Le trésor de Hoxne (prononcé /ˈhɒksən/, « hoxeune »). est le plus grand trésor d'or et d'argent de l'Antiquité tardive découvert en Grande-Bretagne et la plus grande collection de pièces de monnaie en or et en argent des découverte dans tout l'Empire romain. Il a été trouvé le , dans le village de Hoxne, dans le Suffolk à l'aide d'un détecteur de métaux. Le trésor consiste en pièces de monnaie romaines de bronze, d'argent et d'or de la fin du et du début du et environ 200 pièces de vaisselle en argent et bijoux en or. Ces objets sont conservés au British Museum, à Londres, où une partie du trésor est en exposition permanente. En 1993, le Treasure Valuation Committee a évalué le trésor à 1,75 million de livres sterling.

Le trésor a été enterré dans un coffret en chêne. Les objets en métal précieux étaient pour la plupart rangés par type dans des boîtes en bois plus petites, d'autres dans des sacs ou enveloppés dans du tissu. Des restes du coffret et des ferrures, telles que les charnières et les serrures, ont été découverts sur le lieu de fouilles. Les pièces de monnaie permettent de dater le trésor après l'an 407, qui coïncide avec la fin de la Bretagne en tant que province romaine.. Le propriétaire du trésor et les raisons pour lesquelles il a été enfoui sont inconnus, mais il a été emballé avec soin et son contenu paraît conforme à ce qu'une famille très riche pourrait avoir possédé. Étant donné l'absence de grandes pièces d'argenterie et de quelques-uns des types de joyaux les plus communs, il est probable que le trésor ne représentait qu'une partie de la richesse de son propriétaire.

Le trésor de Hoxne contient plusieurs objets rares et importants, dont une chaîne en or et des poivrières d'argent. Ce trésor revêt aussi une grande importance archéologique car il a été exhumé par des archéologues professionnels, les objets étant intacts et très peu déplacés. Cette découverte a permis de rapprocher les chercheurs de trésors munis de détecteurs de métaux et les archéologues, et provoqué un changement de la loi sur les découvertes de trésors en Angleterre..

Histoire archéologique vignette|Garnitures de boîte en argent provenant du trésor de Hoxne

Découverte et premières fouilles

Le trésor a été découvert dans un champ, à environ au sud-ouest du village de Hoxne, comté du Suffolk, en Angleterre, le . Peter Whatling, un fermier, avait perdu un marteau et demandé à son ami Eric Lawes, jardinier à la retraite et propriétaire d'un détecteur de métaux, de l'aider à le retrouver.. En parcourant le champ avec le détecteur de métaux, Lawes découvre des cuillères en argent, des bijoux en or et de nombreuses pièces de monnaie en or et en argent. Après avoir rassemblé quelques-uns de ces objets, Lawes et Whatling rendent compte de leur découverte aux propriétaires du terrain (le Suffolk County Council) et à la police, sans essayer de déterrer davantage d'objets..

Le lendemain, une équipe d'archéologues locaux (membres de la ) débutent une excavation d'urgence du site. Le trésor est entièrement exhumé en un seul jour, de larges blocs de matériau intact sont enlevés pour étude ultérieure en laboratoire.. La zone, dans un rayon de autour du lieu de la découverte, est passée au détecteur de métaux.. Le marteau de Peter Whatling est retrouvé et donné au British MuseumBritish Museum collection database, "hammer", , accessed July 21, 2010..

Le trésor était rassemblé en un seul lieu, dans les restes complètement décomposés d'un coffret en bois. Les objets avaient été rangés dans le coffret. Par exemple, les louches et les bols étaient empilés les uns dans les autres, et d'autres objets ont été retrouvés groupés comme s'ils avaient été dans une même boîte intérieure au coffret.. Quelques objets ont été déplacés par des animaux et les labours, mais globalement les perturbations ont été faibles.. Il a été possible de reconstituer la disposition originale des objets dans le coffret, et l'existence du coffret lui-même, grâce au signalement rapide de la découverte par Lawes, qui a permis son excavation par des archéologues professionnels.

