Dexia () est une banque née de l'alliance en 1996 entre le Crédit communal de Belgique (1860) et le Crédit local de France (1987). Son siège social se trouve à Bruxelles. Elle est cotée sur Euronext Bruxelles.

Entrée dans une spirale de difficultés à partir de la crise des subprimes en 2008, Dexia est depuis 2011 un établissement bancaire en résolution ordonnée. Sa mission principale est désormais de gérer en extinction ses actifs résiduels, afin de préserver la stabilité financière et de minimiser les coûts pour les deux États garants et actionnaires.

Dexia comptait au . En 2019, le groupe compte , qui continuent . Le dernier prêt sera remboursé en 2076.

Historique de l'entreprise Belgique : Crédit communal de Belgique

En 1860, le Crédit communal de Belgique est créé. Il est chargé d'octroyer des crédits aux communes pour leurs investissements. Le Crédit communal est une banque coopérative dont les communes sont sociétaires. Ainsi celles qui voudraient y emprunter devraient y prendre des parts sociales pour au moins 5 % du montant de leur emprunt.

En 1947, le réseau d'agences se développe pour collecter directement l'épargne auprès du public via des carnets de dépôts. En 1960, le réseau est professionnalisé, ce qui va permettre de diversifier les opérations et de fidéliser une clientèle de particuliers, en élargissant la gamme de produits et de services.

En 1990, l'expansion internationale de la banque commence avec la création de Cregem International Bank au Grand-Duché de Luxembourg, spécialisée dans la gestion de fortune. En 1991, Le Crédit communal continue son expansion internationale en prenant 25 % du capital de la Banque internationale à Luxembourg (BIL), première banque du Luxembourg. Début 1992, le Crédit communal détient 51 % du capital de la BIL.

France : Crédit local de France

En 1987, le Crédit local de France est créé, sous le statut d'une société anonyme à caractère commercial, elle succède à la Caisse d'aide à l'équipement des collectivités locales (CAECL), établissement public administratif, géré par la Caisse des dépôts. Le Crédit local de France, institution financière spécialisée, pourra ainsi répondre aux besoins des collectivités locales qui, devenues des acteurs économiques majeurs, font appel au même titre que les entreprises, aux produits et services financiers offerts sur les marchés.

En 1990, le Crédit local de France entame son développement international. Celui-ci commence par l'ouverture d'une succursale américaine, CLF New York Agency. Pour continuer ce développement sur le marché européen, une première zone d'action est déterminée, concernant la Grande-Bretagne, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie, puis une seconde zone incluant l'Autriche, la Scandinavie et le Portugal.

En 1991, le Crédit local de France est introduit en bourse. Ainsi, l'actionnariat du Crédit local se répartit en l'État (25,5 %), la Caisse des dépôts (25 %), et les investisseurs et particuliers français et étrangers (49,5 %).

Dexia : Groupe

En 1996, l'alliance entre le Crédit communal de Belgique, présidé par François Narmon, et le Crédit local de France donne naissance à Dexia.Histoire Dexia Groupe, Dexia .

En 1997, Dexia prend une participation de 40 % dans la banque italienne Crediop, première banque privée spécialisée dans le financement des collectivités locales italiennes. En 1998, Dexia porte à hauteur de 60 % sa participation dans le capital de Crediop.

À partir de , le titre de Dexia est coté à Bruxelles au BEL20 et à Paris au CAC 40, et entre à la bourse de Luxembourg. Le groupe engage des développements importants dans le secteur de l'assurance en France, en Belgique et en Allemagne.

En 2000, Dexia acquiert Financial Security Assurance (FSA) aux États-Unis, l'un des leaders du rehaussement de crédit des obligations municipales ; Dexia devient le leader mondial sur le marché des services financiers au secteur public. Dexia opère à présent dans la quasi-totalité des pays de l'Union européenne. Début d'une proposition annuelle à l'ensemble des collaborateurs de souscrire à une augmentation de capital réservée.

