Toni Kukoč (né le à Split) est un joueur professionnel croate de basket-ball. Après une période très réussie dans le basket-ball européen, il est l'une des premières stars européennes à jouer dans la National Basketball Association (NBA). Il remporte le titre de sixième homme de l’année de la NBA en 1996.

Kukoč était reconnu pour sa polyvalence et sa capacité de passe. Joueur de grande taille (), fin et ayant une grande technique, il pouvait jouer sur les 4 premiers postes, voire pivot, bien que son poste de prédilection soit ailier. Il a fait preuve d’une vision de jeu et d'un tir extérieur que l’on trouvait rarement chez les joueurs de sa taille. Avec Vasílios Spanoúlis, ils sont les seuls joueurs de l’histoire à remporter à trois reprises le titre de MVP du Final Four de l'Euroligue.

En , il est élu au FIBA Hall of Fame., puis en 2021 au Basketball Hall of Fame..

Biographie Carrière en Europe

Passionné de sport depuis tout jeune, il se destine au basket-ball à seulement quatorze ans. Il rejoint le club local du Jugoplastika Split avec lequel il devient champion de Yougoslavie en 1988. Le club est ainsi invité à disputer la plus grande compétition de clubs existant en Europe, la coupe des clubs champions.

vignette|Kukoč et Rađa sous le maillot du Jugoplastika.|alt=Deux joueurs de profil, l'un avec son bras gauche, enlacant son coéquipier À la surprise de beaucoup, le Jugosplatika, entraîné par le Serbe Božidar Maljković, rejoint le Final Four de Munich. Leurs adversaires semblent nettement supérieurs et expérimentés : Barcelone avec San Epifanio, le Maccabi Tel-Aviv avec quatre très bons Américains, et les Grecs de l'Aris Salonique emmenés par l'un des plus grands marqueurs européens, Níkos Gális. Galvanisés par Božidar Maljković et son mentor, le grand entraîneur Aleksandar Nikolić : , les jaunes non seulement ne prennent pas vingt points comme annoncé, mais remportent le match de dix points, derrière les 24 points de Toni Kukoč, bien secondé par Dusko Ivanovic avec 21 points et Dino Rađa avec 18 pointsF4 History: 1989, A shock heard 'round Europe, site euroleague.net. Lors de la finale, Maljković fait les ajustements sur Doron Jamchy, 19 points à la mi-tempsPlanète basket, Jean-Luc Thomas, , qui avait porté son équipe durant la première période : l'Israélien, défendu ensuite par Zoran Sretenovic ne marquera plus aucun point50 Years interview: Zoran Sretenovic, Jugoplastika, site euroleague.net. Finalement, le Jugosplatika remporte son premier titre sur le score de 75 à 70, avec 18 points de Kukoč, à 7 sur 13, 5 rebonds et 3 passes.

L'année suivante, Dino Rađa, Toni Kukoč, Žan Tabak, Velimir Perasović, Luka Pavićević et le Jugosplatika atteignent de nouveau le Final Four qui se déroule en Espagne à Saragosse. En demi-finale, Jugosplatika triomphe du CSP Limoges sur le score de 101 à 83, dont 16 points de Kukoč. En finale, Split retrouve le FC Barcelone, favori de celle-ci. Dans celle-ci, Maljković surprend en ne faisant pas débuter Kukoč. Cependant, celui-ci apporte finalement vingt points, avec un 7 sur 12 aux tirs, et prend 7 rebondsF4 History: 1990, A repeat still not matched, site euroleague.net. Split remporte la rencontre par 72 à 67, rencontre que Kukoč pensait ne pas pouvoir perdre : Il termine également MVP du Final Four.

L'année suivante, Split, devenu Pop 84, connaît quelques bouleversements : Maljković a rejoint le championnat d'Espagne et son ancien adversaire, Barcelone. Il est remplacé sur le banc par Željko Pavličević. Rađa est parti monnayer son talent en Italie, à Rome. Goran Sobin a rejoint l'Aris Salonique alors que Ivanovic est parti en Espagne. Malgré ces départs, Split retrouve pour la troisième fois consécutive le Final Four, qui se déroule à ParisF4 History: 1991, A three-peat for the record books. En demi-finale, Split élimine le club italien de Scavolini Pesaro sur le score de 93 à 87, avec 14 points de Kukoč. Barcelone, pour sa part, écrase le Maccabi par 101 à 67. En finale, Kukoč marque 8 points à 4 sur 14 aux tirs, 7 rebonds et deux passes décisives. Le club yougoslave remporte la rencontre sur le score de 70 à 65. Split a remporté trois titres consécutifs, exploit qui a seulement été réalisé auparavant par ASK Riga.

