Les élections législatives tchèques de () se tiennent les vendredi et samedi , afin d'élire les de la de la Chambre des députés pour un mandat de quatre ans.

Le scrutin est organisé un an après le renversement du libéral-conservateur Mirek Topolánek au profit d'un gouvernement de technocrates soutenu par les deux grands partis. Les résultants montrent l'effondrement du Parti social-démocrate et du Parti démocratique civique, qui restent les deux principales forces politiques tchèques. Les partis de centre droit et de droite ayant remporté une forte majorité absolue, le libéral-conservateur Petr Nečas devient président du gouvernement un mois après les élections.

Contexte Formation gouvernementale compliquée Lors des élections législatives de 2006, le Parti démocratique civique (ODS) de Mirek Topolánek s'impose avec une majorité relative de sur 200, contre 74 au Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) du président du gouvernement Jiří Paroubek. L'accession de Topolánek au pouvoir est cependant compliquée par les résultats de ses alliés potentiels, puisque l'Union chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaque (KDU-ČSL) et le Parti vert (SZ) cumulent , ce qui donnerait à leur éventuelle alliance sur 200, soit une voix de moins que la majorité absolue.

Chargé le de constituer le nouveau gouvernement tchèque par le président de la République Václav Klaus, Mirek Topolánek annonce la mise en place d'un gouvernement minoritaire composé de membres de l'ODS et d'indépendants trois mois plus tard, mais il échoue le à remporter le vote de confiance à la Chambre des députés.

Après s'être opposé à la formation d'une grande coalition ou au soutien sans participation du ČSSD, le chef de file de l'ODS forme le un second exécutif de coalition avec l'Union chrétienne démocrate et les Verts, qui reste toujours confronté à l'absence de majorité absolue en sa faveur. Il remporte finalement le vote de confiance le , après les élections législatives, grâce à l'absence au moment du vote de deux députés sociaux-démocrates dissidents.

Motion de censure de 2009 Le , la Chambre des députés vote une motion de censure par favorables, soit le minimum constitutionnel requis ; ne disposant plus que de acquises contre 97 à l'opposition, Mirek Topolánek a été notamment lâché par quatre députés élus sous les couleurs des partis de sa coalition. Après un accord entre les principaux partis, le directeur de l'Office des statistiques Jan Fischer est nommé président du gouvernement le avec pour mission de former un gouvernement de technocrates jusqu'à la tenue d'élections anticipées.

Le gouvernement Fischer est assermenté au château de Prague par le président de la République le , avec pour principal objectif de conclure la présidence tchèque du Conseil de l'Union européenne. Bénéficiant du soutien du Parti démocratique civique, du Parti social-démocrate et du Parti vert, l'exécutif remporte la confiance de la Chambre des députés le par favorables sur présents.

Après que les députés ont adopté une loi prévoyant l'anticipation des élections législatives aux et , la Cour constitutionnelle l'annule le , entraînant de facto le report du scrutin d'au moins un mois, le temps que soit voté un amendement constitutionnel. Cette décision pousse le Parti social-démocrate à revenir sur son soutien à une dissolution précoce de la Chambre, forçant la conclusion de la législature à son terme naturel.

Mode de scrutin La Chambre des députés () est la chambre basse du Parlement tchèque.

Elle se compose de élus pour un mandat de au scrutin proportionnel d'Hondt avec vote préférentiel dans qui correspondent aux et à Prague..

Un seuil électoral est fixé à l'échelon national : 5 % des suffrages exprimés pour un parti, 10 % pour les coalitions de deux partis, 15 % pour les coalitions de trois partis et 20 % pour les coalitions de quatre partis et plus.

Lors du vote, en plus de celui pour la liste de parti de leur choix, les électeurs peuvent aussi indiquer leur préférence pour un maximum de quatre des candidats inscrits sur la liste. Les candidats recueillant plus de 5 % des suffrages préférentiels à l'échelon régional sont placés en haut de la liste de leur parti. Lorsque plusieurs candidats recueillent plus de 5 % des votes préférentiels, ils sont classés par ordre du nombre total de votes préférentiels qu'ils ont recueillis.

Le vote n'est pas obligatoire.

