Black Betty est un chant de travail afro-américain du dont les premiers enregistrements datent de 1933. La paternité du titre a été attribuée à et il a fait l'objet de nombreuses reprises, que ce soit a cappella, avec orchestration folk ou rock. C'est dans ce courant musical que s'inscrit la version la plus célèbre, celle de Ram Jam, datée de 1977.
Origine et signification L'origine et la signification des paroles font l'objet de débats. Historiquement, le « Black Betty » du titre peut faire référence au surnom donné à un certain nombre d'objets : un fusil, une bouteille de whisky, un fouet ou un wagon de transfert pénitentiaire.
Selon Charles Wolf et Kip LornellThe Life and Legend of Leadbelly, de Charles Wolf & Kip Lornell, paru chez HarperCollins, NY, 1992, la chanson proviendrait d'une marche de cadence du avec un fusil à silex dont la crosse est peinte en noir, les paroles « bam-ba-lam » se référant à la détonation de l'arme. On disait des soldats sur le champ de bataille qu'ils . Dans cette interprétation, le fusil a été surpassé par son successeur, un fusil avec une crosse en noyer non peinte connu sous le nom de Brown Bess.
Dans le Caldwells's Illustrated Combination Centennial Atlas of Washington Co. Pennsylvania of 1876, il y a une courte section décrivant les cérémonies de mariage et les coutumes du mariageÀ la page 12. Caldwell décrit une tradition de mariage où les deux jeunes témoins des époux ont été mis au défi de courir pour une bouteille de whisky. Ce défi était généralement exécuté à environ un mile () de la destination où la cérémonie devait être célébrée. Afin de sécuriser le prix, dénommé « Black Betty », le vainqueur de la course devait apporter la bouteille à l'époux et à ses amis. Le whisky est offert à l'époux d'abord, puis successivement à chacun des amis du marié.
Le plus ancien sens de « Black Betty » aux États-Unis, attesté dès 1827, est celui de bouteille d'alcoolThorton, An American Glossary, p. 66: "Black Betty. A spirit-bottle. Obs. The N.E.D. has Betty, 1725. They became enamored of blue ruin itself. The hug the "black Betty," that contains it, to their bosoms.—Mass. Spy, octobre 31 : from the Berkshire American."Collins, Historical Sketches of Kentucky, p. 163: "Pretty late in the night some one would remind the company that the new couple must stand in need of some refreshment; Black Betty, which was the name of the bottle, was called for and sent up the ladder.".
En , Benjamin Franklin publie le « Dictionnaire de l'alcoolique » dans la Gazette de Pennsylvanie : il énumère 228 façons d'exprimer l'idée d'être ivre. L'une de ces expressions est « Il a embrassé Black Betty »From the Writings of Benjamin Franklin in the Pennsylvania Gazette 1736 - 1737.
David Hackett Fischer, dans son livre Albion's Seed: Four British Folkways in AmericaOxford University Press, 1989, stipule que « Black Betty » est une expression commune pour désigner une bouteille de whisky dans les régions frontalières du nord de l'Angleterre et du sud de l’Écosse, puis plus tard dans les domaines de l'arrière-pays de l'Est des États-Unis.
Dans une interviewThe Land Where the Blues Began, , Alan Lomax, Pantheon Books, 1993 menée par Alan Lomax avec un ancien prisonnier d'une ferme pénale au Texas nommé Doc Reese (alias « Big Head »), Reese a déclaré que l'expression « Black Betty » était utilisée par les détenus pour nommer le « Black Maria », le wagon de transfert pénitentiaire.
En 1934, John A. et Alan Lomax dans leur livre, Ballades américaines et chansons folk décrivent ainsi les origines de Black Betty :
John Lomax a également interviewé le musicien de blues (mieux connu sous le nom de Iron Head) en 1934, près d'un an après l'enregistrement, le premier connu de la chansonRecord from the Library of Congress, Traditional Music and Spoken Word Catalog, http://lcweb2.loc.gov/diglib/ihas/loc.afc.afc9999005.638/default.html.
