La maison de Joyeuse est une ancienne famille noble française, particulièrement influente au , qui tire son nom de la ville de Joyeuse, dans le Vivarais (Ardèche). Elle est une branche de la famille de Châteauneuf-Randon.
Elle a donné trois maréchaux de France et compte parmi ses membres le célèbre Anne, duc de Joyeuse (1560-1587), qui fut l'un des mignons du roi .
Historique Légende Selon la légende, les premiers seigneurs de Joyeuse furent des guerriers des armées de Pépin le Bref ou de son fils CharlemagneAnnales de Joyeuse. Joyeuse était le nom de l'épée de Charlemagne, mentionnée dans la Chanson de Roland. http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Joyeuse.pdf
Premiers seigneurs de la maison d'Anduze En 1230, d'Anduze, époux de Vierne du Luc, rendit hommage au roi pour 21 localités dont quatre en Vivarais : Joyeuse, Laurac, Largentière et Chassiers.
Les Châteauneuf-de-Randon La famille de Joyeuse est une branche, au même titre que la famille d'Apchier, de la famille de Châteauneuf-Randon, originaire du Gévaudan.
Le fief de Joyeuse, dans le canton de Largentière (Ardèche), serait entré dans cette famille par le mariage de Randon de Châteauneuf avec Vierne d'Anduze, dame de Joyeuse et du Luc. En 1261, cette dernière fait une donation à son fils Dragonet de ChâteauneufDragonnet de Joyeuse, premier du nom. 1261 – « Par acte reçu, Bernardus Grezelli, notaire, dans l’église de Rosières, la veille des nones de janvier de l’an mille deux cent soixante et un ; Randone alias Vierne femme de feu Guigon de Chateauneuf… Devant Guilhaume Chabaud, notaire à Joyeuse…, dame de Joyeuse, femme jadis de feu noble seigneur Guigon de Châteauneuf en présence et du consentement de noble Seigneur Messire Guillaume de Randon, seigneur du Luc, qu’elle reconnaît pour son suzerain de plusieurs fiefs, donation à Dragonnet de Chateauneuf son fils et dudit Guigon, de tout ce que ladite dame avait en propriété, alleu, domaines, fiefs et arrière fiefs, juridiction haute, basse mare et ipare, château de la Baume et de Vallon en Vivarais et mandements d’iceux sous réserve de l’usufruit sa vie durant.
Témoins : Regardon de Naves, chevalier, M. Guillaume de Beauvois, chevalier, M. Arnaud de la Garde, chevalier, Mrs Guillaume et Araud de Chaldeyrac, chevaliers, Jousselin fils de Regardon. » Acte passé à Joyeuse. (Annales de Montravel, )., au nom duquel elle assiste ensuite en 1272 au pariage passé entre le roi de France et les co-seigneurs du castrum de Banne.
Leur petit-fils, Bernard de Châteauneuf, baron de Joyeuse (qui testa en 1344), fils de Dragonet et de Béatrix de Roquefeuil, serait le premier à avoir adopté le surnom « de Joyeuse ».
L'abbaye de Mercoire, protégée par les Châteauneuf-Randon, possédait des terres et commerçait avec les communes de Rosières et de Joyeuse où certains lieux-dits portent encore de nos jours le nom de Mercoire.
D'après Pierre-Yves Laffont, « les différentes branches du lignage de Châteauneuf sont donc dans les dernières années du , totalement ou partiellement, seigneurs de seize châteaux ou castra en Vivarais méridional : Malarce, Lafigère, Thines, Borne, Loubaresse, Petit Paris, Saint-Laurent-les-Bains, Banne, Grospierres, Labeaume, Joyeuse, Laurac, Montbrison, Montréal, Saint-Remèze, Bidon, auxquels il faut ajouter Pradelles sur le plateau Vivarois. ».
Il semble que la Croisade contre les Albigeois ait favorisé la fortune des Châteauneuf-Randon, en particulier avec le rachat des terres de Bermond d'Anduze, puis par le jeu des alliancesErnest Durand, Monographie de Peyremale suivie de Biographie d’Antoine Deparcieux..
Le mariage entre Randon de Châteauneuf et Vierne d'Anduze (dame de Joyeuse, de Portes, de Luc) résout les conflits entre Châteauneuf et Anduze qui étaient tous deux coseigneurs de Joyeuse. Anduze reste coseigneur de Largentière avec le comte de Toulouse et les évêques de Viviers et partage avec eux le revenu des mines d'argent : 50 % pour le comte, 1/6 pour l'évêque, 1/3 pour Anduze
Ascension de la maison de Joyeuse D'après l'ouvrage de Pierre de Vaissières, Messieurs de Joyeuse, au la fortune des Joyeuse s’accroît par le mariage de Louis de Joyeuse avec Tiburge, dame et baronne de Saint Didier, puis du mariage du fils de ceux-ci, Randon, avec Catherine de Chalus. Le , Louis, fils de Randon, épouse Jeanne Louvet, fille de Jean Louvet, président du parlement de Provence.
