La commune de Villeloin-Coulangé, en plus de l'Abbaye Saint-Sauveur de Villeloin et du Prieuré de Grandmont Villiers, compte trois églises. Les paroisses de Saint-Michel de Villeloin et de Saint-Sulpice de Coulangé ont été réunies en 1831, en même temps que les deux communes, pour former la paroisse Saint-Michel de Villeloin-Coulangé.
L'ancienne église Saint-Sulpice de Coulangé () thumb|upright=1|Église de Coulangé (Villeloin-Coulangé) - Vue depuis le gué de Coulangé.
Une église existait déjà dans le village de Coulangé au milieu du , sous le même vocable. Elle est donnée à l'abbaye de Villeloin peu avant 1150. L'actuel édifice date du et comprend une nef unique prolongée par une abside semi-circulaire ainsi qu'un cloche épaulé par de solides contreforts et percé de grandes baies géminées. Cette église a été convertie en maison d'habitation en 1878.
Par une délibération du conseil municipal datée du , afin de financer les travaux de réparation urgentes de l'église de Villeloin, il est décidé de vendre la vieille église de Coulangé, en très mauvais état et qui ne présente aucun caractère au point de vue archéologique, son cimetière qui l'entoure et deux petits prés qui dépendent de la cure. Le , ladite église de Coulangé et le vieux cimetière sont adjugés aux enchères au sieur Thomassin pour la somme de Archives communales de Villeloin-Coulangé. Registres des délibérations du conseil municipal.
Aujourd'hui, cette église, dont la façade occidentale est en partie masquée par une construction moderne qui a respecté seulement le clavage d'une fenêtre en plein cintre, a toujours la nef terminée par l'abside semi-circulaire. Les fenêtres de cette abside, circonscrites par des chevrons et un tore à l'intérieur, ont leur archivolte décorée de tête de clou à l'extérieur. La porte a été démontée et transférée à l'Abbaye de Villeloin, puis vendue et remplacée par une nouvelle porte. Après plusieurs années de recherches menées par l'archéologue du bâti Franck Tournadre, ce beau portail roman a récemment été retrouvé au Cloisters Museum de New-York. Le clocher en bâtière, épaulé de gros contrefort, est ouvert à l'étage du beffroi de grandes baies jumelles moulurées de tores.
C'est toujours une habitation privée.
L'ancienne église Saint-Michel de Villeloin () thumb|upright=1|Chevet de l'ancienne église Saint-Michel de Villeloin ). thumb|upright=1|Chevet de l'ancienne église Saint-Michel de Villeloin (). Vue depuis l'ouest. Dès 859, une église est consacrée dans le nouveau prieuré de Villeloin par l'abbé de Cormery. Ce dit prieuré de Villeloin, sous le vocable du Sauveur, s'affranchit de son abbaye mère dès le et devient une abbaye indépendante qui subsistera jusqu'à la Révolution. Aujourd'hui, il ne reste rien de cette église de l'abbaye.
En revanche, au , une communauté villageoise s'installe autour de ladite Abbaye de Villeloin et fait construire hors de l'enclos abbatial une église paroissiale dont le patron est l'archange Saint Michel. La cure est à la présentation de l'abbé de Villeloin. La paroisse de Saint-Michel de Villeloin dépend sous l'Ancien Régime du doyenné de Villeloin, une circonscription religieuse du diocèse de Tours. Depuis le Concordat, Villeloin-Coulangé relève de la paroisse catholique Saint-Jean-Baptiste, qui est une subdivision du diocèse de Tours, lequel relève de la Province ecclésiastique de Tours.
La vieille église est en fort mauvais état en 1831. Sa construction est ancienne et ne peut pas accueillir toute la population de la nouvelle commune. Le conseil municipal, à la suite de la vente de l'église de Coulangé et de son cimetière en 1844, est obligé d'agrandir celui de Villeloin. Au cours d'une délibération du conseil municipal du , il est décidé d'agrandir le cimetière de Villeloin vers l'est.
La vente de l'église de Coulangé est insuffisante pour sauver le vieil édifice de Villeloin qui continuera à se dégrader.
