right|thumb|alt=Chinchilla chinchilla/brevicaudata massif et queue courte comparé au Chinchilla lanigera, plus mince et à la queue plus longue|Croquis comparatif des deux espèces de chinchillas sauvages (Ch. brevicaudata = Ch. chinchilla). Chinchilla est un genre de mammifères rongeurs de la famille des Chinchillidae, communément appelés Chinchillas. Ce genre comprend deux espèces sauvages et une forme domestiquée, issue très probablement du croisement en élevage des deux premières. Les Chinchillas sont des animaux nocturnes, de la taille d’un lapin nain. Proches des Viscaches, ils sont, comme ces dernières, originaires de la cordillère des Andes, en Amérique du Sud. Les populations sauvages sont des espèces en péril. Elles ont été chassées pour leur fourrure particulièrement recherchée au et ont été progressivement adaptées à la captivité pour donner le Chinchilla domestique. Celui-ci est principalement élevé pour sa fourrure, mais c'est aussi l'un des nouveaux animaux de compagnie.

Bien que très proches d'aspect et de mœurs, on distingue plusieurs espèces du genre Chinchilla ainsi que des variétés domestiques. Les seules espèces sauvages actuellement connues sont des animaux d’Amérique du Sud devenus très rares. Toutes deux sont des espèces protégées : le Chinchilla à queue courte Chinchilla chinchilla (Lichtenstein, 1829) ou syn. Chinchilla brevicaudata (Waterhouse, 1848) ; le Chinchilla à longue queue Chinchilla lanigera (Bennett, 1829).

Le Chinchilla d'élevage ou Chinchilla domestique est un hybride qui résulte du croisement progressif des deux espèces sauvages au sein d’élevages J. Grau, , . Éditions El Ateneo, Buenos Aires. 1986.. Il est toutefois beaucoup plus proche du Chinchilla lanigera que du très rare Chinchilla chinchilla. C'est un animal adapté à la captivité et connu du grand public sous le nom vernaculaire de « Chinchilla ». L’objectif des premiers élevages était la production de fourrure. Le Chinchilla domestique est également employé comme animal de laboratoire et on le rencontre de nos jours couramment comme animal de compagnie. Des coloris variés ont été rapidement obtenus par les éleveurs.

Nomenclature et systématique

Le mot « Chinchilla » Le substantif masculin [consulté le ]. [consulté le ].Entrée des Dictionnaires de français] [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le ]. « chinchilla » est un emprunt à l'espagnol , substantif fémininEntrée du Dictionnaire bilingue français – espagnol [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le 2017]. lui-même emprunté à l'aymara. Le mot chinchilla vient soit d’une tribu autochtone des Andes, les Chinchas qui vivaient dans la région côtière autour de l'actuelle ville de Lima, avant les Incas, voulant dire littéralement « petit chincha »; soit de « animal puant » en espagnolChinchilla dans l'Encyclopædia Universalis, consulté en mars 2011., sans doute en référence à la forte odeur qu'il dégage lorsqu'il est effrayé.Chinchilla pourrait aussi venir du quechua : « chin » qui signifie silencieux et « sinchi » qui veut dire fort et courageux, auxquels on ajoute le diminutif quechua « lla ». Ce qui assemblé signifie « fort et silencieux petit » (Aleandri, 1998) A.E. Spotorno, C.A. Zuleta, J.P. Valladares, A.L. Deane et J.E. Jiménez, “Chinchilla laniger”. Publié par l’ dans “” , , 3 ill., 15 décembre 2004. Lire le document PDF.

Le genre Chinchilla Le genre a été décrit pour la première fois en 1829 par le zoologiste britannique Edward Turner Bennett (1797-1836).

La taxinomie des chinchillas est encore discutée. La disparition peut-être totale d’une ou plusieurs espèces sauvages ne permettra sans doute jamais de résoudre ce problème.

Le nom de genre « Chinchilla Bennett, 1829 », bien que longtemps contestéWilfred H. Osgood, , Vol. 22, No. 4 (Nov., 1941), Lire un extrait, est au début du le nom scientifique le plus couramment admis, , , , . Il a cependant de nombreux synonymes : Mus Linnaeus, 1758 (Molina, 1782), Lemmus Link, 1795 (Tiedemann, 1808), Cricetus Leske, 1779 (E.Geoffroy St.-Hilaire, 1803); Eriomys Lichtenstein, 1830; Callomys d’orbigny et I. Geoffroy St.-Hilaire, 1830; Aulacodus Temminck, 1827 (Kaup, 1832); Lagostomus Brookes, 1828 (Cuvier, 1830).