À la génération suivante, Tanneguy de Joyeuse est sénéchal de Lyon. Son fils Louis de Joyeuse est à l'origine de la branche Joyeuse de Granprè.
Son fils Guillaume épouse Anne de Balsac d'Antraigues et ils ont six enfants. C'est le dernier, Jean, seigneur de Saint-Sauveur, qui poursuit la lignée ; il épouse Françoise de Voisins qui lui apporte d'importants domaines en Languedoc. En 1553, le vicomte de Joyeuse s'intitule « Lieutenant pour le Roi au pays de Languedoc ». La succession pose un problème avec la mort de l'aîné des enfants, Jean, tué à la bataille de Thérouanne en 1555. Le second, Guillaume, étant évêque d'Alet sous le nom de , le titre passe au troisième fils, Jean-Paul, baron d'Arques, mais celui-ci décède à son tour et l'évêque d'Alet (il avait succédé- sans avoir accédé à la prêtrise - à son oncle décédé en 1540), abandonne l'état ecclésiastique et reprend le titre de vicomte de Joyeuse et de lieutenant-général au gouvernement de Languedoc.. Il épouse Marie de Batarnay arrière petite-fille de Imbert de Batarnay., mère d'Anne, premier duc de Joyeuse et de ses frères.
Plusieurs d'entre eux furent commendataires de l'Abbaye des Chambons..
De droit, les barons de Joyeuse faisaient partie des représentants du Vivarais aux États de Languedoc.
Héritiers directs L'héritière du duché de Joyeuse fut Henriette Catherine de Joyeuse (1583-1656), née au palais du Louvre le , fille d'Henri de Joyeuse (frère Ange en religion), comte du Bouchage, et de Catherine de la Valette.
Par ses dons, elle fut à l'origine de l'installation d'un collège d'Oratoriens à Joyeuse et de l'érection de Joyeuse en paroisse indépendante de RosièresActe de fondation de l'oratoire de Joyeuse (voir en ligne).. Elle fut inhumée à Paris dans l'église du couvent des Capucines, aujourd'hui détruite. Son cercueil fut retrouvé lors du creusement d'égouts en 1864..
Elle se maria deux fois : en 1597, avec Henri de Bourbon, duc de Montpensier, puis en 1611, avec Charles de Lorraine, duc de Guise, auquel elle apporta le duché de Joyeuse. Le titre s'éteint en 1671 avec son arrière petit-fils François Joseph de Guise.
Restauration du titre En 1714, restaure le titre de duché-pairie de Joyeuse en faveur de .
Entre 1786 et 1788, Marie Louise de Rohan-Soubise, comtesse de Marsan, vend les terres du duché de Joyeuse. L'acquéreur du château sera le comte Cerice de Vogüé, représentant de la noblesse aux états du Vivarais de 1789 en tant que baron de Vogüé, de Joyeuse, Aubenas et Montlor (Montlaur canton de Coucouron, commune de Mayres)États-Généraux du Vivarais en 1789.
Branches La maison de Joyeuse s'est divisée en plusieurs branches, dont les principales sont : La branche aînée, dont sont issus les ducs de Joyeuse. La branche cadette, des comtes de Grandpré (issue de Louis de Joyeuse et éteinte à la fin du avec la marquise d'Ecquevilly). À cette branche appartenait notamment Jean-Armand de Joyeuse (1631-1710), chef de guerre français, maréchal de France en 1693.
