(prononcé en turc , né le dans la province d'), est un universitaire et homme politique turc d'extrême-droite. Il est l’un des membres fondateurs des Foyers idéalistes (), secrétaire général du Parti d'action nationaliste (MHP) et député de la circonscription d’.

Biographie

est originaire d'une famille aisée d'origine turkmène de la province d', son père est acquis au Parti républicain du peuple (CHP) et à son dirigeant . aurait vu en rêve les prénoms de ses trois enfants : , d'après les Tourans, peuples nomades d'Asie centrale dont les anciens Turcs faisaient partie ; , qui signifie richesse, et qui signifie État. Après des études primaires , il part pour Istanbul, pour y suivre ses études secondaires (il réside dans le quartier bourgeois d'). Il fréquente uniquement des établissements privés, alors réservés à l'élite stambouliote, ce qui lui vaudra le surnom de dans les groupes politisés qu'il commence à fréquenter. Son professeur de littérature au lycée est , la femme du général qui a été le de l'État-major des forces armées turques de 1966 à 1969. Elle lui recommande les ouvrages de son mari, dont la lecture aura une influence sur lui.

Il s'inscrit à l'université en 1967 à l'âge de 19 ans. Il est diplômé en 1971 en commerce extérieur à la faculté des sciences économiques et administratives de l'Université Gazi, où il poursuivra avec un doctorat en économie à la faculté des sciences sociales et deviendra en 1972 chargé d'enseignement puis maître de conférences en 1987. Devlet Bahçeli devra attendre 10 ans avant d'obtenir son doctorat, son directeur de thèse reportant systématiquement le délai de soutenance. Il est apprécié de ses étudiants qui le surnomment (Pr. Sévère), ou (grand-frère Devlet).

n'est pas marié et n'a pas d'enfants. Le journaliste (alors journaliste du quotidien ) le définit comme quelqu'un de , tant jeune étudiant qu'universitaire. Absorbé par son engagement politique, il ajournera constamment son projet de mariage en invoquant les . Ne sortant jamais de chez lui , il habite d'abord avec sa mère à Istanbul puis avec sa grande sœur à Ankara. Très discret sur sa vie privée, il est cependant réputé apprécier le chanteur , l'adana épicé, et est (supporteur du ). Dans un reportage il qualifie sa vie ainsi : .

Parcours politique

C'est au lycée que commence à faire partie de groupes politisés. Il fréquente des groupes liés aux loups gris (ou Foyers idéalistes), branche jeunesse armée du MHP, qui sont des groupes d'extrême-droite, parfois qualifiés de néo-fascistes, anti-communistes et ouvertement violents.

Entré à l'université en 1967 à l'âge de 19 ans, il suit les séminaires du colonel (un des membres de la junte du coup d'État militaire du 27 mai 1960) alors président du Parti républicain villageois de la nation (, CKMP) qui devient en 1969 le Parti d'action nationaliste ().

Entre 1970 et 1971 il est nommé secrétaire général de la Fédération étudiante nationale de Turquie () et fonde l'Association des chargés d'enseignements de la faculté des sciences économiques et administratives (généralement nommée ) et des hautes-écoles de l'université Gazi ( ou ÜNAY).

Lors du coup d'État militaire du 12 septembre 1980, tous les partis politiques (MHP inclus), syndicats et associations sont interdits ; l'association d'enseignants dirigée par est une des très rares organisations universitaires à ne pas être inquiétées.

Comme d'autres formations politiques interdites, le MHP se reconstitue sous un autre nom après 1980. Dans un premier temps, le il devient le Parti conservateur ( ou MP), présidé par , intégrant une partie des membres du Parti républicain du peuple (CHP). En 1983 le Conseil de sécurité nationale (la junte militaire) oppose un veto à la création du parti et aucune liste ne sera déposée pour les élections législatives d'octobre 1983. Le Parti de la mère patrie (conservateur) de établit une solide majorité à la Grande Assemblée nationale de Turquie. Le Parti du travail nationaliste (, MÇP) est fondé le et se prépare au référendum constitutionnel de 1987. , en raison de l'interdiction faite aux anciens dirigeants de formations politiques de se présenter à des élections ou d'exercer des fonctions de direction dans les partis politiques, ne peut diriger sa formation politique. Il ne choisit pas , ancien membre du Parti conservateur, qui n'a pas été élu député en 1983 et désavoué par le pouvoir militaire. Afin de restaurer son image, il , jeune universitaire, à briguer le poste de président du MÇP. Ce dernier accepte, démissionne de l'université Gazi et est élu.

En 1993 les mesures d'interdiction politiques subsistantes du coup d'État de 1980 sont levées : démissionne et laisse à la présidence du MÇP, renommé MHP le .

Aux législatives de 1995 le MHP fait récolte 8,18 % des suffrages exprimés : c'est en dessous du seuil de 10 % et aucun candidat MHP n'est élu. était candidat dans la circonscription d'Adana.

, qui dirige le parti depuis sa fondation en 1969, meurt le . se présente à sa succession et est élu par le extraordinaire du MHP.

Aux législatives de 1999 le MHP recueille 17,98 % des suffrages exprimés et 129 sièges à la Grande Assemblée nationale de Turquie. Le MHP devient brusquement la deuxième formation politique de Turquie.

Il conclut une alliance avec l'AKP de Recep Tayyip Erdoğan, qu'il s'engage à soutenir pour l'élection présidentielle de 2018. Le journaliste Akram Belkaïd note pourtant que par le passé « fut un adversaire acharné de l'AKP, multipliant à son encontre les critiques acerbes et parfois les insultes. »

Fonctions occupées au Parti d'action nationaliste

Après sa première élection en 1997 à la tête du MHP, est réélu par l'assemblée générale le , le , le , le , le et le .

Mandats électifs

Député MHP de la circonscription d' à la (depuis le )

Controverses À la suite de la reconnaissance du génocide arménien par le Parlement allemand, Bahçeli a déclaré que les déportations d'Arméniens étaient et devraient être répétées si un événement similaire se produisait. Il a également glorifié les Trois Pachas, auteurs du génocide arménien, à de nombreuses reprises. Après que Joe Biden soit devenu le premier président américain à reconnaître officiellement le génocide arménien le , Bahçeli a menacé de mort les Arméniens vivant en Turquie, les activistes turcs de gauche et les citoyens turcs reconnaissant le génocide, en déclarant : Il a également nié qu'il y ait eu des génocides ou des massacres dans l'histoire de la Turquie.

Il a des liens d'amitié avec le chef mafieux Alaettin Çakıcı qu'il a visité en prison, et pour qui il a demandé une amnistie générale. La demande a été rejetée par Erdoğan.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Parti d'action nationaliste Loups gris

Liens externes

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