Répartition des sièges +Répartitions des sièges par circonscriptions Circonscriptions Sièges +/-600pxBohême-CentraleStředočeský24Bohême-du-SudJihočeský13Hradec KrálovéKrálovéhradecký11Karlovy VaryKarlovarský5LiberecLiberecký8Moravie-du-SudJihomoravský23Moravie-SilésieMoravskoslezský22OlomoucOlomoucký12PardubicePardubický10PilsenPlzeňský11PragueHlavní město Praha25Ústí nad LabemÚstecký14Vysočina10ZlínZlínský12Total200

Campagne Principales forces politiques NomIdéologieChef de fileRésultat en 2006Parti démocratique civiqueCentre droitLibéral-conservatisme, euroscepticismePetr Nečas35,4 % des voixParti social-démocrate tchèqueCentre gaucheSocial-démocratie, keynésianismeJiří Paroubek32,2 % des voixParti communiste de Bohême et MoravieGauche à extrême gaucheCommunisme, marxisme, euroscepticisme12,8 % des voixUnion chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaqueCentre à centre droitDémocratie chrétienne, conservatismeCyril Svoboda7,2 % des voixParti vertCentreÉcologie politiqueOndřej Liška6,3 % des voixTOP 09Centre droitLibéral-conservatisme, démocratie chrétienneKarel SchwarzenbergPas crééAffaires publiquesCentre droitLibéral-conservatisme, démocratie directe, populismeRadek JohnPas crééParti des droits civiquesCentre gaucheSocial-démocratie, populisme de gaucheMiloš ZemanPas créé

Résultats Voix et sièges

+Résultats des élections législatives tchèques de 2010. Fichier:Chambre des députés Tchéquie 2010.svgPartisVoix%+/-Sièges+/-Parti social-démocrate tchèque (ČSSD)22,0956Parti démocratique civique (ODS)20,2253TOP 0916,7141Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM)11,2726Affaires publiques (VV)10,8824Union chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaque (KDU-ČSL)4,390Parti des droits civiques (SPO)4,330 (Suverenita)3,67 0Parti vert (SZ)2,440Parti ouvrier de la justice sociale (DSSS)1,140Parti pirate tchèque (ČSP)0,810Parti des citoyens libres (Svobodní)0,740 (PB)0,470Citoyens.cz (Obcane)0,260Moravané (M)0,230Autres partis0,34 –0 –Suffrages exprimés99,37Votes blancs et invalides0,63Total100 –200Abstentions37,45Inscrits/Participation62,55

Par circonscriptions

Bohême centrale

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ODS23,887ČSSD20,536TOP 0917,595KSČM11,013VV10,733Suveren.4,350SPOZ3,690SZ2,330KDU-ČSL1,970 Autres3,93 -0 -Votes valides99,44Votes 0,56Total100 -24Abstention35,79Inscrits/64,21

Bohême-du-Sud

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ODS21,374ČSSD20,553TOP 0917,393KSČM12,232VV10,671SPOZ4,120KDU-ČSL3,770Suveren.3,760SZ2,170DSSS1,090 Autres2,87 -0 -Votes valides99,41Votes 0,59Total100 -13Abstention36,45Inscrits/63,55

Hradec Králové

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ODS20,133ČSSD19,873TOP 0919,253VV12,261KSČM10,661KDU-ČSL3,790SPOZ3,750Suveren.3,740SZ2,500DSSS1,300 Autres2,76 -0 -Votes valides99,32Votes 0,68Total100 -11Abstention35,11Inscrits/64,89

Karlovy Vary

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ČSSD23,301ODS17,701TOP 0916,211KSČM13,071VV11,831Suveren.4,830SPOZ3,440DSSS2,180SZ2,090KDU-ČSL1,670ČSP1,090 Autres2,60 -0 -Votes valides99,12Votes 0,88Total100 -5Abstention46,00Inscrits/54,00

Liberec

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ODS20,472TOP 0919,442ČSSD19,412VV12,801KSČM10,321Suveren.4,520SPOZ3,910SZ2,610KDU-ČSL1,770DSSS1,270ČSP1,150 Autres2,33 -0 -Votes valides99,33Votes 0,67Total100 -8Abstention38,63Inscrits/61,37

Moravie-du-Sud

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ČSSD23,367ODS18,486TOP 0915,314KSČM11,653VV9,763KDU-ČSL8,370SPOZ4,220Suveren.2,610SZ2,350 Autres3,89 -0 -Votes valides99,42Votes 0,58Total100 -23Abstention36,78Inscrits/63,22

