Ergué-Gabéric est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, dans le Nord-Ouest de la France. Elle est située à quelques kilomètres à l'est de Quimper, appartient à l'arrondissement de Quimper et au canton de Fouesnant.

La commune est reconnue comme le berceau de la famille Bolloré et demeure toujours l'assise du groupe industriel du même nom (Bolloré).

Géographie

Localisation Entourée par les communes de Quimper, Briec, Landudal, Elliant, Saint-Yvi et Saint-Évarzec, Ergué-Gabéric est située à au nord-est de Quimper, la plus grande ville des environs. Le fleuve Odet et son affluent le Jet sont les principaux cours d'eau qui délimitent la commune.

La commune fait partie traditionnellement du Pays Glazik.

Relief

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Odet, le Jet et divers autres petits cours d'eau.

L'Odet, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Goazec et se jette dans l'anse de Bénodet entre les communes de Combrit et de Bénodet, après avoir traversé onze communes. Les caractéristiques hydrologiques de l'Odet sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 665 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1969 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

Le Jet, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Coray et se jette dans l'Odet à Quimper, après avoir traversé sept communes. Les caractéristiques hydrologiques du Jet sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 695 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1966 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'Ergué-GabéricLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pluguffan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Ergué-Gabéric est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Quimper, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 9,5 % 378Zones industrielles ou commerciales et installations publiques 4,4 % 176Extraction de matériaux 0,6 % 24Terres arables hors périmètres d'irrigation 26,1 % 1034Prairies et autres surfaces toujours en herbe 14,1 % 560Systèmes culturaux et parcellaires complexes 23,9 % 947Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 6,1 % 241Forêts de feuillus 5,5 % 217Forêts de conifères 3,3 % 129Forêts mélangées 6,4 % 255Source : Corine Land Cover. L'occupation des sols met en évidence la prédominance des territoires agricoles sur la forêt ainsi qu'une importante urbanisation du territoire. La forêt, qui occupe 15,2 % de la surface communale, est constituée majoritairement de feuillus. Elle occupe principalement les versants abruptes de la vallée de l'Odet et du Jet, impropres aux cultures.

Toponymie Ergué-Gabéric Son nom breton est An Erge Vras signifiant Le Grand Ergué. La première mention écrite du nom date de 1160 sous la forme Arke, qui laisse supposer une forme plus ancienne Arkae. À l'origine, le terme Erge en vieux-breton se décompose en ar signifiant aux abords de, en avant de, et kae pour haie, talus défensif. Le territoire d'Erge a été divisé en deux au : le suffixe Gabéric est probablement issu du patronyme Cabellic, dont un représentant Guy Cabellic fut évêque de Cornouaille de 1267 à 1280..

Villages En 1843, le Dictionnaire historique et géographique de Bretagne indique la présence de trois manoirs : Lezergué, Cleuyou et Kerjenny et cite onze villages : Quélennec, Squividan, Kerourvoas, Salverte, Quilinec (Mélenec), Lostaguiret (Lostarguillec), Kerellou, Kerdilès, Kervéguen, Kerfor, Kerlariou (Kerlaviou). Dans son étude sur les noms de lieux d'Ergué-Gabéric, publiée en breton en 1977, Bernez Rouz indique avoir travaillé sur un corpus de 205 lieux-dits. Keranroux (dérivé de Ker an Roux, en breton « Le village de le Roux ») est situé, au bout de la route provenant de Tréodet, près d'un promontoire qui permet de contrôler l'accès aux gorges du Stangala. Le hameau serait ancien, il remonterait à Saint-Guénolé, deuxième abbé de Landévennec. Certains documents plus récents mentionnent son existence autour de 1750. Le hameau est composé de deux corps d'habitations, l'un assez récent 1800, l'autre très ancien mais rénové, il possède un puits, une fontaine et un four à pain imposantHameau et carrière de Kerrous - GrandTerrier. Tréodet (étymologie obscure, soit de tref, « lieu habité et cultivé », soit de treb, « trêve ou église succursale », soit de traon, « colline », soit de treiz, « passage ») est situé au début de la belle vallée du Stangala. Le site est maintenant traversé par une route nationaleVillage de Tréodet - GrandTerrier.

Histoire

Moyen Âge Une motte féodale a existé au lieu-dit « Castel » (Coz-Castel). La maison noble de Kerfort appartenait en 1420 à Anceau de La MarcheJean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist02og/page/90.

Époque moderne « Vers l'an 1640, Gui Autret, seigneur de Missirien, fit bâtir, près de l'avenue de son château d'Ergué, une chapelle dédiée à saint Joachim, dans laquelle il fonda quatre messes par semaine ».

L'abbé A. Favé a étudié les archives paroissiales d'Ergué-Gabéric pour la période allant de 1678 à 1716, présentant la vie de Jan Baudour, curé de la paroisse pendant , originaire de Lannilis, décédé en 1716, et la vie de la paroisse à cette époque, ainsi que les notables vivant dans les divers manoirs, ceux de Kerforz (habité par le seigneur Louis-René de La Marche et sa famille), de Pennareün (Jean-Baptiste Gelin, écuyer et seigneur du lieu), de La Salle-Verte (François Delille), de Lézergué (Jacques de Charmoy), etc.Abbé A. Favé, Monographies paroissiales : Ergué-Gabéric (1678-1716), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1891, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f230.image.

Les multiples interdictions concernant les inhumations dans les églises, décidées par les Évêques dès la fin du et par le Parlement de Bretagne en 1719 et 1721 suscitèrent parfois des réactions très violentes à l'encontre du clergé de la part des paroissiens : ce fut le cas à Ergué-GabéricJean Rohou, Fils de ploucs, tome 1, 2005, éditions Ouest-France, ..

En 1759 la paroisse d'Ergué-Gabéric [le nom est écrit Ergué-Gabérit] devait chaque année fournir 25 hommes pour servir de garde-côtes"Ordonnance… portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne…", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f6.image.r=Pleuven?rk=107296;4.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Ergué-Gabéric en 1778 :

Révolution française La paroisse d'Ergué-Gabéric, qui comprenait alors 150 feux, élit deux délégués, Jean Le Signour et Augustin Gillart, pour la représenter à l'assemblée du tiers état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789"Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages", série 1, tome 5, 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49520z/f514.image.r=Plovan?rk=4206029;2.

Marie-Hyacinthe de GeslinFils de Jean-Marie de Geslin et de Malouine-Josèphe du Breil de Névet est né le au château de Kerlut en Plobannalec. Seigneur de Pennarun (le manoir de Pennarun se trouve en Ergué-Gabéric) et de Quimperlé, il fut réputé être, selon un rapport de gendarmerie, « un des plus cruels parmi les chouans qu'il commandait. Surnommé "le chouan de Pennarun", il a dirigé une grande partie des assassinats qui ont eu lieu dans le Finistère »Marie-Hyacinthe de Geslin, chouan, seigneur de Pennarun et de Quimperlé. - GrandTerrier. Il est mort le à QuimperléDaniel Bernard, "Recherches sur la chouannerie dans le Finistère", revue "Annales de Bretagne", 1937, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115338s/f109.image.r=Plobannalec.langFR.

Les moulins d'Ergué-Gabéric