Filiation vignette|redresse|Guillaume de Joyeuse vignette|redresse|Anne de Joyeuse vignette|redresse|François de Joyeuse vignette|redresse|Henri de Joyeuse Filiation de la maison de Joyeuse d'après le Nobiliaire du Velay et de l'ancien diocèse du Puy : Bernard, baron de Joyeuse (premier porteur du nom), épouse, en 1312, Alexandrine de Peyre. , baron de Joyeuse, leur fils, épouse, en 1345, Flore de Caylus. , baron de Joyeuse, leur fils, épouse, en 1367, Marguerite de Chalencon. Le roi le charge de combattre les Tuchins en 1384. . À son retour, Catherine étant décédée, il épouse, en 1379, Louise de Saint-Didier. Il avait eu de son premier mariage : , baron de Joyeuse et seigneur de Saint Didier, épouse Catherine Aubert de Monteil-Gelat, dite de Chalus, dame de Bouthéon (Forez). Il est gouverneur du Dauphiné (1422-1426)Guy Allard - Les gouverneurs et les lieutenans généraux au gouvernement de Dauphiné, Grenoble, Jean Verdier impr., 1704 (réed. H. Gariel, Grenoble, 1864, ).. , baron puis vicomte de Joyeuse, épouse le , à Bourges, Jeanne Louvet, fille d'honneur de Marie d'Anjou. se bat contre les Anglais à la Bataille de Cravant où il est fait prisonnier et sera récompensé par d'argent de rente et l'érection de Joyeuse en vicomté en par lettres patentes de . À cette époque, on trouve aussi Claude de Châteauneuf, sire de Joyeuse (dont la filiation n'est pas connue), signalé comme bailli royal de Villeneuve-de-Berg en 1455Paul d'Albigny, Les baillis royaux du Vivarais ou baillis d'épée et leur liste chronologique depuis leur origine connue, Imprimerie centrale de l'Ardèche, Privas, 1896.. Tanneguy de Joyeuse (v. 1420-v. 1486), seigneur de Saint-Didier, sénéchal de France à Lyon, sous , bailli de Mâcon. Il épouse, en 1449, Blanche de Tournon et eut : Guillaume (qui suit), Charles (évêque de Saint-Flour), Louis (à l'origine de la branche de Grandpré dans les ArdennesLa Chenaye-Aubert, , ). Tanneguy fut conseiller et chambellan du duc de Bourbon. , vicomte de Joyeuse, épouse en 1472 Anne de Balzac. Ils eurent huit enfants, dont notamment : Jean (qui suit), Louis, évêque de Saint-Flour, , évêque d'Alet sous le nom de et abbé de Chambon, mort en 1541 Jacques, abbé de Saint-Antoine, mort en 1542. Jean, vicomte de Joyeuse et baron de Saint-Didier, épouse en 1518 Françoise de Voisins, baronne d'Arques. Ils eurent quatre filles (Anne, Paule, Françoise et Catherine) et deux fils : Jean-Paul (mort jeune) et Guillaume (qui suit). Jean devient vicomte de Joyeuse au décès de son neveu Jacques. Il s'installe dans son château de Couiza.. Il devient gouverneur de Narbonne, puis lieutenant général au gouvernement du Languedoc. (mort fort âgé en 1592), évêque d'Alet sous le nom de , de 1541 à 1552, mais n'étant pas entré dans les ordres il devint vicomte de Joyeuse à la suite du décès sans héritier de son frère aîné Jean-Paul. Nommé par maréchal de France. Chevalier de l'ordre de Saint-Michel et, en 1578, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit. Il épouse en 1560 Marie de Batarnay (1539-1595), fille de René de Batarnay comte du Bouchage, arrière-petite-fille de Imbert de Batarnay, seigneur du Bouchage, conseiller de . Les Joyeuse sont par ce biais cousins de Diane de Poitiers. Décédé en , probablement à Couiza en son château. Il serait inhumé dans une chapelle de l'église de Joyeuse (Ardèche) ou dans l'église de Saint Jean Baptiste de Couiza. Le destin des enfants de de Joyeuse et de Marie de Batarnay est intimement lié à la lutte contre la Réforme protestante au cours des guerres de religion. Ils vivent à Paris en face du Louvre, l'Hôtel du Bouchage : Anne, duc de Joyeuse (par lettres d'), né en 1560 à Joyeuse ou à Avignon et mort à la bataille de Coutras, le . Beau-frère du roi par son mariage avec Marguerite de Lorraine, fille de Nicolas de Lorraine et de Jeanne de Savoie, demi sœur de la Reine. Pair de France (par prérogative particulière il venait, avec le duc d'Épernon, immédiatement derrière les princes du sang et avant tout autre noble du royaume) ; chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (cinquième promotion de l'ordre, chevaliers reçus le , en l'église des Grands-Augustins de Paris), gouverneur du Mont-Saint-Michel. Il fut un des mignons du roi . Il est enterré à Montrésor (Indre-et-Loire) dans la collégiale fondée par Imbert de Bartanay. Le cardinal François de Joyeuse, duc de Joyeuse, né le à Carcassonne, décédé le à Avignon, était un ecclésiastique et homme politique. Archevêque de Narbonne (1582) et de Toulouse puis de Rouen (1604).