Le trésor, déterré, est emporté au British Museum. La presse est informée de la découverte par des fuites et, le , le journal The Sun publie l'histoire en une, avec une photo de Lawes et de son détecteur de métaux. Bien que le contenu exact du trésor soit encore inconnu à ce moment, le journal affirme qu'il vaut 10 millions de livres sterling. En réponse à cette publicité inattendue, le British Museum tient une conférence de presse dans ses locaux le pour annoncer la découverte. Les journaux perdent rapidement leur intérêt pour le trésor, ce qui permet aux conservateurs du musée de le trier, le laver et le stabiliser sans autre interruption due à la presse. La première phase de nettoyage et de conservation du trésor est achevée un mois après la découverte.

Enquête et évaluation Le , une enquête est ouverte à Lowestoft, chef-lieu du district de Hoxne. Le trésor est déclaré , ce qui signifie qu'il a été caché dans l'intention d'être récupéré plus tard. Selon la loi anglaise, tout objet déclaré appartient à la Couronne si personne n'en réclame le droit de propriété.. Cependant, à cette époque, l'usage est de récompenser toute personne qui a découvert et déclaré rapidement le trésor avec une somme d'argent égale à sa valeur marchande, payée par l'institution qui souhaite l'acquérir. En , le évalue l'ensemble des objets à 1,75 million de livres, qui sont payés à Lawes, en tant que découvreur du trésor. Il partage sa récompense avec Peter Whatling. Trois ans plus tard, une nouvelle loi, le , rend obligatoire le partage à parts égales de la récompense entre le découvreur d'un trésor et le propriétaire du terrain sur lequel la découverte est effectuée.

Recherches archéologiques ultérieures En , après que le champ a été labouré, le Service archéologique du Comté du Suffolk (Suffolk County Council Archaeological Service : SCCAS) le prospecte. Il découvre quatre pièces d'or et , toutes étant considérées comme appartenant au même trésor.. Du matériel médiéval et de l'âge du fer est aussi découvert, mais aucune preuve d'un établissement romain dans le voisinage.

En 1994, en réponse à des tentatives illégales de détection de métal près du lieu de la découverte, le SCCAS entreprend une nouvelle fouille du champ. Le trou où le trésor a été enterré est de nouveau creusé mais seul un trou de poteau est identifié dans le coin sud-ouest. Il se pourrait qu'il ait servi à planter un poteau destiné à marquer le lieu de la cache du trésor afin que ceux qui l'ont enterré puissent l'identifier dans le futur. Le sol est retiré sur une épaisseur de et une superficie de , à des fins d'analyse, et des détecteurs de métaux employés pour tenter de localiser d'éventuels artéfacts métalliques. Ces fouilles permettent de retrouver datables de la période romaine, pour la plupart des pièces de monnaie, mais aussi d'autres ferrures de coffres ou coffrets. Une série de trous de poteaux de la fin de l'âge du bronze et du début de l'âge du fer, qui peuvent avoir formé une structure, est découverte. Cependant, aucun élément de structure de la période romaine n'est détecté..

Les pièces découvertes pendant la recherche de 1994 étaient disséminées suivant une ellipse centrée sur le lieu de découverte du trésor et orientée suivant un axe est-ouest de de long de chaque côté.. Cette distribution peut être expliquée par le fait que le fermier avait entrepris, en 1990, un labourage profond de ce champ dans la direction est-ouest. Avant 1967 ou 1968, années où le champ a été défriché afin d'être mis en culture, le fermier avait labouré dans la direction nord-sud, mais l'absence de pièces au sud et au nord du lieu de la découverte suggère que le labourage d'avant 1990 n'a pas perturbé le trésor.

