thumb|right|L'entraîneur du Stade rennais Frédéric Antonetti, en discussion avec un arbitre lors d'une rencontre disputée par son équipe en août 2011. |alt=Photographie de deux hommes en discussion sur un terrain en herbe

L’encadrement technique du Stade rennais FC regroupe l'ensemble des techniciens chargés d'encadrer et de diriger sportivement l'équipe de football du Stade rennais et ses joueurs. Durant les trente premières années de l'histoire du club, au début du , la présence d'un entraîneur n'est pas régulière. Importée de Grande-Bretagne, cette pratique demeure un luxe pour les clubs français, et le capitaine joue alors un rôle prépondérant par rapport à ses coéquipiers. À l'image de son premier entraîneur, le Gallois Arthur Griffith, qui exerce entre 1907 et 1909, le Stade rennais emploie d'abord des techniciens étrangers, afin que ceux-ci apportent leur expérience à l'effectif rennais. À partir des années 1930, le Stade rennais passant sous statut professionnel, la fonction devient récurrente. Au cours des années, les différents entraîneurs qui se succèdent à la tête du Stade rennais s'entourent d'autres techniciens pour les seconder. Il s'agit d'abord de joueurs de leur effectif, puis de plusieurs adjoints dédiés à partir de la fin des années 1980, parfois spécialisés dans l'entraînement des gardiens de but ou dans la préparation athlétique des joueurs.

Après les techniciens exclusivement étrangers qui exercent au Stade rennais jusqu'en 1936, le premier entraîneur français du club est Jean Batmale, qui reste à la tête de l'effectif professionnel rennais jusqu'en 1945, de façon quasi ininterrompue. À l'instar de Batmale, nombreux sont ensuite les anciens joueurs du club à occuper la fonction d'entraîneur, comme François Pleyer, Salvador Artigas, Henri Guérin et Antoine Cuissard. Les années 1960 sont marquées par le passage de l'un d'entre eux, Jean Prouff, qui dirige le Stade rennais lors de ses deux victoires en Coupe de France en 1965 et 1971. Développant un jeu offensif et spectaculaire, il est ensuite désigné « entraîneur du siècle » lors du centenaire du Stade rennais, en 2001. Depuis lors, aucun technicien ne dépasse les quatre années de présence consécutives à la tête de l'équipe rennaise, ceux-ci se succédant au gré des résultats et des orientations sportives du club.

Historique

Premiers entraîneurs (1901-1932)

Créé en 1901, le Stade rennais ne se dote pas, dans ses premières années, d'un entraîneur pour diriger les joueurs en match et lors des entraînements. Alors que le football se développe progressivement en France au début du , c'est le capitaine de l'équipe qui jouit pleinement d'un rôle de meneur. Souvent considéré comme le meilleur joueur de son équipe, il montre l'exemple et définit avant les rencontres la tactique à employer. Ainsi, le premier entraîneur connu du Stade rennais cumule aussi la fonction de capitaine : le Gallois Arthur Griffith, recruté par les dirigeants du club dès 1907, reste durant deux ans à Rennes. Ancien joueur du Servette FC à Genève, il ambitionne à son arrivée de changer la façon de jouer des attaquants rennais, en privilégiant les passes courtes afin d'approcher plus efficacement des buts adverses.

Après le départ de Griffith, le Stade rennais demeure sans entraîneur durant plus d'une décennie. En France, dans les années 1920, les entraîneurs qui exercent dans les clubs sont peu nombreux, l'offre étant inférieure à la demande. Pourtant, si la culture physique et l'hygiène de vie sont alors encore négligées par les footballeurs français, il devient évident qu'un programme d'entraînement est nécessaire pour améliorer leurs performances, et que celui-ci doit être encadré par des spécialistes. Le modèle à suivre, comme depuis l'implantation du jeu en France, reste alors les exercices d'entraînement pratiqués dans le football professionnel anglais. En retard dans ce domaine, les clubs français peinent à disposer des services d'un entraîneur, un luxe que ne peuvent se payer que les clubs les plus puissants.

