vignette|droite|Mosquée de Sultan Ahmet, ou Mosquée bleue, Istanbul vignette|droite|Mosquée bleue (intérieur), Istanbul vignette|droite|, Kartal (Istanbul)

vignette|upright|Religion en Turquie selon les dernières sources de l'Ispos

L'islam est, depuis plusieurs siècles, la religion la plus importante en Turquie. Selon le gouvernement, plus de 99 % des habitants seraient musulmans, mais des estimations indépendantes arrivent à des chiffres inférieurs, souvent autour de 83 % voir moins. D'autres religions importantes, reconnues par le gouvernement, sont le christianisme et le judaïsme.

La Turquie est officiellement un État laïc, mais l'islam a un certain poids dans la vie publique.

Statistiques et état-civil au +Données de diverses enquêtesSourceIslamSans religionChristianismeAutres religionsOptimar (2019).89,5%9,5%0,3%0,7%KONDA (2018).94%5%0,2%0,8%MAK (2017)https://www.makdanismanlik.org/wp-content/uploads/2019/03/MAK-DANI%C5%9EMANLIK-T%C3%9CRK%C4%B0YEDE-TOPLUMUN-D%C4%B0NE-VE-D%C4%B0N%C4%B0-DE%C4%9EERLERE-BAKI%C5%9EI-ARA%C5%9ETIRMASI.pdf86%12,5%0,5%1%Ipsos (2016)82%13%2%3%Eurobarometer (2015).91,8%7,1%0,4%0,7%Eurobarometer (2012)92,9%6%0,4%0,7%Pew Research Center (2010)98%1,2%0,4%0,4%KONDA (2008).97%2%0,2%0,8%Sabancı University (2006)98,3%1,5%0,2%N/ANombres du gouvernement99.8%N/A0,2%N/A De source étatique, la population d'un peu plus de 80 millions d'habitants. est musulmane à 99,2 % en 2014.. En effet, l'état-civil enregistre automatiquement comme musulmane toute personne dont les parents ne sont pas d'une autre religion officiellement reconnue..

De cette manière, le nombre officiel de musulmans comprend des personnes sans religion, chrétiens, judaïsants, et toute personne d'une religion différente de l'islam, du christianisme ou du judaïsme, mais aussi tout individu d'une religion différente de ses parents et qui n'a pas demandé un changement de son dossier personnel. Dans l'état actuel, il n'est pas permis de modifier un dossier personnel officiel pour passer à une autre religion que l'islam, le christianisme ou le judaïsme, ces deux dernières options pouvant être acceptées seulement avec un document de reconnaissance publié par une église ou une synagogue officiellement reconnue..

Selon les dernières sources (plus fiables en ce domaine) d'Ipsos., en 2016, l'islam est la principale religion en Turquie, pour 82 % de la population totale. Suivent les personnes sans affiliation déclarée (13 % de la population) et le christianisme (2 %).

Les sondages indépendants récents montrent des pourcentages plus faibles, avec 9,4 %. à 13 % de non religieux, dont 90 % de moins de 35 ans.

La plupart des musulmans en Turquie sont sunnites (65 %), et chiites (4 %), dont, parmi cette minorité chiite, les Ismaéliens forment une frange considérable, au moins par son héritage..

Les chrétiens (orthodoxe oriental, orthodoxe grec et apostolique arménien) et les juifs (séfarades), qui constituent la population religieuse non musulmane, représentent 4 % du total.

La Turquie est officiellement un pays laïc sans religion officielle depuis un amendement de 1928 à la constitution de 1924, renforcé par la suite par d'autres réformes sous la présidence de Mustafa Kemal Atatürk. Cependant, à l'école (publique), élémentaire et secondaire, des cours de religion obligatoires se concentrent uniquement sur la branche sunnite de l'Islam. Dans ces classes, les enfants sont tenus d'apprendre des prières et d'autres pratiques religieuses qui appartiennent spécifiquement au sunnisme. Ainsi, bien que la Turquie soit officiellement un État laïc, l'enseignement des pratiques religieuses dans les écoles publiques est devenu controversé. La demande d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne a divisé les membres de la Communauté européenne, certains se demandant si un pays musulman pourrait s'intégrer. Les politiciens turcs ont alors accusé les opposants de l'UE à la candidature turque de favoriser un « club chrétien »..