Taxons inférieurs thumb|upright=0.5|alt=Un chinchilla dans des rochers|Ch.chinchilla thumb|upright=0.5|alt=Un jeune chinchilla sauvage sur un genou|Ch.lanigera thumb|upright=0.5|alt=Un chinchilla en cage|Ch.domestique La classification la plus souvent retenue par les classifications classiques et les chercheurs au début du est un genre Chinchilla Bennett, 1829 incluant deux espèces sauvages : Chinchilla chinchilla (Lichtenstein, 1829) (syn. Chinchilla brevicaudata, Waterhouse, 1848) et Chinchilla lanigera Bennett, 1829 (syn. C. lanigera Molina, 1782).

L'existence de plusieurs espèces ou sous-espèces du genre est très discutée depuis le : Certains auteurs ne reconnaissent qu’une espèce (Albert, 1901; Sage, 1913; Bowman, 1924; Bidlingmaier, 1937). D'autres auteurs reconnaissent une ou plusieurs sous-espèces de l'espèce Chinchilla lanigera (Walker, 1968; Pine et al., 1979) ou bien de l'espèce Chinchilla chinchilla: (Osgood, 1943; Man, 1978).

Quant au Chinchilla domestique, les scientifiques le considèrent plus souvent comme un hybride (avec une forte dominante lanigera), résultant du croisement en captivité entre Chinchilla lanigera et Chinchilla chinchilla. Dans les laboratoires, cependant, on désigne ces animaux comme « chinchilla laniger », sans faire de distinction entre l'espèce sauvage et les descendants d’élevage Thierry Roger, Les bases de la taxonomie des animaux de laboratoire, École Nationale Vétérinaire de Lyon Lire le document en ligne.

Cette distinction entre chinchilla domestique et espèces sauvages est essentielle dans le cadre des réglementations internationales, car celles-ci diffèrent selon qu’il s’agit de spécimens d’élevage ou d’individus sauvages protégésLa réglementation française par exemple adopte la dénomination Chinchilla laniger × Chinchilla brevicaudata du chinchilla domestique, qui indique qu’il est issu de l’hybridation des deux espèces sauvages : voir la liste des animaux domestiques selon la législation française..

Liste des espèces Selon et : Chinchilla chinchilla (Lichtenstein, 1829) Chinchilla lanigera Bennett, 1829

Liste des sous-espèces Selon et : Chinchilla chinchilla sous-espèce Chinchilla chinchilla boliviana sous-espèce Chinchilla chinchilla chinchilla Chinchilla lanigera Caractéristiques communes des Chinchillas

Les chinchillas sauvages ont presque tous disparu. De rares témoignages Jaime E. Jiménez, lire le document PDF, . Article dans “” 1995.A.E. Brehm, 1864 permettent toutefois d’avoir une idée de leur description et de leur comportement. Les chinchillas domestiques ont hérité les caractéristiques de leurs ancêtres.

Ces rongeurs de la taille d’un petit lapin sont parfaitement adaptés à leur mode de vie dans un habitat hostile. thumb|alt=Croquis de montagne avec étagement de la végétation. Vers le bas C. Lanigera dans les rochers broussailleux, beaucoup plus haut C. brevicaudata, juste sous les neiges éternelles|L’habitat des chinchillas sauvages dans les Andes selon les espèces.

Animaux sociaux Leur habitat est la cordillère des Andes, jusqu’à plus de m d’altitude selon l'espèce, dans les zones de rochers désertiques (Jimenez, 2007). Ils y nichaient autrefois en colonies familiales de plusieurs centaines d’individus, mais leur raréfaction tend à réduire de plus en plus la taille des dernières colonies de Chinchilla lanigera connues. Les femelles sont plus grosses que les mâles et dominantes. Les avis sont partagés sur leur monogamie éventuelleMaike Röder-Thiede, Chinchillas. Collection Animaux, Petits Pratiques, Ed. Hachette, 2000..

