L’église Notre-Dame de Foy est un édifice religieux catholique sis au centre du village de Foy-Notre-Dame, à six kilomètres à l’est de la ville de Dinant en Belgique Sanctuaire marial datant du . l'église, construite en 1623, est de style baroque mosan. Elle possède un remarquable plafond de 145 caissons avec peintures sur bois de chêne des 'mystères mariaux', des saints et docteurs de l’Église. Le bâtiment, reconnu comme de grande valeur archéologique par la Commission royale des monuments et des sites depuis 1898, est classé au patrimoine immobilier classé de la Région wallonne.

L'édifice, fait à partir de matériaux locaux (calcaire de Meuse, marbre de Rance, brique, chêne), constitue un parfait exemple du savoir-faire des artisans belges de l'époque.

Histoire Découverte de la statue de la Vierge

En 1609 Gilles, un bûcheron de Wanlin, et Innocent Delimoir qui l'accompagne, en débitant un énorme chêne qu’ils venaient d’abattre y découvrent une petite statue de la Vierge Marie. Faite de terre cuite, elle est entourée de quelques pierres et de cheveux. Gilles et Innocent crient au miracle. L’histoire se répand dans les environs, et très rapidement un culte spontané se développe.

En fait le chêne se trouvait au bord d’un chemin emprunté par les pèlerins se rendant à Saint-Hubert. Quelque deux siècles avant la découverte de 1609, l’un d’eux déposa dans le creux de l’arbre une statuette de la Vierge Marie. Au fil des ans l’écorce de l’arbre se referma sur elle et, le chemin étant de moins en moins fréquenté, l’existence de la statuette fut oubliée.

La statue est d’abord replacée dans un autre chêne, mais le baron de Celles, ayant constaté qu'on avait tenté de la voler, la porte dans son oratoire du château de Vêves (baronnie de Celles). Les visiteurs et pèlerins commencent à affluer.

Un premier miracle a lieu en 1616 : à la suite de l’intercession de la Vierge Marie un vieillard est guéri d’une hernie aussi douloureuse que débilitante. L’enquête canonique prescrite par l’évêque de Liège, Ferdinand de Bavière, est positive dans ses conclusionsLe jésuite dinantais, Pierre Bouille (1576-1641), témoin des événements et membre de la commission chargée de vérifier l’authenticité des miracles, écrit en 1620 une Histoire de la descouverte et merveilles de l’Image Notre Dame de Foy, trouvée en un chesne près de la ville de Dinant, pays de Liége, l’an M.DC.IX qui contribue également à la renommée du sanctuaire. Le livre est plusieurs fois réimprimé dans les années suivantes. Il est immédiatement traduit en néerlandais..

Construction En 1618 l’affluence de pèlerins conduisent à la construction d’une chapelle plus grande.

Les travaux commencent en 1622. Les plans son élaborés par les frères, Michel et Jaspard Stilmant avec l'aide de Guillaume GobletPacco, Ch., passim : Pour cet auteur, Il ne faut pas un « t » au nom des frères Stilmant (contrairement à tous les autres auteurs). Ces deux frères tiennent à l’époque un atelier : « Aux trois Escabelles », qui aujourd’hui a donné son nom à une rue de Dinant. Il n’y a cependant pas d’archives les citant d’après Ch. Pacco. L’identification des artistes provient de la publication : Hayot, E. , 1939.. Cependant au , les historiens attribuent ce travail à B. Flémalle et à un inconnu BartholoméDayez B. , 1956, : La réalisation de l’ensemble pictural de l’édifice est attribué à l’artiste B. Flémalle et à un inconnu Bartholomé. Tous les auteurs qui lui sont antérieurs ont selon lui repris les dires du Père Bouille sans vérifier leur exactitude. Il est impossible pour B. Dayez, que ce soit B. Flémalle qui ait réalisé les peintures car il était seulement âgé de 13 ans. De plus, il n’y a rien qui puisse dans ces réalisations faire penser au style de cet artiste ; Pour d’autres auteurs encore qui ne reprennent pas stricto sensu les propos du Père Bouille, Delooz, R. , 1992, : c’est B. Flémalle lui-même qui a dirigé les travaux des frères Stilmant..