Moravie-Silésie

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ČSSD29,148ODS17,495KSČM12,613VV11,703TOP 0910,003KDU-ČSL4,850SPOZ4,500Suveren.4,080SZ1,930DSSS1,300 Autres2,40 -0 -Votes valides99,28Votes 0,72Total100 -22Abstention41,86Inscrits/58,14

Olomouc

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ČSSD24,484ODS17,022TOP 0913,522KSČM13,182VV11,632KDU-ČSL5,610SPOZ4,490Suveren.3,740SZ1,800DSSS1,220 Autres3,32 -0 -Votes valides99,32Votes 0,68Total100 -12Abstention37,94Inscrits/62,06

Pardubice

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ČSSD21,963ODS19,423TOP 0915,462VV11,631KSČM11,221KDU-ČSL5,940SPOZ5,230Suveren.3,550SZ1,870DSSS1,050 Autres2,67 -0 -Votes valides99,35Votes 0,65Total100 -10Abstention34,55Inscrits/65,45

Plzeň

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ČSSD22,013ODS21,143TOP 0916,982KSČM12,522VV9,771Suveren.5,280SPOZ4,140KDU-ČSL2,430SZ1,720DSSS1,100 Autres2,91 -0 -Votes valides99,35Votes 0,65Total100 -11Abstention38,37Inscrits/61,63

Prague

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-TOP 0927,288ODS24,798ČSSD15,174VV10,323KSČM6,532SZ4,790SPOZ3,110Suveren.2,290KDU-ČSL2,170Svobodní1,010 Autres2,53 -0 -Votes valides99,47Votes 0,53Total100 -25Abstention32,09Inscrits/67,91

Ústi nad Labem

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ČSSD24,945ODS17,393KSČM13,642TOP 0913,272VV11,642SPOZ5,420Suveren.5,190DSSS2,620SZ2,410KDU-ČSL1,100 Autres2,38 -0 -Votes valides99,34Votes 0,66Total100 -14Abstention44,39Inscrits/55,61

Vysočina

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ČSSD23,443ODS17,222TOP 0914,352KSČM13,422VV9,911KDU-ČSL7,420SPOZ6,090Suveren.3,100SZ1,680 Autres3,37 -0 -Votes valides99,44Votes 0,56Total100 -10Abstention34,35Inscrits/65,65

Zlín

+ Parti Voix % +/- Sièges +/-ČSSD21,944ODS20,814TOP 0913,942KSČM10,041KDU-ČSL9,950VV9,721SPOZ5,860Suveren.2,480SZ1,800 Autres3,46 -0 -Votes valides99,34Votes 0,66Total100 -12Abstention35,80Inscrits/64,20

Analyse et conséquences Analyse vignette|Parti vainqueur par district. Le résultat du scrutin marque un vote sanction contre le Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) et le Parti démocratique civique (ODS), qui alternent au pouvoir depuis , les électeurs ayant totalement redessiné le paysage politique tchèque.

Bien qu'il soit en tête, le Parti social-démocrate recueille moins de 23 % des suffrages, ce que l'ancien président du gouvernement Vladimír Špidla qualifie de . Le scrutin voit en effet la percée de deux nouveaux partis, TOP 09 et Affaires publiques (VV), dont les excellents chiffres reposent essentiellement sur la popularité de leurs chefs de file respectifs, l'aristocrate Karel Schwarzenberg et l'ancien journaliste Radek John, VV n'ayant même pas de programme électoral précis.

Les scores définitifs empêchent ainsi le retour au pouvoir du ČSSD dans le cadre d'une éventuelle coalition avec le Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM) que le chef de file social-démocrate Jiří Paroubek aurait pu envisager, puisque dans leur ensemble les trois partis de centre droit totalisent une majorité absolue de sur 200.

Conséquences Le , le président par intérim de l'ODS Petr Nečas est chargé par le président de la République Václav Klaus de former le prochain gouvernement.. Il est formellement nommé président du gouvernement le suivant..

Environ deux semaines plus tard, le , le chef de l'exécutif présente son gouvernement, constitué d'une coalition entre le Parti démocratique civique, TOP 09 et Affaires publiques.. Cette équipe de remporte le le vote de confiance à la Chambre des députés par favorables..

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Chambre des députés (Tchéquie) Politique en Tchéquie

2010 Tchéquie Catégorie:2010 en Tchéquie Catégorie:Politique en mai 2010