En politique française, la droite constitue l'ensemble des partis et familles politiques françaises allant du centre droit à l'extrême droite en passant par la droite classique et la droite radicale. Son nom dérive du placement choisi par une partie des révolutionnaires à l'Assemblée nationale constituante lors de la Révolution Française. La droite se caractérise en général par l'adhésion aux valeurs traditionnelles (famille, histoire nationale) religieuse (en France, la droite est traditionnellement ancrée dans le catholicisme français). Sur le plan économique, la droite est libérale (adhésion à l'économie de marché et au capitalisme). La droite insiste notamment sur la individuelle dans le cadre de l'économie libérale et capitaliste, incitant tout un chacun à se faire sa propre place par le travail et la réussite économique.

Il existe selon René Rémond trois droites « distinctes et concurrentes »Rencontre avec Jean-François Sirinelli, à l'occasion de la parution de Histoire des droites en France (collectif, 1992), www.gallimard.fr, 2004. en France. Cette distinction et cette classification fut proposée pour la première fois par René Rémond dans son ouvrage Les Droites en France de 1954. Il proposait d'identifier trois grandes familles de droite à partir de leurs filiations historiques avec l'héritage révolutionnaire : la droite libérale, héritière des idées orléanistes; le bonapartisme dont le gaullisme serait l'héritier ; la droite réactionnaire et contre-révolutionnaire rassemble les opposants aux idéaux révolutionnaires.

Gilles Richard, quant à lui, substitue au schéma tripartite de René Rémond une distinction en huit familles dans la droite française : ultraroyalistes ou légitimistes, constitutionnels ou orléanistes, bonapartistes, républicains libéraux, nationalistes, démocrates-chrétiens, agrariens et gaullistes. De nos jours, la majorité de ces familles sont en déclin voire en voie d'extinction définitive, et seuls les libéraux et les nationalistes dominent.

La droite s'oppose à la gauche qui défend des idées keynésiennes ou marxistes, écologistes, féministes et une société égalitaire.

Si la division droite / gauche est la plus courante en sciences politiques actuelles, d'autres représentations parlementaires concurrentes avec une postérité plus faible, furent historiquement employées à la place de cette division. Ainsi, pendant la Révolution Française, on distinguait la Gironde monarchiste, la Plaine ou Marais des modérés et la Montagne des révolutionnaires radicaux, représentation topographique du placement à l'Assemblée et à la Convention nationale (les Montagnards siégeant dans les rangées les plus hautes, la Plaine dans les plus basses), ou encore la Résistance et le Mouvement sous la monarchie de Juillet.

Naissance lors la Révolution française

Origine du terme La droite, la gauche et le centre sont des appellations qui correspondent à l'origine à la place occupée en France par chaque groupe politique dans l'hémicycle de l'assemblée nationale, vue par le président de l'Assemblée, qui fait face à l'hémicycle. Ce positionnement traduisait, à l'origine, la relation entre révolutionnaires français et pouvoir royal, la droite étant à l'époque favorable à une révolution modérée et à une monarchie constitutionnelle conservant l'essentiel des prérogatives royales.

Identité politique Selon Michel Winock, la droite comme bloc constitue le parti de la résistance au changement, du conservatisme et de la tradition et de la réaction contre le progrès. Cet ensemble idéologique n'existe et ne se définit selon lui qu'en opposition et en réaction aux idées et réformes du monde proposées par la gauche, qui se définit lui comme parti de la révolution, de la réforme, du progrès et du mouvement socialWinock, La droite : hier et aujourd'hui, .. La droite n'est pour autant pas affiliée à une seule et unique doctrine monolithique, elle est plurielle et constituées de familles contradictoires et antagonistes, notamment du fait du rapport ambivalent à l'économie de marché libre, à l'ouverture mondiale des échanges, ou encore d'un rapport parfois permissif et libéral avec les évolutions en matière de structure familiale. Au , la principale évolution de la droite française se trouve dans l'abandon progressif du royalisme / monarchisme après la Second Empire, l'adoption des idéaux libéraux et démocratiques lors de la naissance de la Deuxième République, l'adoption du libéralisme économique sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. En conséquence la diffusion des idéaux républicains et révolutionnaires dans le pays, la droite française a donc en partie abandonné ses positions les plus conservatrices et s'est adapté à la démocratie, au libéralisme et à la modernité politique et sociale.

Typologie des droites en France

Classification Il n'existe pas une seule mais plusieurs droites « distinctes et concurrentes » en France. Cette distinction et cette classification fut proposée pour la première fois par René Rémond dans son ouvrage Les Droites en France de 1954. Il proposait d'identifier trois grandes familles de droite à partir de leurs filiations historiques avec l'héritage révolutionnaire. Cette distinction fut reprise par Michel WinockWinock, La droite : hier et aujourd'hui et Jacques JulliardJulliard, Les gauches françaises 1762-2012 : Histoire et politique. Ces familles politiques sont elles-mêmes plurielles : la droite libérale : elle est l'héritière des années de la Monarchie de Juillet et des idées orléanistes. le bonapartisme et le gaullisme, prônant l'éminence d'une figure de gouvernement forte appuyée sur une légitimité populaire et une politique sociale. la droite réactionnaire et contre-révolutionnaire rassemble les opposants aux idéaux révolutionnaires : elle rejette les doctrines libérales et tente d'instaurer un mouvement contre-révolutionnaire, rigoriste sur le plan religieux et ethniqueRémond, Les droites en France, , .

L'historien Zeev Sternhell reprend la classification de René Rémond pour le mais lui substitue un dualisme au entre une droite nationaliste qualifiée de révolutionnaire et l'union des anciennes droites, conservatrices et libérales.