Pour communiquer ils émettent une variété de sons et de petits cris Cris de chinchillas domestiques, descriptions et enregistrement, des grincements de dents et peuvent émettre des jets d’urine. Les conflits sont rares si leur habitat est assez vaste.

Animaux vulnérables thumb|left|upright=0.7|alt=Dessous des pattes avec d'épais coussinets plantaires|Surface plantaire d'un chinchilla domestique

Les chinchillas ont une morphologie unique, ressemblant à certains égards à d'autres rongeurs : rat des champs, lapin ou encore écureuil ventru.

En tant que petits herbivores, les chinchillas sont des proies typiques. Leurs petites incisives de couleur orange et leurs membres aux doigts en partie atrophiés (antérieurs : 4 doigts plus un doigt atrophié, postérieurs : 3 doigts plus un doigt atrophié) et munis de très courtes griffes ne suffisent pas à les protéger. thumb|Le chinchilla domestique prend la fuite en courant et en bondissant comme ses ancêtres sauvages. Leur salut est dans la fuite : les membres postérieurs, plus développés que les antérieurs et aux coussinets antidérapants, ainsi qu’une queue épaisse et touffue, leur permettent de se tenir debout pour observer au loin, de sauter, bondir à la manière des kangourous et grimper sur les parois rocheuses pour fuir à grande vitesse à la moindre alerte (A.E. Brehm, 1864). La fourrure se détache en touffes de poils et la queue se casse facilement (autotomie) pour échapper aux rares prédateurs naturels (rapaces, renards, martres).

thumb|alt=Une tête de chinchilla de profil en gros plan|Tête de chinchilla domestique standard adulte. Notez le développement adapté à la vie nocturne des vibrisses, des yeux et des oreilles.

Animaux nocturnes, la plupart des chinchillas ont de gros yeux noirs ou rouges qu'on appelle communément des yeux rubis. Ils ont aussi de grandes oreilles avec des bulles tympaniques au développement important et de longues vibrisses leur permettant de se repérer dans l’obscurité parmi les rochers.

Animaux des déserts froids et rocheux Fourrure Ils ont une fourrure particulièrement dense qui limite l’évaporation dans ces régions où la température varie beaucoup entre le jour et la nuit. Lorsqu’un follicule chez l’homme porte un poil, un follicule chez le chinchilla en porte plus d'une soixantaine (Meadow, 1969). thumb|left|alt=Des hautes montagnes pelées vues d'avion avec des neiges éternelles|L’habitat naturel des chinchillas : La cordillère des Andes, ici entre Chili et Argentine C’est la fourrure la plus dense des espèces terrestres : poils par cm². Chaque follicule se compose d'un poil de garde, plus long et assurant un rôle de maintien. Il est entouré d'une soixantaine de 'poils de bourre', plus fins et apportant une isolation thermique exceptionnelle. L'extrême finesse de ces poils de bourre donne à la fourrure un toucher soyeux et une texture très délicate. Dans ces territoires arides, ils nichent dans les anfractuosités, entre les épineux, et entretiennent leur fourrure par des bains de poussière volcanique.

Alimentation Ils trouvent un apport d’eau dans la rosée et leur alimentation variée qu’ils saisissent avec leurs membres antérieurs préhensiles. Essentiellement végétariens, les chinchillas goûtent, dans leur habitat naturel, à tout végétal susceptible d’être comestible (feuilles, écorces et fruits d'arbrisseaux ou de buissons épineux, herbes sèches, cactées, etc.) mais ils peuvent aussi à l’occasion consommer des insectes, dans le but de survivre aux périodes de disette. Ainsi ils s’adaptent aux saisons et aux périodes de sécheresse.

Cette diversité reste limitée par la rigueur du climat. En effet, la quasi-totalité des plantes à leur disposition sont typiques de cette région très montagneuse et semi-désertique. La majeure partie du régime alimentaire du chinchilla sauvage se compose donc de végétaux secs et de cactées, qui constituent un apport majeur en fibres et en cellulose, éléments indispensables également au chinchilla domestique. Un chinchilla domestique au régime alimentaire strict et adapté peut vivre vingt années et se reproduire jusqu'à 15 ans, contre 6 années d'espérance de vie environ pour les chinchillas sauvages.