Le régiment d'artillerie est un régiment de l'Armée de terre française, stationné à Hyères. Il est l'héritier du RAC (régiment d'artillerie de campagne) au passé glorieux. Depuis le , il fait partie de la base de Défense de Toulon et est soutenu par le groupement de soutien de la base de défense de Toulon créé à la même date.
Création et différentes dénominations Le RA (régiment d’artillerie, corps appartenant à la subdivision d’arme sol-air) a été recréé à Hyères, à la caserne Vassoigne, le . Un corps d’artillerie portant le numéro « 54 » a connu 4 continuités différentes : de 1910 à 1940, à Lyon, avec la création du d'artillerie de campagne, ses différentes appellations (RAD, RANA) puis sa participation aux deux guerres mondiales. ; de 1946 à 1962, à Lure, recréé par changement d’appellation du I/ RA ; de 1970 à 1984, à Verdun, recréé par changement d’appellation du GAAL ; depuis 1984, à Hyères, recréé en tant que d’artillerie appartenant à la subdivision d’arme sol-air, par changement d’appellation du RA.
Ce qui fait apparaître les filiations suivantes : Filiations analogiques (unités formant corps ayant porté le numéro « 54 ») : RA de la période 1910-1940, sous ses différentes dénominations (RAC, RAD et RANA), I/ RA, RA et CI du RA de la période 1946-1962, RA, régiment d'artillerie sol-air de la période 1970-1984. Filiations historiques directes (création du « 54 » par changement d’appellation d’une autre unité) : I/ RA, GAAL, RA. Outre la possession de l’Étendard, le d’artillerie d’aujourd’hui se trouve donc être l’héritier des actions d’éclat et le dépositaire des traditions des formations précitées (sauf pour le 1/63 dont le 68 RAA est le dépositaire) et de celles qui en ont été directement dérivées sous le même numéro.
Chefs de corps RAC/RAD/RANA, 1910 - 1940 (Lyon) 1910 : colonel Dupont 1912 : colonel Crepey mort pour la France en 1917 (général de brigade) 1914 : colonel Schweiger 1915 : lieutenant-colonel Fromheim 1917 : colonel Mercier 1918 : lieutenant-colonel Bailly 1919 : colonel Beranger 1920 : colonel Nader 1925 : colonel Mareteau 1928 : colonel Perra 1931 : colonel Sancelme 1934 : colonel Mauton 1937 : colonel Vul 1938 : colonel Lagapee 1939 : lieutenant-colonel Charles
RA, 1946 - 1962 (Lure) 1946 : colonel Arnaud 1948 : colonel Hergott 1950 : colonel Lecat 1953 : colonel Neltmer 1955 : lieutenant-colonel Parmain 1957 : lieutenant-colonel Hergott 1959 : colonel Pressard 1960 : lieutenant-colonel Thomas 1962 : lieutenant-colonel Toth
RA, 1970 - 1984 (Verdun) 150px|right|thumb|Insigne de béret d'artillerie 1970 : lieutenant-colonel Bresson 1972 : lieutenant-colonel Moreau 1974 : lieutenant-colonel Laurency 1976 : lieutenant-colonel Lemoinne* (promu colonel le , Chem-Ihedn 1980, promu général de brigade en première section le 01/12/1985 (conseil des ministres)) 1978 : lieutenant-colonel Leroy 1980 : colonel Littaye** (achèvera sa carrière comme général de division) 1982 : colonel du Campe de Rosamel* (promu le , comme général de brigade, )