Gilles Richard substitue au schéma tripartite de René Rémond une distinction en huit familles dans la droite française : ultraroyalistes ou légitimistes, constitutionnels ou orléanistes, bonapartistes, républicains libéraux, nationalistes, démocrates-chrétiens, agrariens et gaullistes. De nos jours, la majorité de ces familles sont en déclin voire en voie d'extinction définitive, et seuls les libéraux et les nationalistes dominent.

Plus particulièrement, il existe selon Richard une division des droites en deux tendances : une « droite libérale » et une « droite gaulliste » de 1945 à 1974 puis une « droite libérale » et une « droite nationaliste » à partir de la percée du Front national (FN) aux européennes de 1984. Les trois cohabitations (1986-1988, 1993-1995, 1997-2002) et l'adaptation de la gauche mitterrandienne au libéralisme de l’UDF et du RPR aboutissent à la remise en cause du clivage gauche(s)-droite(s).

Selon l'historien « Le clivage structurant l’histoire de la République depuis ses débuts a aujourd’hui cessé d’organiser la vie politique française ». Le clivage politique fondamental selon Richard n’est plus le social mais celui "qui départage les mondialistes et les nationalistes (...)". Selon lui, Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont les deux candidats de la présidentielle de 2017 qui incarnent le mieux ce nouveau clivage.

Droite contre-révolutionnaire et traditionaliste

La droite contre-révolutionnaire et traditionaliste est la droite originelle et initialement uniqueRémond, Les Droites aujourd'hui, . : contre-révolutionnaire à la convocation des États généraux, émigrée durant la RévolutionWinock, La Droite : hier et aujourd'hui, ., ultraciste à la Restauration, elle devient légitimiste à l'avènement de la maison d'Orléans. Si la pensée et l’action de ces contre-révolutionnaires se sont opposées à la Révolution en se réclamant de l’absolutisme de l'Ancien Régime, certains comme Jacques Antoine Marie de Cazalès, souhaitaient une monarchie limitée et témoignaient ainsi d’une sensibilité « libérale » conservatrice qui ferait, comme en Angleterre, la transition entre Montesquieu et Edmund BurkeJacques de Saint Victor, La première contre-révolution (1789-1791), PUF, "Fondements de la politique", 2010. Cette famille de la droite française n'est plus une force politique depuis l'échec de la troisième restaurationWinock, La Droite : hier et aujourd'hui, . –si ce n'est durant l'épisode pétainiste sous son avatar maurassienWinock, La Droite : hier et aujourd'hui, .– mais subsiste comme école philosophique et religieuseRémond, Les Droites aujourd'hui, . dont une partie des positions de rejet de la démocratie, des principes et de l'héritage de la Révolution française et de la modernitéRémond, Les Droites aujourd'hui, . imprègne l'intégrisme catholique, les écrits lepénistes, l'électorat du Mouvement pour la France et une frange des électorats libéraux et gaullistesRémond, Les Droites aujourd'hui, ..

Penseurs : Burke, Haller, Maistre, Bonald, Chateaubriand, Maurras Autres figures : Maury, , Villèle, La Bourdonnaye, Coussergues, Polignac

Droite libérale

La droite libérale, au sens politique comme au sens économique, bien que teintée de colbertismeRémond, Les Droites aujourd'hui, . et de conservatisme socialWinock, La Droite : hier et aujourd'hui, ., est positionnée au centre aux débuts de la Révolution : monarchienne sous l'Assemblée nationale constituanteWinock, La Droite : hier et aujourd'hui, ., doctrinaire sous la Restauration puis orléaniste à partir de la révolution de Juillet. Royaliste tout comme la droite légitimiste, elle accepte pour partie l'héritage de 1789 et, moins attachée à la personne du roi que les légitimistes, devint républicaine sous la Rémond, Les Droites aujourd'hui, .. Ce libéralisme de droite se partage entre deux courants principauxLucien Jaume, L’individu effacé ou le paradoxe du libéralisme français, Paris, Fayard, 1997 : l'un, celui de Tocqueville, s’appuie sur l’individu et sa capacité de jugement critique ; l’autre, fondé par François Guizot, tente d’intégrer les groupes sociaux importants dans le Parlement, la presse, le Conseil d’État, les universités, etc. Repoussée vers la droite par l'émergence des gauches socialiste et communiste, elle rejoint le Bloc national. Le giscardisme des années 1970 en est un avatarRémond, Les Droites aujourd'hui, .. On la retrouve aujourd'hui au sein du mouvement les Républicains et de l'Union des démocrates et indépendants.

Penseurs : Montesquieu, Mounier, Mallet du Pan, Tocqueville, François Guizot Autres figures : , duc de Broglie, Valéry Giscard d'Estaing

Droite bonapartiste

La droite autoritaire et populaire, entendant concilier souveraineté nationale et autorité plébiscitée du chef de l’État et rejetant le clivage droite-gauche, est née bonapartiste du régime établi à la suite des coups d’État du 18-BrumaireWinock, La Droite : hier et aujourd'hui, . et plus encore du 2-DécembreWinock, La Droite : hier et aujourd'hui, .. Perdant ses prétentions dynastiques durant la , on retrouve cette droite dans le boulangismeWinock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, . puis, entre-deux guerres, au sein des Croix-de-feu puis du Parti social françaisWibock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, ..

Figures : , , Gnl Georges Boulanger, Col François de La Rocque

Droite gaulliste Après guerre, le gaullisme institue une monarchie électiveWinock, La Droite : hier et aujourd'hui', – puis les néo-gaullismes pompidolien et chiraquien plus droitiersRémond, Les Droites aujourd'hui, . et trahissant quelque peu l'idée gaullienneWinock, La Droite : hier et aujourd'hui, . – en sont les avatars.