Bien que le gouvernement turc déclare que plus de 99 % de la population est musulmane, la recherche universitaire et les sondages donnent des résultats différents du pourcentage de musulmans qui sont généralement plus faibles, dont la plupart sont au-dessus des 90 %, mais aussi plus bas. Dans un sondage réalisé par l'Université Sabanci, 98,3 % des Turcs ont révélé qu'ils étaient musulmans. Un sondage mené par Eurobaromètre, KONDA et d'autres instituts de recherche en 2013 a montré qu'environ 4,5 millions de la population de 15 ans et plus n'avaient pas de religion. Un autre sondage mené par les mêmes institutions en 2015 a montré que ce nombre avait atteint 5,5 millions, ce qui signifie qu'environ 9,4 % de la population en Turquie n'a aucune religion. Un sondage Ipsos de 2016 a montré que 13 % de la population de la Turquie n'était pas religieuse.

En théorie, la Turquie, à travers le traité de Lausanne de 1923, reconnaît les droits civils, politiques et culturels des minorités non musulmanes. .

Le pourcentage de personnes se considérant pieuses tend à diminuer : 55 % en 2008, contre 51 % en 2018.

Laïcité et religions La place des religions dans la société est l'objet des politiques de laïcité en Turquie. Depuis les réformes d'Atatürk, la Turquie est officiellement un État laïc. Si la constitution prévoit qu'aucune réforme constitutionnelle ne peut porter atteinte à un certain nombre de principes, dont celui de la laïcité, la religion reste toutefois encadrée par l'État Bozarslan, 2004.. La constitution affirme aussi que

Sous le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdoğan, la religion a pris plus de poids dans la vie publique du pays. De nouvelles mosquées ont été construites, l’accent a été mis sur les cours d’éducation religieuse, et le budget de la direction des affaires religieuses a quadruplé en quelques années (2 milliards de dollars pour 2019).. Cependant, entre autres à cause de cette politique, de nombreux jeunes ne se reconnaissent plus dans l'islam. Les affaires de corruption chez les tenants de l’islam politique et le rejet qu’ils suscitent dans la population ont conduit beaucoup de gens à interroger leurs croyances dans les années 2020. L’athéisme a ainsi un peu augmenté, tandis que le déisme a explosé.

En 2016, le gouvernement annonce que la nouvelle pièce d’identité turque ne mentionnera plus obligatoirement la religion de l’individu..

Islam en Turquie La première expansion de l'islam (au ) se déroule aux franges de l'Empire byzantin (610-1204 et 1261-1455) sans trop l'inquiéter, mais la conquête de l'Égypte et de la Syrie au le fragilise. Face au Califat abbasside (750-1258), il résiste, se réduit, se réveille, et finalement se soumet en 1453. Avec l'Empire seldjoukide (1037-1194), turco-perse, converti à l'Islam au , commencent l'islamisation et la turquisation de l'Anatolie. Au rythme des guerres arabo-byzantines (634-1180) puis des guerres turco-byzantines (1055-1453), la progressive conversion à l'islam s'opère.

L'Empire ottoman (1299-1923) est un État multinational, multilingue, multiconfessionnel. L'Âge d'or de l'Islam ou de la civilisation islamique va de 750 à 1250, et le est l'âge d'or ottoman et de sa culture.

La liste du patrimoine mondial en Turquie recense un bon nombre de sites religieux musulmans anciens, parmi les plus grandes réussites de l'architecture ottomane : architecture turkmène et primo-ottomane, puis ottomane classique avec entre autres Sinan (1492-1588).

Les siècles suivants marquent un déclin (17e-18e), puis un sursaut (19e), et en fin un effondrement (1908-1923), accentué par son implication dans la Première Guerre mondiale.

La Turquie moderne est fondée à partir de 1923, sous l'impulsion et la direction de Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), sur les ruines de l'Empire ottoman, entaché par les génocides arménien, assyrien et grec pontique, défait à la suite de la Première Guerre mondiale. Elles est une république parlementaire, laïque, unitaire et constitutionnelle.

Un siècle après les réformes kémalistes, le paysage religieux en Turquie a changé, et les courants de l'islam sont encore bien présents : Islam en Turquie.

