Louis Renard, né le à Poitiers et mort à Wolfenbüttel (Allemagne) le , fut un dirigeant de la Résistance française, en zone occupée, pendant la Seconde Guerre mondiale. Jeunesse vignette|right|La Maison Vannier à Poitiers.Ses parents tenaient le Café de l`Espérance à Montoire-sur-le-Loir. Il a commencé un enseignement commercial au grand magasin à Poitiers, la Maison Vannier. Après la mort de son père en 1908, sa mère l'envoie en Angleterre pour apprendre la langue. Retour en France il fut engagé au magasin le Printemps Haussmann de Paris.

Première Guerre mondiale Louis Renard est appelé en 1912 à remplir ses obligations militaires. Le service avait à l'époque une durée de deux ans. Il est incorporé au d’infanterie. Nommé sergent le , il est blessé d`une balle au poumon le suivant. Reversé au 409 régiment d'infanterie, il est promu sous-lieutenant le . Le il est de nouveau blessé à la tête devant Verdun et perd l'œil droit. Le ces blessures et sa conduite lui valent la Légion d'honneur au titre de chevalier et la croix de guerre avec palmes. Retourné au front il est encore blessé à la main. Nommé lieutenant le 11 aout 1917 il est réformé avec pension (65 %) en . Son jeune frère Henri, engagé volontaire, est tué à l'âge de 23 ans au combat comme sous-lieutenant d'infanterie au RI le ; il est décoré de la Croix de guerre à titre posthume.

Entre les guerres Renard reprit son travail au Printemps, ensuite il représente Michelin sur les marchés du Royaume-Uni et des Pays-Bas. En 1922 il épousa Germaine Marsaudon (1900-1986). Entre 1922 et 1936, le couple aura six enfants: Jeanne, Henri, Georges, Geneviève, Francis et Yves. Il entra en 1929 comme clerc chez un avoué à Poitiers. En même temps, il a commencé ses études de droit et les a terminées comme Avoué en 1932. Il devint à Poitiers le président-fondateur des "Auberge de jeunesse" et prend la présidence de l`amicale des anciens du 409 RI. Renard amena à fonder l` association des parents d`élèves du Lycée dont il fut le président.

Dévoué à l'humanité Renard fut membre du bureau de l'Union nationale des combattants et de l`Union fédérale des associations françaises d'anciens combattants, président de l'Amicale des anciens du RI, membre de nombreuses associations culturelles, président du Rotary Club pour Poitiers en 1936 et 1937 et gouverneur du district en 1939. Dans le cadre de ses fonctions au sein du Rotary Club il a trouvé l'occasion d`effectuer des plusieurs grands voyages. En 1933 il avait visité la Pologne, 1934 Italie et Allemagne, 1936 et 1937 Angleterre, Autriche et Allemagne. En Juin1939 il participa à la trentième convention internationale du Rotary en Cleveland, Ohio, États-Unis.

Expériences en Allemagne, 1934-1935 Louis Renard a rapporté ses expériences en Allemagne dans la revue La Grand'Goule: Jamais je n`ai autant vu de gens en uniform verts, noirs et kaki, armés de sabres ou de poignards, ni autant d`officiers en tenue. Jamais je n`ai ressenti un tel poids écrassant de discipline et de militarisme rigideCalmon29 (1934 !). Sur la popularité d'Hitler, il a statué en 1935: Ceux qui croient ou disent que la popularité d`Hitler diminue, se trompent lourdement. Et c`est dans les peuples que cette popularité est la plus grande. ... ils sont dans l`état d`esprit des Croisés partant pour la Terre Saint. Ils marcheront au premier signal.

Seconde Guerre mondiale Au début du mois de , Renard écrivit dans son journal intime : !

À sa demande, Louis Renard reprit du service. Il fut détaché à la mission militaire près l`armée britannique à Marseille. Démobilisé en il regagna Poitiers qu´au début du mois d`aout.

Le réseau Renard Louis Renard a été profondément affecté par le troisième discours prononcé par le général Charles de Gaulle aux Français du : . Le , il adressait un courrier au général De Gaulle : .

