Le système éducatif marocain est caractérisé par la cohabitation du système public et privé et de l'enseignement francophone et arabophone.

Le système public est géré par le ministère de l’Éducation nationale du royaume du Maroc alors que les systèmes privés sont gérés par des entreprises privées ou par des structures étrangères d'enseignement, publiques ou mixtes, comme l'Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) qui accueille près de 50 000 élèves. Le réseau de l'enseignement catholique au sein du royaume du Maroc est placé sous la responsabilité de l'archevêque de Rabat..

Les taux brut de scolarisation et taux de d’achèvement du primaire des Marocains n'ont cessé d'augmenter régulièrement à tous les niveauxUNESCO Institute of Statistics, 2008UNESCO à travers le site Edstats, accédé le novembre 2013. Le taux d'alphabétisation des adultes marocains atteignait 78 % en 2020 contre 52 % en 2004.

Le système éducatif marocain doit faire face à de très fortes inégalités. Ainsi, les élèves des milieux aisés et des classes moyennes sont envoyés dans des structures francophones, privées ou publiques, et suivent souvent des parcours d'excellence au Maroc (médecine, ingénierie, comptabilité, etc.) ou en France (universités renommées et Grandes écoles). Il est à noter que le système éducatif public souffre de graves problèmes : bien qu'il arrive à produire quelques très brillants élèves, ses résultats sont globalement faibles selon les classements internationaux des étudiants qui parlent arabe ; il est de plus régulièrement critiqué par les journaux et médias audio-visuels, les milieux patronaux marocains (CGEM), ainsi que par toutes les organisations internationales (Banque mondiale BMCI, UNESCO, BAD, UNICEF, BERD, OCDE, FMI).

Histoire du système éducatif marocain

Avant le protectorat français - 1912/1956 -, l'enseignement était principalement lié au statut des écoles coraniques.

Au cours de la période du protectorat français, quelques établissements publics et privés en langue française s'implantent et sont fréquentés par des jeunes Français et des étrangers ou par des jeunes Marocains, issus de familles aisées car les frais de scolarité et d'inscription sont élevés.

L'immense majorité des Marocains , quand ils vivaient en zone rurale, ne lisait ni ne parlait l'arabe littéral.

La première université du Maroc, l'université Al Quaraouiyine de Fès, est créée en 859. La première université moderne au Maroc fut créée le par le roi du Maroc ; il s'agit de l'Université Mohammed V de Rabat qui est restée pendant de nombreuses années la seule université marocaine.

En 1955, 96 % des enseignants marocains et 42 % des enseignantes marocaines ne disposaient d'aucune formation pédagogique.

Post-indépendance L'école est devenue obligatoire pour tous les enfants marocains âgés de 6 à 13 ans en 1963Diyen, Hayat 2004,”reform of secondary education in Morocco: Challenges and Prospects.” Prospects, vol XXXIV.no.2, . Il n'y a en effet pas de système de maternelle au Maroc, la plupart des enfants commençant l'école à 6 ans. Pour les parents souhaitant insérer leurs enfants plus tôt dans le système éducatif, il y a soit les écoles étrangères soit les écoles privées marocaines. Ces dernières sont bien souvent réservées aux enfants de familles aisées en raison de leur coût global de revient (inscription, achats de matériel divers) qui ne correspond pas au revenu moyen d'un ménage marocain.

Islamisation et arabisation À la fin des années 1970, le système éducatif est arabisé et islamisé. En 1977, Azzedine Laraki, militant pour l’arabisation de l’enseignement, est nommé par le roi ministre de l’Éducation nationale avec le soutien du parti nationaliste-conservateur de l'Istiqlal. Dès lors, le nouveau ministre interdit tous les cours de philosophie. Ensuite, il s'attaque aux cours de sociologie : l'école de sociologie marocaine est interdite et les rares sociologues étrangers sont expulsés. Plusieurs fois reconduit jusqu'en 1986 dans ses fonctions de ministre de l'Éducation nationale au sein de gouvernements successifs, puis nommé Premier ministre (de à ), Azzedie Laraki continue sa politique d'arabisation avec l'instauration de cours obligatoire d'études islamiques.

Par la suite, toutes les matières sont rapidement arabisées, le français étant maintenu en tant que langue étrangère. En 1989, l'arabisation et l'islamisation du système éducatif public sont achevées. Les rares familles marocaines aisées qui envoyaient encore leurs enfants dans des écoles publiques francophones cessent de le faire. Le français reste toutefois conservé comme langue d'enseignement des matières scientifiques dans les écoles techniques et professionnelles du secondaire, les établissements d'enseignement technique, les écoles supérieures de technologie et les universités..

Les professeurs français sont remplacés par des professeurs syriens, égyptiens ou soudanais, proches des frères musulmans..

Pour Pierre Vermeren, professeur émérite d'histoire contemporaine et spécialiste de l'histoire du Maroc à l'université Paris-Sorbonne, l'arabisation et l'islamisation menées par Azzedine Laraki ont conduit à une véritable chute du niveau éducatif des jeunes Marocains et ont encouragé sur le long terme une montée en puissance de l'islamisme radical.

