La présidence de John Fitzgerald Kennedy débuta le , date de l'investiture de John F. Kennedy en tant que président des États-Unis, et prit fin avec l'assassinat de ce dernier le . Membre du Parti démocrate, Kennedy entra en fonction après avoir battu le vice-président sortant Richard Nixon, candidat du Parti républicain, à l'élection présidentielle de 1960. Il fut remplacé après sa mort par son vice-président Lyndon B. Johnson.

Le mandat de Kennedy fut marqué par de nombreuses tensions liées à la guerre froide, notamment avec l'Union soviétique et Cuba. À Cuba, une tentative visant à renverser le dictateur Fidel Castro fut menée en dans la baie des Cochons mais se solda par un échec. L'administration Kennedy s'opposa par la suite à la volonté de l'état-major américain d'orchestrer des opérations cubaines factices sur le sol américain, qui auraient eu pour but de convaincre l'opinion publique de la nécessité d'une guerre contre Cuba. En , la découverte de missiles soviétiques déployés sur Cuba jeta un froid sur la communauté internationale. Cette période de malaise prit le nom de crise des missiles de Cuba et est considérée par de nombreux historiens comme le moment où l'humanité n'a jamais été aussi proche d'une guerre nucléaire.

Kennedy multiplia également par 25 le nombre de conseillers militaires américains présents au Sud-Viêt Nam par rapport à son prédécesseur Dwight D. Eisenhower ; à la mort de Kennedy, il y eut une nouvelle escalade du rôle américain dans la guerre du Viêt Nam. La conjoncture américaine de l'époque ne permit pas à Kennedy de faire adopter l'intégralité de son programme intitulé New Frontier, mais son mandat vit la création du Corps de la paix, de grands progrès dans la course à l'espace et l'adoption du qui visait notamment à faire baisser les prix des biens de consommation. Kennedy soutint également avec force de mesures le Mouvement des droits civiques, et après sa mort, son projet de loi sur les droits civiques fut adopté sous le nom de Civil Rights Act de 1964. Ce texte de loi permit de lutter contre la ségrégation raciale qui avait atteint son paroxysme à cette époque.

Kennedy fut assassiné en alors qu'il était en visite à Dallas, au Texas. Bien que la commission Warren arriva à la conclusion que Lee Harvey Oswald avait agi seul en assassinant le président, la mort de Kennedy donna lieu à diverses théories de conspiration. Kennedy fut à la fois le premier catholique à occuper le poste de président des États-Unis et le plus jeune individu à remporter une élection présidentielle américaine. Les historiens et les politologues considèrent généralement Kennedy comme un président « supérieur à la moyenne ».

Élection présidentielle de 1960

vignette|Résultats de l'élection présidentielle américaine de 1960.

Après avoir représenté le Massachusetts au Sénat des États-Unis de 1953 à 1960, John Fitzgerald Kennedy se présenta comme candidat à la vice-présidence lors de la convention nationale démocrate de 1956 mais termina en deuxième position. La même année, le président républicain Dwight D. Eisenhower fut réélu pour un second mandat face à son adversaire démocrate Adlai Stevenson, et Kennedy mit à profit les années suivantes pour préparer sa candidature à l'élection présidentielle de 1960.. Il se lança officiellement dans la course à la présidence le . Son principal concurrent aux primaires du Parti démocrate était le sénateur du Minnesota Hubert Humphrey., mais celui-ci retira sa candidature après la victoire remportée sur lui par Kennedy en Virginie-Occidentale, un État à forte confession protestante..

À la convention nationale du mois de juillet, Kennedy décrocha la nomination de son parti dès le premier tour de scrutin, devant Stevenson et le sénateur du Texas Lyndon B. Johnson. Kennedy désigna Johnson comme colistier, malgré l’opposition d’un grand nombre de délégués libéraux et de sa propre équipe de campagne, dont son frère Robert Kennedy.. Le candidat démocrate pensait que la présence de Johnson sur le ticket rassurerait les électeurs du Sud et que ce dernier pourrait, en cas de victoire, constituer un intermédiaire précieux avec le Sénat.

De son côté, Nixon n’eut aucune difficulté à décrocher la nomination du Parti républicain. Il remporta aisément les primaires et obtint la quasi-totalité des votes des délégués à la convention nationale du parti. Il désigna Henry Cabot Lodge, Jr., ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, pour figurer avec lui sur le ticket présidentiel. Les deux candidats au poste suprême voyagèrent énormément au cours de la campagne. Ne voulant considérer aucun État comme « perdu d’avance », Nixon décida de faire campagne dans tout le pays alors que Kennedy se focalisa surtout sur les États rassemblant le plus de grands électeurs. Ce dernier comptait beaucoup sur le fort ancrage de Johnson dans le Sud pour remporter une élection qui s’annonçait extrêmement serrée.. Sur le plan idéologique, Kennedy et Nixon s'accordèrent sur la poursuite du New Deal et de la politique d'endiguement dans le cadre de la guerre froide.. Les débats portèrent essentiellement sur la relance de l’économie, la religion catholique de Kennedy, la situation à Cuba et un possible retard des États-Unis vis-à-vis de l’URSS en matière de technologie de missiles et de course à l’espace.

Le , jour des résultats, Kennedy battit Nixon dans une des élections présidentielles américaines les plus serrées du .. Le candidat démocrate ne l’emporta au vote populaire que de voix sur un total record de de votes exprimés. Son avance au collège électoral était plus confortable avec 303 votes de grands électeurs contre 219 pour Nixon. Lors des élections législatives qui se déroulèrent à la même période, les démocrates conservèrent une large majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. À 43 ans, Kennedy devint à ce jour le plus jeune président élu., le premier président né au .. et le premier président catholique..