En l'absence d'une génération spontanée d'entraîneurs français, la plupart des techniciens employés par les clubs sont alors étrangers, et plus précisément souvent britanniques, en raison de leur grande expérience. Après Arthur Griffith, le deuxième entraîneur du Stade rennais est ainsi le Jersiais George Scoones, au début des années 1920. Il reste au club jusqu'en 1922, date à laquelle il dispute la finale de la Coupe de France avec le Stade rennais. Sept ans plus tard, en 1929, le Stade rennais recrute un défenseur tchécoslovaque nommé Trojanek, en même temps que de nombreux joueurs de la même nationalitéEn octobre 1929, Adolphe Touffait est envoyé par les dirigeants rennais à Prague pour recruter des joueurs locaux. Trojanek fait partie des joueurs qu'il ramène à Rennes. . Après une première saison comme joueur, il laisse de côté les terrains pour prendre en main l'entraînement de ses anciens coéquipiers lors de la saison 1930-1931, et met l'accent sur leur préparation physique.

L'instabilité des premières années professionnelles (1932-1945)

left|upright=0.7|thumb|En 1932-1933, Kálmán Székány est l'entraîneur du Stade rennais lors de sa première saison professionnelle. |alt=Photographie en buste et en noir et blanc d'un homme en costume qui porte des lunettesEn 1932, le Stade rennais adopte le professionnalisme et se dote désormais d'un entraîneur de façon récurrente. Le Hongrois Kálmán Székány est recruté dans ce but. Arrivé tout droit de son pays natal, il ne passe qu'une saison à Rennes, mais continue ensuite sa carrière en France en entraînant par la suite le FC Bordeaux, ancêtre des Girondins de Bordeaux, puis l'AS Brestoise. Pour le remplacer, le Stade rennais université-club (SRUC) engage l'ancien international écossais Philip McCloy, qui prend le rôle d'entraîneur-joueur et emmène avec lui son compatriote Jeremiah Kelly. L'expérience tourne court : lors du deuxième match de la saison, le , les débuts de Kelly se révèlent catastrophiques et le joueur est prié de quitter le club. Par solidarité, McCloy accompagne son compatriote dans son retour au pays. Plutôt que de recruter un nouvel entraîneur, le SRUC fait appel à un joueur de l'effectif pour prendre en main les entraînements : c'est l'Autrichien « Pépi » Schneider qui est désigné. L'expérience se révèle satisfaisante et Schneider reste trois saisons à la tête de l'équipe professionnelle, amenant son équipe jusqu'en finale de la Coupe de France 1935.

L'année 1936 voit le départ de Schneider au Havre AC, et le retour d'un ancien joueur du club, Jean Batmale. Ce dernier, âgé de 41 ans à son arrivée, a évolué entre 1922 et 1925 au SRUC, mais a également fréquenté l'équipe de France avec laquelle il a récolté six capes, dont deux alors qu'il jouait au Stade rennais. Il devient le premier entraîneur français du club. Lors de sa première saison comme entraîneur, il est cependant secondé par Walter Kaiser qui demeure, pour sa part, membre de l'effectif. Après une première année difficile, à l'issue de laquelle l'équipe première est reléguée en deuxième division, son action est récompensée en 1938-1939 par une remontée en Division 1. Le début de la Seconde Guerre mondiale vient interrompre les compétitions nationales, mais pas celles disputées à l'échelon régional, et Batmale continue d'exercer pendant deux ans. En 1941, il quitte cependant le club de façon soudaine pour rejoindre la Tour d'Auvergne Rennes, qu'il fait monter en Division d'Honneur, mais revient un an plus tard au SRUC. En son absence, les entraînements sont pris en charge par Louis Bonneville, qui s'occupait auparavant des équipes de jeunes du club, secondé par le joueur Émile Scharwath. De retour, Batmale exerce durant les trois dernières années de guerre. En 1945, sur proposition de Gabriel Hanot, il devient instructeur national pour les apprentis entraîneurs.