RA, depuis 30 juin 1984 (Hyères) 1984 : colonel Dive (une seule année comme chef de corps) 1985 : colonel Dechesne (est parti par la suite comme colonel (CR)) 1987 : colonel Thiriet* (promu général de brigade (2 étoiles) le en deuxième section) 1989 : lieutenant-colonel Baju (promu colonel le 01/04/1991) 1991 : lieutenant-colonel Boury (promu colonel le 01/07/1992) 1993 : lieutenant-colonel Panaget (promu colonel le 01/01/1995) 1995 : colonel Hubscher par la suite directeur du Centre d’études tactiques et d’expérimentation de l’artillerie (CETEA), puis directeur général des Études d’Artillerie (DGEA), puis directeur général des Études et de la Prospective (DEP) 1997 : colonel Margueron**** (promu général d'armée le , Inspecteur général des Armées) 1999 : colonel Mathey** (promu général de division le et au Commandement des centres de préparation des forces (CCPF)) 2001 : colonel Bemelmans (Secrétaire général du CSFRS jusqu'au ) 2003 : colonel Roche pierre (adjoint au sous-directeur des études et de la politique, DPMAT, MINDEF) 2005 : lieutenant-colonel Naal (promu colonel en 2006, CDEF / DEO, FINUL LIBAN EN 2012) 2007 : colonel Menaouine*** (promu général de corps d'armée le 01/08/2020) Chem-Ihedn 2009) 2009 : colonel Zugetta, Chem-Ihedn 2011, nommé sous-directeur des politiques en faveur de la jeunesse à la direction du service national et de la jeunesse, au ministère des armées 2011 : colonel Sagon* (promu général de brigade au 01/03/2022), lieutenant au RA en 1993, Chem-Ihedn 2015 2013 : colonel Serizier, Ihedn 2018 2015 : colonel Damien Dréo, 3 ans CDC 2018 : colonel Vincent Jausions 2020 : colonel Pierre Bernard 2022 : colonel Adrien de Tarlé 2024 : colonel Xavier Tarot
Historique des différents « 54 » Le d'artillerie de campagne : Origine et Première Guerre mondiale vignette|Canon de 90 (pièce de réserve) de la du le . Le « RAC » (régiment d’artillerie de campagne) « 54 » est formé le à Lyon, à 3 groupes de canons de 75 hippomobiles, avec des batteries venant : du I/ RAC, stationné à Lyon (La Vitriolerie) ; du I/ RAC, stationné à Sathonay ; d’éléments divers venant des , et RAC. Commandé par le Colonel Dupont, il reçoit son étendard des mains du président de la République (Armand Fallières), le à l'hippodrome de Longchamp.
Le RAC, dépend en temps de paix de la d’artillerie (PC à Grenoble) et de la Région militaire/ corps d’Armée. Il est le régiment d’artillerie de la d’infanterie faisant partie du CA. La mobilisation générale est décrétée le 2 août 1914, la guerre déclarée le .
Résulteront de la mobilisation : À l’artillerie de la division d'infanterie (AD28) : le Chef de corps du RAC et commandant de l’AD28 : colonel Crépey, le régiment à 3 groupes hippomobiles de canons de 75 attelés qui sont les : (batteries n 1, 2 et 3), stationné à Sathonay, chef d’escadron Grange, (batteries n 4, 5 et 6), stationné à Lyon (La Vitriolerie), chef d'escadron Peyras, Groupe (batteries n 7, 8 et 9), stationné à Lyon (La Vitriolerie), chef d’escadron Petit. À l’artillerie de la division de cavalerie : le IV/, groupe d’artillerie à cheval de « Les Volants du 54 » (batteries n 10, 11 et 12), stationné à Lyon, chef d’escadron Pascaud. À l’artillerie de la DI, le groupe de renforcement du RAC (à 3 batteries de canons de 75,n 24,25 et 26), issu de la mobilisation et créé le , qui deviendra le II/ RAC le . À la d’infanterie territoriale, un groupe territorial issu à la mobilisation du RAC et créé le , à 3 batteries de canons de , numérotées 41, 42 et 43. Des batteries d'artillerie de tranchée sont créées par la suite, issues du .