Dans une brève du on peut lire : « Le clocher comporte deux cloches et l'une est cassée ».
Le , le conseil municipal débat de l'avenir de l'église car « cet édifice a été jugé trop petit, dans un état de dégradation tel qu'il était indécent pour le service divin, et dans le cas d'être reconstruit : qu'en conséquence Monsieur le Maire était autorisé d'appeler sur les lieux un architecte pour en décider. » Deux architectes de Loches, Messieurs Baillargé et Monthelier, sont choisis pour visiter les lieux et en apprécier l'état. Le , les deux experts inspectent les lieux, et en tirent la conclusion qu'il est impossible de réparer l'église de Villeloin à cause de son état très avancé de ruine. Ceux-ci dressent un rapport à la suite de leur visite et proposent un plan et un devis pour bâtir une église toute neuve. Au cours de la séance du , le conseil refuse le projet.
Le , la commune valide les plans définitifs présentés par un autre architecte : Gustave Guérin .
Le , le conseil vote la démolition de l'ancienne église dont le chœur sera conservé comme chapelle au cimetière (dans un premier temps). Les pierres récupérées serviront à fermer le chœur et à construire un mur autour du cimetière.
Aujourd'hui, cette église existe encore près du cimetière. De cet édifice ne subsiste que le chœur de deux travées voûtées d'un berceau en plein cintre, et l'abside semi-circulaire voûtée en cul de four. Les murs, surélevés, sont ajourés de petites fenêtres en plein cintre accostées, à l'intérieur, de colonnettes et dont l'archivolte extérieure est décorées d'une ligne de têtes de clou. Un mur moderne ferme l'édifice à l'ouest sous l'arc triomphal conservé.
C'est une dépendance d'une habitation privée.
L'église actuelle de Saint-Michel de Villeloin-Coulangé qui fut consacrée en 1872 () thumb|upright=1|Église actuelle de Villeloin-Coulangé qui date de 1872 . thumb|upright=1|Saint Michel terrassant le dragon (Fronton de l'église de Villeloin-Coulangé).
Les études et le financement - de 1857 à 1870 Bâti non loin de l'ancienne église paroissiale, cet édifice néoroman a consacré l'abandon et la destruction de l'ancien bâtiment jugé trop petit.
Après avoir refusé le projet présenté le par les architectes, Messieurs Baillargé et Monthelier, trouvant celui-ci beaucoup trop onéreux (environ pour les ressources de la commune, au cours de sa séance du , le conseil municipal décide de confier à Gustave Guérin (1814-1881), architecte diocésain du département d'Indre-et-Loire, la mission de construire une nouvelle église à Villeloin.
À partir de , le conseil municipal se penche sur l'emplacement où pourra être construit le nouvel édifice. Elle ne peut pas l'être sur les fondations de l'ancienne car le cimetière est trop petit. Il est décidé d'acquérir tous les terrains au bord de la route de Montrésor à Nouans-les-Fontaines entre l'ancienne grange dîmière et la vieille église. Cet endroit, appelé « le Charnier », était probablement l'ossuaire du vieux cimetière. C'est Monsieur Bernier qui le vend à la commune pour la somme de le Bulletin municipal 2005-2006.
Le , le conseil demande à Gustave Guérin d'établir les plans d'une nouvelle église pour accueillir 1000 personnes. La nouvelle église sera faite en deux temps car le clocher sera exécuté ultérieurement. Elle se composera d'une grande nef, de deux petites nefs latérales et d'un chœur. Elle sera construite en murs de moellons et de pierres tendres. La pierre proviendra des carrières des environs de Loches et sera utilisée seulement par économie dans les arêtiers, les jambages, les corniches et les encadrements des ouvertures. La charpente sera complètement réalisée en bois de chêne et l'intérieur de l'église sera recouvert de voûtes en briques. Le tout ne devra pas dépasser la somme de .
Gustave Guérin dessine les plans, qu'il aquarelle de sa main, signe et date G. Guérin le Archives départementales d'Indre-et-Loire. Dépôt de Chambray. Affaires communales de Villeloin-Coulangé. Série 2 0 (non classé).
