Djédefptahlu parfois Ptahdjédef ; le nom du dieu Ptah étant écrit en antéposition honorifique., signifiant « Ptah est stable » (forme hellénisée : Thamphthis), est un souverain hypothétique de la de l'Ancien Empire, qui aurait régné très peu de temps (quelques mois à quelques années) pendant le ou avant notre ère. Son nom égyptien lui-même est perdu, mais il aurait pu être Djédefptah selon William C. Hayes. Djédefptah est l'un des rois les plus obscurs de l'Ancien Empire, puisqu'il est totalement inconnu des sources contemporaines. Pour cette raison, sa figure historique est intensément discutée par les historiens et les égyptologues.

Attestations

Documentation de l'Ancien Empire

Aucune attestation de Djédefptah n'est connue pour cette période. Même les inscriptions sur les tombes de plusieurs hauts fonctionnaires, princes et prêtres ne conservent aucune preuve de l'existence d'un roi autre que les rois bien connus par ailleurs : le prince Sekhemkarê (tombe G 8154 dans la nécropole de Gizeh) raconte sa carrière sous les rois Khéphren, Mykérinos, Chepseskaf, Ouserkaf et Sahourê, le haut fonctionnaire Netjerpounésout (tombe G 8740 dans la nécropole de Gizeh), qui a été honoré sous les rois Djédefrê, Khéphren, Mykérinos, Chepseskaf, Ouserkaf et Sahourê, le grand prêtre de Ptah a quant à lui mentionnés les rois sous lesquels il a vécu, à savoir Mykérinos, Chepseskaf, Ouserkaf, Sahourê, Néferirkarê Kakaï, Néferefrê, Chepseskarê, Niouserrê.

Listes royales

Djédefptah n'est jamais directement attesté sous ce nom. En réalité, il n'est formellement connu qu'au travers du nom grec Thamphthis : en effet, le nom de Thamphthis a été trouvé dans la version d'Africanus de l'œuvre perdue de Manéthon, écrite au début de la période ptolémaïque et nommée Ægyptiaca : il s'agit d'une liste royale égyptienne écrite en grec et qui a été copiée par plusieurs auteurs de l'antiquité ; ce document lui attribut d'ailleurs neuf ans de règne.

D'autres listes royales, datées du Nouvel Empire, citent les rois de la . Si la liste d'Abydos, intacte, ne cite pas ce roi, cela ne signifie pas qu'il n'a pas existé car de nombreux rois attestés par ailleurs n'y sont pas nommés, y compris l'obscur roi Bikhéris (Baka ?) constructeur de la pyramide inachevée de Zaouiet el-Aryan. En effet, deux autres listes du Nouvel Empire, en lacune, pourraient comporter son nom : il s'agit de la table de Saqqarah et du Canon royal de Turin : la première liste compte en effet cinq espaces lacunaires entre Khéphren et Ouserkaf, dont l'un pourrait correspondre à son nom, la seconde, très abîmé, est composé de quatre espaces lacunaires entre Khéphren et Ouserkaf, dont l'un pourrait correspondre à son nom.

Réalité historique

Défense d'une réalité historique

Dès 1887, Edouard Meyer considérait Djédefptah comme un simple usurpateur, qui n'avait pas le droit d'être mentionné dans les annales royales ou d'avoir son propre culte mortuaire parce qu'il avait obtenu le trône illégitimement.

Winfried Seipel et Hermann Alexander Schlögl postulent plutôt que la figure historique derrière Djédefptah aurait pu être la reine . Cette théorie est soutenue par le fait que a été représentée dans son temple mortuaire comme un roi dirigeant avec une coiffure némès, la barbe postiche et le diadème uræus sur son front. Mais cette théorie est problématique puisque le nom de n'apparaît jamais dans un serekh ou un cartouche royal.

Réfutation d'une réalité historique

Peter Jánosi considère que Djédefptah n'a jamais existé, en raison du manque de preuves archéologiques. Il prétend que Djédefptah devrait être effacé de la liste moderne des rois égyptiens. Patrick F. O'Mara note également qu'.

L'absence d'attestations contemporaines pour Djédefptah ne prouve pas en soi qu'il était un faux roi ou un roi fantôme puisqu'il aurait pu être un souverain de courte durée de la quatrième dynastie. Ainsi, Chepseskarê, pourtant clairement attesté dans le registre archéologique contemporain, est pratiquement systématiquement absent des biographies des hauts fonctionnaires contemporains. Cependant, l'absence totale d'attestations contemporaines pour Djédefptah, y compris dans la biographie de qui cite pourtant Chepseskarê renforce fortement l'idée que Djédefptah n'a en réalité jamais existé.

Roman Gundacker suppose que l'existence d'un huitième roi à la fin de la serait en fait due à la création d'une tradition littéraire mettant en scène des fils de Khéops (Djédefrê, Khéphren, Baoufrê/Baefrê, Hordjédef), qui ont été interprétés comme étant tous devenus rois (ce qui est le cas pour les deux premiers). Cette tradition, d'origine héliopolitaine, aurait contaminé la tradition memphite, qui aurait donc inclus un Djédefptah, en remplacement de Hordjédef. Ceci expliquerait donc pourquoi un huitième roi, nommé Djédefptah, aurait été intégré dans des listes royales malgré sa complète inexistence.

Généalogie

Une reine de la fin de la , porte le titre particulier de « mère de deux rois de Haute et Basse-Égypte ».

De par la datation de cette reine, la chronologie de la période permet de proposer trois rois : Chepseskaf, Djédefptah et Ouserkaf. Selon Wolfgang Helck, Djédefptah aurait été le fils du roi Chepseskaf et de ; il ajoute qu'il aurait pu épouser la « fille du roi » et « épouse du roi » nommée Bounéfer, qui était prêtresse de Chepseskaf.

Cependant, Djédefptah n'étant pas conservé dans le registre archéologique contemporain de l'Ancien Empire, il est souvent ignoré, et les hypothèses aujourd'hui s'orientent en général vers une reine mère des rois Chepseskaf et Ouserkaf.

Titulature

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

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Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Pharaon de la IVe dynastie égyptienne Catégorie:Personne dont l'existence est controversée