L’église est consacrée le 1623 est la date indiquée sur la façade de l’église, en quatre grands chiffres en fer forgé, même si la consécration eut lieu l’année suivante par le Révérendissime suffragant de Liège qui, en ce jour de commémoration de la naissance de la Vierge, remplace le Prince Évêque de Liège, Ferdinand de Bavière. À cette époque, seul le gros œuvre est achevé. Le plafond à caissons, quant à lui, est achevé une dizaine d'années après grâce aux dons des pèlerins. L'église reçoit, entre autres dons, un retable d’autel offert par les archiducs.

Le prince-évêque de Liège nomme un administrateur pour ce qui est devenu un sanctuaire marial : c’est le chanoine prémontré Jean Noizet, de l’abbaye Notre-Dame de Leffe. Des locaux sont construits pour recevoir les pèlerins et Foy est érigée en paroisse (avec le village voisin de Boisseilles). Un petit bourg se développe, mais ne sera jamais plus grand qu’il n’est aujourd’hui.

Durant tout le , le sanctuaire a une renommée extraordinaire. Des pèlerins arrivent en grand nombre. La vénération de Notre-Dame de Foy se répand hors du pays, propagée en particulier par les missionnaires partis outre-mer. Un trésor s’accumule à Foy, fait d’objets liturgiques en métal précieux offerts par les pèlerins. Ce qui ne manque pas de susciter des convoitises.

Les guerres du siècle n’épargnent pas le sanctuaire : à plusieurs reprises, l’église est vandalisée et la statuette doit être cachée à Dinant. En 1696, l’église est mise à sac par les confédérés hollandais. Les articles religieux sont volés ou vendus. Le sanctuaire ne se relève pas facilement. De plus, au , les mentalités ayant évolué les pèlerinages sont moins nombreux. Le déclin amorcé par la mise à sac de 1696 s’accentue durant tout le .

Modifications thumb|right|L’église Notre-Dame de Foy à Foy-Notre-Dame. Lorsque les abbés Félix Fries et Charles Petitjean s’y intéressent, l’église est dans un piteux état et menace ruine. Les recherches historiques de Fries contribuent à attirer l’attention des autorités civiles sur la grande valeur historique et artistique de l’église. Elle est classée en 1898, et sa restauration commence immédiatement.

Les travaux de la première grande rénovation s’échelonnent de 1898 à 1910 et sont dirigés par l’architecte Auguste Van Assche. Bien que la Commission tienne absolument à préserver l’authenticité de l’édifice, ce dernier va faire de profondes modifications autant intérieures qu'extérieures. Il dote la façade d’un portail de style Louis XIII. Il prolonge vers le bas les deux fenêtres de la façade principale ainsi que les deux premières baies des deux côtés du bâtiment. Certaines parties en pierre sont rénovées. Il dote la toiture de cinq lucarnes. C’est à cette époque également que les caissons en chêne du plafond sont renouvelés et remplacés par des caissons en chêne de couleur naturelle qui tranchent nettement avec la « splendeur des peintures ». Sur les anciens caissons replacés à cette époque (1908-1909), la Commission garde des informations précises sur leur aspect et leurs caractéristiques principales qui seront utilisées lors de travaux ultérieurs (1937). Sur ceux-ci, il y a des traces d’anciens motifs sculptés, de clous qui devait les fixer, de vermillon autour de la peinture et d’un encadrement doré à la base. Le second grand chantier est entrepris pour réparer les dégâts de guerre (impacts de balle sur les murs et au niveau de la toiture et dégâts dus à un obus sur la façade sud-est).

Les pèlerinages reprennent, avec l’appui de l’évêque de Namur. Comme nouveau départ, y organise le couronnement de Notre-Dame de Foy le : sont présents. À l’occasion des 25 ans de règne du Roi Albert , une grande célébration a lieu en 1934 en sa présence. , dont le cardinal Van Roey, assistent aux défilés et cérémonies religieuses. Vingt-deux statuettes provenant de paroisses de par le monde également consacrées à Notre-Dame de Foy y sont exposées.