Kukoč remporte également le titre de champion de Yougoslavie et la Coupe de Yougoslavie.

Pour sa première saison en Italie, il conduit son équipe au titre de champion d'Italie, en triomphant en finale du Scavolini Pesaro, ce qui qualifie son club pour la prochaine Euroligue. Lors de celle-ci, le Benetton Trévise se qualifie pour le Final Four, le Benetton se voit opposer au club grec du PAOK Salonique. Les italiens remportent difficilement la rencontre sur le score de 79 à 77. Kukoč apporte 15 points, le meilleur marqueur de la rencontre étant son coéquipier Stefano Rusconi. L'adversaire de la finale est le club français du CSP Limoges, qui, à la surprise générale, a éliminé le Real Madrid où évolue Arvydas Sabonis. Le club français est dirigé par une vieille connaissance de Kukoč : Božidar Maljković. Celui-ci, qui dit ne pas posséder dans son effectif un talent comme Kukoč, impose un « basket control », basé sur la conservation du ballon et la défense. Kukoč a un rôle majeur dans le déroulement de la rencontre : il fait faute sur Jim Bilba qui marque ses deux lancers francs pour donner l'avantage aux Français. Puis, sur sa quatrième tentative à trois points, il subit l'interception de Frédéric Forte qui transmet à Jurij Zdovc qui marque deux nouveaux points pour établir le score final à 59 à 55« Limoges, vainqueur de Trévise, réalise le grand rêve du sport français », l'Humanité, 16 avril 1993.. Kukoč termine la rencontre avec 14 points, à 4 sur 11, dont 3 sur quatre à trois points, 5 rebonds et trois passes décisives. Il termine également MVP du Final Four. Il termine sa saison en Italie par une seconde place en championnat d'Italie et une victoire en Coupe d'Italie.

En , son club de Trévise annonce qu'un accord a été établi pour que Kukoč soit libéré de son contrat, qui court jusqu'en 1995.

Carrière en NBA

C'est lors de la draft 1990 de la NBA que les Bulls de Chicago le choisissent, en . Il reste toutefois en Europe, à Split, expliquant alors son choix par le fait de rester proche de sa famille lors d'une époque politique troublée, qui débouchera finalement sur les Guerres de Yougoslavie. Une autre raison expliquant son choix est le fait qu'il ne soit pas forcément le bienvenu pour ses futurs coéquipiers : Michael Jordan aurait refusé de voir des vidéos sur Kukoč et aurait refusé de l'appeler comme le lui avait demandé Jerry Krause. De plus, Scottie Pippen a vu son renouvellement de contrat gelé en raison des négociations avec le Croate.. Et les dernières expériences de joueur yougoslave ne sont pas totalement concluantes : la grande star du basket-ball croate Dražen Petrović a passé une saison à cirer le banc des Trail Blazers de Portland. Žarko Paspalj a passé une saison aux Spurs de San Antonio à 2,6 points pour 6 ½ minutes par match. Star en Europe, il ne désire pas se rendre en NBA pour rester sur le banc..

En 1993, il se décide enfin à franchir le pas, et il trouve un accord avec son club pour se libérer de son contrat.. Malheureusement, son désir d'évoluer auprès de Jordan est contrarié par l'annonce de celui-ci, en octobre, de l'arrêt de sa carrière.

Pour sa première saison dans la ligue américaine, il participe à la première édition du match des rookies lors All-Star Game. Avec 10,9 points, 4,0 rebonds, et 3,4 passes décisives, il termine la saison dans le deuxième cinq des rookies. La saison des Bulls se termine en demi-finale de Conférence face aux Knicks de New York. Durant cette série, il réussit un tir à trois points qui donne la victoire au buzzer lors de la troisième rencontre.