Parmi les minorités en Turquie mal répertoriées : les Hémichis, Arméniens islamisés, principalement autour de Hopa (Artvin) et Bash (Rize), les Kurdes (12..15 millions), majoritairement sunnites, minoritairement alévis Les zazas majoritairement alevis et minoritairement musulmans, les Roms et les Doms. Sunnisme (~ 75-80 %) Le sunnisme (de sunna), majoritaire à 90 % dans le monde musulman, particulièrement en Turquie, reconnaît quatre écoles (madhhab) de droit musulman et de jurisprudence (fiqh) : hanafisme, malikisme, chaféisme (chafi'isme), hanbalisme.

70 % de la population turque relève de l’hanafisme, du nom du théologien et jurisconsulte Abou Hanifa an-Nou'man ibn Thabit (699-767). Ce courant représente 35 à 50 % des musulmans dans le monde.

6,5 % de la population turque relève du chaféisme, fondé sur l'enseignement de l'imam Ash-Shâfi'î (767-820) et de ses disciple, considéré comme un compromis entre les écoles hanafite et malikite. Une bonne partie des Kurdes seraient de cette obédience.

Chiisme (~ 15 %) Le chiisme (ou shî'ismeArabe : šīʿa, persan : šīʿah, .) constitue l'une des deux principales branches de l’islam. Il regroupe environ 10 à 15 % des musulmans dans le monde. La première communauté chiite vit en Iran, où elle constitue 90 % de la population du pays, et environ 40 % de la population chiite mondiale. Le reste des musulmans chiites se répartit principalement en Irak, en Azerbaïdjan, au Pakistan, en Inde, à Bahreïn.

En Turquiehttps://www.cairn.info/les-mondes-chiites-et-l-iran--9782845868885-page-133.htm, où comme ailleurs les groupes ethniques se différencient parfois par la pratique religieuse, ils représenteraient statistiquement 16,5 % des affiliations déclarées : alaouisme (1 %), jafarisme ou Ja'fariya (3,9 %), qizilbash (11,6 %).

Le terme Qizilbash renvoie en partie à des minorités d'origine turkmène et recouvre généralement alévisme et bektashisme.

Spiritualités musulmanes réputées hétérodoxes Alaouisme (1 %) La minorité alaouite (10 à 12 % de la population syrienne) pratique un chiisme duodécimain. Des groupes alaouites sont présents particulièrement dans l'ancien Sandjak d'Alexandrette, actuelle province d'Hatay.

La population estimée de en 1970 aurait atteint en 2009. Coranisme (1 %) Le Coranisme ou Qoranisme est un courant religieux de l'Islam, ni sunnite ni chiite, fondé sur le coran seul et le refus total de l'autorité des hadiths.

Soufisme Le soufisme est un courant de l'Islam qui relève du chiisme, mais qui n'est pas incompatible avec le sunnisme. La République laïque turque (1923-1937) interdit, en 1925, interdit tous les ordres soufis et ferme leurs institutions après qu'ils se sont opposés au nouvel ordre séculier.

L'Ordre mevlevi est à nouveau légalisé en 1950, et les Derviches tourneurs sont autorisés à réaliser une représentation annuelle de leur Samā‘ le , date anniversaire de la mort de Jalâl ud Dîn Rûm. La voie (tariqa) Mevlevi existe toujours en Turquie, officiellement conduite aujourd’hui par le () de Rûmî, Faruk Hemdem Celebi (Fârûq Hamdam ChalabîFaruk Hemdem Celebi en turc, Fârûq Hamdam Chalabî en arabo-persan.) "Dar-al-Masnavi of the Mevlevi Order", The Leader of all Mevlevis, by Ibrahim Gamard..

Alévisme et bektashisme peuvent s'interpréter comme deux voies du soufisme.

Alévisme Les alévis représenteraient entre 10 % et 30 % de la population turque..

Au début du , beaucoup d'alévis ont soutenu Atatürk lors de la guerre d'indépendance et les réformes qui suivirent, croyant pouvoir accéder à la laïcité et ainsi pouvoir pratiquer leur culte en liberté. Si certains seront cependant victimes de massacres en 1937-38 lors de l’insurrection des alévis kurdes appelés « zaza ». ils restent majoritairement satisfaits du gouvernement, qui tente de marginaliser l’extrémisme religieux et la nostalgie de l'empire ottoman.