François-Joseph Servois est un mathématicien français né à Mont-de-Laval (Doubs) le Présentation d'un court article sur quelques scientifiques édité par l'APMEP ou 1768 et mort dans la même ville en 1847.

Un itinéraire singulier

Servois, d'origine modeste, étudie dans diverses écoles presbytérales de la région. Il est admis au séminaire de Besançon en 1786 et est ordonné en 1789. Prêtre constitutionnel, il exerce comme vicaire à l'église Notre-Dame de Besançon puis comme vicaire épiscopal du Jura à Saint-Claude. Il abandonne la carrière religieuse pour intégrer le l'école de l'artillerie de Châlons.

Au-delà de la difficulté d'exercer le métier de prêtre sous la Terreur, il faut voir dans ce revirement un désir de servir et surtout un goût prononcé pour les mathématiques. Servois a étudié et exercé à Besançon à un moment où le mathématicien Lacroix enseignait les mathématiques à l'école d'artillerie de Besançon. Il a pu être encouragé à parfaire son éducation mathématique et à changer d'orientation. Lorsque Servois intègre l'école de Châlons, Lacroix est justement examinateur de l'entrée aux écoles d'artillerie. Servois ne passe que quelques mois à l'école et intègre comme le d'artillerie à pied.

Il est versé dans l'armée du Rhin et prend part à la bataille de Neuwied (1796-97). Le , au retour de la paix, Servois, sur recommandation d’Adrien-Marie Legendre, est affecté à l'école d'artillerie de Besançon en tant que professeur. Au cours des années suivantes, il intervient dans les autres écoles de cette arme : Châlons (mars-), puis surtout Metz ( - ), et enfin La Fère (-1814). À la fin de la Campagne de France (1814), il prend part à la défense de Paris en mars. Il reprend en 1815 ses cours à l'École de la Fère puis, au début de la Restauration, à l’École d'application de l'artillerie et du génie.

Retiré du service militaire actif en 1816, il assume la fonction de conservateur du musée de l'Artillerie à Saint-Thomas d'Aquin jusqu'en 1827. Il a publié la première notice abrégée des collections de ce musée en 1825.

Un mathématicien reconnu Servois fit des recherches sur la géométrie projective, les équations fonctionnelles et les nombres complexes et fut sur le point de découvrir les quaternions avant Hamilton.

Il introduisit le mot « pôle » en géométrie projective Pole sur le site Earliest Known Uses Of Mathematical Terms de Jeff Miller. C'est aussi à lui qu'on doit les mots « commutatif » et « distributif » Commutative and distributive sur le site Earliest Known Uses Of Mathematical Terms.

Le , il fit part à Gergonne de ses doutes sur la fécondité de l'interprétation géométrique par Argand des nombres complexes : et celui-ci publia sa lettre, l'accompagnant de commentaires modérateurs.

Il était considéré comme un expert par les mathématiciens de son temps et Poncelet, écrivant son Traité des propriétés projectives des figures, le consulta à plusieurs reprises. Servois fournit des articles pour le volume Artillerie de l'Encyclopédie méthodique.

Notes et références

Voir aussi Jacques Boyer, Le Mathématicien franc-comtois François-Joseph Servois, ancien conservateur du Musée d'artillerie, 1895

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