Dans l'article qui en résulte pour le trimestriel musical intitulé Chanson des péchés des Noirs du Sud, Lomax mentionne de nouveau le surnom du coup de fouet comme étant « Black Betty »Lomax, John. « "Sinful Songs" of the Southern Negro », The Musical Quarterly, vol. 20, Issue 2. (Oxford: Oxford University Press, 1934) 177-87, cité in William G. Roy, Reds, Whites, and Blues: Social Movements, Folk Music, and Race in the United States.(Princeton, New Jersey: Princeton University Press, 2010) 110-1.. Steven Cornelius, dans son livre Musique du temps de la guerre civile, déclare dans un article concernant la musique folk suivant la fin de la guerre que « (…) les prisonniers chantaient « Black Betty », le fouet du conducteur »Cornelius, Steven. Music of the Civil War Era. (Westport, Conn.: Greenwood Press, 2004) 216.. Robert Vells, dans Life Flows On in Endless Song: Folk Songs and American HistoryLa vie se passe dans une chanson sans fin : chansons folk et histoire de l'Amérique, écrit:
Dans les versions ultérieures, « Black Betty » a été dépeint comme divers véhicules, y compris une motocyclette et un hot rod.
Premiers enregistrements, 1933-39 La chanson a été enregistrée une première fois par les musicologues américains John et Alan Lomax en 1933, exécutée a cappella par le condamné James Baker (également connu sous le nom de Iron Head) et un groupe à la ferme d'État centrale, Sugar Land, Texas (une ferme pénitentiaire de l'État)[ allmusic (((Deep River of Song: Big Brazos > Overview)))].
Les Lomax enregistraient pour la Bibliothèque du Congrès et les enregistrements suivants, en 1934, 1936 et 1939, incluent aussi des versions de Black Betty. Elle a été enregistrée et commercialisée à New York en 1939 pour le label Musicraft par Lead Belly, dans le cadre d'un medley comportant deux autres chansons de travaux : Looky Looky Yonder et Yellow Woman's DoorbellsDocument Records Vintage Blues and Jazz. Lead Belly eut une longue association avec les Lomax et avait lui aussi purgé une peine dans les fermes prisons d’État.
Post-1939
Alors que la version de Lead Belly, en 1939, est également exécutée a cappella, la plupart des versions ultérieures sont accompagnées à la guitare : versions folk en 1964 par Odetta (medley avec "Looky Yonder"), Dave "Snaker" Rayavec "Spider" John Koerner et Tony "Little Sun" Glover sur Lots More Blues, Rags, and Hollers (Elektra - EKL 267), et Alan Lomax lui-même[ allmusic (Texas Folk Songs > Overview)]. En 1976 un groupe de Cincinnati, Starstruck, enregistre une version rock de la chanson avec des paroles différentes, chez Truckstar, qui ne connait pas un grand succès.
En 1977, le groupe de rock Ram Jam — auquel appartient l'ancien guitariste de Starstruck et de The Lemon Pipers, Bill Bartlett — ré-édite la version de Starstruck avec les producteurs Jerry Kasenetz et Jeff Katz chez Epic Records. La chanson remporte un succès immédiat auprès du public, atteint le dix-huitième rang des ventes de singles aux États-Unis et est classée parmi les dix premiers titres au Royaume-Uni et en Australie. À la même époque, les paroles sont l'objet d'un boycott de la part des organisations américaines de défense des droits civiques NAACP et Congress of Racial Equality.
En 1990 le remix dance de la version de Ram Jam rentre dans le top 20 des titres dance aux États-Unis et dans les charts britanniques, au top 30 en Australie. D'autres artistes notables, comme Nick Cave and the Bad Seeds (1986) ou Tom Jones (2002) ont repris cette chanson.
En 1992 le remixer Hank Shocklee de The Bomb Squad utilise un riff du single de Ram Jam comme sample dans un remix de Pain Lies on the Riverside de Live. Le remix n'est pas disponible dans le commerce avant 1997.
En 2004, la version de Ram Jam retravaillée par Spiderbait fait un carton en Australie. La chanson, tirée de l'album Tonight Alright, est utilisée dans le film Jusqu'au cou et dans le jeu paru chez Electronic Arts en 2004 Need for Speed: Underground 2.