Description de l'état primitif Plan Le plan de l’édifice est de type « chapelle ». Le volume est unique à partir des arcades. Les espaces entre celles-ci sont condamnés par des murs qui forment ainsi une sorte de narthex entre le portail et la nef. L’aspect primitif de ce « narthex » est hypothétique. Il est soit ouvert soit fermé par rapport au corps central de la chapelle. Ce dernier est composé d’une nef et d’un chœur à cinq pans. L’édifice est orienté selon l’axe nord-ouest à sud-est. Les dimensions de la Chapelle sont singulières : près de de long et de large. Les points d’accès à l’intérieur de la chapelle de l’époque sont probablement au nombre de deux : un portail du côté de la façade nord-ouest et une porte du côté de la façade nord-est. Un escalier intérieur est présent dans le coin nord-ouest près du portail.

Extérieur thumb|upright|Façade principale de la chapelle Notre-Dame de Foy L’élévation extérieure est composée de deux éléments distincts : la façade principale et les autres façades qui présentent, hormis de petites exceptions, des caractéristiques fort similaires. La jonction entre chaque façade est faite en pierre. C’est une chaine d’angle en besace dont les pierres ont des dimensions variables et dont l’organisation n’est pas homogène. Un soubassement appareillé en saillie (à deux niveaux en pierre) règne tout autour de l’édifice excepté en deux endroits où il est interrompu par les deux accès vers l'intérieur de la chapelle. La partie supérieure à ce soubassement, le niveau d’entablement, est essentiellement composée de brique. Deux bandes d’assise rétablissent la hauteur pour tout le bâtiment. Une première qui devait probablement rétablir la hauteur au-dessus du portail à près d’un quart du niveau d’entablement et la hauteur avant la construction des baies. La deuxième devait quant à elle rétablir la hauteur avant l’arc en anse de panier de toutes les fenêtres de l’édifice et se situe aux trois quarts du niveau d’entablement. Les baies percées dans celui-ci ont certaines caractéristiques en commun. Ce sont des fenêtres avec des arcs en anse de panier sur des montants chaînés.

La façade présente trois niveaux d’élévation : le soubassement appareillé, le niveau d’entablement en brique qui est rythmé par deux bandes de pierres d’assise (citées précédemment). Enfin, ce dernier est délimité de la partie précédente par une autre bande de pierre d’assise, le pignon à deux pans. Ce côté de l’édifice est percé d’un portail dont nous ignorons l’aspect primitif (probablement de réalisation similaire au travail des baies), de deux baies plus courtes qu’aujourd’hui, d’un oculus dans le pignon entouré de deux petites baies de forme carrée. Le pignon découvert présente en sa partie supérieure sept ancres de diverses tailles et formes (droites ou en volute) et, en sa base, quatre ancres millésimant le bâtiment, « 1623 ».

Les deux murs latéraux (de près de de haut) présentent les mêmes caractéristiques tous deux, excepté en ce qui concerne la porte (côté nord-ouest) précédemment citée. Ils présentent deux niveaux : le soubassement et le niveau d’entablement en brique rythmé par deux bandes de pierre d’assise. Les deux premières fenêtres en partant de la façade principale sont de hauteur plus réduite que les quatre autres. Les fenêtres plus courtes devaient probablement être de la même hauteur que celles de la façade principale, soit quatre mètres de hauteur. Les autres baies font à peu près huit mètres de hauteur. À moins d’un mètre de chaque première fenêtre de ces façades latérales et également à moins d’un mètre de hauteur, une, au-dessus de chaque bande d’assise, deux ancres soutiennent la poussée qui s’exercent sur eux (de par l’étage intérieur et de par la tour avec le campanile).

Les cinq pans du chœur sont similaires. Chacun d’eux fait plus ou moins trois mètres de largeur. Une fenêtre similaire aux fenêtres plus hautes des façades latérales, est centrée dans chaque pan.