Investiture

vignette|John F. Kennedy prenant ses fonctions le au Capitole sous l'autorité du juge en chef Earl Warren.

Kennedy fut investi en tant que président des États-Unis le à midi, sous l'autorité du juge en chef Earl Warren. Lors de son discours inaugural, il indiqua la nécessité que tous les Américains soient des citoyens actifs en prononçant la phrase restée célèbre : . Il adressa également un message à toutes les nations du monde en leur montrant l'importance de s'unir face à ce qu'il appela .. Il ajouta :

En conclusion de son discours, il parla de son désir d'une plus grande coopération internationale :

Ce discours visait à montrer que Kennedy était confiant dans ses capacités et dans celles de son cabinet à proposer un ensemble de mesures historiques tant sur le plan de la politique intérieure que sur le plan des affaires étrangères. Le contraste entre cette vision optimiste et les pressions exercées par la gestion des affaires courantes serait une des principales raisons des tensions durant les premières années de son cabinet..

Composition du gouvernement

L'arrivée de Kennedy à la Maison-Blanche fit souffler un vent nouveau sur les structures pyramidales de prise de décisions de son prédécesseur, le général Dwight D. Eisenhower. Les anciennes méthodes furent très vite abandonnées. au profit d'une organisation « en forme de roue », que Kennedy affectionnait tout particulièrement, dans laquelle tous les rayons menaient au président. Ce rôle très central du président permis une prise de décision plus rapide dans un contexte mondial agité. Il choisit de nommer des personnes aux expériences variées pour servir dans son cabinet. exposa-t-il au moment d'énoncer les noms des membres de son cabinet..

Au cours de la période qui sépara l'élection présidentielle de 1960 et le début de son mandat en , Kennedy s'attacha à sélectionner un personnel efficace pour la future administration. Il décida de conserver J. Edgar Hoover comme directeur du Federal Bureau of Investigation et Allen Dulles comme directeur de la Central Intelligence Agency. Douglas Dillon, un républicain qui avait servi comme sous-secrétaire d'État dans l'administration Eisenhower, fut nommé secrétaire au Trésor. Kennedy compensa la nomination de Dillon, relativement conservateur, en désignant des démocrates libéraux pour occuper deux autres postes économiques importants : David E. Bell devint directeur du Bureau de la gestion et du budget et Walter Heller président du Conseil des conseillers économiques. Robert McNamara, l'un des dirigeants de la Ford Motor Company, fut désigné comme secrétaire à la Défense. Résistant aux pressions des libéraux qui souhaitaient la nomination d'Adlai Stevenson au poste de secrétaire d'État, Kennedy fit appel à Dean Rusk, un ancien fonctionnaire de l'administration Truman, pour diriger ce département. Stevenson accepta finalement d'être nommé ambassadeur aux Nations unies.. Le frère de Kennedy, Robert F. Kennedy, fut nommé en tant que procureur général, ce qui déclencha des accusations de népotisme. Il fut couramment désigné comme étant en raison de sa forte influence sur John F. Kennedy.. McNamara et Dillon se révélèrent également comme des conseillers importants au sein du cabinet..

Même si le cabinet demeurait un organe essentiel dans les prises de décision, Kennedy s'appuya aussi beaucoup sur les employés du bureau exécutif du président. Kennedy, contrairement à Eisenhower, n'avait pas de chef de cabinet et préférait s'appuyer sur un petit nombre de hauts fonctionnaires, comme le secrétaire aux nominations Kenneth O'Donnell.. Le conseiller à la sécurité nationale McGeorge Bundy fut le conseiller le plus influent en matière de politique étrangère, éclipsant le secrétaire d'État Rusk.. Ted Sorensen était quant à lui très impliqué sur les questions intérieures et fut également l'auteur de la plupart des discours de Kennedy.. Les autres conseillers ou membres influents du personnel étaient Larry O'Brien, Arthur M. Schlesinger Jr., le porte-parole Pierre Salinger, le général Maxwell Taylor et William Averell Harriman... Kennedy maintint des relations cordiales avec le vice-président Lyndon B. Johnson qui eut sa part de travail dans les questions relatives aux droits civiques et à la politique spatiale, mais ce dernier ne fut pas un vice-président très influent..

vignette|Kennedy et les membres de son cabinet hormis le vice-président Johnson.

Cabinet KennedyFonctionNomDatesPrésidentJohn F. Kennedy1961-1963Vice-présidentLyndon B. Johnson1961-1963Secrétaire d'ÉtatDean Rusk1961-1963Secrétaire au TrésorC. Douglas Dillon1961-1963Secrétaire à la DéfenseRobert McNamara1961-1963Procureur généralRobert F. Kennedy1961-1963Postmaster GeneralJ. Edward Day1961-1963 John A. Gronouski1963Secrétaire à l'IntérieurStewart Lee Udall1961-1963Secrétaire à l'AgricultureOrville Freeman1961-1963Secrétaire au CommerceLuther H. Hodges1961-1963Secrétaire au TravailArthur Goldberg1961-1962 W. Willard Wirtz1962-1963Secrétaire à la Santé, à l'Éducation et aux services sociauxAbraham A. Ribicoff1961-1962 Anthony J. Celebrezze1962-1963

Nominations judiciaires