Objets découverts Le trésor est principalement constitué de pièces d'or et d'argent et de bijoux, pour un total de d'or et d'argent. Il a été placé dans un coffret de bois, constitué en majorité — peut-être totalement — de chêne, dont les dimensions approximatives devaient être × × . Dans ce coffret, certains objets étaient sans doute placés dans des boîtes plus petites en bois d'if ou de cerisier, d'autres étant emballés dans de la paille ou du tissu de laine. Le coffret et les boîtes intérieures ont presque entièrement pourri après avoir été enfouis, mais des fragments du coffret et ses ferrures ont été découverts pendant les fouilles.. Les principaux objets découverts sont :

569 solidi (pièces de monnaie) en or. ; d'argent, comprenant 60 miliarenses et ; (pièces de monnaie) de bronze ; en or. ; et louches en argent. ; une anse d'argent en forme de tigresse ; quatre bols d'argent et un petit plat. ; un gobelet d'argent ; un vase ou petite cruche d'argent ; quatre poivrières d'argent, dont la « poivrière de l'impératrice ». ; des articles de toilette, dont des cure-dents ; deux fermetures en argent, restes de coffrets en bois ou en cuir ; des traces de différents matériaux organiques, dont une petite pyxide en ivoire.

Pièces de monnaie

Le trésor de Hoxne contient 569 d'or, frappés entre les règnes de Valentinien (364–375) et Flavius Honorius (393–423) ; pièces d'argent, dont soixante miliarenses et , frappés entre les règnes de Constantin II (337–340) et Flavius Honorius ; et 24 de bronze.

Au début du , le trésor de Hoxne est la découverte de pièces de la fin de la Bretagne romaine la plus significative. Il contient tous les types de monnaies majeurs de l'époque et de nombreux exemples de pièces d'argent rognées, typiques de la Bretagne romaine tardive. La seule découverte de Bretagne romaine avec davantage de pièces d'or est le trésor d'Eye, trouvé en 1780 ou 1781, dont il reste peu d'études.. Le plus grand trésor exclusivement britto-romain est le trésor de Cunetio, avec du , mais ces pièces sont des dévalués contenant peu de métal précieux. Le trésor de Frome, déterré dans le Somerset (sud-ouest de l'Angleterre) en , contient frappées entre 253 et 305, également en majorité dévaluées, en argent ou bronze.. Des amas de pièces romaines plus grands ont été découverts à Misrata en Libye. et, semble-t-il, à Évreux en France () et Komin en Croatie ()..

Les d'or sont tous proches de leur poids théorique de ( d'une livre romaine). Le titre d'un de cette période était de 99 % d'or. La masse totale des solidi du trésor est de presque exactement 8 livres romaines, ce qui suggère que les pièces ont été pesées et non comptées pour être rassemblées.. L'analyse des donne des titres compris entre 95 % et 99 % d'argent, ce qui est le plus haut pourcentage connu après la réforme de la monnaie en 368.. 428 des sont des imitations locales, généralement de grande qualité et avec autant d'argent que les officielles de cette époque. Cependant, une poignée d'entre elles sont des fourrées : des fausses pièces avec un cœur en métal ordinaire enveloppé d'une feuille d'argent..

Répartition historique et géographique de la frappe des monnaies

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Les pièces de monnaie sont les seuls objets du trésor de Hoxne pour lesquels un lieu et une date de fabrication peuvent être établis. Toutes les pièces d'or et beaucoup de pièces d'argent portent le nom et le portrait de l'empereur sous le règne duquel elles ont été frappées. La plupart montrent également un différent : une marque permettant d'identifier l'atelier de frappe, ce qui illustre le système romain d'ateliers monétaires régionaux produisant des pièces de format identique. Quatorze lieux de manufacture ont été ainsi repérés : Trèves (en Allemagne actuelle), Arles et Lyon (France), Ravenne, Milan, Aquilée et Rome (Italie), Siscia (Sisak en Croatie), Sirmium (Sremska Mitrovica en Serbie), Thessalonique (Grèce), Constantinople, Cyzique, Nicomédie et Antioche (Turquie)..