En 2006 l'administration de l'université du New Hampshire provoque la controverse en interdisant de jouer la version de Ram Jam au tournoi de Hockey UNH. Le Directeur Sportif d'UNH Marty Scarano expliquera la raison de cette décision : "UNH refuse de soutenir quoi que ce soit qui puisse être considéré comme insultant pour un quelconque groupe social.". Les étudiants de l'université du New Hampshire entament alors une campagne "Save Black Betty" ("sauvons Black Betty"). Ils manifestent leur désaccord pendant le tournoi de hockey, en brandissant des pancartes et en chantant la Black Betty de Ram Jam, vêtus de t-shirts bleus portant, en blanc, les inscriptions « Save Black Betty » sur la poitrine et « Bam-A-Lam » dans le dos.
En 2008 une chaîne de bars nommée "Black Betty's Saloon" ouvre son premier établissement dans le New Jersey. La franchise implique entre autres que les serveurs dansent sur cette chanson diffusée dans différentes versions.
Le , une nouvelle version intitulée "Black Betty (she gets me high)" est proposée par Darryl "DMC" McDaniels, Travis Barker, Mick Mars et Sebastian Bach. Elle est diffusée pour la première fois dans l'émission "Anything Anything with Rich Russo" sur WRXP-FM à New York. Sa sortie commerciale est prévue à l'automne 2011.
Dans les médias Films 1967 Film Shanty TrampShanty Tramp (1967). 2001 Film Blow. (Version de Ram Jam) 2001 Comédie Super Troopers. 2002 Comédie Kung Pow (Kung Pow: Enter the Fist). 2003 Film Basic. 2004 Film Jusqu'au cou (Without a Paddle) La version de Spiderbait peut être entendu dans les films Miss FBI : Divinement armée, Black/White, À vif, et Les Condamnés (2007), le trailer pour film de 2007 Mise à prix 2005 Film Shérif, fais-moi peur (The Dukes of Hazzard) a utilisé les deux versions par Spiderbait (sur le trailer) et Ram Jam (dans le film). 2006 Film Arthur et les Minimoys. 2007 Film TMNT. Cette version est celle du groupe Big City Rock. 2007 Film À vif (The Brave One). 2007 Film Les Condamnés (The Condemned), version de Spiderbait. 2008 Film Rex a une reprise sur la scène d'ouverture. 2008 Vidéo de skateboard Baker Has A Deathwish, Baker Skateboards. 2010 Film Top Cops (Cop Out), au moment où un personnage va grimper un immeuble pour commettre un vol 2010 Film The Losers, joué lorsqu'un soldat entre dans le camp 2011 Film Death Race 2 quand Carl « Luke » Lucas conduit la Mustang GT. 2013 Film Eyjafjallajökull quand Valérie conduit la voiture sur l'autoroute. 2017 Film Hitman and Bodyguard pendant la course poursuite avant le procès. 2020 Film Birds of prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn pendant l'attaque du commissariat, quand Harley et Cassandra se font attaquer par des mercenaires dans la salle des scellés.
Télévision Dans l'épisode Reese joins the Army (2) de la série Malcolm, et une fois dans l'épisode de Wildboys sur MTV La version de Ram Jam est utilisé dans l'épisode Le Cheval de Troie de la série télévisée Earl. Dans l'épisode pilote de la série Friday Night Lights sur NBC. Apparait dans la série de la BBC Dry Your Eyes. Underbelly, une série dramatique australienne, 2008. Dans l'épisode Une affaire de famille de la série policière allemande Mick Brisgau. Elle accompagne le générique de fin de l'épisode 2 de la saison 2 de la série américaine American Gods.
Jeux vidéo Une musique inspirée de la chanson est utilisée dans un niveau musical du jeu Rayman Legends.
Elle est également utilisée dans le jeu Need for Speed: Underground 2. On peut l'entendre de manière aléatoire dans le niveau "Bar Room Blitz" dans le jeu Back 4 Blood.
Liste sélectives d'enregistrements 1933 James Baker (AKA Iron Head) et son groupe. 1939 Mose Platt (AKA Clear Rock). 1939 Huddie Ledbetter (AKA Lead Belly), à l'origine sur l'album 78 tours Negro Sinful Tunes 1964 Odetta, Odetta Sings of Many Things album 1964 Alan Lomax, Texas Folk Songs album 1964 Koerner, Ray & Glover, Lots More Blues, Rags and Hollers album 1976 Starstruck