En 2001, Dexia acquiert Artesia Banking Corporation, un groupe bancaire qui exerce des activités de banque de détail (BACOB), d'assurances (DVV) et de gestion d'actifs (Cordius). La participation dans Crediop monte à 70 %, et Dexia prend également le contrôle d'Otzar Hashilton Hamekomi, une banque israélienne spécialisée dans le financement de collectivités locales.

En 2002, Dexia intègre en son sein le réseau d'agences d'Artesia.

En 2005, Dexia fonde à parts égales avec la Royal Bank of Canada, une coentreprise nommé RBC Dexia Services aux investisseursCommuniqué de presse Dexia Groupe.

En 2006, Dexia acquiert 99,8 % de la banque turque DenizbankCommuniqué de presse Dexia Groupe.

Événements récents Crise financière 2008-2009 Le , dans le cadre de la crise des subprimes, Dexia était sous pression en raison de ses relations d'affaires supposées avec Fortis, des difficultés de sa filiale américaine Financial Security Assurance (FSA), et un crédit de plusieurs milliards à la banque allemande en péril DepfaRegering moet twee banken redden, De Standaard .

En bourse, ayant connu un pic au-dessous de les années précédentes, mais après avoir perdu 7,53 % à le , le titre Dexia s'effondre, le , de 34,26 % à . Le lendemain l'agence Moody's baissait la notation des dettes à long terme Dexia de Aa1 à Aa3Moody's. Banking. Highlights. Nécessite enregistrement gratuit. Consulté 2008-10-06, et baissait également sa notation intrinsèque à C-, sous surveillance négative. Communiqué de presse avec détails des notations différentes de Dexia. Nécessite enregistrement gratuit. Consulté 2010-01-01.

La crise place au grand jour les erreurs de gestion, notamment financière, de Dexia. Elle n'explique pas, seule, la chute de la banque..

Dexia se trouve forcée de demander un soutien à l'État. Ce sauvetage survient dans les jours suivants, sous deux formes : une injection de capital de d'euros., consistant en d'euros de l'État et des régions belges, d'euros de l'État français par l'intermédiaire de la Caisse des dépôts et consignations et d'euros du gouvernement du Luxembourg ; une garantie d'État (effective à partir du ) portant sur les nouveaux financements levés auprès des contreparties institutionnelles ou professionnelles, plafonnée à d’euros. La Belgique participait pour 60,5 % à la garantie, 36,5 % étant assuré par l'État français et 3 % par le Luxembourg.

Les trois États avaient une chance de profiter de leur intervention : le nouveau capital achetait des actions de Dexia à un prix de et pour la garantie d'État, Dexia devait payer mensuellement. Chaque État était bénéficiaire à hauteur de son quote-part dans la garantie. Le montant garanti suivait les emprunts de Dexia sur les marchés financiers, et connaissait un pic de d'euros au milieu de 2009. Après avoir su vendre à nouveau des billets de trésorerie et des obligations non garanties, Dexia réussit à réduire ce montant de moitié à la fin de 2009. En 2009, Dexia paye un de 0,5 % sur les crédits garanties ayant un terme de moins d'un an, et 0,865 % sur les crédits de plus d'un an. La garantie est originellement censée se terminer en .

Le , le groupe annonce la démission de ses deux principaux dirigeants, Pierre Richard et Axel Miller. Bruno Deletré, membre du directoire de DexiaBiographie de Bruni Délétré sur le site du Crédit foncier http://www.creditfoncier.com/nous-connaitre/la-gouvernance/direction-generale/bruno-deletre/, avait démissionné peu avant, en . Le , les noms des remplaçants étaient connus : il s'agissait de Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani. Le , le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, membre du Parti socialiste, démissionne de ses fonctions d'administrateur de Dexia.

Fin 2008, Dexia vend les morceaux sains de FSA, cesse ses activités d'opérateur de marché à Paris, et n'est plus actif pour son propre compte sur les marchés financiers.