D'anciens joueurs comme entraîneurs (1945-1964)

thumb|Joueur au Stade rennais de 1933 à 1951, François Pleyer (debout, en partant de la gauche) dispute la finale de la Coupe de France 1935, avec Josef Schneider (debout, tout à droite) comme entraîneur. |alt=Photographie d'époque, de douze hommes en tenue de sport, entourant un ballonÀ l'issue de la guerre, le Stade rennais choisit de faire revenir l'un de ses anciens joueurs pour occuper le poste d'entraîneur, François PleyerNé sous le nom de Franz Pleyer, son prénom est francisé en François lors de sa naturalisation., Autrichien naturalisé français en 1936. Il sort de plusieurs années d'emprisonnement en Allemagne, alors qu'il avait intégré l'Armée française en 1939François Pleyer, . Âgé de 34 ans, il devient entraîneur-joueur. Ses apparitions au milieu de terrain puis en défense s'espacent au fil du temps27 matchs en 1945-1946, 9 en 1946-1947, puis aucun jusque son ultime apparition en 1950-1951., et il joue son dernier match professionnel le , à 40 ans passés. Réputé pour sa capacité à détecter les talents, il parvient à conserver un effectif compétitif malgré les départs successifs de ses meilleurs joueursFrançois Pleyer, le serviteur, . Entre 1945 et 1952, le Stade rennais conserve sa place en D1 et parvient à accrocher une quatrième place en 1949. En 1952, Pleyer est cependant évincé par la direction du club, et ce malgré le soutien de plusieurs joueurs. Remplaçant désigné, l'Espagnol Salvador Artigas perpétue la tradition des anciens joueurs devenant entraîneurs. Joueur de devoir, stratège de l'équipe de Pleyer jusqu'en 1949Salvador Artigas, le libero de classe, , Artigas apporte une touche ibérique à l'effectif rennais en recrutant ses anciens coéquipiers de la Real Sociedad José Caeiro et Patricio Eguidazu. Entraîneur-joueur comme son prédécesseur, il cumule treize apparitions sur le terrain en l'espace de trois saisons. Convaincu des vertus d'un football basé sur le physique, Artigas n'obtient pourtant pas les résultats escomptés : à l'issue de sa première saison à la tête du club, celui-ci descend en deuxième division, et les deux exercices suivants ne permettent pas au technicien catalan d'obtenir une remontée dans l'élite. En 1955, il quitte le Stade rennais pour retourner à la Real Sociedad.

Henri Guérin reprend le flambeau, prônant, comme Artigas, un jeu engagé et physique. Ancien coéquipier de l'Espagnol, défenseur rigoureux, il est l'enfant du pays, ayant grandi à Rennes et ayant fait ses armes aussi bien au SRUC qu'à la Tour d'AuvergneHenri Guérin : , . Comme ses prédécesseurs, Guérin tient le rôle d'entraîneur-joueur. Sa présence sur le terrain décline au fil des ans20 matchs en 1955-1956, 10 en 1956-1957, 3 en 1957-1958, aucun en 1958-1959 et une rencontre en 1959-1960 puis en 1960-1961., mais il dispute encore un match officiel en , à près de 40 ans. Sous sa conduite, le Stade rennais remonte en D1 dès 1956, puis s'y maintient durablement à partir de 1958. Trois ans plus tard, après six saisons à la tête du club, Guérin rejoint l'AS Saint-Étienne, mais n'y reste qu'une saison, intégrant le l'encadrement de l'équipe de France en qualité d'entraîneur. Deux ans plus tard, il endosse également le costume de sélectionneur, et qualifie les Bleus pour la Coupe du monde 1966. Attentif à la détection des jeunes talents, il occupe par la suite et à plusieurs reprises des fonctions officielles dans les instances régionales et nationales.