Les campagnes Les campagnes du RAC au sein de la d’infanterie Le RAC, est affecté pendant toute la guerre à la d’infanterie ( Corps d’armée). Son chef de corps est également le commandant de l’artillerie divisionnaire (AD28). Il est composé en très grande partie par des Lyonnais, des Savoyards et des Auvergnats. Commandé par le colonel Crepey au moment de la déclaration de guerre, le régiment (à 3 groupes de canons de 75 attelés) quitte Lyon par chemin de fer, fractionné en trois, en direction d’Épinal et se porte : État-major et à Docelles, à Cheniménil, à Jarménil. Il combat ensuite : Entre le et le : dans les Vosges. Période pendant laquelle ses pertes en hommes sont de 224 dont 3 capitaines, 3 lieutenants et 2 sous-lieutenants (51 tués, 163 blessés, 2 prisonniers, 8 disparus) et de 306 chevaux. De à : Changement de secteur et « Course à la Mer » en Picardie, à l’ouest de Péronne, aux ordres du lieutenant-colonel Schweiger (précédemment commandant en second). Période pendant laquelle ses pertes en hommes sont de 14 tués et 55 blessés. Il passe à 4 groupes. Le change de matériel et forme 4 batteries à 4 pièces de (de Bange) dont les canons sont perçus le , à Montdidier ; du 13 au , il tire coups. Le , en récompense des actions effectuées, sont remises à divers personnels du régiment : 2 croix de la Légion d’Honneur, 3 médailles militaires, 10 croix de guerre, 1 croix de Saint-Georges de , 1 médaille de Saint-Georges de . Entre le et le , 28 militaires du régiment sont cités à l’ordre de l’armée. D’ à : en Champagne (Suippes, Butte de Souain, butte de Tahure) Du au : la DI est mise à la disposition de la RFB (Région fortifiée de Belfort), secteur de Dannemarie. L’AD 28 y est temporairement mise à la disposition de la DI, du au , puis elle rejoint sa division d’appartenance. De au : autour de Verdun (→ ) De février à : en Picardie, sur la Somme, au sud de Saint-Quentin, temporairement au sein de l’AD 121. Le , le régiment quitte la DI et passe directement aux ordres de la , envoyé dans la région de Soissons. La DI étant passée elle aussi à la , le régiment rejoint sa division le . Il combat ensuite : De mai à : au Chemin des Dames (secteur de Cerny), De juillet à : dans l’Oise (La Fère), période assez calme, D’ à : à l’Ailette (Laffaux), au fort de Malmaison (→ ), Saint-Quentin. De janvier à : en Alsace (Altenach), D’avril à : en Belgique, en Flandre-Occidentale au Mont Kemmel (→ ), De mai à : dans le Tardenois, vignette|Défilé du à Lyon le . De juin à : mis au repos en Lorraine, En : en Champagne (devant Sainte-Marie-à-Py et Mourmelon), puis dans l’Aisne, À la fin de la guerre : dans le Tardenois. Au total, le régiment (portion principale) a eu à déplorer durant cette guerre 254 tués et 783 blessés. Le , le régiment s’installe (temporairement) à Metz, caserne de Barny. Attribuée au régiment le , la fourragère aux couleurs de la croix de guerre lui est officiellement remise par le maréchal Pétain, le . Le chef de corps, l'étendard et sa garde participent au « défilé de la Victoire » à Paris, le . Le , le régiment rejoint, à Lyon, le quartier de La Vitriolerie et le , place Bellecour, le régiment défile avec 9 batteries attelées devant le général-gouverneur de Lyon, commandant la Région.
Les « Volants » du 54 au sein de la de cavalerie ( DC) À l’entrée en guerre, le IV/, groupe à cheval du RAC à 3 batteries de (, et ), commandé par le Chef d’escadron Pascaud, ultérieurement par le Chef d’escadron Dupart, débarque à dans les Vosges et rejoint la qui couvre l’aile gauche du RAC entre Sarrebourg et Baccarat. Il est ensuite engagé dans toutes les opérations auxquelles participe sa division : En : sur la Marne, En : dans les Flandres, sur la frontière belge (Cassel, Hazebrouck, Merville), De janvier à , la DC est affectée au DAV (Détachement d’armée des Vosges) et prend position à l’est de Belfort, sur le canal du Rhône au Rhin où sont constitués des secteurs de défense et des centres de résistance, rattachés à la division d’infanterie (de réserve). En , la DC, au sein du corps de cavalerie, se porte sur le front de la Meurthe de Raon-l'Étape à Saint-Dié où son groupe d’artillerie à cheval renforce l’action de la d'infanterie autour de Launois. À partir du , le groupe est mis à la disposition du CA et prend position autour de Minaucourt, en appui du RI et du régiment de zouaves. Il est rendu à la DC le mais perd sa qui rejoint l’Armée d’Orient. La DC est en Lorraine où elle occupe le sous-secteur de la forêt de Parroy. Le Groupe participe aux opérations jusqu’à la relève de la DC qui le conduit à Lunéville, fin . À la suite de la réorganisation de la DC le , qui tient le secteur de Dombasle-sur-Meurthe, le groupe voit, le , la permutation entre la du RAC (de la DC) et sa , qui elle part pour l’Orient avec le RAC. À partir du , la DC tient le secteur de Baccarat jusqu’au . En , la DC participe à la réalisation de travaux défensifs face à la frontière suisse, dont elle assure la surveillance par ses patrouilles. Elle participe à des manœuvres au camp de Villersexel en mars, puis passe aux ordres de la Armée et fait mouvement vers Sézanne.