Des pertes additionnelles sont toujours possibles sur le portefeuille restant de FSA. Le , Moody's dégrade la notation à long terme des trois principales filiales bancaires de Dexia (Dexia Credit Local, Dexia Banque Belgique et Dexia Banque internationale à Luxembourg) de Aa3 à A1. L'agence dégrade également leur note de stabilité financière de C- à D+.

Le , le cours de l'action à la Bourse de Bruxelles chute à , soit son niveau le plus bas depuis , marquant une perte de plus de 90 % de la valeur du titre sur un an.

Le , la banque annonce une perte nette de d'euros pour 2008Franco-Belgian bank Dexia posts 3.3 billion euros losses for 2008, Expatica.com, 27 février 2009. Le rapport annuel 2008 de Dexia mentionne entre autres des pertes de d'euros par la vente de FSA, d'euros sur des portefeuilles et d'euros sur des contreparties (entre autres Lehman Brothers, des banques islandaises, et Washington Mutual). Le rapport indique également que le groupe avait été victime des agissements frauduleux de Bernard MadoffMadoff’s Investors Had About $36 Billion With Firm: Table, Josh Fineman, bloomberg.com, 25 décembre 2008, ce qui entraîne une dépréciation d'un montant de d'euros.

Le , à la clôture de la Bourse de Bruxelles, le cours de l'action est de , une perte journalière de plus de 20 %.

Dexia annonce un plan de restructuration, selon lequel le groupe va se recentrer sur ses activités primaires, et éviter les risques sur les marchés financiers. Au total, sont supprimés, dont plus de la moitié en Belgique, 260 en France, et le solde dans le reste du monde. L'action de Dexia remonte en 2009, fluctuant largement entre et . La notation de Dexia par Moody's est de Aa1 début ..

2009-2010 : réduction d'activités et restructuration En 2009, le plan de transformation du groupe Dexia est mis en place. Il consiste en la cession de FSA, la réduction du profil de risque du groupe, l’adaptation de la base de coût et le recentrage sur les pays cœur de métier. En décembre, Dexia Epargne Pension est cédéCommuniqué de presse Dexia Groupe.

En , la Commission européenne donne son accord sur le plan de transformationCommuniqué de presse Dexia Groupe. En juin, Dexia sort du dispositif de garantie des États pour les nouvelles émissions. Le même mois, il cède sa participation dans SPE et Adinfo. Le , NYSE Euronext annonce que Dexia, conjointement avec Lagardère, sortira du CAC 40 au profit de Publicis et de Natixis. Dexia rejoint le CAC Next 20.

Le , Dexia annonce que la Commission européenne a, sous certaines conditions, approuvé le plan de restructuration qui était nécessaire pour justifier le soutien de l’État et pour compenser les distorsions de concurrence résultant de l’aide. Ces conditions sont que certaines acquisitions doivent être vendues d’ici 2013 (Dexia Crediop, Dexia Sabadell et Dexia Banka Slovensko) mais les activités très prometteuses en Turquie pourront continuer. De plus, d’ici , le dispositif de garantie des financements par les États doit être abandonné pour les nouvelles émissions. Au total, Dexia doit réduire d’un tiers sa taille d’ici 2014.

Le métier classique (banque de détail et commerciale) dégage en 2010 une portion du résultat de nouveau en hausse ; outre la Belgique et la France, c’est surtout la Turquie qui poursuit une expansion rapide dans ce domaine. Tant et si bien que l'on prédit que d’ici 2014 la moitié des employés travailleront en Turquie. En même temps, les cash-flows sortants sont limités en réduisant le portefeuille d’obligations. Au quatrième trimestre 2010, Dexia a cédé d’euros d’actifs depuis 2008., à un coût maîtrisé mais largement en cause des moindres résultats de 2010.

En , Dexia passe avec succès le test de résistance. Le ratio tier one obtenu par la banque franco-belge pendant l'exercice de fut supérieur à celui de BNP Paribas, de la Société générale ou du Crédit agricole..