Carlo Renaldini ou Rinaldini, né le , à Ancône et mort dans cette ville le , est un ingénieur militaire, mathématicien, physicien et philosophe italien membre de l'Académie dell'esperimento. Ami de Galilée, il utilisait les notations algébriques de François Viète, puis, vers la fin de sa vie, celles de Descartes. On lui doit sinon l'idée du moins la construction du premier thermomètre à points fixes.

Biographie

Né dans la noblesse originaire de Sienne, le comte Carlo Renaldini suit ses premières études à l'Université de Bologne. Il se mit au service du souverain Pontife Urbain VIII et reçut de Carlo Taddeo Barberini, le neveu du Pape, la charge de superviser les fortifications de Ferrare, Bondeno et Comacchio.

Surnommé le simplicius du Cimiento, lecteur de l'université de Pise en 1644, professeur de mathématiques de cette université de 1649 à 1666, il fut proche de Galilée, et s'en éloigna par prudence, et fut lié surtout à Giovanni Alfonso Borelli (1608-1679) auquel il dut son surnom. En correspondance avec Vincenzo Viviani, il devint l'un des membres fondateurs et les plus assidus de l'Académie du Cimento. Toutefois, plusieurs disputes l'opposent très vite à ses amis, à Borelli, à Francesco Redi et à Torricelli.

Sa physique sent le péripatétisme, ce qui l'a fait taxer d'archaïque.

En 1663, Ferdinand II de Médicis, prince régnant de Toscane le nomme tuteur de son fils Cosme III (1642-1723), auquel Carlo Renaldini dédicaça par la suite quelques ouvrages, En 1667, il abandonna ce poste et fut nommé à la chaire de philosophie de l'Université de Padoue. Il y publia (entre 1681 et 1688) son œuvre la plus importante : Philosophia rationalis, naturalis atque moralis.

Il tenta néanmoins de revenir à Pise, éprouvant comme une nostalgie de l'académie du CimentoClelia Pighetti : Il vuoto e la quiete: scienza e mistica nel '600 : Elena Cornaro e Carlo page109. Ce fut toutefois à Venise, avec le père Felice Rotondi, qu'il acquit la célébrité, devenant le précepteur de la première femme à obtenir (le , à l'unanimité devant un jury composé de Girolamo Frigimelica, Carlo Rinaldini, Angelo Montagnana et Ermenegildo Pera) un diplôme de philosophie : Elena Cornaro Piscopia.

L'œuvre et ses limites

Un novateur

L'université de Padoue était alors soumis à l'Aristotélicisme et Renaldini orienta Elena Cornaro sur la voie d'une lecture ouverte d'AristoteElena Cornaro Piscopia : article sur la Science à deux voix. Il la rencontra en 1668 chez son père, procureur de Saint Marc, et leur rencontre, vue par Renaldini qui en a noté le souvenir, est un témoignage important des rapports qu'entretenaient alors hommes et femmes dans les institutions intellectuelles Elena Cornaro Piscopia sur {Mathem@ticaMmente} Clelia Pighetti : Il vuoto e la quiete: scienza e mistica nel '600 : Elena Cornaro e Carlo ou sur la page Venziaeme : On trouve la citation en Italien de la rencontre de Carlo Renaldini et de sa pupille : .

Il lui fut permis alors par son père de lui donner des leçons privées, à son domicile, les jours où le service de l'université ne requerrait pas sa disponibilité.

Une autre gloire de Renaldini est sa proposition de graduation du thermomètre : En thermométrie, l’utilisation des points fixes de la congélation de l’eau et de l'ébullition de l’eau a été avancée, par Christian Huygens, vers 1655. En 1672, Sébastiano Bartolo suggérait de diviser l’intervalle qui les sépare en 18 parties. En 1694, Carlo Renaldini renouvelait cette proposition avec 12 degrés, préfigurant les thermomètres actuels, dit de Celsius, mais dont la gradation revient véritablement à Linné.

Mais également un conservateur...

Opposé à Francesco Redi, tenant de la génération spontanée, contre Pierre Gassendi, Carlo Renaldini, y compris dans son De resolutione et compositione (1668), ne saisit pas toujours la fonction méthodique que Descartes conférait à l'algèbre. S'il comprit que chaque équation pouvait être représentée par une courbe, il semble souvent avoir hésité dans ses tracés. Son œuvre témoigne pleinement du retard de la pensée mathématique italienne au cours de la deuxième moitié du , son langage algébrique demeurant celui du et de l'algèbre spécieuse.

Renaldi se retira de l'enseignement en 1696, et revint mourir à Ancône. Parmi ses derniers ouvrages, on note son Commercium Epistocicum, publié en 1682, et la troisième partie de son art analytique en 1684.

Bibliographie

Quelques œuvres de Carlo Renaldini se trouvent répertoriées sur le site de l'office bibliothécaire national (région de Venise) ; d'autres sur celui de l'université de Rome. On retiendra : L'algèbre de Caroli Renaldini Opus mathematicum: in quo utraque algebra illustratur (1655) très inspirée de Viète et de Girard. Ars analytica mathematicum (Florence-Padoue, 1665-1684) De resolutione et compositione mathematica (Padoue, 1668) Philosophia rationalis, naturalis atque moralis (Padoue, 1681). Commercium Epistolicum (Padoue 1682).

Notes

Références

Sources Raphaela Petti : l'algèbre de Carlo Renaldini et lettres inédites Florence 1994. Clelia Pighetti : Il vuoto e la quiete: scienza e mistica nel '600 : Elena Cornaro e Carlo Renaldini Milano, Franco Angeli, 2004 A. Brigaglia : Algèbre et géométrie dans l'œuvre de Carlo Renaldini Géométrie, atomisme et vide dans l'école de Galilée page 95. Lagrange, E. L'histoire du thermomètre dans Ciel et Terre, Vol. 31, * * Egidio Festa, Vincent Jullien, Maurizio Torrini : Géométrie, atomisme et vide dans l’école de Galilée Henry Méchoulan : Problématique et réception du Discours de la méthode et des Essais Egidio Festa, Vincent Jullien, Maurizio Torrini (éd.) : Géométrie, atomisme et vide dans l'école de Galilée. Textes réunis par E. Festa, V. Jullien et M. Torrini (1999) Ex Renaldinis de Maximis et Minimis et Ex carolis Renaldis de David Gregory (fils de James Gregory).

Articles connexes François Viète Elena Cornaro Piscopia Francesco Redi

Liens externes

Image d'un cadran de 1667 d'après des dessins de Carlo Renaldini (réalisé par Anton Francesco Tofani, Jacopo Mariani, sis au Museo di Storia della Scienza di Firenze) Un portrait de Carlo Renaldini (Centro di ricerca matematica Ennio de Giorgi)

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