La saison suivante, il entre dans le cinq de départ des Bulls et devient le second joueur de l'équipe en terme statistique, derrière Scottie Pippen. Toutefois, les Bulls risquent de ne pas participer aux play-offs. Mais le retour de Jordan, en mars, change les données et les Bulls se qualifient. Après une victoire sur les Hornets de Charlotte au premier tour, série au cours de laquelle Kukoč apporte 17,3 points de moyenne, les Bulls échouent face au Magic d'Orlando sur le score de 4 victoires à deux. Durant cette saison, la contribution de Kukoč devient évidente : il termine meilleur marqueur à 14 reprises, meilleur passeur à 31 reprises. Il passe la barre des vingt points à 20 reprises et franchit deux fois la barre des 30. Il établit également le premier triple-double de sa carrière NBA contre les Celtics de Boston avec 14 points, 10 rebonds, et 11 passes. Ses statistiques sont en hausse, avec 15,7 points de moyenne, 5,4 rebonds et 4,6 passes décisives.

Avec l'arrivée de Dennis Rodman, Phil Jackson replace Kukoč sur le banc. Avec 13,1 points, 4,0 rebonds et 3,5 passes en 26,0 minutes, il représente toutefois la troisième option offensive des Bulls qui, après avoir réalisé la meilleure saison de l'histoire de la NBA en remportant 72 victoires pour dix défaites lors de la saison régulière, retrouvent la finale NBA, face aux SuperSonics de Seattle, finale remportée sur le score de quatre victoires à deux. Sa saison est finalement récompensée du titre de NBA Sixth Man of the Year Award (meilleur sixième homme).

L'année suivante, il connaît ses premières blessures, ne jouant finalement que 57 rencontres. Ses statistiques, 13,2 points, 4,6 rebonds, 4,5 passes et 1,05 balles volées en 28,2 minutes., sont en baisse, mais il est toujours le troisième marqueur des Bulls. Ses statistiques chutent durant les play-offs avec 7,8 points et 2,8 rebonds par match. Cela n'empêche pas les Bulls de remporter un deuxième titre consécutif en disposant de la franchise du Jazz de l'Utah sur le score de quatre victoires à deux.

Pippen étant absent des 35 premiers matches de la saison 1997-1998Pippen Biography, sur http://www.nba.com, l'importance de Kukoč devient évidente pour soutenir Jordan. Il débute 52 des 74 matches de saison régulière qu'il dispute, manquant les autres rencontres pour une blessure au pied gauche. Il débute également la plupart des rencontres de play-offs, 17 sur les 21 rencontres, qui conduisent les Bulls à leur sixième titre, de nouveau face au Jazz de l'Utah. Lors de ces play-offs, il apporte 13,1 points, 3,9 rebonds et 2,9 passes en 30,3 minutes.

Cependant, la fin de l'ère Jordan est annoncée. Jerry Krause et Phil Jackson ne se mettent pas d'accord pour une nouvelle saison, condition que Jordan considère nécessaire pour la prolongation de sa carrière. Jordan annonce ainsi sa retraite. La plupart des autres joueurs sont échangés, dont Scottie Pippen qui rejoint les Rockets de Houston, ou signent dans d'autres franchises comme Dennis Rodman. Kukoč devient le leader des Bulls durant cette saison, réduite par le « lock-out » : il est le meilleur marqueur avec 18,8 points, rebondeur avec 7,0 et passeur, 5,3 passes, de l'équipe. Les Bulls, désormais dirigés par Tim Floyd, terminent avec un bilan de 13 victoires pour 37 défaites.

Le numéro un de la draft 1999 de la NBA, Elton Brand, est devenu le leader des Bulls. Kukoč apporte encore 10 points mais il fait ensuite partie d'un échange entre trois franchises, les Bulls, les Warriors de Golden State et les Sixers de Philadelphie qu'il rejoint en février. Malgré quelques bonnes performances, 23 points, 4 balles volées, 3 passes et 4 rebonds en 22 minutes pour sa première rencontre sous ses nouvelles couleurs, où un triple double en mars, 19 points, 10 rebonds et 10 passes, il ne parvient pas à convaincre son nouvel entraîneur Larry Brown, qui le cantonne sur le banc.