vignette|Représentation typée manga de jeunes filles en lingerie. Les illustrations lolicon associent souvent des caractéristiques enfantines à des sous-entendus érotiques.
Dans la culture japonaise, , parfois romanisé, « Rorikon » ou « Lolikon » est un sous-genre fictionnel qui se concentre sur l’apparence juvénile de leurs personnages féminins, particulièrement en les érotisant ou en les sexualisant. Le terme est un mot-valise reprenant la contraction de « Lolita Complex ». Le terme est occasionnellement raccourci en . Lolicon peut tout aussi bien être utilisé pour désigner le genre en lui-même ou ses lecteurs.
Le genre est majoritairement trouvable dans les mangas, animés ou des jeux vidéos. Dans la pop culture japonaise, otaku le lolicon est en général dissocié de l’attirance pour de véritables jeunes filles. Ce sous-genre est parfois mélangé avec des personnages du genre du moe, ou des bishōjo dans les mangas et animés.
Le terme « Lolita Complex » est dérivé de Lolita, un roman écrit par Vladimir Nabokov, le terme a été popularisé dans les 1970. Durant le « boom lolicon » dans les mangas érotiques du début des années 1980, le terme a été adopté dans la culture otaku tout juste naissante pour désigner l'attirance pour les premiers personnages bishōjo. Puis, uniquement pour les représentations plus jeunes à mesure que les designs bishōjo se diversifiaient. Les illustrations de cette période, fortement influencées par les styles des mangas shōjo, ont marqué un changement par rapport au réalisme initial de ce type de représentation, associé à l'avènement de l'« érotisme mignon » (kawaii ero), une esthétique désormais courante dans les mangas et les anime en général. La popularité de ce sous-genre s'est progressivement estompé au milieu des années 1980. Le genre ne représente depuis qu'une minorité des mangas érotiques ou pornographique.
Depuis les années 1990, le lolicon est régulièrement au centre les débats sur les mangas au Japon ainsi que dans le reste du monde. Les lois sur la pédopornographie de certains pays s'appliquent aux représentations de personnages enfants fictifs, tandis que celles d'autres pays, dont le Japon, non. Les opposants et les partisans débattent pour savoir si ce genre peut influer en bien ou en mal les abus sexuel sur mineurs. Le terme est souvent utilisé par les experts des médias et des phénomènes culturels pour différencier la sexualité réelle ou fictionnelle dans la culture otaku.
En France, en , la société Noeve Grafx annonce l’achat de la licence Tsugumomo pour une future publication du manga en France. La société a annoncé son annulation en . Si aucune annonce officielle n’a eu lieu, il est plus que probable que les scènes très explicites potentiellement illégales en France sont responsables de cette décision.
Définition Le terme Lolicon est une abréviation japonaise de . Cette expression, dérivée de l’anglais, est inspiré du roman Lolita de Vladimir Nabokov qui narre l’histoire d’un homme sexuellement attiré par une fille de douze ans vue à travers les yeux de celui-ci.
« Lolita complex » fut introduit au Japon par l'ouvrage de psychologie The Lolita Complex par Russell Trainer. Il l'utilise dans ce livre pour désigner l'attirance pour les filles pubères et prépubères. Au japonais, l'expression est plutôt utilisée pour désigner l’attirance émotionnelle ou sexuelle pour les personnages à l’apparence juvénile, ce qui est l’usage le plus répandu encore de nos jours.
Usages Le mot Lolicon peut aussi bien être utilisé pour désigner les œuvres érotiques ou pornographiques mettant en scène de tels personnages que les lecteurs de ce genre de contenu. La version raccourcie de ce mot est utilisée pour définir des archétypes de personnages féminins jeunes ou d'apparence juvénile dans les mangas ou les animes. On dira de ces personnages qu’elles sont des .
En japonais, le mot Lolicon n’est pas, ou très peu, utilisé pour désigner la pédophilie réelle, il lui sera préféré les termes :
Langage courant : et Langage médical : et Pornographie infantile : Dans les mangas et animés, Lolicon est utilisé pour désigner un personnage attiré par une autre personnage à l’apparence juvénile. Les termes listés ci-dessus peuvent être utilisés dans les œuvres se voulant plus réaliste. Néanmoins, pour le grand public, il est assez commun de voir le terme Lolicon connoté avec la pédopornographie.
Évolutions au fil du temps La signification du terme « lolicon » dans le contexte otaku s'est développée au début des années 1980, pendant le « boom du lolicon » dans les mangas érotiques et pornographiques. Selon Akira Akagi, la signification du terme « lolicon » s'est éloignée progressivement de l'association sexuelle entre un homme plus âgé et une jeune fille, pour décrire plutôt le désir de « mignonnerie » et de « féminité » dans les mangas et les anime. D'autres ont défini le lolicon comme une recherche de « choses mignonnes » et de personnages de type manga et anime, la « rondeur » et la « 2D » par opposition aux représentations « réalistes ».
À l'époque, tout érotisme dans les mangas mettant en scène des personnages bishōjo était associé à ce terme, et les synonymes de Lolita Complex comprenaient :
À mesure que les archétypes physiques des personnages dans les mangas érotiques et pornographiques se sont diversifiés à la fin de l'engouement pour le lolicon en 1984. Le mot Lolicon s'est depuis réduit aux représentations de filles à l’apparence juvénile.