Pour l'universitaire marocainAbderrahman El Bouhmidi :

Les Istiqlaliens défendent en public l'arabisation pour les masses mais optent pour la filière francophone en famille. Mais, à titre privé, les enfants des ténors du parti de l'Istiqlal (Allal El Fassi, M'hamed Douiri, etc.) sont tous formés en français.

Réaction de En 1994, qui avait pourtant fermé les yeux sur l'arabisation pour faire plaisir aux conservateurs de l'Istiqlal, commence lui-même à sérieusement s’inquiéter des insuffisances de l’enseignement arabisé et adresse une lettre en ce sens au Parlement marocain. Lors du lancement d'un colloque sur l’enseignement, affirme qu'au rythme où va l’enseignement marocain, .

En 1996, un article paru dans l’hebdomadaire français L'Événement du jeudi se penche sur les appels à la haine et à la violence que contiennent les manuels scolaires marocains. L’article interpelle même le Premier ministre Édouard Balladur qui alerte alors le gouvernement marocain sur le sujet. Le Palais s’empare du dossier et crée une commission informelle pour revoir le contenu des manuels scolaires d’éducation islamique.

En raison de cette politique de l'arabisation de l'enseignement, le Maroc aurait perdu plusieurs points de croissance économique.

Réformes En 1999, le gouvernement se lance dans un vaste programme de réforme, avec l'adoption de La Charte nationale de l'éducation en 1999 et la période 2000-2009 devient « décennie de l’éducation ». Le Maroc a également réussi à améliorer l’accès au système éducatif de base avec l'aide de la Banque mondiale et d'autres organismes multilatéraux.

En 2006, le roi , arrivé au pouvoir à compter du décès de son père, le roi , en 1999, décide de créer le Conseil supérieur de l'enseignement.

Le Maroc se dote en 2009 d'un Programme d'urgence pour l'éducation afin de rattraper le lourd retard du pays. Le plan d'urgence couvre la période 2009-2012 et s'appuie sur les leçons apprises au cours de la décennie précédente. Dans ce contexte, le gouvernement marocain demande à cinq bailleurs de fonds importants — l'Union européenne (UE), la Banque européenne d'investissement (BEI), l'Agence française de développement (AFD), la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale — d'aider à la mise en œuvre du programme de réforme du plan d'urgence..

Le , le roi Mohamed VI ''court-circuite'' le chef du gouvernement en ordonnant directement lui-même une réforme de la langue utilisée dans le système éducatif dès la première année du primaire.

Cette mesure intervient après avoir créé des sections internationales dans plusieurs établissements du royaume, à compter de la rentrée scolaire 2013/2014..

La réforme est accentuée par le ministre de l'éducation nationale en pour la rentrée suivante avec l'instauration obligatoire de 2 heures de français dès la première année du primaire[Dès la prochaine rentrée scolaire, les élèves de la première année d’enseignement primaire auront deux heures de cours de français par semaine. "Le ministère veillera à changer le style d’enseignement de la langue lors de la cinquième et sixième année d’enseignement [afin de] se concentrer sur l’apprentissage du français courant que l’enfant utilisera dans la vie quotidienne", a encore expliqué le ministre.].

Depuis 2022, dans le cadre du Nouveau Modèle de Développement (NMD), le Maroc a lancé le programme des écoles pionnières. Il s’agit d’un nouveau modèle d’établissement primaire public visant à améliorer la maîtrise des apprentissages fondamentaux et à introduire des pratiques pédagogiques structurées et unifiées à l’échelle nationale. Ce dispositif repose également sur une organisation renforcée des écoles et une meilleure formation des enseignants.

La phase pilote, lancée en 2023-2024, a concerné 626 écoles, soit environ 9 % des établissements primaires. En 2024-2025, le programme a été élargi à 2 500 écoles, représentant près de 30 % des élèves du primaire. Pour l’année scolaire 2025-2026, il couvre 4 000 écoles, soit environ 51 % des élèves. Le ministère prévoit qu’à partir de la rentrée 2026, les écoles pionnières représentent près de 70 % des établissements primaires du pays, avec une généralisation progressive par la suite.

Système de gestion de l'éducation au Maroc

Le système d'éducation du Maroc comprend les enseignements préscolaire, primaire, secondaire et universitaire. Les efforts du gouvernement en matière d'amélioration de la disponibilité des services d'éducation ont permis d’accroitre l'accès à tous les niveaux d'enseignement. Le système éducatif marocain comprend un cycle primaire de six années, un cycle secondaire collégial de trois années, un cycle secondaire qualifiant de trois années et l'enseignement supérieur. Il est placé sous la tutelle du ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique (MEN).

Le ministère de l'Éducation nationale a décentralisé ses services au niveau de régions créées en 1999, quand les 72 provinces ont été réunies en 16 entités administratives régionales. Ensuite, la responsabilité de la prestation des services d'éducation a été lentement transférée au niveau régional. Ce processus de décentralisation permet de veiller à ce que les programmes d'éducation répondent aux besoins régionaux tout en assurant une gestion locale du budget. Chaque région dispose d'une académie régionale d'éducation et de formation (AREF) avec un directeur régional qui supervise les délégués provinciaux de la région. Les académies régionales sont également responsables de l'élaboration de 30 % du programme pour l'adapter aux besoins locaux. L'administration centrale du MEN continue de gérer les 70 % restants..

L'éducation préscolaire