Cette insouciance () a été confirmée par Jacques D'Hondt dans un article de 2003. En automne 1941 il a visité Renard avec son collègue étudiant Jacques Moreau (1920-1943), membre du réseau : Ils ont rencontré Renard .

En , Renard demande une audience à Georg Brückle, le commandant de la SD-SiPo à Poitiers pour les départements de Charente, Charente-Inférieure, Deux-Sèvres, Vendée et Vienne. On a , comme il l'a expliqué lors de son interrogatoire. Début , Brückle présenta Renard à son successeur, le Sturmbannführer Hermann Herold (1891 - ?). Renard n'avait pas cherché à dissimuler ses opinions. Ce n'était pas de l'inconscience, mais de toute évidence un risque calculé. Les Allemands ne pouvaient pas imaginer qu'un chef d'un groupe de résistance leur parlerait franchement. En ce sens, il était bien parvenu à , comme l`écrit Jaques D`Hondt.

Création du réseau L'ambition de Renard était fondamentalement de participer aux combats à la libération du pays. C'est pourquoi il a eu l'intention de s'organiser militairement selon les règles qu'il connaissait bien. Pour cela, au début d`août il a fondé un journal libre et clandestin : Le Libre Poitou. Lorsque le projet échoua en , le Journal fut la seule œuvre achevée du projet.

Arrestation Louis Renard est arrêté le à l'abbaye de Ligugé par la police française. Des policiers allemands assistent aux interrogatoires. Le , il est transféré de la maison d'arrêt de la Pierre-Levée à celle de Fresnes avec les autres captifs.

Déportation Le , il est déporté à Trèves, en Allemagne, en application du décret Nuit et brouillard. Le , il est transporté au camp spécial SS de Hinzert. Le , il est transféré à Wolfenbüttel.

Exécution Le , Louis Renard et dix de ses compagnons comparaissent devant le du Volksgerichtshof. Les chefs d'accusation sont « aide à l'ennemi, organisation d'un réseau, espionnage ». Il est condamné à mort et guillotiné le à la prison de Wolfenbüttel avec les neuf autres membres du Réseau Renard..

La lettre d'adieu de Louis Renard à sa famille, écrite quelques minutes avant son exécution, n'est parvenue à la famille que 55 ans plus tard. Les autorités allemandes avaient initialement envoyé une photocopie, et seulement sur l'insistance de la famille, l'original. Ni sa mère, morte en 1948, ni sa femme Germaine n'avaient pu lire cette lettre d'amour et du réconfort. La lettre de 6 pages est difficilement lisible, car l'œil restant de Renard était enflammé. Elle a été rédigée en partie par Sabine Renard-Darson, petite-fille de Louis Renard.

En 1947, les corps des dix combattants de la Résistance assassinés sont ramenés à Poitiers et inhumés au cimetière de Chilvert où fut édifié un monument à la Gloire du sacrifice de ces martyrs.

Hommages

Un monument en hommage au réseau Renard et à ses 52 agents morts pour la France a été élevé au cimetière Chilvert, à Poitiers.

Dans l'opération 100 villes, 100 héros, 100 drapeaux, il est choisi au sein du triptyque 86, Poitiers-Louis Renard- RI.

Distinctions Il est reconnu « mort pour la France ».

par décret du ; ; par décret du ;

(deux blessures de guerre le 24 août 1914 et le 8 mars 1916).

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

FNDIRP-UNADIF, Bernard Filaire, Jusqu'au bout de la Résistance, Paris, Stock, 1997 (un chapitre reproduit une traduction du réquisitoire de l'avocat général du VGH contre le groupe Renard) Gilles Antonowicz, Mort d'un collabo - , Nicolas Eybalin Éditions, 2013 (deux chapitres sur l'affaire Renard et nombreuses citations dans le livre, appuyées sur les Archives Départementales de la Vienne : ADV 194, ADV 199, ADV 77, ADV 136, et sur les Archives Nationales : AN F1 B1 1046, AN72 AJ 202) Jacques Grasseau, Mémoires, inédit, cité in Gilles Antonowicz, op. cit. Marc Texier, Pour la France : Poitiers, cellule 29, Imprimerie Marc Texier, 1946 .

Liens externes

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