Le mot « lolicon » s’est ancré dans la société japonaise après l'arrestation en 1989 de Tsutomu Miyazaki, un tueur en série visant des jeunes filles. Il fut présenté par les médias japonais comme un otaku. Le mot lolicon fut à ce moment-là associé à la pédophilie dans les débats sur les dangers des mangas. La communauté otaku remplaçât finalement ce mot par moe, plus générique et moins connoté. Les mots lolicon et moe sont encore utilisés par de nombreux otaku pour désigner une attirance émotionnelle ou sexuelle distincte de la réalité. De plus, certains otaku s'identifient comme pour expliciter leur attirance pour les personnages non réels. Le Lolicon revient régulièrement dans les débats et critiques autour des mangas et de la sexualité au Japon, et parfois à l’étranger par la pop culture japonaise utilisé comme outil de soft power.
Histoire Les origines Au cours des années 1970, le manga shōjo, connu un renouveau. Des artistes, à l'instar du Groupe de l'an 24, ont expérimenté de nouveaux types de récits et styles, mêlant psychologie, genre et sexualité. Ces changements ont attiré un public composé d'hommes adultes, auparavant peu enclins à la consommation de ce genre d’œuvre initialement pensé pour les femmes.
Le concept de « Lolita Complex » est apparu pour la première fois dans le manga , un manga parodiant Alice au pays des merveillesShinji Wada, "Kyabetsu-batake de Tsumazuite" in Bessatsu Margaret, June, 1974, p.121, publiée en 1974 dans le magazine de manga shōjo Bessatsu Margaret. Dans cet ouvrage, un personnage masculin qualifie Lewis Carroll d'« homme étrange qui n'aime que les petits enfants », dans une blague à destination des lecteurs adultes. Les premières illustrations lolicon furent influencées par des artistes masculins imitant les mangas shōjo, ainsi que par des mangas érotiques créés par des artistes féminines à destination d’un public masculin.
Les personnages de type bishōjo ont acquis une importance croissante dans les médias japonais durant les années 1970, utilisé comme symbole mélangeant mignon, innocence et « Éros fantasmé ». Ces attributs se retrouvent, au fil du temps, attachés à l'imagerie des jeunes filles. Les photographies de nues infantiles réels, considérées comme de l'art, gainèrent en popularité. Un recueil de photos intitulé «Nymphet: The Myth of the 12-Year-Old» (Nymphette : le mythe des 12 ans) a été publié en 1969. Il s’ensuivit, en 1972 et 1973, une mode de photos de nus sur le thème d'Alice au pays des merveilles.
Au cours des années 1980, des périodiques spécialisés à destination d'un public adulte ont commencé à paraître, proposant des photographies de nudité, des histoires de fictions et autres études sur l'attrait des jeunes filles. Cette tendance s'est progressivement estompée à la fin de cette même décennie, à la suite de nombreuses critiques et d'une préférence grandissante de la part des lecteurs pour des créations non réalistes provenant des mangas et animés. Le succès de ce genre de représentations, qu'il s'agisse de photos ou même des mangas, pourrait être attribuée à l'interdiction légale de la représentation des poils pubiens, en vertu des législations japonaises relatives à l'obscénité.
Des années 1970 à 1980 L'essor du genre lolicon commence au Comiket (Comic Market), une convention centrée sur la vente de dōjinshi (œuvres amateurs) fondé en 1975 par des hommes amateurs de mangas shōjo. En 1979, un groupe de mangakas publia pour la première fois le fanzine Cybele le membre du collectif, Hideo Azuma, se démarqua des autre et passé à la postérité comme le « père du lolicon ». Avant la parution de Cybele, le style graphique dominant dans le seinen et les hentais était le gekiga, caractérisé par un style plus réaliste avec des angles durs et des dessins au trait granuleux. Le manga d'Azuma, en revanche, se caractérisait par des ombres délicates et des lignes circulaires précises, qu'il qualifiait de « profondément érotiques » et partageant avec le manga shōjo une volonté de s’éloigner du réalisme.
La combinaison par Azuma des corps trapus des œuvres d'Osamu Tezuka et des visages expressifs du shōjo manga a marqué l'avènement du bishōjo et de l'esthétique de l'« érotisme mignon » (kawaii ero). Bien qu'érotique, le manga lolicon était initialement perçu comme humoristique et parodique, cependant large communauté de fans s'est rapidement développée en réponse à l'alternative qu'il représentait aux hentais de style gekiga. Les mangas érotiques ont commencé à s'éloigner de la combinaison de corps réalistes et de visages caricaturaux pour adopter un style entièrement irréaliste. Le manga lolicon a contribué à attirer un public masculin au Comiket, dont les participants étaient à 90 % des femmes en 1975 ; en 1981, la proportion d'hommes et de femmes était devenue égale. Le manga lolicon, principalement créé par et pour des hommes, a servi de réponse aux mangas yaoi, principalement créé par et pour des femmes. alt=Photo de Eiji Ōtsuka|vignette|226x226px|Eiji Ōtsuka, rédacteur du magazine lolicon Manga Burikko, a joué un rôle clé dans l'essor du lolicon.