Le , les plans sont présentés au conseil municipal et acceptés à l'unanimité.
Afin de financer la construction, une souscription est ouverte aux habitants de la commune et de ses environs. sont récoltés et de nombreux dons en nature (journée d'homme, quantité de sable et de moellons) à la date du . Le le conseil municipal décide de vendre certains matériaux de la vieille église, dont les charpentes. Le ministre des Cultes attribue par une lettre du au préfet d'Indre-et-Loire la somme de payables en quatre fois à la commune de Villeloin-Coulangé.
La construction - de 1870 à 1872 Le , le préfet d'Indre-et-Loire approuve le devis de construction de la nouvelle église. Désormais les travaux peuvent commencer.
Après la rédaction d'un cahier des charges, les travaux sont adjugés au rabais le à Joseph Borie, entrepreneur à La Croix de Bléré pour la somme de .
Le dimanche , la première pierre de la nouvelle église est posée comme nous l'indique l'inscription qui se trouve au-dessus de la porte de la sacristie nord « Bénédiction de la première pierre ». Deux mois plus tard, le , l'empereur Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. La construction est interrompue lors de l'arrivée des troupes prussiennes à Montrésor où elles restent jusqu'au , et sèment le désordre et la peur dans toute la région.
Après l'arrivée de la troisième république, les différents changements de Maire, une première messe est célébrée le , jour de la fête de Saint Michel, patron de la paroisse, par l'abbé Ménage, curé de Villeloin-Coulangé, assisté par le curé de Beaulieu, en présence de nombreux habitants.
La nouvelle église est consacrée le jeudi en présence de Monseigneur Fruchaud, archevêque de Tours, de Monsieur Saivet, archiprêtre de la cathédrale d’Angoulême, futur évêque de Mende, auteur du sermon, et d'une nombreuse assistance. Une inscription, rappelant cet évènement, a été gravée au-dessus de la porte de la sacristie sud « Consécration de l'église ».
L'aménagement intérieur - de 1872 à 1899
Les autels et meubles Seul le maître-autel est terminé lorsque la première messe est célébrée le . Il a été donné par monsieur Babinet, un notable habitant le château de Bel-Air. Celui-ci est sculpté dans de la pierre tendre du pays et orné sur son devant des représentations en relief de gauche à droite de saint Martin, premier évêque de Tours, de saint Michel, patron de l'ancienne paroisse de Villeloin, du Sauveur, patron de l'abbaye de Villeloin, de saint Sulpice, patron de l'ancienne paroisse de Coulangé, et de saint Gatien, patron de l'église cathédrale de Tours.
Deux autres autels secondaires seront installés dans les chapelles du transept et décorés des statues de la Vierge et de saint Joseph en plâtre de style sulpicien. Celui de la chapelle nord est dédié à la sainte Vierge et celui du sud à saint Joseph. Ils sont tous deux en pierre tendre du pays et ont été probablement offerts par la famille Babinet comme le maître-autel.
Une chaire à prêcher est installée près de la porte de la sacristie nord contre le mur proche du sanctuaire. Elle est entièrement en pierre tendre du pays.
Les anciens fonts baptismaux de l'église Saint-Michel de Villeloin sont installés à gauche de la nef en entrant. Ils sont en marbre noir dans le style de la fin du .
Les vitraux Les vitraux du sanctuaire sont installés entre 1873 et 1878. Ils sont tous trois issus des ateliers L. Lobin, maître verrier à Tours. Celui du centre derrière le maître autel représente l'archange saint Michel terrassant le dragon. Celui de gauche, représente saint Benoît tandis que celui de droite représente saint Vincent de Paul.
Les quatre vitraux du Chœur sont issus des ateliers de J.P. Florence et cie, maître verrier à Tours. Ceux qui sont percés dans les murs de chaque côté du sanctuaire sont très peu décorés. Il en est de même pour les deux oculus au-dessus de chaque porte de sacristie. Leur décor est le même que celui qui est au-dessus de la tribune au-dessus de la porte d'entrée. Il ne porte aucune date.