est présentée à la galerie Thompson-Landry à Toronto et elle réunit 25 nouvelles œuvres de l'artiste. vignette|Table-ronde avec Martin Bündock, Besner et Sylvain Dodier. Université Sherbrooke. septembre 2018 En 2015, il présente l'exposition La singulière nature humaine à la Galerie MX de Montréal. À compter de 2017, Besner participe à de nombreuses foires d'art nord américaines dont celles de Art Miami, Art New York, Palm Beach Modern + Contemporary et Toronto International Art Fair (TIAF). La Galerie d'art Antoine-Sirois de l'Université de Sherbrooke lui confie sa principale salle d'exposition en afin d'y accueillir Strophes d'une poésie. L'exposition, placée sous le commissariat de Martin Bündock, rassemble 33 œuvres dont la peinture-phare de l'exposition MORA, Conseil de Memor mesurant près de 2 mètres par 2 mètres.
Les années 2020 et 2021 marquent l'histoire planétaire par la pandémie de COVID. Alors que les rassemblements sont interdits, le Conseil des arts de la Ville de Montréal invite de nombreux artistes à présenter un projet culturel en plein air dans le cadre du programme Quand l'art prend l'air. Besner crée Canevas urbain, une série d'œuvres éphémères utilisant l'anamorphose.